Taxi Téhéran
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Acidus

880 abonnés 3 963 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2015
La pression de la censure et des interdits peuvent devenir source d'inspiration. C'est effectivement en contournant son interdiction temporaire de tourner un film que Jafar Panahi eu l'idée de réaliser ce film intégralement dans un taxi. Le cinéaste iranien se met d'ailleurs lui-même en scène dans son propre rôle. Moyens limités mais le talent est bien présent. Evidemment, la technique est ici restreinte mais les dialogues entre les passages et le chauffeur/réalisateur ainsi que leurs personnalités respectives apportent toute leurs saveurs au long métrage. Entre humour, tendresse et piques politiques, "Taxi Teheran" brosse subtilement et parciellement le portrait de la société iranienne actuelle. On pourrait cependant regretter que le film s'essouffle un peu vers la fin. La ballade à Téhéran en taxi en compagnie de Jafar Panahi vaut le coup.
Laurent C.
Laurent C.

296 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 avril 2015
Si le propos est éminemment périlleux et intellectuellement urgent, le scénario pêche un peu par paresse peut-être. Ce film est une belle ode au cinéma, à la création dans un pays rongé par la dictature. De la sensibilité, de la finesse certes mais beaucoup d'ennui aussi.
Gonnard
Gonnard

293 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mai 2015
L'intérêt de "Taxi Teheran" réside plus dans la genèse que dans le contenu. La mise en abîme permanente, le parti pris de la réalisation, le dépouillement sonore et visuel... autant d'éléments originaux dans la galaxie cinématographique actuelle, mais rien non plus de sensationnel. Surtout, le film souffre d'un manque de rythme évident, le contenu étant parfois plus que léger. "Taxi Teheran" n'en reste pas moins une œuvre incontournable, en tout cas un témoignage indispensable sur l'Iran du début du XXI siècle.
Hastur64
Hastur64

269 abonnés 2 289 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 mars 2016
Je ne suis pas un connaisseur du cinéma de Jafar Panahi, et si ma mémoire ne me fait pas défaut, je pense même que c'est le premier film du réalisateur que je vois. C'est d'autant plus malheureux qu'apparemment ce long-métrage tranche dans la forme avec tout ce qu'il a fait avant. Condamné par le régime des mollahs à une sorte de résidence surveillée (il ne peut quitter l'Iran) et à ne plus pouvoir tourner de film, le réalisateur iranien à trouver ce subterfuge pour tourner un film, façon docu-fiction, dans un taxi où à travers les passagers et leurs discussions il peut faire une sorte de description, état des lieux de son pays. Sous ces airs cocasses le film nous montre donc cette société fermée et corsetée par ce régime théocratique. Du cinéaste au vendeur de DVD, les gens vivent sous le règne de la débrouille pour exercer leur métier ou vendre des articles interdits (comme les films de Woody Allen !). Le cinéaste évoque aussi les prisonniers politiques et la censure du cinéma avec ces règles aussi nombreuses qu'absurdes, montrant l'hypocrisie d'un régime qui opprime sa population, mais refuse que les films montrent cette réalité. Le huis-clos de ce taxi n'échappe pas à une certaine forme d'ennui qui saisit un peu le spectateur vers la fin, mais l'ensemble resserré sur une heure vingt à peine reste quand même suffisamment drôle pour qu'on reste pris par cette déambulation dans les rues de Téhéran. Un film à l'allure amateur qui contourne malicieusement la censure iranienne et qui dresse de façon comique une situation sociale assez terrible. À voir.
Chris58640
Chris58640

