Voyage à travers le cinéma français
Note moyenne
4,1
305 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

41 critiques spectateurs

5
3 critiques
4
25 critiques
3
8 critiques
2
5 critiques
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
L_huitre
L_huitre

101 abonnés 373 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2016
Le cinéma français a son héraut. Et son héros !... Bertrand Tavernier est assurément un grand cinéaste. Réalisateur du merveilleux "la Vie et Rien d'autre" et du savoureux "Coup de Torchon", ce lyonnais passionné de cinéma depuis l'enfance est une encyclopédie vivante du 7ème Art. Il préside l'Institut Louis Lumière à Lyon, ce qui - en plus de sa filmographie superbe - lui donne toute légitimité pour parler du cinéma français. Alors quand il lance un documentaire "Voyage à travers le cinéma français", les cinéphiles n'ont d'autres choix que de se précipiter pour communier avec lui autour de leur passion.
Bertrand Tavernier aborde le cinéma au travers de son expérience personnelle. Son premier film, vu à 6 ans, l'a marqué au point de lui imprimer durablement des images en mémoire. C'était un film de Jacques Becker. On commencera donc par Jacques Becker !... Et pendant trois heures et quinze minutes, nous voilà partis pour une immersion totale dans le meilleur de notre cinéma national. Tavernier nous raconte ses rencontres, ses émotions, ses coups de coeur et ses hommages à ceux qu'il considère comme ses maîtres : Becker, Carné, Renoir, Delannoy, Clouzot, Truffaut, Melville, Sautet, etc... Nous voyons des dizaines d'extraits de films, sélectionnés pour leur pureté visuelle ou pour leurs impressionnants jeux de caméra. C'est l'oeil de l'expert qui nous guide. Les images s'enchaînent et laissent le spectateur parfois bouche bée. L'aisance d'une réalisation ne saute jamais autant aux yeux du profane que lorsqu'elle est soulignée par un spécialiste. Tavernier nous donne envie de revoir ces films, ou de les découvrir pour la majorité d'entre eux.
Tavernier fait aussi un long flash sur Jean Gabin dont il révèle la forte personnalité. Mais aussi sur Maurice Jaubert, un compositeur unique de musique de film. Bien sûr, le documentaire ne prétend pas à l'exhaustivité. Les années 30 à 60 sont largement sur-représentées par rapport à l'époque actuelle. Et c'est tant mieux, car ce sont des films qu'on connait moins. Bravo donc à Tavernier d'ouvrir ainsi à la caméra ses formidables souvenirs et anecdotes d'un homme qui a côtoyé les plus grands. Il nous fait joliment redécouvrir notre patrimoine national.
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 octobre 2016
Qui mieux que Bertrand Tavernier sait transmettre sa passion pour le cinéma? Chaque fois qu'il intervient dans les bonus des DVD (par exemple dans la collection "Westerns" de Sidonis), c'est un régal. On ne se lasse pas de l'écouter. Il en est de même, bien sûr, dans ce documentaire sur le cinéma français. On en sort en n'ayant qu'une envie, celle de voir ou revoir tous les films qu'il y évoque et dont il montre des extraits. Que ce soit les films de réalisateurs prestigieux comme Jean Renoir, Jacques Becker ou Jean-Pierre Melville ou ceux de réalisateurs méconnus et dont je n'ai encore jamais vu les films comme Edmond T. Gréville ou Jean Sacha ou encore de réalisateurs réputés médiocres comme Jean Delannoy mais dont il convient peut-être de voir certains films. Bertrand Tavernier suscite un énorme désir de cinéma et c'est génial. D'autant plus que je crois savoir que ce documentaire sera complété par une série de trois films qui passeront à la télévision. 8/10
btravis1
btravis1

