Autant l'excellent "Marie Heurtin" (par Jean-Pierre Améris) s'imposait en version pour sourds.... autant ce "Maryland" en VSTF est insupportable ! Je ne sais si toutes les copies sont à l'identique , mais celle visionnée ce soir (sans avertissement à la caisse) était donc destinée au public des "mal entendants"... et si j'avais su, il est probable que j'aurais opté pour autre chose. Le sujet est déjà suffisamment plombant... De quoi s'agit-il ? Un homme d'affaires binational (libano-français) fait dans le commerce d'armes, autant que dans la "facilitation" des contacts profitables entre le monde plus ou moins interlope du (très gros) fric et celui de la politique hexagonale (quelques noms, "en vrai", viennent alors à l'esprit..). Il requiert d'une société de surveillance, à laquelle il a recours pour ses réceptions (où figurent de nombreuses "huiles"), un "extra" façon "protection rapprochée" pour ses femme et enfant, à l'occasion d'un déplacement. Le patron de ladite société propose le (lucratif) job à un ami d'enfance, Vincent, fragilisé par sa dernière mission en Afghanistan, et qui a besoin de se renflouer, après avoir été estimé médicalement inapte à un nouvel engagement militaire. Alice Winocour bâtit tout ce "Maryland" autour de Vincent. On n'est pas loin de la caméra totalement subjective : le spectateur voit ce que Vincent voit, ou croit voir (autant qu'il le voit, lui, à l'écran), entend comme lui (acouphènes compris), vit ses combats (dans tous les sens du terme), et ses fantasmes (voir la conclusion, particulièrement...). Vincent est malade. Alice Winocour est décidément fascinée par la maladie. Mentale.... Cf. son "Augustine", déjà (mais ici, ce n'est pas "clinique" - on reste au niveau "symptomatique"). Après l'hystérie féminine, la paranoïa masculine. Le procédé narratif, pas inintéressant, lasse cependant assez vite. Et le style, épuré, pour ne pas dire minimaliste (comme dans "Augustine" - même si le climat de "Maryland" est bien différent), manque de fraîcheur. Heureusement, Matthias Schoenaerts, en colosse fracassé, est parfait !