261 abonnés 835 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 mai 2015
Jafar Panahi livre, avec «Taxi Téhéran», une fiction à la limite du documentaire, un film à la forme très originale (qui pose questions) et au fond passionnant. Avec sa caméra bien apparente, il se filme lui-même et il filme ses différents passagers : de l’institutrice libérale au couple de vieilles dames rendues quasi-hystériques par une superstition incompréhensible, du vendeur de DVD pirate à sa volubile nièce étudiante en cinéma. Si pour sa nièce et son avocate il apparait évident qu’elles jouent leur propre rôle, pour tous les autres on ne sait jamais vraiment s’il s’agit de vrais gens ou d’acteurs. Il est probable que Panahi aient un mélangé les deux, mais peut-on vraiment savoir ? Et est pertinent de le savoir d’ailleurs ? Étant donné que tous, à leur manière, illustrent une société iranienne assez éloignée de l’image qu’on s’en fait, en Occident, peu importe qu’ils s’agissent d’acteurs ou non, ils sont tous intéressants à leur manière. Le film donne l’impression d’un immense plan séquence, il donne l’impression d’avoir été tourné quasiment en temps réel, soit 1h20 à peu près. S’il a été monté, c’est très bien fait et on ne voit rien. La société iranienne, qui finalement est le principal sujet du film, y est montrée dans toute sa complexité et même dans toute sa schizophrénie. Untel est partisan de la manière forte contre la délinquance alors qu’il n’est pas exemplaire et un autre ne dénonce pas ses voleurs de peur qu’on leur applique une sanction disproportionnée. Un couple dont l’homme est victime d’un accident de la route dicte dans le taxi, en toute hâte son testament pour que sa famille ne déshérite pas son épouse. La nièce de Jafar Panahi avoue ne pas bien comprendre ce que son prof de cinéma lui demande de censurer. On apprend à cette occasion que dans les films iraniens, les héros positifs ne doivent pas porter de prénoms persans et ne doivent pas porter de cravates (trop occidental, j’imagine…), que les femmes doivent être voilées (logique…) et qu’il faut filmer le « réel » mais pas la « noirceur ». Filmer quelque chose dans l’Iran des Mollah, c’est d’abord lister tous ces interdits plus ou moins surréalistes. Dans le cas contraire, pas de générique ! Et c’est d’ailleurs ce qui arrive à «Taxi Téhéran», qui n’a pas de générique de fin. La fin, justement, est en forme de pirouette, plutôt astucieuse, assez ironique aussi quand on la rapproche de la première scène, l’affrontement verbal entre l’institutrice et « l’indépendant » au sujet des voleurs ! Mais la scène centrale du film, à mes yeux, c’est celle de l’avocate, la très jolie femme au bouquet de roses. On devine vite qu’elle a été l’avocate de Panahi et qu’il a été emprisonné et « interrogé » en prison, il lâche au détour d’une phrase qu’il est obsédé par le son de la voix de son « interrogateur » parce qu’il avait les yeux bandés. Sans jamais de départir de son sourire, il appuie sur sa propre plaie et donne à son film la puissance d’un acte militant. Mais son film n’est jamais plombant, parce que l’humour vient toujours contrebalancer la noirceur, que ce soit un vendeur de DVD pirates (occidentaux et surtout américains, apparemment très prisés parce qu’interdits !) proposant avec beaucoup de sérieux la saison 5 de « The Walking Dead » (en tournage à cette époque ! Mais je reconnais qu’il faut le savoir pour trouver çà drôle !) et qui se proclame associé juste parce qu’il a été véhiculé par son taxi, ou que ce soit un couple de vieilles dames en proie à une superstition incompréhensible à base de poissons rouges ! «Taxi Téhéran» est un film qui ne ressemble à aucun autre, dans un pays qui ne ressemble à aucun autre.
Pascal
Pascal

263 abonnés 2 499 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 septembre 2025
La sortie prochaine de " un simple accident" ( palme d'or Cannes 2025 ) à motivé certains distributeurs pour ressortir en salles deux des derniers opus du cinéaste iranien Jafar Panahi.

Parmi eux " Taxi Téhéran " qui fût couronné de l'Ours d'or ( Berlin 2015 ). Hommage flagrant à son mentor Abbas Kiarostami ( Panahi fut son assistant sur plusieurs longs métrages) et notamment à " Et la vie continue " , "le goût de la cerise " ( PO Cannes ) et surtout à "Ten".

Panahi est un maître pour mêler les genres et donner à la fiction des accents de vérité proche de celle du documentaire. Il s'agit ici pourtant bien d'une fiction ( c'est explicitement dit par un des passagers du taxi que conduit Panahi qui esquisse alors un sourire ).

Les allusions et les répliques, jouent avec le feu en provoquant les limites de la censure ( Panahi avait déjà connu les tourments de la prison et était interdit de tourner au moment de la réalisation du film ).

Alors certes, il n' y a pas beaucoup de moyens mis en oeuvre pour la réalisation du film ( Panahi conduit un taxi et conversent avec des passagers bavards et profonds au gré de ses pérégrinations dans la capitale iranienne).

Mais il y a une telle inventivité créative et surtout de telles manifestations de courage bienveillant de sa part ( le courage n' est pas en soi nécessairement vertueux) que sa démarche se montre vraiment formidable.

Panahi est un des rares cinéastes à avoir aujourd'hui ( ce n' était pas encore le cas lors de la sortie de " Taxi Téhéran" ) obtenu la récompense suprême dans les trois plus importants festivals internationaux de cinéma ( Cannes, Venise , Berlin ) sans compter la caméra d'or du meilleur premier film obtenu à Cannes ).

" Taxi Téhéran" est un film qui peut sembler au prime abord, simple et modeste dans sa conception, mais doté en réalité, de la puissance d'un ouragan !
Fabien D
Fabien D

218 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 avril 2015
Taxi Téhéran est sans doute un grand film politique. Tourné en clandestinité, à l'aide d'une caméra embarquée dans la voiture, le film est un vibrant réquisitoire contre la censure et un véritable tour de force sur le plan logistique. Si les questions posées sur la société iranienne sont passionnantes, cette forme (due aux conditions difficiles de tournage) finit pas desservir le film, réduit au rang de concept agréable bien que déjà vu chez Kiarostami avec Ten. Si certaines situations cocasses ainsi que certains discours sur la justice, la peine de mort et la censure sont bien vus et touchent juste, cinématographiquement le film reste assez faible. Du grand cinéma si l'on s'intéresse au fond mais la forme et le traitement ne sont pas à la hauteur. L'exercice reste néanmoins à saluer.
brunetol
brunetol

