Avis : Voyage à travers le cinéma français - Page 2
Voyage à travers le cinéma français
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SansCrierArt
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3,5
Publiée le 24 octobre 2016
Bertrand Tavernier nous emmène dans une balade de trois heures à travers les films qui lui ont donné le goût du cinéma. Par le biais de portraits, ceux de réalisateurs Jacques Becker, René Clair, Jean Renoir, François Truffaut, Claude Sautet..., de compositeurs, Joseph Kosma et Maurice Jaubert, de comédiens, Jean Gabin (beaucoup), Erich Von Stroheim (un peu) et Eddy Constantine, le réalisateur nous explique pourquoi ces artistes avaient plus de talent que la moyenne. Il commente des scènes issues de chefs d'œuvre du cinéma français qui nous rappellent s'il en était besoin qu'à l'époque on avait le sens du dialogue et du travelling. Cette sorte de leçon de cinéma est passionnante et d'autant plus captivante que Tavernier est un merveilleux conteur parsemant son propos d'anecdotes plus croustillantes les unes que les autres. On prend beaucoup de plaisir dans ce voyage et si la frustration vient c'est uniquement de ne pas y retrouver d'autres artistes qu'on aimerait voir commentés par le passionné Bertrand Tavernier. Pour consolation, le réalisateur nous promet pour bientôt une série d'émissions à la télévision sur d'autres personnalités du cinéma français.
A l’instar du travail de Martin Scorsese sur le cinéma américain et sur le cinéma italien, Bertrand Tavernier nous offre un documentaire très intéressant sur le cinéma français qui a déclenché sa vocation de cinéaste. Ce travail étant totalement subjectif et partiel (il a pour projet de faire une suite sous forme d’épisodes télévisés), on pourra reprocher au réalisateur le choix de tel cinéaste (Jean Sacha ou Jean Delannoy) et l’oubli de nombreux autres (pas de Gance, Pagnol, Guitry, Clouzot et bien d’autres) mais on ne pourra pas lui nier sa volonté de communiquer sa passion au public. Même si la longueur du film (3h15) aurait peut-être bénéficié d’un découpage en deux parties, sa volonté d’objectivité dans la description de monuments du 7ème art (l’attitude trouble de Jean Renoir au début de l’Occupation, le comportement pendant les tournages de Jean-Pierre Melville et les affrontements de celui-ci avec des comédiens comme Jean-Paul Belmondo ou Lino Ventura…) et les anecdotes concernant ses relations avec des cinéastes comme Melville ou Sautet permettent d’offrir une vision enrichissante et originale sur le cinéma français des années 30 à 60. Tout amateur de cinéma devrait donc voir au moins une fois ce film qui lui permettra au minimum de revivre de grands moments culturels et sûrement de découvrir des aspects méconnus sur des classiques qu’il croyait connaître totalement.
Bertrand Tavernier nous fait voyager à travers le cinéma français des années 30 à 70 : ses réalisateurs (Becker, Renoir, Carné, Melville, Sautet), ses acteurs (Gabin) mais aussi ses compositeurs (Jaubert, Kosma).
Il y a deux manières d’accueillir ce documentaire fleuve de plus de trois heures – qui devrait trouver son prolongement dans une série télévisée de neuf heures.
La première est l’admiration et l’enthousiasme. Ce sont les sentiments qui m’ont dominé pendant la projection. Admiration devant la cinéphilie encyclopédique de ce monstre sacré du cinéma français et enthousiasme devant la jubilation avec laquelle il nous fait partager sa passion, toujours bienveillante. On sort de ce voyage groggy par tant d’érudition, frustré de n’avoir pas noté chaque référence et impatient d’aller voir ou revoir tel ou tel film mentionné.
La seconde, moins enthousiaste, vient plus tard, à la réflexion. Face à un documentaire qui hésite, sans jamais prendre son parti, entre le récit autobiographique et l’encyclopédie raisonnée. Face à un voyage qui laisse dans l’ombre quelques uns des plus grands réalisateurs de cette époque (pas un mot sur Clouzot, Bresson, Ophuls, Tati) et ne dit pas un mot des actrices. Face surtout à une approche très hexagonale du cinéma qui ne définit pas un seul instant en quoi ce cinéma là se distinguait de ceux des autres pays d’Europe et d’outre-Atlantique.
Dans l’assiette des curiosités, Tavernier a souvent pêché par gourmandise tant on sait sa cinéphilie. Le cinéaste a laissé une empreinte dans le cinéma français avec des films comme « Le juge et l’assassin », « Coup de torchon », « Un dimanche à la campagne » « Capitaine Conan », « La vie et rien d’autre » ou encore « L’appât » et « L627 » pour ne citer que mes préférés.
