Titre qui laisse présager de nombreuses situations cocasses avec d’infinies possibilités de trucages alléchantes, teaser appétissant et présence de Matt Damon : a priori, donc pas mal d’atouts, a priori…
Passées les apparitions en diverses situations des micro-humains confrontés aux « normaux », le gag ( ?) d’Audrey qui trahit son Paul de mari, le film s’essouffle avant d’avoir vraiment commencé. On s’attendait à voir quelques problèmes, techniques, physiques ou moraux surgir au moment de l’« opération » et l’inexpérience, voire l’impossibilité de les résoudre : ils ne sont qu’évoqués au hasard de rares dialogues.
Nous voici donc maintenant dans Leisureland, nouveau monde plus blanc que blanc des micros qui, pour la plupart, passent leurs journées de nouveaux riches – apparemment le seul avantage à leur situation ! - à traîner leur ennui, confinés sous une bâche les protégeant du monde extérieur. Il eut été intéressant de savoir où est édifié ce dôme, comment il est protégé des agressions extérieures, quels sont les contacts, inévitables désaccords et conflits avec les normaux, comment les micro sont approvisionnés en nourriture ? comment ont été miniaturisés tous les objets de la vie courante, etc : rien. Alors on se dit, certains vont se rebeller, suite à un mauvais choix ou une volonté de s’aventurer au-delà du dôme. Et là, c’est la porte ouverte à l’imagination, confrontation des 2 mondes : moustiques géants, souris ou serpents voraces, gouttes d’eau de plusieurs mètres cube, tempêtes d’une violence inimaginable, combats entre humains de tailles différentes… Rien, déception totale.
A vrai dire, très rapidement, on oublie qu’on a affaire à des micro, puisque tout est désormais à leur échelle, les normaux ayant disparu de notre champ visuel. Bref, aucune surprise à aucun moment.
Alors, certes, oui, les éternels problèmes existentiels et quotidiens de l’espèce sont abordés, très bien. Mais pour les exposer ou les dénoncer (sans rien proposer…) était-il besoin de nous attirer comme des mouches avec un sucre qui s’avère peu digeste ?
Les amateurs de SF, de nouveautés, de surprises économiseront donc avec profit le prix d’une place de cinoche pour revoir entre amis le Voyage fantastique de Richard Fleischer - avec Raquel Welch – qui en 1966, avec beaucoup moins de moyens techniques et financiers, avait su nous faire rêver, ce dont Downsizing est incapable aujourd’hui malgré la présence de Matt…