"Marseille" marque le passage de Kad Merad derrière la caméra pour la troisième fois. Cette fois-ci, l'ambition de ce dernier est un peu différente, ce film souhaitant allier la comédie et le drame. Et globalement, même si le résultat n'est pas extraordinaire, je ne peux pas dire que l'ensemble se regarde avec beaucoup de déplaisir. Dans ce qu'il essaie de faire, le long-métrage vise assez bien, et il est une copie très concrète de ce que l'on imaginait de lui. Dès le début, le ton est donné sur le drame, avant de partir sur des touches d'humour pour alléger le propos. Et dans la totalité du projet, c'est un peu cette façon de faire qui sera toujours reprise. Cela permet d'offrir un contexte assez émouvant et quelques séquences plus intimes, sans tomber dans le mélodrame. Grâce à un casting plutôt bon, ces séquences marchent donc bien, et on se sent pris par le parcours de ce personnage en quête de recréer des souvenirs. Le thème est plutôt bien amené, et on s'attache assez vite à ce dernier, ainsi qu'à son frère. Par conséquent, Kad Merad et Patrick Bosso forment un joli duo, très authentique et communicatif. Maintenant, ne vous attendez pas à une réinvention de la thématique pour autant, on reste sur quelque chose qui est destiné à un large public. La trajectoire de ces deux-là sera donc assez prévisible et sans trop de surprise. Quant à l'humour, je dois dire que c'est un peu pareil. Si certains gags réussissent à faire rire, la plupart tournent un peu toujours autour des mêmes sujets. On sent que les clichés autour de Marseille sont très présents, et ce sont ceux-ci qui vont être amenés, la plupart du temps. On aurait donc aimé un peu plus de thématiques au niveau de l'humour, mais c'est comme ça. Au moins, le projet bénéficie de ce cadre marseillais au niveau de ses environnements, avec beaucoup de très jolis plans sur la ville ou sur ses alentours. Il reste donc le fait que l'ensemble soit très prévisible et classique, même si le cahier des charges a été rempli. C'est loin d'être honteux, mais c'est clairement assez léger dans son exécution. Pour conclure, un drame très banal.