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Un visiteur
5,0
Publiée le 11 juin 2016
Un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir. Elle Fanning est de toute beauté. La bande-son est sublime et m'a transporté. NWR nous prouve qu'il est encore possible en 2016 de créer des oeuvres originales et puissantes. Un film à part.
Nicolas Winding Refn continue de bâtir son univers cinématographique. Hué, massacré par la critique sous jurons faciles, The Neon Demon est un film qu'il est en effet facile de balayer, autant pour la simplicité de son pitch que pour la lecture qu’en donne son auteur, n’en loupant pas une pour se faire détester. Pourtant, The Neon Demon est avant toute chose une proposition de cinéma suffisamment iconoclaste pour qu’elle entraîne autre chose qu’un dédain malpoli. Toujours aussi clivant, toujours aussi fascinant pour les uns que détestable pour les autres, il n’en demeure pas moins que le film développe sa propre grammaire pour explorer l’univers de la beauté à travers le prisme du surréalisme glacé.
Le réalisateur danois va s’appuyer sur un récit extrêmement simple et naïf, opérant divers traits grossissants sur cet univers de la mode. Un point d’ancrage quelque peu futile (quelle portion du public s’intéresse réellement à l’envers du décor du mannequinat ?) lui permettant toutefois de développer une réflexion universelle, sous forme d'une fable moderne. Des sorcières représentées ici comme des poupées de cires, une princesse intouchable, un ogre gérant d'un vieux motel, et un prince charmant, donc les intentions deviennent ridicules dans cet univers plein de paillettes et de faux semblants. Autant dire qu’il s’agit d’une œuvre dense, non pas par son récit finalement très basique dans sa progression, et s’appuyant sur des mythes bien spécifiques, mais dans l’univers symbolique qu’il se réapproprie pour créer son propre mode d’expression. On sent évidemment chez le réalisateur danois une ambition assez folle de livrer un film définitif sur le concept philosophique de la beauté, et il le met en scène à travers une odyssée se basant sur un esthétique qui ne peut que déstabiliser et frissonner le spectateur.
The Neon Demon établit en quelque sorte un jalon en terme d’esthétique, traduisant cinématographiquement certains codes étroitement liés à la beauté fugace des mannequins. Chaque plan déborde d’une beauté empoisonnée traduisant parfaitement ce qui se déroule à l’écran. Entre l’utilisation d’objectifs créant une illusion d’images retouchées et glacées, le glissement progressif entre une esthétique de thriller lambda et une forme de cauchemar surréaliste, la construction rigoureuse de cadres emprisonnant les personnages dans leur condition (d’objet de convoitise, d’insatisfaction et de cupidité, de domination voire de menace), The Neon Demon traduit son discours par l’image plus que par une narration classique qui finit par s’évaporer complètement. C'est là qu'on pourrait n'y voire qu'une vulgaire expérience cinématographique vaine, qui n'est que de la poudre aux yeux, mais je pense que le message va beaucoup plus loin.
Il y a une volonté de mettre en scène la philosophie de la beauté, dans un univers certes très superficiel mais qui va de ton avec ce qu'il se déroule dans le film, cette descente aux enfers qui termine dans le ton le plus malsain possible. Le conte cruel tentant de cerner la complexité de ce qu’est la beauté au sens philosophique (il en effleure un large champs des paradoxes) vogue également vers une forme de cynisme au moment d’aborder la vacuité des icônes modernes, que Refn considère ouvertement comme de dangereuses impostures.
Il y a donc à nouveau quelque chose d’hypnotique dans la façon qu’a Nicolas Winding Refn d’établir son discours par une imagerie intense, quelques séquences créant un certain malaise, dans les nappes électro d’un Cliff Martinez en très grande forme, et de personnages reflétant chacun une humeur malsaine, dans un univers dépourvu de toute moralité. The Neon Demon reste tout de même un film coup de poing qui marque une avancé dans le cinéma de Refn, qui, dans cette superficialité du pitch et de l'histoire, proposer un cadre monumental, racontant une autre histoire rien qu'à travers l'image. Un film pas vraiment aimable au premier abord mais dont l’odyssée cauchemardesque s’avère tout aussi passionnante et sensorielle que celle des précédents héros du réalisateur, qui trouve par ailleurs en Elle Fanning une merveilleuse matière filmique à sculpter et à déconstruire, comme en témoigne la prodigieuse séquence du défilé, pure projection mentale.
