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Unc-Scrooge
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2,0
Publiée le 11 janvier 2016
Aurait-on parlé de Love sans le scandale médiatique de la sortie du film ? Car au final, ce qui ressort avant tout de ces deux heures de film, c’est l’impression d’une débauche sans but. Débauche magnifiquement filmée, il est vrai, tant les jeux de lumières ont une place centrale dans le film, tant les plans sont posés, réfléchis. Mais tout ca pour raconter au final quoi ? Une histoire d’amour déconstruire du début à la fin ? L’histoire est légère alors, ne retenant que les quelques éléments de bascules et les nombreuses sauts de califourchon des protagonistes. On s’ennuie un peu durant l’ensemble, attendant inexorablement le prochain sursaut du réalisateur pour nous maintenir en éveil. Au final, Love parait comme un film maîtrisé, propre et bien réalisé, mais dénué de sens et d’intérêt. Dommage…
À propos de "Love", on a beaucoup évoqué ses scènes de sexe explicite, éventuellement ses dialogues jugés insipides par beaucoup mais touchants par leur premier degré assumé, mais beaucoup moins sa structure narrative raffinée et parfaitement maîtrisée en ce qu'elle entremêle présent, passé et fantasmes selon un ordre incertain mais jamais confus. Murphy, malheureux avec sa famille (malgré son attachement pour son fils), songe à Electra, son amour perdu. Il la voudrait près de lui et, à l'aide de l'opium, se remémore leur passion contrariée par leurs erreurs, leur jalousie, leur immaturité voire leur bêtise...sous ses apparences stylisées et abstraites, le cinéma de Noé montre des personnages finalement banals, ni anges ni démons, pas forcément stupides mais pas assez intelligents pour éviter les mauvaises décisions. On s'identifie donc assez facilement à Murphy, du moins ressent-on aisément sa douleur, son désespoir nés de l'absence de l'Autre. Revivre le passé: tel pourrait être le titre de ce film puissamment mélancolique mais jamais plombant. Car la forme est extrêmement stimulante, avec cette superbe harmonie entre une esthétique très travaillée (photographie aux couleurs sombres, plans brillamment composés) et une bande-son envoûtante. Une forme qui trouve son aboutissement dans les nombreuses scènes de sexe, de la sidérante scène d'ouverture à celle du club échangiste (au son de l’hypnotisante musique d'"Assaut" de Carpenter) en passant par le mémorable plan à trois. Le film est un peu moins convaincant quand il s'écarte de son ambition principale (filmer un amour aussi passionné que gâché), mais "Love" reste une oeuvre passionnante car douloureusement personnelle et sincère, une sincérité qui ne sert pas de cache-misère mais qui permet au spectateur d'être réellement impliqué et touché par ce qui se joue à l'écran. Une vraie expérience, à découvrir aussi bien en 2D qu'en 3D !
Tout film qui introduit un scandale attise la curiosité. Ici ce sont les scènes de sexe explicites, 3D incluse.
Mais on se retrouve ici surtout face un film nombriliste ou le réalisateur explique via les personnages ce qu'il a voulu faire, et l'histoire se résume à un type malheureux face à son grand amour perdu. Très fleur bleu d'un côté, mais cru par ailleurs spoiler: (curiosité de l'éjaculation "hors cadre" en 3D ou pénétration vue de l'intérieur pour la partie originale).
Conclusion : ce qui reste surtout à part 2-3 expérimentations intrigantes, c'est un profond ennui...
En fait, Noé voulait faire un porno, mais sans perdre la face. Du coup, il a mis un brin de scénario et inséré quelques dialogues. Un porno intello, certes, mais rien de très excitant au final.
Love est un film puissant, une pellicule onirique accompagnée par des plans séquences à couper le souffle, une mise en scène ingénieuse, criante de réalisme et de vie. Un film porté par des acteurs ancrés dans la réalité et investis par le besoin de représenter la vie dans ce qu'elle a de plus beau mais, aussi de plus dur. Une tranche d'existence intime qui nous immerge grâce à une chronologie efficace, dans la vie de Murphy et Elektra, jeunes adultes complètement paumé avec leurs désillusions, leurs vices et habités par un besoin irrépressible de s'enfoncer dans les méandres d'un amour intense et destructeur. Le génie de Gaspard Noé réussit ici à donner au sexe une dimension honnête et complètement dénuée de vulgarité. Un film insolent qui ose, transcende et dérange en nous confrontant à une exposition de l'amour traitée de façon exceptionnelle et inédite.