Bertrand Tavernier, grand cinéaste est un grand cinéphile; on se fait le goût à la curiosité. Il avait déjà piqué la mienne il y a quelques années en me faisant découvrir Jean Devaivre et « La Dame d’onze heures ».
Ici encore, il est passeur, simple, ordinaire, sans aucune grandiloquence ou analyse tarabiscotée -même en évoquant Godard. Il nous parle parfois de cinéastes méconnus, ou bien rend un touchant hommage à la musique de films à travers Maurice Jaubert.
Car le cinéma c’est bien des aspects sous un film. Il évoque bien sûr aussi les scénaristes; Bost, Aurenche, Spaak ou l’inégalable Prévert. Il parle de Carné sous un angle intéressant. Revient sur une dithyrambe concernant Melville, puis ses fâcheries avec Belmondo et Ventura sur 2 de ses films majeurs: « Le Doulos » et « l’Armée des ombres ».
Il y a surtout un vibrant hommage à Gabin, il nous rappelle ô combien l’immense comédien il fût, louant la subtilité et la densité de ses interprétations, même s’il y eut l’avant et l’après guerre. Il y a plein de choses dans ce film, les 3h10′ passent toutes seules, et il y aura un second opus; chouette !
J'ai mis une note de 2,5 pour "moyen". Ce n'est pas un documentaire "moyen", c'est un très beau documentaire pour qui s'intéresse à la technique cinématographique et pour qui a des référents du cinéma des années 1930 à 1970 auquel il peut se rattacher, et une sacrée leçon d'histoire. Mais au-delà de ça, il ne faut pas se tromper sur ce que tente de faire ce voyage, ça reste très cérébral et très technique. Je suis allée voir le documentaire car la presse parlait de Truffaut et Sautet (mes référents les plus anciens pour ma part) mais il ne faut pas se tromper, Truffaut, Tavernier en parle pendant une minute et Sautet dans les cinq dernières minutes du film. A l'école, je préférais lire plutôt que de faire de l'analyse de texte, et bien en matière de cinéma, c'est pareil, je préfère voir un bon film que de le décortiquer pour comprendre ce qui, techniquement, en fait un bon film. Tout cela étant dit, Tavernier parle très très bien de son art avec une passion non démentie et ça, c'est très impressionnant.
Très beau voyage à travers les films français des années 1930 à 1970, guidé par un cinéaste cinéphile, qui nous fait découvrir sa vision du cinéma français et nous parle de "son" expérience avec le cinéma, depuis son enfance. On passe un très bon moment en sa compagnie, devant cette masse nécessairement subjective mais parfaitement illustrée et mise en valeur, avec des extraits parfois très connus et parfois parfaitement inconnus. On en redemande, et j'attends avec impatience la sortie de la version "longue" ...
Difficile, lorsqu'on aime le cinéma, de ne pas être passionné (et ému) lorsque la voix gourmande de Bertrand Tavernier s'élève pour célébrer le septième art.
Loin d'être une oeuvre à caractère encyclopédique, Voyage à travers le cinéma français est surtout une oeuvre autobiographique. Bertrand Tavernier s'y raconte, et y raconte l'histoire d'une cinéphilie, la sienne.
On pourra certes glaner dans le film toute une série d'éléments factuels absolument passionnants (le portrait de Gabin est fascinant), mais la subjectivité extrême des choix réalisés révèle plus la personnalité de l'auteur qu'elle n'établit une hiérarchie des connaissances.
Les monstres sacrés sont parfois sévèrement critiqués pour leur conduite en dehors du cinéma (Renoir n'est pas ménagé par exemple), alors que des quasi inconnus (Jean Sacha ?) apparaissent soudainement dans la lumière. Le film est donc délicieusement discrétionnaire.
Le principal atout de Voyage se situe probablement dans cette vérité : Tavernier raconte sa cinéphilie, et ce faisant, il réveille en chacun de ses spectateurs cinéphiles la flamme qui nous porte inlassablement à nous asseoir dans les salles obscures. C'est à la fois beau, émouvant et instructif.
