Dheepan
Note moyenne
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389 critiques spectateurs

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Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 340 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2015
Un film d'une grande efficacité, mais qui m'a procuré que très peu d'émotions, malgré un récit élaboré et sensible et une mise en scène toujours inspirée et engagée. Du beau cinéma !
Justin L.
Justin L.

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 août 2015
Une première moitié de film touchante, cette famille improvisée nous offre les quotidiens et on se surprend à le suivre avec un grand intérêt. Le jeu d'acteur est d'une justesse, le récit est d'une réalité troublante. Puis le film bascule, devient haletant étouffant. On en ressort secoué et boulversé voir d'urgence.
Fritz L
Fritz L

219 abonnés 767 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2015
Ce n’est pas ce film qui me reconnectera tout à fait au cinéma de Jacques Audiard, mais on s’en rapproche… Car « Dheepan » est une œuvre forte, assez insolente et carrée. Qualités qui faisaient de « De battre mon cœur s’est arrêté » un chef d’œuvre dont le niveau n’a jamais atteint depuis par le réalisateur. Cela s’explique par le manque d’unité du scénario, dont une rupture de ton et d’esprit vient gripper la belle mécanique.

Intelligemment décomposé en trois parties, la fuite/peur, le refuge/apaisement et la reconquête du territoire/violence, le film affiche une féroce lucidité où personne n’échappe à la griffe de l’auteur qui épingle au passage un système (trafic de réfugiés), un état de guerre (la cité décrite avec force de réalisme comme rarement vue au cinéma) et l’humain, quel qu’il soit, prêt à tout pour sa survie ou défendre un statut.

« Dheepan » est aussi un film sur la peur, ou plutôt les peurs. Celle de ces peuples contraints (quelque soient les raisons) à la fuite, la peur de l’autre (en chaque homme il y a un ennemi), celle de l’inconnu ou encore la peur de perdre le pouvoir, et donc la face (ah ce regard de Vincent Rottiers sur la fin !!!)
Jacques Audiard, avec le savoir faire qu’on lui connaît, excelle . Il n’est jamais aussi bon que dans les démonstrations de crise. Sa mise en scène éthérée, à laquelle il ajoute quelques effets de style, maitrise totalement ces moments de tensions. Nous sommes loin de l’esbroufe de « Un prophète » et sa déification malsaine d’une petite frappe. Il est ici beaucoup plus direct, et nettement moins complaisant.

De même dans les scènes plus intimistes, cette même force pousse ses acteurs à donner le meilleur d’eux-mêmes, et l’histoire d’amour en filigrane nous touche par ses multiples phases et revirements. Quid de la nunucherie « De rouille et d’os », « Dheepan » c’est la vraie vie !

Tout serait parfait dans le meilleur des films si à un moment (heureusement plus sur la fin) la confusion des esprits ne provoquait pas la confusion des genres dans le récit, reléguant « Dheepan » de film social perspicace à une espèce de sous-marque d’un film de Besson. Toute ce qui faisait mouche jusque là est minoré, jusqu’à la mise en scène dont la maniérisme devient soulant. Quant à l’épilogue, c’est le royaume des bisounours !

C’est dommage, car après avoir vécu autant de troubles et de fortes agitations, on se rebiffe et l’émotion reste en plan. Il n’empêche qu’Audiard est un cinéaste sincère, talentueux et sensitif, trop sans doute…
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 août 2015
C'est long, ça s'éternise et ça en devient ennuyeux. Qu'est ce qui ne va pas dans ce scénario ? Le sujet. Car à vouloir en traiter deux successivement, aucun n'est approfondi. Dans la catégorie drame, histoire personnelle, on attend davantage d'émotions, de soulèvement, d'adhésion, de réflexion.
jclgro
jclgro

14 abonnés 323 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2015
La première partie, la plus sensible, s'attache à la vie de migrants tamouls pour survivre en France en attendant des papiers. La seconde nous plonge dans la vie de HLM livrés aux gangs de dealers.
Malheureusement, une fin comme un film d'actions produit par Luc Besson gâchent un peu le tout.

