Premier long-métrage de Clément Cogitore, nous sommes surpris par tant de professionnalisme face à ce long-métrage qui s’attache au quotidien de soldats français envoyés en Afghanistan pour surveiller une frontière reculée mais dangereuse. Après s’être documenté sur les guerres du pays et rédigé un scénario efficace, le réalisateur a également fait les bons choix en matière de casting. Jérémie Renier et ses collègues sont très doués et installent un climat véritablement authentique qui donnent à Ni le Ciel ni la Terre un aspect documentaire. Si l’intrigue avance parfois avec retrait, c’est cette attente qui créé la pression chez le spectateur. Pourquoi sont-ils présents, pour quel objectif et dans quel mesure, chaque seconde se vit avec un sang-froid. Ni le Ciel ni la Terre est un film bâti avec cohérence. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Le premier long-métrage du plasticien Clément Cogitore nous embarque au cœur d’une section de l’Armée française engagée dans une opération à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Son commandant, incarné par un Jérémie Renier convaincant, se retrouve confronté à une série de disparitions mystérieuses de plusieurs de ses soldats. Bien au-delà d’un film de guerre classique, Ni le ciel ni la terre se mue progressivement en un récit métaphysique et mystique, qui aborde des thématiques liées à l’essence même de l’existence (la relation à l’autre, à l’étranger, l’existence de Dieu, le sens et l’essence de nos actions, la peur de l’inconnu...). Un film fort et intelligent, dont l’action se déroule dans des paysages désertiques et montagneux propices à son propos, porté par des seconds rôles qui font partie de la nouvelle garde du cinéma français (Kévin Azaïs, Swann Arlaud, Finnegan Oldfield).
Clément Cogitore (réalisateur relativement méconnu) nous sert un film sérieux qui se prend (trop) au sérieux.. Oscillant entre plusieurs genres, le film ne choisit pas quel thème abordé et l'on passe de la "guerre" au fantastique sans s'en rendre compte. Jamais totalement immergé dans cette histoire, le sort de ces soldats nous importe peu.. La faute à une mise en place trop théâtrale, les acteurs semblent perpétuellement réciter leur texte sans en être vraiment convaincus. N'en jetons plus car certains aspects sont intéressants mais malheureusement laissés de côté comme la nécessité d'un interprète sur un lieu de combat, la vie de celles qui restent au pays pendant que leur conjoint est au front ou encore l'obéissance aveugle d'un système hiérarchique militaire, sujets à peine effleurés mais après tout le propos n'en était pas là.
On voit bien où veut en venir le réalisateur avec les militaires, mais pour ce qu'il en est du phénomène c'est à la fois dommage et intéressant de n'avoir aucune explication. Quand même un petit gout amer à la fin, dommage c'est trés bien mené.
Un film de guerre original mêlé de fantastique entouré d'un mystère métaphysique qui intrigue le spectateur et qui décrit avec justesse le quotidien des soldats face à un ennemi invisible, même s'il est fort dommage qu'aucune réponse finale ne soit donnée. Un cinéaste à suivre.
Un film de guerre vraiment intrigant contant l'histoire de soldats français postés en Afghanistan et dont certains disparaissent comme volatilisés, tout comme certains villageois alentours. D'où vient réellement la menace ? Après un début prometteur, le métrage s'enlise dans un mysticisme confus et quelques longueurs viennent plomber l'ensemble. Ce qui est dommageable car cette production hexagonale proposait, pour une fois, quelque chose d'un peu différent avec ce mélange des genres (drame, guerre, fantastique, documentaire), mais cette diversification ne fonctionne pas du tout car le film donne sans cesse l'impression de chercher sa voie. Reste toutefois un Jérémie Rénier, toujours aussi impeccable.
Excellent film de Clément Cogitore, un véritable artiste, créativité et magie, un mélange de fantastique et tradition, on goûte a la peur de l’inconnu !
J’ai trouvé ce film excellent en tant qu’exercice de style dans le genre fantastique. En effet, Clément Cogitore renoue avec Maupassant (« le Horla ») et Edgar Poe en réalisant « Ni le ciel ni la Terre ».
Dans un univers très réaliste, au plus près des personnages, du décor, malgré une attitude très rationnelle et déductive, les protagonistes se retrouvent face à des phénomènes étranges, dans un genre de huis-clos extérieur inquiétant. Personne au final ne sait trancher : la raison des hommes a-t-elle vacillé, où les faits sont-ils surnaturels et la coopération avec les ennemis justifiée ?
