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brunocinoche
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4,0
Publiée le 24 janvier 2016
Dheepan est avant tout l'histoire d'un homme qui quitte la violence de son pays pour se retrouver confronté en exil à une nouvelle forme de violence. Remarquablement mis en scène par l'un des cinéastes français les plus convaincants actuels, dès la superbe scène d'ouverture, l'ambiance pesante est constante et crescendo. Belle direction des 3 acteurs sri lankais, convaincants et attachants. La pression ne se relâche à aucun moment, c'est intelligent, très bien mené, très bien écrit. La récompense suprême à Cannes était presque une évidence et pourtant il est vrai que Dheepan, très grand film, n'est pas le meilleur de son cinéaste mais l'un des meilleurs vus cette année.
Un excellent film, libre, politiquement et socialement incorrect, dérangeant à souhait et j'adore ! Une mise en situation simple dans un environnement compliqué avec ses codes, ses règles, ses impunités. Un focus , sans être une généralité, qui pose certaines questions que beaucoup appréhendent en déni. Bravo ! 4/5 !!!
Voila du vrai cinéma. Pudique, authentique, sans aucune gratuité ni surenchère. Pour échapper à un conflit terrible au Sri Lanka, une famille factice est composée pour accéder au voyage vers la France, et se retrouvera confrontée à un autre conflit, tout aussi violent, dans une zone de non droit à l'intérieur d'une cité en France, supermarché de la drogue . Autant le combat pour s'intégrer de ces trois personnages déracinés est puissant et bien rendu, autant l'ambiance dans la cité l'est également. Sans violence exagérée, on navigue entre histoire et documentaire tant le réalisme est présent à chaque scène, anxiogène, étouffant. un vrai coup de cœur !
Un bijoux, Audiard, prends son temps pour faire un film mais quand il traite un sujet il le travaille, le décortique jusqu'à l'os. spoiler: Une rencontre explosive entre le monde des cités et des réfugiés qui ne disent pas tout sur leurs véritables histoires.
Merci Audiard pour ce film humain, dramatique et touchant.
Palme d'or 2016 au dernier festival de Cannes, ce film ne mérite pas les louanges qui lui sont faites. A part l'interprétation des acteurs qui est bien réaliste, tout le reste sonne faux, un peu à l'image de cette "fausse" famille qui tente d'oublier la violence de la guerre civile au Sri Lanka, en emménageant dans une cité qui ne vaut guerre mieux.
Jacques Audiard a voulu faire un film qui résume tous les problèmes auxquels sont confrontés le monde : la guerre civile, l'accueil de migrants en Europe et leur intégration, les problèmes de banlieue...On se demande bien le but de faire un tel film, à part peut-être pour dénoncer la mauvaise intégration des migrants dans la société française. Il en résulte un film long et rempli de clichés, notamment sur les banlieues. Et la fin ne vient pas remonter le niveau global du film.
En bref, un mauvais film qui ne mérite même pas d'être vu une fois.
Navrant, sans aucun intérêt. Le réalisateur ne connait manifestement pas son sujet qu'il rend creux, insipide et mensonger. Les dialogues sont médiocres, le jeux des acteurs en ajoute encore l'envie de quitter la salle au bout de 30 minutes. Je suis aller jusqu'au bout dans le seul but de prendre conscience du gouffre existant entre le jury de Cannes et le public.
Ouf. Le cinéma français respire encore. Qu il est bon d être bercé par toutes ces vagues en pleine tête. Ca gifle, fait mal, fait sursauter, effraie, on est plein d empathie pour ces gens pleins de forces et de tendresses. Ces débutants qui sont tellement forts et beaux, à en pleurer. Je le cherchais depuis un an le beau et grand film francais de 2015. Le voilà.
