Un american dream porté à l'écran avec tous les poncifs que cela comporte : un patriotisme exacerbé. Mis à part cela, de bonnes scènes comme cette espèce de marelle à même le sol symbolisant le projet du concept McDonald's. Très bonne performance de Michael Keaton qui se révèle antipathique au possible.
Ce film a surtout le mérite de replacer l'église au centre du village ! On y découvre les divergences qui ont commencé à apparaître entre les deux créateurs, les frères McDonald, et Ray Kroc. Les uns avaient une vision familiale, peu expansionniste, misant sur la "qualité" alimentaire, alors que l'autre est dans la rentabilité, le capitalisme et mise sur l'industriel.
Kroc n'a d'ailleurs pas hésité à réécrire l'histoire : Il ouvre le premier McDonald de la société McDonald's actuelle à Des Plaines, dans la banlieue de Chicago, Illinois. Les documents officiels de la société utilisent souvent cette date comme leur commencement bien qu'il fût quinze ans plus tôt, effaçant par la même occasion toute trace des frères McDonald en faveur de Kroc.
Au début des années 1960, la société est renommée « McDonald's Corporation ». Dès 1961, les frères McDonald donnent leur accord pour vendre les droits de leur entreprise à Kroc pour un montant de 2,7 millions de dollars. Le contrat autorise les deux frères à conserver leur commerce d’origine mais ils perdent en contrepartie le droit d’afficher le nom McDonald's. Il fut donc renommé The Big M, et resta ouvert jusqu’à ce que Kroc ouvre un McDonald's juste dans la rue située au nord. Si les frères avaient conservé l’accord précédent qui leur offrait 0,5 % des revenus annuels de la chaîne, ils auraient aujourd’hui cumulé plus de 100 millions de dollars par an.
Le métrage est centré sur l'ogre Kroc, un personnage tout en persévérance. Parti de rien, (commercial raté dans les machines à milk-shake), il va sentir le gros potentiel du concept de restauration rapide. Un visionnaire qui voit grand et qui n'aura d'autres choix que de s'accaparer de la marque et du concept des deux frères créateurs, les divergences devenant profondes, passant ainsi au statut de requin des affaires. Il n'aura pas créé le concept et la marque mais le business immense qui en a découlé, allant même jusqu’à hypothéquer sa maison.
Un biopic instructif et réaliste, bien que scolaire, montrant le peu d’angélisme qui existe dans le monde des affaires. Un monde de requins !