Les acteurs amateurs sont tous excellents mais je ne comprends pas vraiment l'attribution de la Palme d'Or 2015.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 août 2015
Dheepan, ancien tigre Tamoul, décide de fuir son pays le Sri Lanka. C'est donc en tant que réfugié politique et accompagné d'une femme et d'une fillette trouvées au hasard d'un exode, qu'il arrive sur le territoire français et finit par obtenir une place de gardien dans une cité particulièrement mal famée. Immergée dans un monde inconnu, un peu hostile, dont elle ne maîtrise pas la langue, cette fausse famille décodera petit à petit les codes qui régissent cette zone lugubre dans laquelle il vont essayer d'oublier un passé traumatique. Leur vie s'organisera entre travail bien fait au milieu de dealers qui occupent l'endroit et la recherche d'un équilibre au sein de cette cellule familiale dont la construction fragile se heurtera à des désirs humains inévitables.
S'il n'y avait eu que cette première partie de film, "Dheepan" aurait été une évidente palme d'or. La mise en scène au cordeau, immergeant complètement le spectateur dans un quotidien de réfugié, lui faisant éprouver comme rarement l'isolement aussi bien linguistique que culturel, emporte l'adhésion. C'est du grand, du vrai, du beau cinéma, celui qui donne autant à voir, qu'à penser et ressentir.
Malheureusement, la suite devient plus problématique. Plutôt que de rester dans cette veine naturaliste, certes guère vendeuse et pas vraiment porteuse de rebondissements, l'histoire prend soudain une drôle de direction. Tout devient un peu brouillon, confus. Une pincée d'histoire sentimentale, un soupçon d'envie de profiter pleinement de cette société matérialiste en passant peut être par la case voyou, un poil de réminiscence d'un lourd passé de guerrier, se télescopent comme si soudain le film se cherchait. Hélas, Jacques Audiard, aimant plus que jamais la testostérone, choisit la piste du film violent à la Sam Peckinpah mâtinée de Charles Bronson. Dheepan (le personnage) se transforme alors en canardeur, en nettoyeur de racaille. Même filmé avec une certaine élégance, le propos, un poil dérangeant, rappelant les mots d'un certain homme politique ami du Karcher, brouille sérieusement l'humanité de la première partie. Et ce n'est pas la scène finale, que je ne dévoilerai pas, qui arrange les choses, laissant le spectateur que je suis pantois devant autant de mièvrerie bien pensante.
Un peu plus sur le blog
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 31 août 2015
Bon film qui décrit une cruelle réalité, seule la fin est bizarre soit on en dit trop ou pas assez
JEANRENE43
JEANRENE43

11 abonnés 154 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 août 2015
Dheepan de Jacques Audiard sorti en salle le 26 août 2015 mais sélectionné au festival de Cannes, qui remporte la palme d'or, a reçu une récompense bien méritée. C'est l'histoire d'un homme, d'une jeune femme et d'une jeune fille qui ont fui leur pays en gurerre civile, le Sri-Lanka. Ils finissent par obtenir un visa de réfugiés en France. Alors que leur calcaire aurait dû se terminer en arrivant sur le sol de France, un autre commence puisque les autorités les ont affectés dans une cité de banlieue parisienne, lieu de non droit et d'une extrême violence. Le film nous dit autant de la violence dans ces cités qui sont le siège des trafiquants de drogue, que des difficultés pour ces immigrants de s'intégrer en grande partie par le choix de les affecter dans une zone qui n'est plus la France. C'est comme si ont leur ajoutait un handicap supplémentaire à celui de quitter leur pays, apprendre une langue nouvelle et travailler pour s'intégrer. Finalement cet endroit est tellement hostile, qu'ils fuiront une seconde fois la guerre civile de quartier, entre clans de la drogue, pour l'Angleterre où heureusement ils semblent s'être reconstruits. Ce film dérangeant a précisément pour objectif de montrer à une majorité de français une réalité qui fait l'objet de titres de journaux mais qui n'est pas concevable. Comment un pays civilisé et démocratique peut-il en arriver à ce stade de violence imposée à des personnes qui ne demandent qu'à vivre honorablement ? On doit fatalement se demander si c'est suite à un laxisme politique ou si c'est une situation insolvable quelque soient les moyens ? Finalement ce film devrait sensibiliser les français à la réalité et les préparer à des options politiques.
Flaw 70
Flaw 70

