Après quelques échecs au box-office, Gore Verbinski décide de revenir en 2017 avec un projet bien moins destiné au grand public. "A Cure for Life" est donc le résultat de cette envie, et autant dire que le visionnage de ce dernier m'a fait passer par toutes les émotions. À mon sens, résumer ce film est assez simple : une entrée en matière de qualité qui amène à beaucoup de promesses, mais des résolutions franchement décevantes. Sincèrement, sur le début du film, j'ai été pris par ce que ce projet semblait nous proposer. Si on comprend rapidement que le rythme ne sera pas le fort du long-métrage, ce dernier choisissant volontairement de faire durer son récit pour favoriser l'ambiance, celle-ci saura donc compenser. Sur la première heure, l'environnement de cet immense hôpital va fonctionner, avec des décors poisseux et une photographie renforçant l'angoisse. On se sent oppressé, très peu à l'aise et on se dit donc que l'on ne va pas franchement passer un agréable moment. Mais quand je dis cela, je ne le pense pas négativement, je dis simplement que le film réussit à être dérangeant. La caméra du réalisateur se promène au milieu de cet univers mystérieux, quelques séquences nous laissent avec beaucoup de questions (celle des douches en particulier) et le casting réussit à crédibiliser l'ensemble. Pour le coup, j'ai notamment beaucoup apprécié le jeu de Mia Goth, parfaite dans ce rôle naïf et mystérieux. Malheureusement, le souci de vouloir offrir du suspense et un scénario à révélations est que celles-ci se doivent d'être convaincantes. Et à mon sens, c'est tout le problème de cette histoire. Si les promesses sont intéressantes, les résolutions ne sont clairement pas à la hauteur. Déjà, car beaucoup de choses sont assez prévisibles,
on comprend notamment vite le principe de l'eau.
Cela empêche donc à certains mystères d'être vraiment impactants, quand ceux qui réussissent à tenir jusqu'à la fin se montrent finalement très décevants.
Très franchement, j'ai du mal à croire en ce concept de l'hôpital étrange qui enlève des centaines d'employés de grandes entreprises depuis toujours. Déjà, car je n'arrive pas à imaginer qu'aucune de ces entreprises n'ait jamais eu envie de mettre les pieds là-bas pour vérifier le problème, les disparitions mettant quand même sur la piste qu'il y a quelque chose de louche. Mais aussi, car beaucoup d'éléments sont encore très flous à la fin du récit. Pour moi, le meilleur exemple étant clairement ce délire autour des anguilles. Même si on nous dit qu'elles sont là, à quoi servent-elles vraiment ? Pourquoi sont-elles différentes des anguilles de l'extérieur ? Qu'est-ce qu'elles font réellement au corps et à l'esprit des patients ? L'histoire laisse volontairement beaucoup de flous pour ne pas avoir à expliquer ces concepts très bricolés, et cela se sent véritablement.
Alors, même si la première heure de ce projet promettait beaucoup de choses, il est clair que l'on peut facilement être déçu par l'ensemble. Le tout a bien du mal à tenir debout quand on le regarde entièrement, et on regrette que ses si bonnes idées n'aient pas mené à mieux. Pour conclure, des résolutions qui gâchent les efforts fournis.