Les gaffeurs parisiens mettent le cap sur le Brésil, occasion pour Nicolas Benamou et Philippe Lacheau de prolonger l’expérience Babysitting, succès commercial certain. Le premier volet, qui voyait une fête dégénérer en orgie, une bande de bras cassés et un gosse de nantis se plonger dans les emmerdes, le tout en mode found-footage, du moins en grande partie, avait conquis le public. Le motif était donc suffisant pour offrir un deuxième tour de piste à cette fine équipe de gaffeurs, une bande de potes parfaitement contemporaine que l’on pouvait facilement refaire basculer dans l’euphorie. C’est donc l’heure des vacances, au Brésil, l’heure de rencontrer beau-papa, de s’aventurer dans la jungle et d’empiler les embrouilles comme on empilerait le verre vide au sortir d’une soirée arrosée. Le cadre varie mais le principe, lui, reste le même.
Une figure autoritaire, ici Christian Clavier, un personnage devant être materné, ici une petite vieille pas si empotée, et le tour est joué. La petite bande part en expédition pépère et ne reviendra qu’après de multiples périples, des périples que les gens qui les recherchent pourront visionner sur bande-vidéo, merci Go-Pro. La petite vielle est malmenée, le guide disparaît au fond d’une grotte, deux plantureuses touristes se mêlent à l’expédition, la honte ressurgit sur le beau-papa écologiste exemplaire et tout ce beau-monde en profite pour s’offrir sauts-en-parachute, petite séance de canyoning, jet-ski et autre tours en bouées, sans compter sur une visite sympathique du littoral brésilien, cadre exotique qui amène sans doute une plus-value au film.
Oui mais voilà, quand bien même le concept fasse rire, on sent que la mayonnaise ne prend pas aussi bien qu’escompter. A vrai dire, le premier volet était bien plus drôle, plus percutant, du fait notamment d’une réelle volonté de toute l’équipe d’innover dans le paysage de la comédie française. Ici, assis sur leurs acquis, Nicolas Benamou et Philippe Lacheau manquent de vitalité, manque de tonus dans leur construction, dans leur mise en scène et dans leur direction d’acteur. A ce titre, si quelques personnages sont réellement drôles, d’autres sont carrément pénibles. Je pense là à Julien Arruti incarnant le débile profond sans le moindre consensus, pire encore, celle qui incarne sa petite-copine grossière, un modèle de mauvais goût qui ne sert à rien. Christian Clavier, vedette banquable du projet, peine lui-aussi à faire rire, n’arrivant pas à la cheville de son prédécesseur du premier film, Gérard Jugnot.
En gros, tout tourne ici un peu dans le vide, le concept étant, on s’en rend compte, déjà éculé. On apprécie tout de même le geste, la tentative des coréalisateurs de poursuivre l’expérience qui, il est vrai, possède tout de même un certain attrait, notamment auprès des plus jeunes, merci les bikinis. 08/20