276 abonnés 422 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2015
Jacques Audiard fait partie de ses cinéastes français qui n'ont plus rien à prouver, la seule apparition de son nom justifie à lui seul de rameuter les foules. Même si il avait eu un début de carrière hésitant mais néanmoins prometteur, il fut en état de grâce depuis Sur mes lèvres en 2001 jusqu'à De rouille et d'os en 2012. Tout ses films de cette période étaient de très grandes qualités atteignant même un pic fulgurant avec Un prophète en 2009, un excellent film et encore aujourd'hui le meilleur de Audiard. Et même si il était reconnu de tous et que tout ses films sont appréciés, il lui manquait néanmoins quelque chose, une consécration qu'il n'avait pas encore eu et qui est maintenant chose faîte avec son dernier film, la Palme d'or. Néanmoins des critiques se sont très vite fait entendre sur cette Palme d'or, et on a rarement vu un Audiard qui divisaient autant. Alors au final, ce film est-il à la hauteur de cette récompense ? Mais plus encore, est-il à la hauteur de la filmographie prestigieuse de Audiard ? Tout d'abord, il ne faudra pas longtemps pour ce rendre compte que l'on est face à un Audiard mineur. Car ici il évacue très vite ce qui faisait le sel de son cinéma, l'émotion. On est donc face à un film très froid, qui hormis un prologue au Sri Lanka assez intense, se fera totalement déshumaniser. Audiard préfèrent ici l'ellipse pour évacuer les ressorts émotionnelles ainsi que pour établir la situation des personnages le plus vite possible et attaquer directement le cœur de son film. C'est donc la partie drame social et familial qui sera la moins intéressante, elle est très vite évacuer et cela se symbolisera principalement par l'inexploitation du personnage de la petit fille. Au début le film présente diverses situations avec elle notamment au sujet de son intégration mais il oublie ça aussi vite qu'il l'a mis en place pour ne s'intéresser qu'à la spirale de violence qui entraîne le personnage principal et sa "femme". D'ailleurs l'exposition de la vie dans la cité se montre très didactique et parfois beaucoup trop simpliste et si cela peut agacer au final ça sert un propos qui est loin d'être faux. Même si le film reflète une certaine réalité, il est loin d'être réaliste car la cité n'est que la représentation d'un monde autarcique. Il n'y a presque pas de vie au delà de ça, personne ne se mêle de ses histoires et on se retrouve dans une sorte de huit clos. Un endroit sans foi ni loi où seuls les instincts primitifs de l'homme sont conservés, il y a d'ailleurs tout une symbolique autour de l'aspect animal de l'homme, c'est assez plaisant faisant parfois plonger le film dans un aura métaphysique mais cela manque aussi cruellement de subtilité. L'histoire se fait aussi assez prévisible, réexploitant beaucoup d'éléments d'un vigilante movie, donc le parcours émotionnel du personnage et attendu mais il se montre beaucoup plus intéressant que ce que l'on a l'habitude de voir dans le genre, le film étant empreint d'une noirceur et d'un fatalisme assez marqué reflétant à merveille les dommages du syndrome de stress post-traumatique. Sinon le parcours de la femme, même si plus anecdotique se fera moins manichéen, elle apporte un point de vue de l'autre côté du conflit. Car au final, c'est de ça que le film par de conflit, peut importe où l'on se trouve dans le monde on sera toujours en guerre, soit avec nous-même soit avec les autres. Et ici il représente ça de façon très littérale mais pas de façon manichéen car chacun des deux camps à ses torts. Donc au final, la femme à un rôle de jonction et de médiateur entre les deux camps, cela sera aussi très symbolique et parfois réducteur mais le film arrive à lui donner suffisamment d'épaisseur pour ne pas tomber dans les clichés. D'ailleurs le film arrive même à en déjouer certains par quelques touches d'humour assez bienvenus. Après malgré les maladresses du scénario, ce qui est vraiment le plus dommage c'est la radicalité et la naïveté dont fait preuve cette fin, qui se montre beaucoup trop facile et qui tranche beaucoup trop avec le reste du film, laissant un sentiment de gâchis. Néanmoins le tout est sublimé par une réalisation sans faille, que ce soit le montage habile qui maîtrise à la perfection les ellipses, la sublime photographie ou encore une sélection musicale bien pensée et qui accompagne à merveille le récit. Tout cela servant parfaitement une mise en scène de Jacques Audiard, à la fois puissante et maîtrisé. Il est un des rares cinéastes français à pouvoir mélanger avec autant de grâce réalisme de la violence, invraisemblance gérée des situations ainsi que onirisme pur. Il nous gratifie donc de sublimes visions métaphysiques tout en faisant preuve d'une âpreté saisissante et presque documentaire à certains moments. Avant de venir conclure son film avec un morceau de bravoure intense et majestueux sur la forme (bien moins sur le fond malheureusement) qui nous renvoie aux meilleurs moments d'Un prophète. La scène est maîtrisé de bout en bout et se révèle tétanisante. Et il ne faut pas non plus oublier de parler aussi du casting. Globalement composé d'acteurs non professionnels mais qui se montre parfait de naturel et d'intensité. Chaque acteurs arrivant à offrir une épaisseur intéressante à son personnage même si celui-ci se révèle très secondaire mais dans l'ensemble on retiendra surtout le trio formé par Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan et Vincent Rottiers, qui nous offrent tous des prestations exemplaires apportant un peu d'humanité au film. En conclusion Dheepan est un bon film mais il reste un Audiard mineur, sans pour autant être son moins réussi. Probablement pas à la hauteur de sa Palme d'or, en raison d'un scénario bancal et maladroit qui malgré de superbes fulgurances peut parfois prêter à confusion. Mais le plus dommage est surtout l'absence d'émotion car malgré tout les erreurs narratives trouvent une justification dans l'aspect symbolique du film, qui lui manque de subtilité. Reste que la mise en scène est magistrale, Audiard restant un réalisateur de génie, et que le casting se montre parfait malgré le faîte que les acteurs ne soient pas des professionnels. Donc on est face à un film imparfait mais néanmoins relativement satisfaisant, étant clairement au dessus de ce que l'on voit dans la paysage cinématographique français, grâce à un résultat intense empreint d'onirisme et qui souligne une certaine puissance de cinéma.
SYLVIE B.
SYLVIE B.