Jamais de ma vie je n'aurais pensé assister à un film de guerre fantastique français d'autant plus que le film est très bon. D'abord intrigué, j'ai été rapidement séduit par l'ambiance du film et le climat de tension qu'il impose d'entrée. L'idée d'utiliser le fantastique pour traiter psychologiques de la guerre est une idée vraiment passionnante. En plus de proposer un tableau réaliste du quotidien des soldats français en Afghanistan, le film traite de la paranoïa et de la détérioration du moral des troupes françaises. Les acteurs s'en sortent tous très bien avec en tête Jérémie Renier, qui en plus d’être charismatique, parvient à rendre son personnage attachant. Le film a du mal à maintenir sa tension jusqu'au bout et s’essouffle dans la dernière ligne droite mais demeure néanmoins convaincant. "Ni le ciel ne la terre" se révèle être au final une agréable surprise, un film audacieux qui allie suspense et émotion, dont on ne peut que saluer et encourager la démarche.
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5,0
Publiée le 6 juin 2020
Dans les montagnes de l'Afghanistan quelque chose de très étrange se produit. Les soldats d'un peloton français combattant les talibans commencent à disparaître. Puis les soldats restants découvrent que des membres des talibans disparaissent également. Le superbe film de Clement Cogitore a été décrit par son réalisateur comme John Ford rencontre Night Shyamalan et d'autres l'ont comparé à du Antonioni. Peut-être qu'il vaut mieux y penser que c'est le film Démineurs croisé avec une image de paranoïa de science-fiction des années 50. Le réalisateur Cogitore, qui fait son premier long métrage apporte une touche documentaire à son film de guerre très peu conventionnel. Le film est comme une histoire de fantôme. Pour moi le seul visage reconnaissable dans la distribution est Jérémie Renier en tant que capitaine. Le son et l'image sont parfait pour créer un sentiment d'irréalité à partir de quelque chose de très réel. Ni le ciel ni la terre est certainement un film majeur d'un cinéaste avec un réel avenir devant lui...
Un film très bien réalisé, très bien joué, très bien filmé, avec un fort réalisme et une tension dramatique très bien gérée ... mais qui nous laisse sur sa fin. Pour la comprendre, il faut accéder aux explications des initiés ou du réalisateur. Un traitement plus abstrait dès le début, dans le style T.Malik, aurait rendu la fin plus accessible et acceptable.
Dommage!!!!!!!!!!!!!!!!!!! C'est quoi cette fin! Pourtant tout commençait bien. La vision portée est réaliste, intriguant voir flippante. On se dit il va se passer quelque chose, on reste sur le qui-vive... jusqu'au dénouement où on attend LES réponses. Mais rien! On ne prend pas de risque à créer une fin même bâclée car tout simplement il y a pas de fin. Déçu car les 90% du film sont excellents. A voir quand même pour l'ambiance
" Ne cherchez pas la réponse, vous ne la trouverez ni dans la terre ni dans le ciel. " A partir de ce titre poétique et métaphorique, ce premier long métrage touche à la perfection; de part sa singularité; et l'exigence de son récit, magnifiquement mis en scène. La musique, le son, rien n'est en reste. Peut-être une dernière image un peu inutile quoiqu'elle ramène au départ, au réel, à la guerre, et aux soldats car tel est le thème ici, la guerre. Mais elle n'est que le décor, un prétexte à une étude des hommes, à un questionnement existentiel, de par l'intrusion géniale du fantastique, et c'est là qu'il tire toute sa puissance. C'est un film audacieux, aussi dangereux que sa thématique, qui ne plaira donc pas à tout le monde. Un premier long dont la qualité exige un second.
Il est important de recadrer le registre et les faits. Il n'y a qu'une scène d'affrontement et d'échanges de tirs, qui n'a pour seule utilité que de poser et rappeler le contexte Afghan, toujours très instable et menaçant, malgré le secteur d'affectation des protagonistes sensé être pacifié avant le retrait de l'ISAF (Force Internationale d'Assistance et de Sécurité) dont ils font partie. Ce qui instaure une tension justement dosée, parfois oppressante, et qui sera présente jusqu'à la fin. Le film n'a donc de la guerre que son contexte, car en réalité ici le thème est tout autre, volontairement métaphysique, proche d'un thriller psychologique et drame fantastique. Il serai donc judicieux de classer le film principalement dans les genres Drame/Fantastique/Thriller, plutôt que celui du film de Guerre.