127 abonnés 529 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2016
Passionnant pour tous les amoureux du cinéma, ce documentaire regroupe de nombreux extraits de films toujours agréables à revoir pour les cinéphiles et à découvrir pour les autres. Tavernier offre au spectateur une vision personnelle des films et des personnes qui ont marqué son cinéma, avec quelques anecdotes intéressantes et un dialogue toujours riche avec le spectateur. Quand le générique est apparu, je n'avais pas vu le temps passer et c'est finalement une certaine frustration qui s'est emparé de moi, car c'était finalement trop court et beaucoup de réalisateurs comme Henri-Georges Clouzot par exemple n'était même pas mentionné. Belle initiative en tout cas.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 octobre 2016
Beau voyage historique, qui nous entraine dans une excursion tantôt dans les films, tantôt chez ceux qui les font. C'est l'itinéraire de Bertrand Tavernier dans le cinéma, ses rencontres, ses anecdotes. On voit aussi de vieilles salles de cinéma aujourd'hui disparues, les studios parisiens de Melville. C'est beau de revoir tous ces acteurs, ces décors, ces musiques, ces techniciens du septième art. Un bel hommage vraiment.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2016
Comme son confrère Martin Scorsese avec ses voyages à travers le cinéma américain et italien, Bertrand Tavernier, cinéphile passionnée qu'on ne présente plus, s'est lancé dans une aventure retraçant ses souvenirs et son rapport au cinéma français. Le cinéaste revient donc sur ses premiers chocs cinématographiques, sur ses rencontres avec Jean-Pierre Melville et Claude Sautet et sur tout un tas de films, de réalisateurs, d'acteurs et de compositeurs qu'il affectionne et qu'il entend nous faire (re)découvrir. Totalement subjectif (ce qui le rend d'autant plus intéressant), ce voyage est passionnant de bout en bout et l'on ne peut que se ravir d'être en compagnie de Tavernier pour se régaler d'anecdotes sur Jacques Becker, Jean Gabin, Claude Sautet, Jean-Pierre Melville, Claude Chabrol, Jean-Luc Godard, Eddie Constantine, Jean Renoir et bien d'autres... Pas besoin d'être un cinéphile passionné comme Tavernier pour apprécier ce documentaire aux trois heures qui filent à la vitesse de l'éclair et qui saura satisfaire n'importe quel spectateur qui apprécie un tant soit peu le cinéma. Amoureux du septième art, Tavernier nous gâte, nous fait découvrir des perles, nous trouve des archives formidables (dont un enregistrement audio d'une dispute entre Melville et Belmondo) et nous balade de films en films avec une passion et un amour toujours intact malgré les années. C'est émouvant, passionnant et ça nous fait aimer le cinéma avec encore plus d'ardeur.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 avril 2017
Si j'étais déçu de n'avoir pas pu voir ce documentaire à sa sortie, je suis aussi un peu déçu par le film en lui-même. Je suis déçu car je trouve ça finalement peu cinématographique, je ne dis pas que ce n'est pas bien, mais ça reste une série d'extraits que commente Tavernier en retraçant sur parcours de cinéphile. Ces extraits sont accompagnés de tout un tas d'anecdotes, d'explications où l'on voit Tavernier (ou plutôt où l'on l'imagine) passer d'un cinéma à l'autre, d'un metteur en scène à l'autre et se faire finalement son petit nid dans le milieu.

Sauf que 3h15 c'est long pour ça, c'est exactement ce que j'aurais pu imaginer comme format de série pour Arte, un truc qui passe tous les soirs après le journal et avant le film et qui se suit... Et l'autre bémol serait que je trouve les extraits plus intéressants que ce qu'il raconte dessus. Donc là il m'a donné envie de voir plein de films que je connaissais de nom, notamment certains Becker, Melville, Sautet, des films qui m'étaient inconnus comme ceux avec Eddie Constantine ou encore de revoir des films que j'ai déjà vu, notamment La grande illusion.

Évidemment le film fourmille de petites anecdotes sympathiques, mais la sauce ne prend pas tout à fait, parce que oui, j'aime apprendre des choses sur le comportement d'untel ou d'untel, de savoir que Prévert est allé cherché Kosma pour mettre en musique une chanson qu'il a écrite pour un film de Renoir, mais finalement ça ne dépasse jamais vraiment la petite anecdote sympa... et 3h15 avec juste ça, encore une fois je trouve ça long.