Malgré mon admiration pour Audiard, malgré le sacre de ce film à Cannes, je suis resté sur ma faim ; je crois que les spectateurs aussi. C'est l'histoire d'immigrés qui transitent par la France. Un homme, une femme et une fille qui ne se connaissent en rien mais se réunissent pour l'occasion, afin d'obtenir leur ticket de passage à l'étranger. L'histoire de leur vie, leur adaptation, leur apprentissage envers eux-mêmes, envers la société. Mais c'est également l'histoire d'une banlieue où des délinquants font la loi. La description a de quoi laisser pensif : une simple chronique un peu amorphe pour qui ne connaîtrait ni en noir ni en blanc la condition des migrants (et en 2015 ils ont fait la une quasiment tous les jours), pas plus que celle de certaines de nos banlieues, laissées à l'abandon. On voit très bien submerger le thème du film, il explose même sur la fin : ces gens laissent derrière eux une guerre civile pour retrouver une guerre urbaine. Double constat. Le film est parfaitement maitrisé, là n'est pas la question, sa scénarisation fait une belle place aux personnages, mais c'est le fond de l'histoire auquelle je n'est guère adhéré : comme je le disais on n'y apprendra rien sur le statut des migrants en France, et on restera sur l'impression que notre pays est en guerre contre la délinquance, pas loin des "non go zone" décritent par une chaîne d'information américaine. J'ai du mal à comprendre la démonstration qui est faite dans ce film, On reste plus en surface qu'en profondeur. Rien de plus pour ma part, mais je comprends plus ou moins ce qu'Audiard a voulu nous faire passer.
Efficace dans son côté drame social, le film profite un peu du contexte mais s’en sert pour créer un vrai film et non un semi documentaire, c’est un choix qui se défend, même si ça n’est parfois pas très clair car la première partie est épuré en terme de mise en scène, principalement axée sur l’intégration de ces migrants sri-lankais, ça marche parce qu’on parvient à s’attacher à eux (enfin moi oui en tout cas). On nous met certes dans des pantoufles mais on sait très bien que ça va péter à un moment ou à un autre et c’est ce qui marque la seconde moitié du film lorsque le personnage principal se retrouve confronté après avoir quitté la guerre dans son pays à celle de la rue, c’est même assez oppressant et confiné, comme une d’épée de Damocles pointée implacablement sur lui, ça vire presque au thriller. L’avant dernière séquence est très haletante avec cette caméra à l’épaule où les balles fusent, on est dedans, ce qui donne en plus une dimension héroïque de soldat de l’ordre, moralement c’est assez douteux mais bon … Par contre je n’ai pas vraiment adhéré au final.
Les plus :- Traitant du sujet actuel des réfugiés, le film de Jacques Audiard est poignant. Les migrants n'en sont pas moins des hommes, et nos frères.
- Fuyant un pays sous le feu des combats (Sri Lanka), l'arrivée en France de cette famille composée pour l'occasion, decouvre ... un nouveau combat pour sa survie au milieu d'une cité. C'est réaliste et très noir.
- Les acteurs non professionnels , sont exceptionnels, et particulèrement la petite fille de 9 ans. On y croit à 200%
Les moins :
- Le film passe par quelques raccourcis. On ne sait ni comment ils traversent les frontières, ni comment Dheepan trouve ses armes.
- Petite déception insignifiante. Quand on parle de Palme d'Or à Cannes, on espere un film qui nous fait décoller. Or Dheepan , même s'il est très impressionnant, reste cru, sans artifices, sans dépasser "La loi du Marché", "La tête haute", ou "Jamais de la vie".
Comme dans ses précédents films, Jacques Audiard nous comble par la qualité de jeux d'acteurs de ses personnages. Leur authenticité est un pur régal. Et peu importe, un scénario qui relève du déjà vu.
Quand on décroche une Palme d’or au Festival de Cannes 2015, il est évident que cela suscite de nombreuses attentes. Ça devient presque une habitude pour notre pote Jacques Audiard et Dheepan prend une dimension encore plus importante avec la polémique des migrants accompagnant cette rentrée. A la découverte de son 5ème long-métrage, on a une impression assez mitigée. Dans un premier temps, l’attention est portée sur le sort de cette famille nouvellement constituée (le personnage de Illayaal est un peu délaissé) et là l’interprétation des 3 comédiens est irréprochable. Puis progressivement, cela tourne au film de vigilante, une orientation qui nous laisse au final perplexe.