Comment mettre moins de 4 étoiles à de tels extraits ? Et comment ne pas remercier Bertrand Tavernier pour son travail ? Cela étant dit, les critiques étant permises, il est évident que le montage choisit ne peut pas plaire parfaitement à tout le monde… Ne parlons pas du choix qui appartient à Tavernier mais de la façon de les présenter. Pour ma part,'' j’eusse'' préféré retrouver les metteurs en scènes élus par l’intermédiaire des acteurs choisis. Une suite des femmes sans retour arrière, c’est à dire sans les revoir suivi de même par les hommes…Tous nos grands acteurs (trices) ayant tourné avec nos grands réalisateurs. Mais, tel que le film est monté j’attends déjà la suite avec gourmandise
"Voyage à travers le cinéma français" ou plutôt "Un certain voyage à travers le cinéma français". Car ce qui intéresse Tavernier dans ce long (peut-être trop long) panorama encyclopédique du cinéma, ce n'est pas de nous faire une leçon de cinéma, mais de parler de lui-même, de ce qui a contribué à construire le réalisateur exceptionnel qu'il est aujourd'hui. Dès le début du film, on apprend non sans malice que le cinéaste souffre d'un problème lointain de rétine, comme si le regard devait subir une fêlure pour pouvoir imaginer le monde à travers une caméra. Tavernier se met en scène au milieu des plus grands comme Carné, Renoir, Melville, Sautet, Arletty, Prévert, Gabin, Blier, etc. mais aussi d'illustres inconnus qui ont manifestement révolutionné le cinéma mondial. L'auteur parle de son rapport à la photographie, à la mise en scène mais aussi de musique, de décors, et de tournages. Il évoque finalement pas tant l'histoire du cinéma en elle-même, trop circonscrite à quelques personnages marquants, que son propre récit dans la création artistique. Le jeune Tavernier a été assistant à la mise en scène, attaché de presse, et surtout un formidable militant et chercheur de cinéma. Il ressuscite des œuvres et le regard qu'il pose sur elles grandit le spectateur. Le seul (faux) défaut du film demeure la longueur, ou peut-être la qualité des fauteuils de la salle ! A méditer.
Evocation non exhaustive du cinéma français pendant 3 heures qu'on ne voit pas passer tant les archives sont riches et les commentaires passionnants. Car, Tavernier, cinéphile depuis son plus jeune age nous donne son point de vue sur le cinéma français des années 40 (son enfance) aux années 70 (ses premiers longs métrages). Volontairement focalisé sur certains cinéastes, acteurs et même musiciens, Tavernier préfère prendre le temps d'évoquer en profondeur certaines personnalités qui l'ont marqué plutôt que de nous faire subir un défilé complet mais superficiel de tous les protagonistes essentiels de ces 4 décennies du cinéma français. On peut donc être surpris de voir Eddie Constantine cotoyer Jean Gabin ou Sacha cotoyer Renoir, mais c'est tout le charme de cet hommage qui ne nous impose les sempiternels icones du cinéma français. Un pur joyau pour les cinéphiles
Trois heures de plaisir ne pourront remplacer tous les films que nous n’avons pas vus, ni épuiser la liste de ceux que nous aurions à revoir. Le pédagogue chaleureux met en valeur ses confrères : du chef opérateur au compositeur de musique. Il finit de me guérir de mes conformismes de jeunesse qui excluaient tant de plaisirs. Il réconcilie Godard et Gabin, Sautet et Eddie Constantine. Il reprend les mots de Gabin « Renoir, comme metteur en scène : un génie. Comme homme : une pute ». Il nous livre quelques informations intéressantes. Quel aurait été le sort de « Pierrot le fou » si Aragon qui avait été hébergé par le père de Tavernier n’avait vu le film invité par le futur réalisateur de l’Horloger de Saint Paul, alors attaché de presse, et n’en avait livré quatre pages très favorables dans Les lettres françaises ?
Documentaire d'un passionné passionnant ! Tavernier, notre Martin Scrosese français, nous transmet son amour du cinéma à travers des metteurs en scène reconnus (Becker, Renoir) et moins connus (Edmond T. Gréville) et réussit à nous convaincre de la qualité de certaines œuvres oubliables. Les 3h12 passent comme un charme et on a hâte de voir la suite. Merci Monsieur Tavernier.
Documentaire fleuve sur le cinéma français. Le véritable intérêt de ce film tient dans sa volonté de nous faire découvrir et de parler de films considérés comme mineurs mais que Tavernier affectionne tout particulièrement. Mais sa qualité fait aussi son défaut : par passion pour ces films, Tavernier utilise un montage pas très inspiré (Metteur en scène par metteur en scène) et les commentaires analytiques manquent de pertinences.
Toujours agréable de suivre le parcours de ce merveilleux cinéphile qu'était Bertrand Tavernier. Voyage éminemment subjectif et assumé comme tel, mais émerveillé et plutôt bienveillant (sans tomber dans l'écueil de la mini série qui a suivi et qui enchaînait les superlatifs jusqu'à épuisement). Beau parcours. Merci.
Avec beaucoup de simplicité et de gentillesse, Bertrand Tavernier se confie, raconte ses souvenirs de cinéphile (sauf erreur, il n'avait que six ans lorsqu'il vit le premier film qui déjà le passionna, c'était Dernier atout.) Et par la même occasion il nous offre (à nous cinéphiles voire même cinéfous ...) un beau moment de cinéma, assez nostalgique, de superbes images et les commentaires intéressants d'un grand professionnel. Il est peut-être utile de savoir que le film est très long. Mais on ne s'ennuie à aucun instant.