Une fois le cadre posé, qu'en reste t-il après sa projection? Un film particulièrement inspiré aux qualités indéniables, mais pas que...
D'abord la mise en scène est convaincante par son réalisme, à l'approche quasi documentaire, portée par une connaissance des méthodes militaires, ainsi que l'emploi pour sa réalisation de matériels utilisés réellement par l'armée. Réalisation, qui se veut immersive, au plus près du ressenti des soldats français, touchés par l'incompréhension et la confusion totale résultantes de mystérieuses disparitions, qui intriguent autant qu'elles inquiètent. Le spectateur est maintenu sous tension dans une atmosphère pesante, silencieuse, et captivante malgré un rythme lent, presque contemplatif – l'Image plus fort que les mots – dont le travail sur la photographie sans artifice, associé à une bande son tribale envoutante sur fond de musiques électroniques entrainantes justement dosées, distillent une atmosphère singulière réussie, pour mieux laisser place à l'intrigue et au questionnement sur ces phénomènes jusqu'ici incompréhensibles. Malheureusement le scénario s'enlise sur sa 2ème partie, n'évitant pas une certaine redondance (ce qui pourra même accentuer le désir, voir l'obsession du spectateur à avoir des réponses à ses questions autant qu'elle pourra le lasser, voir l'ennuyer), malgré une intrigue pourtant rapidement intégrée, mais constituant un unique fil conducteur dont l'aspect devenu surnaturel abandonne toute explication rationnelle autant qu'elle abandonnera une partie de son public, la faute aux éléments de réponses mystiques qui ne peuvent laisser que dubitatif ceux qui n'y adhéreront pas. Pourtant l'idée de fond est réelle et louable, mais présentée par Clément Cogitore lestée par son aspect trop brouillon, qui en devient donc brouillée, alors qu'elle semblait sincère grâce à la bonne interprétation des acteurs, mais dont l'absence de réponse tangible à l'intrigue laissera le public orphelin avec pour seul consolation son Questionnement... Ce qui est à double tranchant et m'amène à la conclusion suivante; soit on comprendra la vision très singulière et on adhèrera à la métaphore du film qu'on trouvera donc réussi (ce qui sera grandement facilité par la connaissance et maitrise réelle du sujet du film au préalable, ce qui n'était pas mon cas); soit on ne la comprendra pas ou l'on n'y adhèrera pas, et ne pourra donc qu'être profondément déçu ni trouvant aucun intérêt de fond. Pour ma part j'ai donc réussi à saisir cette vision et j'ai bien compris où l'ambition du réalisateur voulait nous emmener après réflexion, c'est d'ailleurs bien plus que cela puis-qu’ici il nous pousse à une réelle introspection personnelle, mais je n'y ai pas vraiment adhéré, j'ai trouvé ça même un peu vicieux à chaud en sortant de la salle, tant ma déception était grande même si je l'avais sentie venir pendant la projection... Bien que le film ait des qualités indéniables sur la forme, l'absence d'explication et beaucoup trop facile tout comme ce parti pris dans son scénario, et ce côté mystique qui sera donc sujet à interprétation, m'a personnellement suffisamment dérangé pour que je ne puisse adhérer pleinement à son message. Le pari qu'a tenté Clément Cogitore est donc plus un demi-échec qu'une demi-réussite en ce qui me concerne, mais ça n'ira pas plus loin malgré toute l'ambition de son réalisateur, qui nous présente néanmoins un film original qui aura eu le mérite de susciter un débat, et qui pourra tirer son épingle du jeu dans le flux de films populaires.
Etonnant premier long-métrage que celui-là. Plus qu'un film de guerre, Ni Le Ciel ni la Terre explore les croyances. A ce compte là, les attitudes des soldats face au surnaturel sont typiques, dans une société matérialiste et basée sur la science et le progrès. Ce refus de croire en ce qui devrait crever les yeux, que ce soit pour les talibans ou les soldats français, alors que les villageois vivent avec et ont appris comment conjurer cet élément fantastique, peut être vu comme une critique de notre société, devenue blasée, et refusant que quelque chose ne marche pas comme prévu. En ce sens, ce film n'est pas sans rappeler la très bonne adaptation de Stalker par Tarkovski, tout en ayant le mérite d'être plus accessible, même si ça se traduit également par moins de profondeur, et une atmosphère trop « fabriquée » pour convaincre à 100%. Reste que ce mélange des genres était un pari ambitieux pour une première oeuvre, et que Clément Cogitore s'inscrit d'ores et déjà comme un réalisateur à suivre.