Alors oui, heureusement on a Tavernier qui explique ce qu'il aime chez tel ou tel réalisateur, il donne envie de voir plus de films de Becker, même si je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce qu'il raconte sur l'intrigue d'Antoine et Antoinette qui pour moi plombe un peu le film, il a l’œil pour sortir ce qu'il faut retenir d'une séquence, d'une façon de mettre en scène... Et forcément ça marche mieux lorsqu'on a la scène devant soit pendant qu'il l'explique, on s'épargne pas mal de descriptions, ce qui permet au film d'être assez dynamique.

Mais ce qui me pose finalement le plus problème, c'est que le film s'ouvre sur une citation de Godard, allant donc plus chercher la filiation avec Histoire(s) du cinéma qu'avec Scorsese qui si je ne m'abuse a aussi fait un film où il explore le cinéma de son pays. Sauf que Godard faisait quelque chose de ses extraits qui est déjà un peu plus innovant sur la forme et moins classique, mais qui était peut-être moins centré autour de lui, de sa vie, mais plus sur ses réflexions. Paradoxalement le film de Godard était divisé en plein de parties toutes autour d'un thème et pouvait donc être vu en plusieurs fois, mais était plus cinématographique, moins planplan en somme, que le film de Tavernier qui est à bouffer d'un coup (bon il annonce à la fin un second volet, on a évité le film de 6h).

J'en attendais donc plus de la part de Tavernier, qui livre un film personnel, loin d'être mauvais, qui donne envie de voir des films où l'on apprend quelques petites choses, mais qui malheureusement manque un peu de substance, je reste sur ma faim, ça me semble léger et il faut bien le dire, un peu lisse.

Reste que pendant le film j'étais entrain de me dire "ah il faut que je voie ça... et ça... et ça... ah et ça aussi", donc c'est déjà ça de pris.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 octobre 2016
Une plongée de plus de trois heures dans le cinéma français de 1930 à 1970 ça vous tente ? S’adressant à tous les cinéphiles, quel plaisir que ce Voyage à travers le cinéma français aux côtés de Bertrand Tavernier. Le cinéaste ne fait pas ici un documentaire sur l’Histoire cinématographique. Au travers de plus de 400 extraits, Tavernier expose sa passion de tel genre, de cet acteur ou de ce réalisateur. Il nous parle aussi d’un compositeur de musique ou d’un monteur. Cette fresque à travers le temps est un travail remarquable qui sera bientôt suivi de six nouvelles heures de témoignages. Car Tavernier ne fait pas que montrer des scènes qui se succèdent. Il nous parle. Jean Gabin, Julien Duvivier, François Truffaut, Jean-Pierre Melville, Jean Renois, Claude Sautet, Marcel Carné, il rend hommage davantage aux Hommes qu’aux films qui ont marqué le cinéma. Après 6 ans de préparation, 80 semaines de montage, plus de 950 films vus et revus, Bertrand Tavernier réalise un documentaire inestimable et vivement enrichissant.
D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 5 août 2017
Tatave est au soir de sa vie et il fait le bilan. spoiler: Le bilan de ce qu'il a aimé au cinéma quand il était adolescent, et en voyant tous les films de ces grands maitres il s'est dit "et si j'essayais, moi aussi, de devenir cinéaste." Il l'a fait avec les résultats qu'on connait, mais ce n'est pas le sujet ici. On sait que Tatave aime raconter, expliquer, répéter, dire et redire en usant de phrases, de para et de périphrases pour que rien ne nous échappe. Tatave, s'il n'avait pas fait de cinéma, aurait été maître de conférence, professeur de collège ou conteur au coin du feu, avec l'effet radical d'envoyer tout le monde au plumard en moins de cinq minutes. Dans ce film qui dure quand-même trois plombes, Tatave passe en revue tout un tas de films selon une sélection conforme à ce que devront présenter les archives comme "ce qu'il faut savoir du cinéma français par Bertrand Tavernier." Il a voulu faire une somme, Tatave, de ce qu'il est important de savoir. On l'imagine durant des heures à trier, classer, sélectionner, tout ce qu'il a archivé pendant ses années passées à regarder des films, afin de nous le ressortir sans rien oublier. On peut louer la mémoire exceptionnelle de Tatave entretenue à voir et revoir les films des autres, tout en essayant de faire aussi bien sans jamais y parvenir. Et Tatave raconte, raconte, raconte ... c'est fou ce qu'il aime raconter Tatave. Mais ... encore une fois, Tatave, je te le dis, je te le redis et ne suis pas le seul à te le dire : Tu nous ennuis. Tu nous ennuis parce que pour toi tout est merveilleux, tout est magnifique, tout est sublime, tout est grandiose, alors qu'on aurait aimé entendre ta hargne, ta mauvaise humeur, on aurait aimé que tu saupoudres ton exposé d'anecdotes vachardes, d'histoires singulières, de moqueries aussi, quitte à être de mauvaise foi. Ca aurait personnalisé ton film, ça lui aurait donné du caractère, mais de caractère tu n'as point Tatave. Tu es un universitaire, tu es un enseignant qui n'a pas compris que les meilleures leçons viennent de professeurs hauts en couleur. Toi, tu es en noir et blanc.
lipfy
lipfy

