Chef-d'oeuvre de l'expressionnisme allemand, un conte horrifique à l’atmosphère aussi fascinante qu’effrayante, avec sa musique dantesque, ses jeux d’ombre et lumière incomparables dans lequels apparaissent la silhouette inoubliable et terrifiante de Max Schreck.
"Nosferatu le vampire" est un chef-d’œuvre absolu du cinéma muet. F.W. Murnau signe une adaptation non officielle du "Dracula" de Bram Stoker, mais à la puissance visuelle inégalée. La silhouette de Max Schreck en comte Orlok reste gravée dans les mémoires. La mise en scène de Murnau, avec ses jeux d’ombres saisissants et ses décors inquiétants, crée une atmosphère de malaise palpable, donnant vie à une terreur viscérale et intemporelle. L'influence de cette œuvre sur le cinéma fantastique fait de ce film une pièce maîtresse de l’histoire du septième art.
Merci au ciné St Leu d’Amiens de nous avoir présenté « Nosferatu le vampire » de Friedrich Wilhelm Murnau (1922) dans une version sonorisée par Éric Navet, Stefan Orins et Nicolas Mahieux… sonorisation « homologuée » SVP par le centre Murnau ! Le film projeté est la version sortie pour les 100 ans de ce chef-d’œuvre, restaurée à partir des données de 5 cinémathèques et durant 1 h 34 contre 94 minutes pour la version habituelle ! Nous sommes en 1838. Thomas Hutter (Gustav von Wangenheim), jeune clerc de notaire à Wisborg, heureux en mariage avec Ellen (Greta Schröder), part pour la Transylvanie afin de vendre une propriété au comte Orlok (Max Schreck) qui désire acheter une résidence à Wisborg. Le château d’Orlok est sinistre et durant la transaction, celui-ci voit une miniature d’Ellen qui le fascine – « votre épouse à une gorge extraordinaire ». Il décide alors d’acquérir une grande bâtisse proche de la maison du jeune couple. Hutter ne tarde pas à découvrir la nature d’Orlok mais Nosferatu qui répand dans son sillage une épidémie de peste, retrouve Ellen qui en proie à ses griffes laissera le comte faire d’elle sa victime, en sacrifiant son sang au vampire pour sauver la ville frappée par la peste. Une soirée agréable pour ce grand chef-d’œuvre du cinéma expressionniste allemand, étonnant en termes de cadrage, de lumière et de mise en scène avec des accélérés, des scènes colorées... Un des tous premiers films d’horreur tiré du roman « Dracula » de Bram Stoker paru en 1897.
Un film éblouissant de maîtrise qui parvient encore à susciter le suspense et ravit par son inventivité. Murnau avait déjà tout compris au cinéma et réalise ici en 1922 un modèle qui pose les bases du septième art. Le scénario est déroulé avec finesse et fluidité, grâce à une narration toujours bien sentie et utilisant à merveille la contrainte du plan fixe et des panneaux qui racontent l'histoire. On croirait presque parfois lire une bande dessinée, sauf que le cinéaste allemand va plus loin : il invente le hors-champ et joue avec ce qui se passe en dehors du cadre. Il fait également preuve d'une immense science du montage, ce qui participe vraiment de la fluidité du film. Vu en 24 images secondes, j'en ai raté les colorisations et la lenteur de l'époque, mais le film en devient peut-être plus dynamique et haletant. Il est toujours émouvant de contempler un morceau d'histoire, alors quand celui est juste somptueux, c'est un ravissement.
Une oeuvre qui ne faillit pas à sa réputation et qui conserve toujours, malgré les décennies passées, son caractère horrifique et son ambiance oppressante. L'expressionisme allemand, incarné ici par Friedrich Murnau, rajoute de la valeur au personnage de Nosferatu/Dracula et accentue cette atmosphère angoissante. Du trés bon cinéma !!!!!