Bon film. Une belle histoire d'amour. Les acteurs sont bons. Le scénario est très bon. La polémique : les scènes "porno" pourraient être supprimées ou réduites. Mais elles sont essentielles pour l'ambiance générale du film. Elles permettent de montrer l'amour comme il est vécu par les jeunes. Cela dit, une fois supprimées, le film reste une jolie romance. Pour les cinéphiles et non les pervers...A voir !
Ce sera le premier film pornographique en 3D. Le fait de l'avoir visionné permet de mieux balayer cette phrase caricaturale. On a beau dire ce qu'on veut sur Gaspar Noé, il n'empêche que ce dernier construit une œuvre à part entière dont on ne peut reprocher la cohérence. Présenté en 2015 à la séance de minuit de Cannes, "Love" s'inscrit pleinement dans son parcours. Le cinéaste multiplie les auto-hommages et parsème ses plans de références à sa propre cinéphilie. Nullement provocateur, le film est avant tout une tragédie sentimentale, conduite avec la plus grande douceur. Cette sérénité ne l'empêche pas de transgresser quelques règles ; après le regard-caméra de Bergman et Godard, l'heure est ainsi venue pour l'éjaculation-caméra, instaurant peut-être une date dans l'histoire du cinéma. Mieux géré au niveau de la longueur que son précédent "Enter the Void", on objectera sans doute quelques répétitions, mais "Love" force à plusieurs reprises le respect. Un film porno en 3D ? Non, une vibrante histoire d'amour !
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3,5
Publiée le 27 novembre 2015
C'est clair que ce film ne s'adresse pas à tout le monde pas seulement par rapport à ce qu'on voit, mais surtout pour ce que les gens pensent, car beaucoup vont se focaliser uniquement sur ces scènes non simulées quitte à oublier tout le reste d'ailleurs il n'y a qu'à voir la polémique que ce film a fait.. C'est une histoire d'amour très forte entre deux personnes qui s'aiment et qui se déchirent, il y a vraiment de la passion entre les deux, ça se ressent vraiment et le réalisateur l'illustre très bien. Il n'y a absolument rien de vulgaire, il n'y a pas de gros plans vicieux à part peut-être un, c'est juste une suite logique pour deux personnes qui s'aiment même si bien sûr, tout le monde ne teste pas autant de choses.. J'ai trouvé le film vraiment captivant, l'histoire est simple, mais Aomi Muyock et Karl Glusman, les deux acteurs principaux la rendent passionnante, ils sont vraiment excellents, convaincants, naturels et très impliqués, c'est vraiment ce qui fait toute la différence.
Un film encore une fois visuellement époustouflant. Quand on sait que Noé est derrière la caméra et Benoit Debbie à la lumière, cela n'a rien de surprenant. Le fait est que j'ai plutôt beaucoup apprécié ce "Love", malgré des scènes sexuelles pas toujours pertinentes, nous propose une autre expérience de cinéma, à mi chemin entre le film érotique et le film d'amour, pour former un mélange finalement plus vrai que nature. Bien entendu, c'est du Noé, donc on ne peut pas passer à côté des éternels "plans chocs" et des scènes subversives, mais mis de côté cet aspect volontairement trash qui est sa marque de fabrique, le film regorge d'idées à la fois visuelles, sonores et thématiques qui font du film l'une des oeuvres les plus intéressantes de 2015. Je regrette seulement le côté légèrement "superficiel" de la relation entre les deux personnages principaux. J'ai trouvé leur histoire d'amour beaucoup trop orientée sur le sexe et pas assez sur les sentiments et les ressentis, bien que ceux ci soient assez présents. Cela dit, c'est toujours dans la logique quelque peu "nihiliste" de Gaspard Noé, mais ce manque de profondeur relationnel est bel et bien ce qui le fait passer à côté du chef d'oeuvre. Néanmoins, Love est un film que je conseille, en étant toutefois au courant du contenu que celui ci propose, pour un public averti donc, mais qui propose une mise en scène et un traitement visuel suffisamment originaux pour marquer.