Après un Only God Forgives décrié (mais que personnellement j’ai apprécié), Nicolas Winding Refn ou NWR pour les intimes, revient avec son nouveau film : The Neon Demon. Et encore une fois, Refn livre un film excellent mais qui divisera une nouvelle fois le public et la critique. Première chose qui saute aux yeux c’est bien entendu la mise en scène millimétrée du cinéaste. Chaque plan est pensé et travaillé avec soin. Ajouté aux images la sublime b.o de Cliff Martinez et le jeu de couleurs chère à Refn et vous obtiendrez visuellement son plus beau film. Du côté du scénario, The Neon Demon nous plonge au cœur du monde implacable de la mode où la recherche de la beauté parfaite passe avant tout. Et c’est dans ce climat délétère que débarque Jessie (jouée par l’excellente Elle Fanning), une belle jeune fille de 16 ans, qui va s’attirer la jalousie et la haine de ses concurrentes qui seront prêtes à tout pour s’emparer de ce joyau brut qu’elle représente. Comme d’habitude chez Refn, l’histoire contient une double lecture d’autant plus que le cinéaste appuie son propos en nous livrant des scènes chocs, parfois gores, mais toujours très esthétiques et stylisées (à l’image de son Only God Forgives). Certaines scènes vont en déconcerter plus d’un mais quand l’on connait et apprécie le style et l’univers du cinéaste, on ne peut qu’aimer ces scènes si particulières voir métaphoriques. Enfin, concernant les actrices principales, je les ai trouvé vraiment toutes très biens (Elle Fanning en tête) et j’ai beaucoup apprécié le trio Jena Malone/Bella Heathcote/Abbey Lee qui apporte un vrai plus au film et complète parfaitement le rôle d’Elle Fanning. Voilà, The Neon Demon est un excellent film, spécial et étrange, mais terriblement bien fait et mis en scène. Les amateurs de Nicolas Winding Refn devraient apprécier. Pour les autres, cela risque d’être un peu plus compliqué.
Sifflé à Cannes, le dernier film de Nicolas Wending Refn divise la critique. "Capricieux, égocentrique, passionnant et terrassant" pour Mad movies ; "Conte de fées techno, prétentieux et vaguement provoc" pour Le Point. Le brillant réalisateur danois a-t-il signé un nouveau "Drive", le polar hypnotique qui fit de Ryan Gosling l'acteur le plus sexy au monde ? Ou une suite du grand-guignolesque "Only God forgives" ?
Hélas, mis à part la musique techno ensorcelante de Cliff Martinez - auteur de la BO de "Drive" - c'est plutôt dans les délires cannibales et nécrophiles de son avant-dernier film que Wending Refn s'égare. A partir d'une histoire (trop ?) simple - une beauté angélique débarque à L.A. dans le monde frelaté du mannequinat - il compose un film sophistiqué, mélange de clip vidéo, de porno chic et de gore.
La bande-annonce - qui ressemble étonnamment à la dernière pub Poison Girl de Dior - m'avait mis l'eau à la bouche. Et "The Neon Demon" commence plutôt bien. Elle Fanning, longtemps éclipsée par sa sœur aînée Dakota, explose. La gamine de "Twixt" et de "Super 8", dix-huit ans à peine, incarne à merveille Jesse, cette adolescente sans passé, dont le seul bagage est l'angélique beauté. Elle a l’innocence de l'enfance et la beauté de la femme (oh là là ! cette phrase sortie de son contexte, ne risque-t-elle pas de me valoir un procès en pédophilie ?). Je parie mon pain au chocolat qu'elle va devenir une star planétaire... en espérant qu'elle ne se brûle pas les ailes au contact de cette gloire trop tôt acquise.