Dheepan débarque sur nos écrans avec une lourde palme d'or autour du cou. Le film écoute l'adage télévisuel de Thierry Ardisson: " la vraie subvention aujourd'hui c'est d'inviter un sans-papiers, un SDF, un rom...". Audiard suit ici une famille sri lankaise créée de toutes pièces pour fuir la guerre civile et rejoindre la France. Il s'intéresse par ce film à la marge, aux laissés-pour-compte. Et comble de toutes les audaces il les fais atterrir dans une banlieue où pullule le trafic de drogue. C'est comme si deux pages du journal s'étaient mélangées. Collés l'une à l'autre on lit les deux en même temps. Un cocktail Molotov social.
Film à multiples facettes. Une belle histoire d'amour dans un environnement presque anachronique : une cité de banlieue parisienne à problèmes. Cliché? Non car il en existe des dizaines et des dizaines comme cela en France (bien connues de la police et des gouvernants) tout comme il existe des quartiers sensibles qui rencontrent des problèmes moindres. Par contre le parti pris du scénariste a été de montrer une France à problèmes face à une Angleterre sereine et apaisée. L'inverse aurait également été crédible car les quartiers défavorisés d'outre-manche n'ont sans doute rien à envie aux nôtres
Il faut attendre en moyenne 3 ans et demi entre chaque film de Jacques Audiard. Le meilleur réalisateur français avait atteint le zénith en 2009 avec son chef-d’œuvre, Un Prophète, et son dernier film, De Rouille et d'Os, avait marqué les esprits. Dheepan commence comme un documentaire, d'ailleurs d'actualité, sur des Sri-lankais qui tentent de fuir leur pays en guerre pour rejoindre la France. Un homme s’unit à une femme qui n'est pas sa femme et à une fille qu'il n'a jamais vue non plus pour former une famille et ainsi augmenter leurs chances d'être acceptés en tant que réfugiés politiques dans cette situation plutôt que séparément. Le côté documentaire dure pendant la moitié du film, jusqu'à ce que la simili-soit installée dans une citée des plus déprimantes. L'homme est instauré concierge de la cité HLM et prend à cœur de bien faire son travail pour s'intégrer dans la société et tirer un trait sur son passé, quitte à accepter une situation que peu d'entre nous tolèreraient. La femme doute, s'essaie à l'assistance aux personnes, et parait peu solidaire de ses compagnons de voyage. Surtout, elle a peur. Cette peur qui ne la quitte pas est accentuée par sa rencontre avec le caïd de la cité, qui flirte gentiment avec elle et fait planer une menace de plus en plus palpable sur sa "famille". C'est que le mari est prêt à accepter beaucoup de choses, dont un travail humiliant, mais pas la violence quotidienne qui vient menacer la vie de ceux dont il a appris à prendre soin. Ces trois-là n'ont pas tout quitté à des milliers de kilomètres pour revivre la même situation en France. Et, alors que monsieur fait savoir à tous sa volonté de ne plus se faire marcher sur les pieds, le film prend une nouvelle tournure. De documentaire romancé, il devient polar. La transition est extrêmement courte et intervient comme un coup de feu qui secoue le spectateur sorti de la monotonie dans laquelle Audiard semble nous avoir mis volontairement. Comme pour faire mouche avec plus d'intensité. La pression est à son comble, les enjeux sont clairs, et l'incertitude quand à l'issue est la plus totale. Coup de maitre, coup de fouet, coup de cœur, l'homme au chapeau réussit ses coups. Certes, le film n'est pas aussi bon que les précédents car le rythme n'y est pas pendant toute la longueur, mais le film marque et laisse une trace, en nous offrant de vraies belles séquences. Et c'est bien ce qui compte, non ? Et puis, les acteurs sont remarquables, nous offrant des prestations de haute volée.