Ce Taxi Téhéran de Jafar Panahi est super intéressant. Ce dernier part de l'idée que les gens parlent plus facilement et plus librement lorsqu'ils sont dans un taxi et cela donne un rendu qui globalement est très représentatif de la société iranienne, dans ses bons et mauvais côtés. Un film à voir.
Le scénario sur le papier avait l'air pourtant alléchant, et les critiques enthousiastes achevaient de nous faire croire à un grand film. Pourtant, passé une demi-heure d'espoir, le spectateur finit par comprendre qu'au lieu de voir une critique d'un système on assiste à une suite de scénettes sans réel intérêt pour ne pas dire complaisantes. Il y a comme un air de duperie de la part du réalisateur, laissant au spectateur tout simplement le désagréable sentiment de s'être fait duper...
On ne peut apprécier Taxi Téhéran sans prendre en compte le lourd contexte qui l’entoure. Jafar Panahi est un réalisateur iranien qui doit composer avec la politique répressive en termes de liberté d’expression de son pays et personne ne remettra en cause ce combat mais cela ne justifie pas tout. Le plus dérangeant en fait avec ce film c’est la forme empruntée ; des caméras prétendues cachées qui doivent capturer des moments de vie. Alors d’accord c’est inspiré par de véritables réactions dont a été témoin le réalisateur / chauffeur mais ça reste réinterprété et donc l’ensemble s’éloigne totalement d’une quelconque authenticité. Autant Ceci n’est pas un film m’avait parlé, autant ce Docu-fiction me laisse indifférent avec parfois des courses en taxi interminables.
Nul. Il n'y a pas d'autres mots. Une imposture en majuscule. On confond deux choses: le courage du réalisateur, et le film. Moi quand je vais au cinéma, je viens voir un film, je me fous pas mal du gars qui l'a écrit ou tourné. Les critiques sont d'une insupportable complaisance. En plus, on est dans le cliché parfait de l’œuvre narcissique, le mal du siècle. Le film nous parle de son auteur, de ses films, la caméra qui n'en a que pour lui nous partage mille gestes ou répliques sans aucun intérêt! C'est exaspérant.
Lent mou parfois touffu. On s'y perd dans ce docu-fiction de Jafar Panahi, au bout d'une demi heure, on suffoque dans ce taxi, entre les jérémiades de sa nièce et le sempiternel rictus inexpressif de Jafar le taxi man. Dommage je m'attendais à mieux, à de la poésie, de la fantaisie de la surprise. On ne l'approche qu'à une ou deux reprises....
Terriblement émouvant ... comme un dessin sorti des camps de concentration. Tourner dans ces conditions Quel courage ! Quel talent Monsieur Jafar Panahi !
Je ne crois pas trop à ces personnages trouvés au hasard des rues de Téhéran. C'est un peu trop cousu de fil blanc. Comment croire notamment à l'histoire du petit chiffonnier qui découvre un billet de banque juste sous les yeux de la nièce "enquiquinante" du réalisateur, qui était parti à point nommé. Ou Jafar Panahi a beaucoup de chance ou chacun des protagonistes attendait son passage en taxi pour commencer sa prestation. Mais qu'importe finalement ce prétendu hasard, car si tout a été certainement scénarisé, c'est un réel plaisir de voir ces scènettes, parfois très drôles, parfois émouvantes, de la vie d'Iraniens. L'idée est très originale et ces improvisations sur un thème choisi sont bien réelles. On a rarement vu un cinéma si libre, débarrassé des carcans de la logistique. C'est aussi un cinéma de l'urgence. Jafar Panahi fait avec les moyens du bord ou quand le cinéma devient un objet de résistance face aux contraintes d'un régime. C'est ce qui fait la force de ce film unique.
Un film important, généreux et surtout brillant d'intelligence. La critique politique est là derrière des évènements anodins de la vie et des rencontres. Toujours aussi insoumis, Jafar Panahi fait d'une simple voiture de taxi, le décor de son film et fonce droit dans les interdits, tout en questionnant sa place de cinéaste.