8 abonnés 81 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2016
Pas mal du tout (bien qu'un brin décevant). Bertrand Tavernier a choisi l'autobiographie pour réaliser cet immense projet : quels films j'ai aimés, qu'est-ce qui m'a marqué, etc. C'était une approche possible, mais ça limite forcément. Il y a des manques. En gros, il y a Becker, Renoir, Duvivier, Carné (beaucoup), Gabin (un peu long, mais bien). Rien ou si peu sur les autres acteurs de cette époque (Arletty, Jouvet, Marais, Morgan, Michel Simon, Darrieux, Raimu…) ou les autres réalisateurs (Ophüls, Tati, René Clair, Lherbier, Autant-Lara…) Excellent passage sur Eddie Constantine (et Lemmy Caution), et sur Melville. Truffaut, Godard, Chabrol à peine effleurés. Tout comme Bresson. Un peu de Claude Sautet, très intéressant, mais rien sur le cinéma des 70's.
Bon, bon, assez d’ergotage, de pinaillerie, de chichis : il est tout simplement impossible d'être exhaustif dans ce genre d'entreprise. Il faut reconnaître que c'est tout de même un très beau voyage, avec de superbes archives et un passionnant commentaire. En fait, c'est parce qu'on en aurait voulu plus, encore plus qu'on critique. C'est vrai que les 3h15 passent… comme un claquement de doigt ! On en revient pas que ce soit déjà fini. Alors, qu'est-ce qu'il y a à redire ? Rien.
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 octobre 2016
Autobiographie cinéphile à la fois tendre et espiègle. Un documentaire monumental et passionnant.

