Sec, nerveux, en mouvement constant, ce film de F.Schoendoerffer est un condensé de maîtrise et de cinéma. Dans une lumière crépusculaire mordorée, (référence : Michaël Mann) quatre grosses cylindrées remontent, du fin fond de l'Espagne, dans un Go Fast d'enfer, des dizaines de kilos de drogue. Nous vivons ce trajet de l'intérieur, vu par ces petits malfrats des quartiers de banlieues impliqués dans toutes sortes de galères improbables. Loin de l'image de caïds, ils conversent avec leurs langages fleuris de sujets dérisoires et futiles dans les voitures lancées à fond sur l'autoroute loin de s'imager du danger qui les guette.
Puis tout part en vrille et la réalité crue, violente, policière les rattrape.
Ils montrent alors leurs vrais visages devant l'adversité, enfantins, fragiles et primaires. Ce chemin suicidaire, sans choix est leur destin. Dans le registre caïd, froid, intelligent, implacable, minéral, B. Magimel mène cette danse macabre, nettoyant les conneries, sans broncher dans ce chaos ambiant. Quelques invraisemblances viennent taquiner la crédibilité du film, mais l'ensemble est tellement vrai, haletant, authentique, original que nous en faisons fi de ces petites pépites indésirables.