Grey Gardens
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2023
Edith Ewing Bouvier Beale et sa fille aînée Edith vivent toutes les deux dans le quartier huppé d’East Hampton (dans l’État de New-York), dans une vaste propriété baptisée Grey Gardens. Sauf que cette dernière est en ruine, elle n’est plus entretenue depuis des années et se retrouve envahis, voir submergée par la végétation. Comme deux vieilles filles, elles vivent reclus et coupée du monde, entourées de leurs chats et des ratons laveurs qui viennent leur rendre visite.

Celles que l’on surnommait "Big Edie" et "Little Edie" faisaient partie de la haute de société avant de finir en bas de l’échelle, Edith Ewing Bouvier Beale et sa fille étaient respectivement la tante et la nièce de Jacqueline Kennedy (la première est décédée en 1977 et la seconde en 2002). Après avoir divorcé et avoir été déshéritée par son père, c’est la descente aux enfers qui commence pour Edith Ewing Bouvier Beale qui se retrouve toute seule dans sa résidence huppée d’East Hampton. Bientôt rejoint par sa fille ainée (faute d’avoir réussi à percer à Broadway et à se trouver un mari), elles vont petit à petit s’enfermer dans leur microcosme fait de bric et de broc, la maison composée de 28 pièces (!) devient rapidement un capharnaüm, voir même une déchèterie. Étaient elles atteinte du syndrome de Diogène ? Il y a fort à parier vu l’insalubrité qui y régnait (l’inspection de la santé ira jusqu’à les menacer si elles ne nettoyaient par leur propriété, mais sans argent, c’est l’ex-Première dame Jackie Kennedy qui en paiera les frais).

Elles aimaient toutes les deux se mettre en scène face caméra, elles n’avaient pas honte de leur situation (s’en rendaient-elles compte réellement ?), préférant passer le plus clair de leur temps à chanter, danser voir même à se gueuler dessus. Après s’être intéressés aux vendeurs de bibles qui faisaient du porte-à-porte dans l'Amérique des années 1960 (Salesman - 1969), les réalisateurs Albert & David Maysles mettent en lumière l’incroyable histoire de ces deux excentriques, complètement délurées et obsessionnelles. Une sorte de "Strip Tease" à l'américaine, qui nous dévoile la face cachée de l’american way of life.

A noter enfin qu’un second documentaire (monté à partir de rushs inédites) sortira 30ans plus tard (The Beales of Grey Gardens - 2006), ainsi qu’une fiction, 35ans après (Grey Gardens - 2009), de Michael Sucsy et incarnées par Jessica Lange & Drew Barrymore.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Shawn777

804 abonnés 3 928 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 juillet 2025
Difficile d'imaginer que les personnages dépeints dans ce documentaire aient appartenu fut un temps à la haute bourgeoisie et encore plus difficile d'imaginer qu'elles étaient la tante et la cousine de Jackie Kennedy ! Les frères Albert et David Maysles dépeignent en effet à travers ce "film vérité" (le cinéma vérité étant, pour moi, la même chose que du documentaire à la "Strip-Tease") la vie recluse de Big Edie Bouvier et de sa fille, Little Edie. Alors là, rien d'anormal, elles habitent une gigantesque maison dans les Hamptons, quoi de plus normal pour des personnes appartenant à la haute-bourgeoisie. Sauf que l'on va très vite découvrir que la maison est complètement en ruine et même insalubre ! Le film est même presque en huis-clos, le spectateur étant bloqué, suffoquant dans cette chambre aux murs jaunes en même temps que les deux personnages principaux qui, quant à eux, ne semblent pas y trouver grand-chose à redire. On est ainsi presque ici dans le sensationnalisme, c'est-à-dire que même si le film montre la vérité vraie (mais, comme dans chaque documentaire ou "film vérité", aucun point de vue objectif n'est possible car la caméra filme nécessairement un point de vue en particulier, de plus arrangé ensuite par le montage), il est difficile de ne pas y voir une espèce de voyeurisme auquel participe évidemment le spectateur. Mais si, dans un premier temps, nous sommes ébahis notamment par cette chambre dégueulasse, il n'y a pas d'autres mots, on se prend ensuite d'affection pour ces deux femmes qui y vivent et dont la démence n'est par ailleurs pas si loin. Car si Big Edie a toujours vécue une "vie à part", sa fille s'en donne ici à cœur joie pour y exprimer tout ce qui lui passe par la tête, n'hésitant d'ailleurs pas à s'adresser directement aux réalisateurs, ce qui confère au film encore une autre dimension particulière. Effectivement, on se croirait presque par moment dans une parodie à la "The Office" mais non, tout est malheureusement vrai. Malheureusement parce-que les deux femmes ont une relation profondément toxique, passant leur temps à se disputer dans un flot de paroles chaotique mais entretenant en même temps une forte co-dépendance : dès que Little Edie part dans une autre pièce (pour par exemple aller nourrir les ratons laveurs dans le grenier...), sa mère hurle son nom et lui demande de l'aide pour telle ou telle chose tandis que Little Edie parle constamment du fait de retourner vivre à New-York et qu'elle ne passera pas un hiver de plus dans cette maison sans ne jamais sauter le pas. Bref, "Grey Gardens" est à la fois brillant de par la manière dont est abordé mais surtout filmé le sujet tout en étant bien souvent très étouffant, voire anxiogène mais le spectateur étant malgré tout captivé par ce qu'il a sous les yeux, comme une sorte de curiosité morbide presque inavouable.
BlindTheseus

347 abonnés 2 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 mai 2010
Les illusions du rêve américain semblent être dénoncés dans ce documentaire parfois un peu long consacré à la tante et à la cousine de Jackie Bouvier-Onassis, vivants désormais humblement dans une villa de 28 chambres du bord de mer. Sans doute traumatisées par l'assassinat de Kennedy, on note l'excentricité des deux femmes parfois relevé de narcissisme et de retours dans le passé, pendant que les ploutocrates proches les faisant méchamment passer pour des quasi dingues fait, en effet, nous poser des questions sur la normalité. D'ailleurs les commentaires politiques d'Edie Beale (étrangement détaillés) sur le pouvoir de l'argent et les complots existants, n'en déplaise aux non-convaincus, sont plus qu'embarassant pour qui aime se poser des questions.
Puda
Puda

1 abonné 273 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2022
Si vous aimez Strip Tease, voilà le documentaire qui a lancé le concept. Histoire complètement dingue d’une mère et d’une fille de la haute société qui vivent désormais comme deux clochardes dans une maison excessivement sale. Les réalisateurs ont beau dire que le couple était fantasque, on sent quand même une très grande fragilité psychologique. Ne serait ce que vu l’état de la maison et le nombre de chats errants, raton laveur et autres y ayant élu domicile. Le plus extraordinaire étant que la fille, Little Edie, continue quand même de s’habiller tout à fait dignement alors qu’elle vit au milieu de detritus, sans eau potable et mange les choses les plus ignobles de la terre, du fait que ces deux femmes vivaient dans la pauvreté la plus totale.
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