Véritable pièce maîtresse du genre qui influencera bon nombre de classiques et lui assurant ainsi la postérité. D'abord, passons sur le jeu hyper-expressif des acteurs, obligés de surlignés chaque émotion car le film est muet. Les cartons, peu nombreux, se révèlent suffisamment explicites pour suivre le tout facilement. Si quelques faux raccords et une tendance à répéter certaines transitions (fondu au noir) viennent titiller mon sens critique, il faut reconnaître à l'entreprise (qui a beaucoup vieilli, là n'est pas le débat) une certaine virtuosité, avec des effets spéciaux en stop-motion et des scènes proprement bluffants et inventifs. M. Schreck confère à son personnage (qui apparaît assez peu) une vraie présence inquiétante. Un vrai bijou du genre, qui pose certaines bases du genre et qui continuera d'épater tous les cinéphiles. D'autres critiques sur
En 1897, Bram Stoker inaugure l'un des points de départ de toute la littérature d'épouvante en éditant "Dracula", roman épistolaire mettant en scène un vampire. En 1922, Friedrich Wilhelm Murnau en réalise la première adaptation connue, "Nosferatu", sans doute l'un des premiers films d'horreur jamais réalisés. Classique incontournable, chef de file du courant expressionniste, l'oeuvre demeure visuellement superbe, riche de jeux d'ombres et de profondeurs de champ éblouissants. Certes, la lutte entre le bien et le mal y est omniprésente mais celle-ci ne verse jamais dans le manichéisme moralisateur. En réalité, "Nosferatu", véritable poème funèbre sur grand écran, est obnubilé par l'allégorie de la mort. En effet, cette dernière domine l'oeuvre intégralement et imperméablement. Et le légendaire Max Schreck, dans la peau du vampire se retrouve donc à l'épicentre de ce giron morbide. Du début à la fin, il est et reste l'élément pivot de cet univers résolument mortifère. Chacune de ses apparitions est précise, rare, extrêmement minutieuse et par conséquent absolument inoubliable. Essentiel.
Un jeune agent immobilier du nom de Hutter se voit partir en Transylvanie pour se charger du déménagement du compte d'Orlock, vivant dans une lugubre forteresse ambitionnant de se rapprocher du milieu urbain. Au sein d'un paysage allemand dans lequel s'opposent nature et civilisation, l'attirance de cet homme d'expérience pour la compagne de Hutter amorce l'intenable propagation d'un fléau qui s'étendra dans le milieu... Première adaptation officielle (bien qu'elle n'ait pas été approuvée d'office comme telle) de Dracula, et source multiples réinvestigations du mythe fondateur, "Nosferatu le vampire" est une des premières pierres angulaires des oeuvres fortement déconcertantes mais en tout point, remarquables. Produit tout droit issu de l'an 1922, il inclera le cercle restreint des films de genre expressionniste, aux côtés des Robert Wiene et Fritz Lang sortis cette même décennie. Au-delà des célèbres jeu d'ombres (visibles à vue d'oeil grâce à l'affiche), géométriques et opaques, nous est servi une formelle grammaire filmique en nous dressant le portrait au vitriol d'un "cas actuel" de la vie commune, en l'occurrence mise à rude épreuve suite au désir du comte Orlok de se rapprocher de la ville. Par le biais d'un jeu d'acteurs très théâtral, misant beaucoup sur l'effet que provoque les maquillages et souvent quelque peu en marge de la grammaire classique du muet, nous nous frottons à de longues scènes fortes à chacune de faire progresser non seulement notre proximité avec la créature, mais en avec l'épouvante dont le film est précurseur. Le montage alterné offre différents points de vue narratifs, dont l'homogénéité des péripéties alliant met et campagne en passant par la sinistre demeure du vieux compte, admirablement illuminée par le film dans sa version restaurée. Murnau ne détrousse pas la société avec le dos de la cuillère en pointant du doigt l'horreur en tant que telle dans sa diffusion ; la nature est corrompue par les laissés-pour-compte... spoiler: L'analogie entre les rats et les vampires, est clairement distincte tout le long. Le cinéaste se sert de l'allégorie visuelle de la peste pour montrer en nous l'angoisse et les méfaits du désir. Ajoutons à la version restaurée, en couleurs, la présence de mélodies stridentes, notre principal vecteur d'angoisse fonctionnant à merveille et compensant certaines séquences perdant en peps et limite confuses. "Nosferatu", à l'instar du style Murnau dans son ensemble, se distingue par ses grandes images décortiquant l'Homme dans tous ses états (mieux que n'importe quel autre cinéaste expressionniste) et plus particulièrement, par ses très nombreux ressorts scénaristiques floutés par le nombre de dialogues au ras des pâquerettes. Ce n'est pas "Le Dernier des hommes" (1924) qui contredira cette conclusion.
CULTISSIME, ce film devrait servir à toutes les ecoles de comédiens et de réalisateur tant ce film est surnaturel. L'histoire, le cadrage, les images, et un Max Schreck magistrale dans son rôle.