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0,5
Publiée le 23 juin 2020
Un réalisateur jouant un réalisateur jouant un chauffeur de taxi ? Il est interdit à Jafar Panahi de faire des films alors il se déguise en chauffeur de taxi. Bien sûr, il n'a pas changé d'apparence mais il porte un chapeau et en a fait un film de type documentaire.Principalement en conduisant dans les rues de la capitale Téhéran. Panahi a utilisé des acteurs non professionnels pour interpréter les scènes. Donc le jeu des acteurs était plutôt mauvais et ne semblait pas normal du tout. Le dialogue ressemblait plus à un discours avec beaucoup de messages aux autorités. Il ne ressemblait à rien d'écrit pour un film même s'il est considéré comme un documentaire. Panahi n'a rassemblé que les critiques adressées à l'Iran et a simplement fait en sorte que les acteurs non professionnels les énoncent sans détour. Donc dans l'ensemble, un film assez inutile qui n'ajoute rien à ma compréhension du régime répressif iranien et ne parvient pas non plus à me divertir. Je ne comprend ni sa note ni les éloges que Taxi Téhéran a reçu...
Je suis dubitatif, vraiment je ne comprend pas les critiques unanime (ou presque) de la presse qui encense ce film. Que doit-on juger ici ? Doit on juger une démarche ? Doit t'on juger les conditions dans lesquelles on été faite un film ? Doit on juger un homme avant un réalisateur ? Ou doit on juger un FILM ? Parce-que honnêtement sans connaitre les dessous de la réalisation de ce film et son réalisateur quel accueille aurais reçu un tel film ? Je suis complètement d'accord pour dire que cette une magnifique démarche de la par de Jafar Panahi que d’essayer avec ses moyen de luter contre un système comme celui de l'Iran, les risques pris et le cœur qu'il met dans sa réalisation est vraiment honorable et personne ne peut dire le contraire. Et c'est grâce a des personnes comme lui que les choses peuvent changer. Maintenant ici on fait des critique cinéma, on juge une oeuvre et pardon mais "Taxi teheran" n'est presque pas un film a proprement parler. Aucune intrigue, aucun scénario, une mise en scène inexistante.... Le seul intérêt du film c'est le message et le regard que Panahi montre sur l'Iran et ce message qui ce veut surement en sous texte n'est en réaliser absolument pas subtile, les dialogue son orienter et martèle ce message de liberté avec de gros sabots. Le cinéma ce n'est pas du documentaire et un film de cinéma doit avoir d'autre qualité qu'un message fort pour être considéré comme un film. Un documentaire (et un vrai sans acteurs) aurais certainement été préférable ici, car les gens qui on la démarche de regarder un film on d'autre attente que ceux qui regarde un documentaire. De plus comme Panahi utilise des acteurs (plutôt mauvais dans l'ensemble) on perd le côté "vrai", c'est scénarisé et ça sonne faux du coup. Rien d'original non plus, l'ensemble est plutôt mou. Bref on s'ennuie ferme, la bien bien-pensance du propos (qui est franchement convenue) devient très vite barbante et le manque d'atout cinématographique en fond une oeuvre avec serte de belle intentions mais finalement pas aboutit.
Film étonnant que l'on a envie de croire tourné en caméra caché. Les personnages qui se succèdent peuvent irriter, attendrir ou faire sourire : ils ne laissent pas indifférents et donnent à réfléchir sur l'universalité de certains caractères . La même mis en scène proposée en Inde ou en Europe ne ferait-elle pas apparaître des registres proches ? Critiques en creux d'une société théocratique démontrant combien l'intégrisme religieux n'a pas effacée ce qui est au cœur des préoccupations humaines. Pour autant, on n'est pas là dans la démonstration, mais dans l'évocation, dans la revendication, mais dans la chronique. A voir, par curiosité.