Love: Histoire d’amour vibrante alimentée de scènes de sexualité explicite ou passion sexuelle stimulée par une romance très touchante?Après une affiche promotionnelle qui a semé la polémique dans le décor du septième art, l’ultime provocateur du cinéma français refait surface avec son plus récent film. Avec cette nouvelle œuvre, Gaspar Noé adopte une disposition du moins conservatrice conformément à ses standards malgré l’étendue de son projet audacieux et ambitieux. Love , projeté en 3D, a ouvert la section temps mort au festival de nouveau cinéma à Montréal.
Cette œuvre agitatrice raconte une passionnelle histoire amour dans les banlieues parisiennes entre deux jeunes dans la vingtaine chargés de mésaventures. Comme leur relation tumultueuse, le tout est filmé de façon fragmentée et divisé à la Tarantino. Electra (Aomi Muyock) est une séduisante artiste française qui arbore un masque énigmatique et qui a un faible pour les substances illicites, tandis que Murphy (Karl Glusman) est un américain nationaliste, récemment établi à Paris, qui étudie en cinéma et qui pontifie, sans réelle conviction, les opinions de Noé sur le rapport amour et sexe au grand écran. Ce dernier tombe désespérément amoureux d’Electra et la paire entretient une liaison intense et complexe. Mais malgré son ardeur à maintenir le couple en vie, le garçon se sépare inévitablement de sa bien-aimée à cause d’une cruelle défaite envers un vieil ennemi de l’homme — la grossesse. Et c’est la voisine Omi (Klara Kristin) qui porte la progéniture de Murphy.
Visuellement saisissant avec un effet 3D inefficace
Love ne perd pas de temps à imposer son ton, débutant par une scène explicite de masturbation mutuelle. Portée par la « physicalité » et l’effet-choc, la représentation de la sexualité peut sembler trop de la pornographie pour certains et peut détourner l’attention du spectateur sur les réelles intentions du réalisateur. En revanche, elle est traitée sans obscénité ni complaisance.Après ce prélude troublant, le spectateur est ramené au présent où Murphy vit maintenant avec Omi et son bébé, Gaspar. Sa sereine voix hors champ informe de manière assez directe sa profonde haine envers sa femme même si cela apparaît injustifié. Sur son cellulaire, il s’aperçoit des messages vocaux de la mère d’Electra qui essaie de retrouver sa fille qui a récemment disparu. Atteint par le sentiment de mélancolie, Murphy plonge dans la consommation d’opium, passant dans un état de fugue étrange et évoque les belles années passées, parfois excessives, aux côtés d’Electra.
Comme dans ses œuvres antérieures, Noé a créé un film élégant qui lui est entièrement singulier, avec sa caméra fixe qui conserve étroitement Murphy et Electra au plein centre de l’attention. La teinte rougeâtre est sublime et le sexe est capté avec un abandon érotique depuis une astucieuse vue en plongée. L’appartement de Murphy palpite par l’ornement des affiches de films qui ont certainement influencé Noé, passant de Kubrick à Bertolucci. Par contre, son style cru désinhibé est plus doux que ses films précédents, dépourvus du terrifiant facteur-choc d’Irréversible (2002) et Seul contre tous (1998), et sans l’éclat visuel d’Enter the Void (2009). De plus, l’ajout du 3D tombe à plat, à défaut de suggérer l’intimité et la participation globale du public, l’effet est utilisé de manière mal intentionnée et occasionne l’hilarité.
Un mélodrame sexuellement explicite avec une vision étonnamment conservatrice
Le problème avec ce « mélodrame », c’est qu’il est très peu senti, trop de dissemblance sépare le couple du spectateur. Murphy se révèle être un connard misogyne dans les cinq premières minutes, passant du sympathique petit ami à un être terriblement jaloux et immature. Quant à Electra, elle campe le vieux stéréotype d’une femme sauvagement sexuelle qui refuse d’être apprivoisée. Cet amas provoque un désordre cacophonique désagréable qui s’essouffle et distance l’observateur de la salle. En réalité, pour tout ce qui concerne la déconstruction des limites permises, Love n’est consciemment pas une œuvre transgressive et repose sur plusieurs clichés terriblement usés.
Pour pimenter leur couple, les deux jeunes essayeront une aventure à trois avec Omi, visiteront un club échangiste et expérimenteront avec une prostituée transsexuelle, qui sert malheureusement comme attraction comique. À un moment donné, Murphy et Electra visiteront un sex shop et halèteront aux différentes perversions affichées. Pendant ce temps, leurs propres penchants sont persistants, mais pas particulièrement nouveaux ou bizarres. Inspiré en grande partie, mais traduit en réponse plus optimiste que Nymphomaniac (2013), Noé est léger sur sa violence. Le film ne parvient pas à devenir le Before Sunrise (1995) — avec le sexe hardcore — dont il semblait aspirer être. L’action tombe à plat et les personnages encore plus.