Hélas, la beauté confondante de son héroïne ne suffit pas à porter "The Neon Demon" deux heures de temps. Refusant de filmer l'histoire, certes prévisible, d'une Cendrillon des catwalks, Wending Refn bascule dans ses obsessions fétichistes et voyeuristes. Un univers qui rappelle les délires visuels, moins maîtrisés qu'on ne le dit trop souvent, d'un David Lynch. Au risque de nous perdre dans les vingt dernières minutes d'une transgressive beauté ... ou d'une insondable crétinerie.
Winding Refn frappe encore très fort visuellement ! Hyper stylisé. Actrices magnétiques. Musique envoûtante. Fascinant. Magnétique. On est captivé, ensorcelé ... si on aime le cinéma conceptuel, cadré, qui s'exprime bien plus par l'image, par le cadre, la magie graphique et non par le texte, l'action, le divertissement. L'ange Fanning est incontestablement chaste, pure, céleste. Elle débarque dans un véritable Enfer. Face à elle, de belles créatures redoutablement déchaînées et une Jena Malone intense toute-puissante. La fureur de certains plans troublent et nous transcendent. Un film qui se ressent donc, avant tout, pour un public averti. Une oeuvre d'art.
Une véritable pépite, une oeuvre d'Art qui plaira à tout fan de Winding Refn surtout ceux qui ont apprecier Only God Forgive. Le film est tourné comme un contre de princesse des temps moderne macabre, et c'est vraiment inexplicable c'est experimentale, je ressort tout juste et je suis encore dans tout mes etats. Quel esthetisme ! Vache! Bravo NWR encore une frappe dans nos tronches
Ambiance sympa car très graphique - Bcp trop lent . Le milieu du film whoaa - Des scènes inutiles Je m'ennuie rarement dvt un film mais la c'etait le cas
esthétiquement réussi mais l'esthétique ne fait pas tout et la description moralisatrice du monde de la mode où les mannequins sont littéralement prêtes à se bouffer entre elles pour réussir est un peu lourdingue. on a compris que LA c'est la jungle pour une gamine innocente, pas la peine d'user d'aussi grosses ficelles. visiblement après "elle", il y avait une volonté à cannes de sélectionner des films au scénario tordu mettant en scène des personnages détraqués enfin notons qu'une scène de sexe explicite nécrophile ça donne une interdiction pour les -12 ans quelques mois à peine après l'interdiction aux moins de 18 de la vie d'adèle. va comprendre la logique ...
"The Neon Demon" pourrait avoir pour titre "La Féline", en référence à un chef d'oeuvre du cinéma fantastique datant de 1942. Ou plutôt, en l'occurrence, il faudrait mettre ce titre au pluriel: "Les Félines": celles qui vont dévorer tout cru la belle Jesse (Elle Fanning) qui débarque de sa Géorgie natale à Los Angeles pour se faire une place dans le mannequinat. Une des premières répliques du film le dit: Jesse est belle à croquer. Ses concurrentes ne tarderont donc pas à passer à l'acte spoiler: et à l'éliminer en la mangeant! Avec Nicolas Winding Refn, pas la moindre subtilité, pas de place pour l'art de la suggestion que Jacques Tourneur (le réalisateur du film de 1942) maniait avec tant de dextérité. Winding Refn, lui, prend bien soin d'exposer à nos yeux une superbe panthère puis de filmer des scènes sanguinolentes parmi d'autres à l'esthétique de papier glacé. Quant à la scène conclusive, elle a très certainement la prétention d'être audacieuse, mais elle ne parvient à rien d'autre qu'à être grotesque. Le provocateur Winding Refn a pondu sa nouvelle curiosité de peu d'intérêt. Passons à autre chose... 4/10
Au moins, maintenant, Nicolas Winding Refn ne cache plus son jeu.
Ce qui m'avait si fortement déplu sans ses deux derniers opus (en gros, une outrancière primauté du style sur le fond) est ici pleinement assumé.
Cela commence fort, avec dans les cartons du générique les initiales NWR comme gravées en arrière plan. Refn n'est plus un cinéaste, il est devenu une marque.
On n'est donc plus vraiment dans du cinéma, mais dans une sorte d'egotrip qui n'a que peu d'équivalent dans l'histoire du cinéma - je ne vois que Fellini pour avoir proposé des oeuvres aussi esthétisantes, certes dans un style très différent, dont le contenu narratif devient complètement accessoire.