Taxi Téhéran, nouveau film de Jafar Panahi. Malgré son interdiction de réaliser des films durant 20 ans (et de quitter le pays), le réalisateur iranien sort son troisième film depuis sa condamnation en 2000. Le film se déroule entièrement dans un taxi (tiens, ce n'est pas sans rappeler Abbas Kiarostami) et dresse un portrait de la société iranienne. Mi-documentaire, mi-fiction, divers passagers avec leurs histoires s'enchaînent sur la banquette arrière du taxi ; le film s'inspire de faits réels tout en les mettant en scène et les filmant discrètement à l'aide d'une caméra embarquée. C'est un super portrait de l'Iran d'aujourd'hui, drôle et politique à la fois, avec des personnages touchants. Quoi de mieux qu'un taxi pour "véhiculer" des idées ? Particularité: le film ne comporte pas de générique de fin, afin de ne pas mettre les protagonistes du film en danger.
Ce n'est pas un film avec un scénar hollywoodien, pas de cow boys ni d'indiens, ni flics, ni gangsters. Mais des personnages attachants et une peinture douce amère de la société iranienne avec un humour distancié et un art de la litote assez corrosifs. Les personnages de femmes sont superbement intéressants. Tous. L'institutrice du début et son humanisme intelligent, la gamine dont les interrogations naïves (?) dynamitent le carcan qu'on veut lui imposer, l'avocate d'un courage et d'un calme hallucinants. Jusqu'au réalisateur qui se met au premier plan avec une gentillesse et un calme souverains, et sans doute aussi un grand courage pour s'exposer ainsi. La fin est assez jolie aussi. Quel talent! Un ours d'or bien mérité. J'aurais mille choses, y compris politiques, à ajouter mais vous êtes bien assez malins pour les trouver vous-mêmes.
Un film entre fiction et réalité, tourné clandestinement dans la capitale iranienne par Jafar Panahi, qui fait pourtant l’objet depuis 2010 d’une interdiction de filmer. Pour contourner cela, il a caché une petite camera près du pare-brise du taxi qu’il conduit, filmant ainsi ses discussions avec les passagers qu’il ramasse. Cela ne nuit pas du tout à la qualité de l'image, cependant il faut dire que Jafar Panahi est coutumier de ce genre de procédé rudimentaire, dans Ceci n'est pas un film, il en était réduit à utiliser un smartphone. Dans ce nouveau film, les scènes se succèdent à mesure que Panahi ramasse des clients, à chaque fois il y a une histoire différente, plus ou moins rocambolesques, surprenant parfois le spectateur. Notamment cette scène où un passager parti chercher des dvd de blockbusters vendus sous le manteau, se met soudain, ayant reconnu le cinéaste, à acheter des films d'auteur pour ne pas perdre la face car bien évidemment, vu la notoriété de Panahi, le subterfuge ne tient pas longtemps, ce qui n’empêche pas les passagers de se confier à lui, dans une ambiance plutôt cordiale. Au bout d’un moment on soupçonne une forme de scénarisation et de complicité avec certains passagers, on ne sait plus alors ce qui relève du documentaire ou de la fiction pure et simple. C’est dans ce taxi, dans cet espace confiné que les gens se sentent le plus libre pour s’exprimer et critiquer le régime. Dans ce film en forme de huis clos itinérant, ces discussions avec les différents passagers forment des sortes de petits épisodes mis bout-à-bout, formant au final un véritable tableau de la société iranienne de nos jours. Une société qui, malgré la chape de plomb maintenue par le pouvoir, est une société bien plus libérée et joyeuse que ce qu’on peut en penser au premier abord. Un film remarquable, un des plus originaux de l'année 2015.
Vous pouvez consulter mon classement des meilleurs films de 2015 ainsi que des critiques complètes (illustrées et parfois accompagnées d'extraits) sur mon blog:
Faux ou vrai documentaire, taxi teheran nous plonge au cœur de la société iranienne. Jafar Panahi dans son rôle de réalisateur-taxi, nous montre à travers ses clients une société qui est à fond dans les débats politiques (peine de mort, liberté...). Et il lance un crie de détresse d'une génération future bornée par un système éducatif basé sur la censure à travers la chouette compagnie de sa nièce. Le film toutefois reste sans émotion, ce qui pourrait être exprès pour donner un aspect objectif à la réalisation.