31 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 août 2015
Somptueuse et douloureuse histoire que celle de cette famille qui espère sortir de l'enfer de la guerre au Sri Lanka. Malheureusement la vie en France dans une cité de banlieue s'apparente aussi à la guerre. Que faire, se soumettre ou combattre ? sans complaisance pour les malfrats de banlieue, juste et sobre , Audiard nous dresse un portrait magnifique d'une famille recomposée qui cherche juste à survicre. Des "acteurs" sublimes. Un grand film
Éric De Larmor
Éric De Larmor

20 abonnés 96 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2015
L'essentiel du film réside dans la complexité des personnages, dans leur rapport à autrui, leur évolution comme autant de petites révolutions intérieures. Chaque acteur joue tout en retenue, c'est criant de vérité !
Vraiment un film à voir !!!
velocio

1 538 abonnés 3 500 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 août 2015
Très courageusement, Jacques Audiard a choisi, pour son nouveau film, de s'écarter de ce qui, d'habitude, représente la matière de ses films, le côté thriller à l'américaine. Du moins de s'en écarter pendant les deux premiers tiers du film. En effet, pendant beaucoup plus d'une heure, "Dheepan" appartient au genre social, celui que pratiquent le plus souvent avec beaucoup de brio des réalisateurs comme Ken Loach et les frères Dardenne. Le problème, c'est que Jacques Audiard n'est, à mon avis, pas fait pour ce genre. Personnellement, les films sociaux sont le plus souvent ceux où je me régale le plus. Eh bien là, je ne me suis pas régalé du tout dans cette histoire d'immigrés tamouls essayant de se faire une place dans une cité de la grande banlieue parisienne. Non, je me suis ennuyé à cause d'un rythme qui m'est apparu trop lent. En fait, pour un tel film, un rythme lent avec de longs plans séquence m'aurait tout à fait convenu, mais là, le rythme est lent avec des plans plutôt courts et là, je rechigne. Dans le dernier tiers du film, Jacques Audiard retrouve un genre plus proche de ce qu'il fait d'habitude mais avec un côté outrancier qui, là aussi, m'a rebuté. Les palmes d'or de Cannes se suivent et ne se ressemblent pas : l'an dernier, "Winter Sleep", un chef d'œuvre, cette année, "Dheepan", bof, bof, bof. Un point positif : beaucoup de spectateurs vont découvrir "Cum dederit ..." tiré du "Nisi Dominus" de Vivaldi.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 31 août 2015
Il y a deux films dans ce film. Le premier est l'histoire de réfugiés qui tentent de s'en sortir et le deuxième est un film de guerre de gangs banlieusards. Les deux films ne sont pas réellement en conflit car l'un cède la place à l'autre. Tranquille. Quant à l'épilogue, il confirme le manque d'imagination des auteurs.
C'est raté, rien à dire, mais pourquoi la palme ?
annereporter94
annereporter94

57 abonnés 1 006 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 août 2015
Reconnaissons-le d'emblée... ce n'est pas le meilleur film de Jacques Audiard. Pour autant, ce n'est évidemment pas un mauvais film, loin de là... Mais il laisse circonspect, notamment à cause d'une fin qui donne à cette oeuvre un goût anti-français...
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2015
Excellent pendant une grande partie de la projection, le film de Jacques Audiard s’apparente à une série noire basée sur une observation sociale aiguë qui brasse à la fois la thématique des migrants et celle de la violence à tous les niveaux. Il s’appuie sur quelques personnages forts qu’il met en présence de manière judicieuse. Les rapports esquissés sont comme toujours parfaitement maîtrisés par un cinéaste avant tout scénariste. Les acteurs sont au diapason. Puis, dans les vingt dernières minutes, le cinéaste opère un basculement lié au retour de la violence dans une société française en totale déliquescence. Dès lors, il transforme son film en vigilante movie à la Bronson et perd de cette véracité qui faisait la force du long-métrage. La banlieue devient un champ de guerre filmé avec imagination, mais le réalisateur échoue à rendre ce passage crédible. On passera également sur le final en Angleterre qui semble faire de ce pays un havre de paix (quand on connait les dérives violentes des banlieues britanniques, y a de quoi sourire !) comparé à la France où le soleil ne semble jamais réchauffer les cœurs. En gros, une heure mérite la palme, mais pas le reste. Bizarre.
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