Cette première adaptation de Dracula qui demeure en grande partie conforme au livre de Bram Stoker est souvent considéré comme le symbole de l’expressionnisme allemand, mouvement qui apparu au début du xx siècle et qui s’illustra, dans divers domaines artistiques jusqu'à l'avènement du régime nazi. Produit de l'angoisse et du repli, le cinéma expressionniste fuyait toute représentation réaliste, sans refuser pour autant la figuration et la narration. Principalement tourné en extérieur, ce grand classique du cinéma d'épouvante qui développe une ambiance claustrophobique pour les scènes d’intérieurs utilise au maximum les jeux de lumière, ce qui était inhabituel à l’époque. Jouant sur l'utilisation des ombres et des contrastes dans ses prises de vue tout en utilisant très remarquablement une bande son angoissante, le réalisateur Murnau réussit avec plus particulièrement les apparitions de la silhouette mortifère de Nosferatu qu’incarne inoubliablement l’acteur Max Schreck, à faire susciter l'inquiétude et le malaise tout au long de ce long métrage muet chapitré. Egalement, il se dégage aussi dans ce chef d’œuvre expressionniste vraiment une esthétique morbide que reprirent des réalisateurs comme Orson Welles, Alfred Hitchcock ou Tim Burton dans leurs films noirs. A noter également que Nosferatu, une symphonie de l’horreur fit l’objet en 1978 d’un remake Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog avec en vedettes Klaus Kinski et Isabelle Adjani.
Le Nosferatu de Murnau fait aujourd'hui bien plus office de pièce de musée que de film en tant que tel. Comment noter un film qui de toute manière appartient plus à l'histoire du cinéma qu'autre chose ? Car après tout, il n'est jamais qu'une étape supplémentaire dans le développement du 7e art. Et c'est bien d'art dont il fallait parler pour le coup, car bien que le film innove beaucoup techniquement parlant (on y trouve les prémisses de nombreux effets visuels, entre l'utilisation du stop-motion et le fondu enchaîné), force est de constater que la direction artistique commence à prendre le dessus. La mise en scène est vraiment à l'avenant (par ailleurs encore épargnée par ce côté théâtral qui allait pulluler dans les années 30), les décors gothiques sont sublimes, les maquillages et les effets spéciaux travaillés… Ce qui nous vaut encore, 90 ans après, quelques passages clés du cinéma d'épouvante. Le film aura aussi profité du meilleur de l'expressionisme allemand, jouant autant sur les ombres que sur les dimensions du cadre. Le roman de Stoker (que je n'aime pas vraiment, mais je l'avais déjà dit plusieurs fois) a par ailleurs été fort bien retravaillé pour son adaptation, celle-ci en profitant pour maudire une Allemagne qui avait du mal à se remettre à la fois de sa défaite et de sa révolution de 1918. Tout-ça appelle au chef-d'oeuvre mais le film n'est pas sans défauts non plus, soyons honnêtes. La qualité d'interprétation est en effet assez variable. Si Max Schrek est bien sûr plus que convaincant en vampire (lui insufflant une bestialité et une terreur palpable, qui devrait encore servir de référence de nos jours), d'autres en revanche sont plus que limites, parce qu'en font beaucoup trop, au risque de déclencher chez vous un certain rire méprisant (toutefois, cette manie de l'exagération était chose commune dans le cinéma muet, expressionniste particulièrement, aussi c'est loin d'être étonnant que plusieurs "stars" n'aient pas survécu au passage au film parlant). Le pire reste néanmoins cette musique énervante au possible, faite d'expérimentations mixées à la hache, désamorçant presque systématiquement toute puissance dramatique (qu'est-ce que c'est que ces trompettes intervenant dans les séquences de terreur bordel ???). Intolérable pour une oeuvre d'une telle densité artistique par ailleurs (je me répète mais le thème du vampire est fort bien traité). Un film à voir absolument c'est certain, mais on y préférera la version de Werner Herzog, épurée des défauts ci-nommés et à la qualité cinématographique bien plus aboutie. Remake pour lequel le réalisateur a su tirer le meilleur de ce classique de Murnau.
Je l'ai regardé avec ma classe, et j'ai tout simplement adoré !! Je voulais le voir depuis quelque temps, surtout que c'est la première adaptation plus ou moins fidèle du roman de Bram Stoker : Dracula, et que (je sais c'est ridicule) dans Scream 2 quand le personnage de SMG regarde la télé, on y voit une scène... Nosferatu est surement un des meilleurs films du cinéma muet que j'ai regardé. Un chef-d'œuvre !!!!