LA SUITE :
riverainpsy
riverainpsy

44 abonnés 433 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 septembre 2021
Bien sûr , au départ et à première vue , on ne boude pas son plaisir de revoir tout ces extraits d'excellents films ( encore que la Nouvelle Vague, mais bon, tous les goûts...) ; et puis le temps passe ; et on réfléchit . A quoi nous mène cet exercice autocentré sur Tavernier ? Le spécialiste du cinéma qu'il est ne s'engage jamais vraiment au delà d'une admiration béate ; à peine un coup de griffe à Renoir . Le bon réalisateur qu'il est aussi indiscutablement ( mais inégal) n'a pas non plus la stature d'un très grand du cinéma ( il profite surtout d'être bon à une époque où le cinéma français n'a jamais été aussi inexcusablement mauvais au regard de ces moyens) . Donc à quoi sert un spécialiste qui ne livre pas d'anecdotes et de réflexions nouvelles ? Quant à la filmographie française idéale de Tavernier, structurée en une spirale subjective et intime ; au fond pourquoi aura-t-elle plus de valeur que celle du quidam ? Un "Blow -Up" sur Arte fait pareil , souvent mieux, et de façon condensée . Un peu comme Maupassant par rapport à Balzac .
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 octobre 2017
Après plusieurs livres écrits sur le cinéma américain, Bertrand Tavernier s'attaque à celui hexagonal via un documentaire de plus de trois heures, où la passion du bonhomme est manifestement intacte. Des années 30 à 70, l'auteur de « L.627 » traverse les époques avec un plaisir souvent communicatif, son immense culture faisant la part belle à la technique comme aux émotions, le choix des films et des images prêtant rarement à discussion jusqu'aux 50's, d'autant que ses arguments et sa manière de décrire chacun d'entre eux forcent le respect et l'intérêt de quiconque s'intéressant un minimum au sujet. Évidemment, 180 minutes c'est très peu pour parler d'une période aussi longue dans un pays aussi riche en œuvres majeures, et certains cinéastes (notamment Julien Duvivier) passent un peu à la trappe. De plus, on peut être parfois dubitatif quant aux éloges que Tavernier émet sur certains noms (notamment dans les années 60), d'autant que celui-ci semble « privilégier » les réalisateurs qu'il a directement fréquentés, ce qui n'empêche pas l'analyse et la clarté. L'homme n'est pas forcément « sympathique », ce qui n'empêche nullement l'immersion et le plaisir de se plonger dans ces différents titres, d'autant que son regard reste constamment accessible, ludique. Bref, si on est (logiquement) plus convaincu par certains choix que d'autres, la subjectivité ayant inévitablement un rôle très important, difficile de résister à autant d'intelligence et de savoir, au moins lorsqu'on est cinéphile. Un voyage à ne pas manquer.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2016
Bertrand Tavernier grand spécialiste français du cinéma américain qu'il a commenté dans différents ouvrages de référence et analysé dans nombres de bonus DVD, notamment de westerns, aurait pu offrir aux nombreux fans de son érudition, un voyage dans le cinéma américain. Mais son ami Martin Scorsese ayant déjà fait le travail pour les cinémas américains et italiens ainsi que Stephen Frears pour le cinéma anglais, il s'est sans doute dit que sans lui le cinéma français ne serait peut-être jamais mis à l'honneur sous cette forme. L'ouvrage était donc très attendu. La faconde de l'ancien critique de Positif, son sens du détail et sa connaissance encyclopédique promettaient un voyage enchanteur sur plus de 40 ans d'un cinéma national désormais un peu oublié quand on sait que trop souvent aujourd'hui la cinéphilie se limite à la décennie écoulée quand elle ne se résume pas aux deux dernières années. Sur plus de trois heures, l'occasion lui était donc donnée de balayer l'ensemble de la production de la période choisie tout en la resituant dans son contexte social et historique. Bertrand Tavernier a choisi une autre approche dont on a senti tout de suite les limites quand la première demi-heure a été consacrée à Jacques Becker et la deuxième à Jean Renoir, deux cinéastes certes très importants mais qui par la place qu'il occupent ici passent sous le tapis Gance , Grémillon, Duvivier, Allégret , L'herbier, Pagnol, Clouzot, Guitry, Autant-Lara , Bresson, Lautner , Resnais, Verneuil, Lelouch, Clément, De Broca, Malle , Granier-Deferre ou même Deray et Enrico. Un hommage appuyé et mérité à Gabin qui régna en maitre sur la période était indispensable et Tavernier ne l'a pas oublié même si l'on sait la place majeure qu'occupe le rôle du réalisateur dans l'esprit de l'ancien de "Positif". Ce sera donc le seul chapitre consacré à un acteur dans ce voyage. Après l'injustement oublié Edmond T Gréville que Bertrand Tavernier tient à réhabiliter à travers