Quant à la fornication tant contestée: « Est-ce du porno ou de l’art? »
La réponse médiatrice serait les deux à la fois. Si Freud avait raison sur le fait qu’absolument tout se rapporte au sexe, alors la question revient à celle-ci: « En quoi consiste le sexe d’abord? » En fin de compte, le film est assez divertissant, profitant d’une collaboration musicale particulièrement bien choisie, qui propose un nouveau genre de spectacle orgiaque, mais Love est tellement embourbé par sa vision conservatrice qu’il ne réussit jamais à justifier et élever les propos avant-gardistes à un degré supérieur dont son principal artisan aurait assurément souhaité.
Love c'est pas amour. Entre les deux, il y a plus qu'une simple traduction. L'anglais utilisé dans la langue française échappe aux tracas du quotidien. L'annonceur avant secret story était, je ne sais plus si ça l'est toujours, durex. La marque de préservatif avait ce slogan génial: Durex, Love, Sexe. Trois mots brefs, deux x qui enchâssent un s. Un rythme parfait. Le L de love est comme une langue qui vient lécher le V d'une vulve. J'ai toujours trouvé que les lettres de fin d'alphabet avaient quelque chose de sulfureux. Elles sont peu utilisées, presque inutiles, elles se pavanent au fond de la classe comme des mauvais élèves. Le x est la perversion du s, le y celle du i et le w lettre perverse est celle du v. La pub pour préservatif a un principe faire passer un contraceptif pour une source de plaisir. Le slogan pourrait aussi bien être : Durex, Fun, Sexe. Amour sous-entend des complications et en ce sens "Love" de Gaspard Noé parle d'amour. ... La suite sur le blog
Film magnifique. Ça faisait longtemps. Pour un film français.... y suis allé à reculons et tardivement à cause de cette promo provocante qui a desservi le film. Les acteurs et l'image au diapason, d'une gde justesse. A voir absolument malgré un sujet plutôt angoissant ( gâchis d'un amour pure) !
Aux premiers abords Love est un film pornographique. Gaspar Noé aux commandes, rien ne pouvait plus surprendre. D’ailleurs impossible de ne pas trouver sa marque tout au long du film. Des séquences dans le désordre, des lumières qui clignotent, des images rouges saturées, de nombreuses silhouettes ombragées, des séquences brusques et rythmées et une grosse pointe de narcissisme avec des Gaspar et des Noé qui sortent à tout va, comme si on avait toujours pas deviné qu’il en était le réalisateur. Mais avec un grand étonnement ce dernier a su nous surprendre dans ce film controversé présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2015. Si nombreuses scènes de sexe sont montrées sans simulation, c’est une histoire d’amour qui ressort principalement de Love. L’histoire en est presque apaisante tellement la fusion de ces âmes et de ces corps est sincère. Si la première scène nous plonge directement dans le bain, les scènes de sexe suivantes ne choquent plus, ne sont pas vulgaires, car représentent finalement la vraie vie. Gaspar Noé ne réalise pas un chef d’œuvre car ses protagonistes finissent par vite tourner en rond, mais sans tabou il a peut-être montré l’une des histoires d’amour les plus réalistes au cinéma. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Incroyable prouesse hypnotique que nous offre de nouveau Maître Noé. La 3D, pour une fois à mon sens, est plutôt utilisée à bon escient, et nous permet d’effectuer ce voyage sensoriel et spirituel de plus de deux heures en totale immersion. Et comme il est impossible de ne pas voir le spectre de Gaspar Noé « jeune » à travers le personnage principal, Love apparait comme l’œuvre la plus intimiste de Noé, peut-être aussi la plus complète et celle qui prend le plus son sens, avec des petits morceaux d’Irréversible ici, et des petits morceaux d’Enter the Void là. Une chose est sûre, Noé est un réalisateur singulier, plein d’espoir - malgré la violence morale de ses longs-métrages, et qui a incontestablement une longueur d’avance sur ses homologues. De nouveau un film qu’il faut ne pas seulement voir, mais vivre, et ressentir, pour en tirer le meilleur, et se laisser porter par la poésie et la justesse artistique de meilleur réalisateur français contemporain.