Au début du film, l'arrivée du personnage jouée par la diaphane (et redoutable) Elle Fanning dans l'impitoyable monde de la mode essaye de maintenir encore une sorte de canevas narratif. On pense subrepticement à Mulholland Drive pour l'aspect "jeune et innocente" dans un milieu hostile, filmé bizarrement, mais NWR n'arrive qu'au mollet de Lynch.
L'impression fait long feu, The neon demon évoluant tout à coup dans une abstraction absconse et tape-à-l'oeil (les triangles et tout le barnum géométrique). On nage en plein porno soft lesbien type pub pour Chanel : c'est très mauvais.
La fin du film revient à son climat esthétique minimaliste du début dans un dernier volet que j'ai trouvé particulièrement réussi. NWR cadre alors pour le plaisir des créatures improbables qui évoluent dans une sorte de non-sens onirique particulièrement flippant, dans lequel on gobe un oeil avec une voracité goulue. Ca me plait.
A ce moment-là, NWR approche de l'art contemporain plutôt que du cinéma et on a envie de lui dire : Allez mon gars, encore un effort.
Nicolas Winding Refn signe désormais NWR. Un sigle ou un label. Humour ou pure prétention ? A l'instar de son compatriote Lars Von Trier, Refn est un styliste qui manie la provocation dans des postures plus proches du sordide que du torride. The Neon Demon, sous prétexte de "dénoncer" le culte de la beauté et de la jeunesse, semble fasciné par le vide avec ses femmes cyborg et ses hommes si stéréotypés. Le film a la tentation du vide et de la vanité où la splendeur de la façade (d'accord, certains passages sont plastiquement superbes) cache des perversités peu ragoûtantes (des pratiques qui se terminent en "philie"). Mais aussi dérangeante soit la forme, elle est appuyée par bien trop peu de fond. On s'épuiserait à compter le nombre de scènes gratuites sans compter quelques personnages tout aussi inutiles (celui de Keanu Reeves, par exemple). The Neon Demon sonne creux et se croit malin en se transformant en mauvais giallo. On espérait l'être et le néon. On est bien plus proche du néant.
Film esthétiquement parfait, bande son tonique, ambiance assez étrange je n'en dirai pas plus au contraire de certains qui adorent presque dévoiler la fin des films, mais quel ennui. D'abord le manque de rythme si seulement le film avait celui de la bande son, ensuite le le mélange de genre qui finit pas agacer et croyez moi je n'étais pas le seul à la séance à avoir envie que ça se termine, lent lent lent.
NWR nous dévoile son nouveau film, « the Neon Demon », qui nous emmène dans le mode de la mode à Los Angeles version cliché, selon l'interprétation du réalisateur. Des personnages qui joue une émotion comme la jalousie ou l'envie. Le rôle de l'homme est mis de côté, oubliez le Gosling de Drive ou Only God Forgives.
Résultat : film peu intéressant, personnages pas du tout attachant ( K. Reeves sert à quoi ? ) car ils manquent cruellement de personnalité, lent et intense juste par sa bonne musique...
De plus, filmer une scène pour faire beau avec une couleur majeure pour exprimer l'émotion n'a rien d'exceptionnel. Pourtant, il nous a précédemment prouvé le contraire. On ne peut juste cacher implicitement l'émotion ou la scène à venir en utiliser les mêmes couleurs tout au long du film. À en perdre le suspense et l'intention de la scène.
Au final, un film vide, pas intéressant et mal exploité. Très chiant, j'étais pas loin de quitter la salle alors que j'aime les films de NWR. Dommage.
Ce film est particulièrement affligeant et surtout honteux. Aussi la fin est particulièrement tordue et très dégoûtante et dire qu'il existe des gens qui s'extasient devant cette histoire absolument sordide.
Un film impeccable quant au rendu sonore et visuel mais qui ne réussit pas à gommer l'inégalité d'un scénario bien souvent émaillé de séquences inutiles. À vouloir faire trop de symbolisme Refn passe à côté du sujet et se fourvoie dans l'esbroufe ... Décevant !