un témoignage émouvant, ce sont Jean-Pierre Melville et Claude Sautet qui occupent la dernière heure. Tavernier les a bien connus tous les deux en qualité d'assistant pour l'un et d'ami pour l'autre. Le choix narratif revient certes à l'auteur souverain mais celui effectué par Tavernier ne donne pas à ce travail méritoire, le côté lyrique et magique qu'avait su conférer Martin Scorsese à ses deux voyages, prenant le parti de nous livrer ses impressions telles qu'il les avaient ressenties enfant, adolescent, jeune adulte puis réalisateur accompli. Sensitif au possible, Scorsese faisait la part belle aux acteurs et actrices qui inondaient l'écran de leur présence magnétique en ces années où les effets spéciaux n'avaient pas encore pris le pouvoir. Bertrand Tavernier après avoir laissé entrevoir vouloir prendre le même chemin avec la narration de ses souvenirs d'enfant de l'après-guerre n'est pas parvenu pas à se défaire de ses oripeaux de réalisateur et se livre à des analyses de mise en scène certes instructives mais qui ne font définitivement pas rêver. En dépit de l'admiration qu'on lui porte, on reste donc un peu sur notre faim au bout de trois heures. Mais comme s'il était conscient de la frustration possible que pouvaient générer ses choix, Tavernier nous annonce qu'une version télévisée prévue pour 2017 aura un plus large spectre. On est rassuré. On ne sera malgré tout pas trop sévère avec ce grand connaisseur qui nous délecte depuis des années de ses merveilleux livres et de ses anecdotes et analyses enfiévrées sur les films méconnus du patrimoine hollywoodien. Si le cœur lui en dit, en hommage à Jean Gabin qu'il avoue vénérer, il pourrait se lancer dans une fiction sur la vie du grand acteur, en contactant Kenneth Branagh dont la ressemblance avec le Gabin des années 40 est sidérante. Une ressemblance aussi bien physique que dans les mouvements que tous ceux qui ont vu la série "Wallander" ont pu constater. Une association de ces deux grands talents dans une évocation de cette carrière hors norme et intègre (à l'image de celles des deux hommes précités) aurait assurément de l'allure. On ne retrouvera pas de sitôt un si grand acteur capable d'incarner de manière crédible le môme de Merviel qui tiendra plus tard dans ses bras la grande Marlène.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 octobre 2016
Il est né à Lyon, la ville des frères Lumière (même si eux n'en étaient pas natifs - et si seul l'aîné y est mort) - en 1941. Cela fait à Bertrand Tavernier un point de départ à sa causerie (son "Voyage"), et un point de chute (lançant le générique - fleuve - car il est président de l'Institut Lumière). Entre les deux, 3 h 15 de souvenirs, d'inclinations diverses pour le cinéma français, qu'il a lui-même illustré (il n'y fait qu'une brève allusion, modestement...). En gros, de "L'Atalante" aux années 70. Au net positif de son travail : les 3 h 15 passent très vite ! Il faut dire que son panorama couvre une période façon "âge d'or" - quand les cinéastes étaient des êtres cultivés, connaissant leur métier, s'entourant de collaborateurs à l'unisson, et les acteurs (vedettes et rôles de "complément") de vrais interprètes. La comparaison avec l'ordinaire de la production hexagonale actuelle est cruelle - à tous égards ! L'exercice a aussi ses limites. Si l'aspect "pédagogique" est passionnant (élaboration des scénarios et dialogues, "grammaire" cinématographique, musiques...), l'aspect "filiations et influences" intéressant, on peut regretter que certains metteurs en scène, acteurs, compositeurs... de la période considérée soient trop bien servis, et beaucoup d'autres à peine évoqués. Sans oublier les (heureusement rares) tentations de politiser l'exposé - BT se voulant "engagé".....Inopportunes.
Nelly M.
Nelly M.

114 abonnés 525 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2016
Les foules rateront volontairement cette rétrospective cinématographique du vivant de Bertrand Tavernier projetée avec une amplitude horaire riquiqui et de préférence le matin, durée un peu plus de 3 heures, autant dire pour un public averti si ce n'est clairsemé :-) ou les fans de vieux films à "bonne histoire" ! Hommage d'une petite vingtaine d'années seulement, il manque un complément post seventies ébauché par des allusions aux oeuvres de Sautet, Melville... Beaucoup apprécié, outre la bonhomie habituelle du conteur qu'est aussi Tavernier ;-), le fréquent relais vocal ensuite, d'une fluidité parfaite... tous ces retours sur Jean Renoir, Eddie Constantine entre autres, et tout particulièrement la reconnaissance de talents gommés à leur époque pour cause de Nouvelle Vague prioritaire = les films de Jacques Becker ("Le Trou") ou Gilles Grangier ("Razzia sur la Chnouf") pour ne citer qu'eux...
Les meilleurs films de tous les temps