208 abonnés 179 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 mai 2015
J'aurais bien aimé être touché. Mais le dispositif filmique nous met dans une position ambivalente qui génère plus le malaise que l'empathie. C'est clairement une fiction, nourrie de documentaire mais sans que la limite soit jamais tout à fait évidente. On dirait que Panahi compte sur la naïveté du spectateur pour l'embarquer dans son récit ; les personnages croisés sonnent tous un peu faux, les anecdotes sont... anecdotiques, à part l'irruption finale de la splendide avocate au bouquet de roses, qui parle directement de la situation tragique de Panahi et d'autres dissidents comme lui. La fin est particulièrement roublarde, spoiler: avec cette histoire de carte-mémoire introuvable,
là encore, impossible de savoir si c'est du lard ou du cochon. Et surtout, malgré sa brièveté, le film m'a paru très long. Ecrasé par son hors-champ (la violence symbolique et physique du régime des mollahs), cet exercice de style burlesque en mode clandestin manque singulièrement de chair et - c'est le comble - d'authenticité.
framboise32
framboise32

185 abonnés 1 294 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2015
Taxi Téhéran est drôle et tragique à la fois. Le réalisateur a trouvé une manière très "discrète" et très intelligente de parler de la société. On est en admiration devant le courage de Jafar Panahi. Les personnages qui défilent sont tous atypiques. Ils sont touchants. L'ensemble est une pure merveille. Taxi téhéran est un film sincère et provocateur. Le réalisateur parvient d'une manière habile à faire passer son message. Un hymne au cinéma, un hymne à la liberté.

Taxi Téhéran est un film humaniste et singulier
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 avril 2015
Impossible de parler de ce film sans évoquer sa geste politique, ce tournage bravant les interdits de la dictature islamiste, ce pari fou de le faire sortir d'Iran et de le projeter sur tous les écrans du monde. On ne peut que saluer le courage de Jafar Panahi, son amour et sa foi en un cinéma qui saura, le plus souvent, être du bon côté de l'humain. Quand on sait que c'est au péril de sa liberté qu'il nous offre ces images, on peut penser que l'Ours d'or décerné à la dernière Berlinale est un signe fort. Rien que pour cela, il est bien sûr évident que se rendre dans une salle projetant "Taxi Téhéran" est un geste de soutien. Cependant, même si je sais que certains me reprochent mes bémols pour les films ou courageux ou fragiles, je ne suis pas certain que ce long métrage soit, artistiquement parlant, un chef d'oeuvre.
Je rappelle le principe du film, emprunté à Kiarostami. Jafar Panahi conduit dans les rues de Téhéran un taxi dans lequel il a placé de petites caméras numériques camouflées, m'a-t-il semblé, dans de la jolie fourrure acrylique. Nous allons voir se succéder différents "clients" ( à ce que l'on sait, la plupart sont des amis) qui donneront par leur histoire personnelle une vision de l'Iran d'aujourd'hui.
Quand on visionne l'oeuvre, il est difficile de faire la part des choses. Documentaire ? Film ? Dialogues et situations écrits ? Réflexion sur le cinéma entre fiction et réalité dans un univers où tout peut être filmé par un iphone, un ipad ou un appareil photo ? Tout cela imprègne le film en filigrane car tous ces moyens sont utilisés dans le film. C'est sans doute la partie la plus passionnante.
Par contre ce qui nous est donné à voir en premier lieu n'est pas tout à fait excitant. La succession de personnages, parfois au bord du cabotinage, abordent donc la vie dans la société iranienne. C'est parfois assez drôle comme lors du transport de l'accidenté de la route, assez militant dans la bouche de l'avocate mais parfois lourdingue lorsque c'est notamment asséné par la nièce du réalisateur, dix ans à tout cassé, hélas présente pendant un bon tiers du temps. Certes elle nous égrène les codes rigides de la censure locale mais avec un tel aplomb que l'on se dit que la jeunesse iranienne est rudement affirmée. On la perçoit étrangement plus libre, voire plus chanceuse que ses consoeurs françaises, traversant seule des rues très passantes, allant boire un café glacé avec un homme inconnu et ayant la chance de suivre des cours de cinéma dans son école visiblement primaire...(ou elle est sacrément en avance ou dans une école alsacienne locale) ! Là, je l'avoue, j'ai commencé à tiquer. L'impression de voir défiler toute la population bobo de Téhéran, iphone greffé à l'oreille et pouvant visionner sous le manteau des films interdits grâce à leur argent et à un réseau de revendeurs s'est alors imposée.
Un peu plus sur le blog
missfanfan
missfanfan

112 abonnés 891 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 avril 2015
Au vu des critiques je ne dirais pas que ce film n'est pas bien , je n'ai tout simplement pas accroché et je l'ai trouvé trop bavard et énervant par moments comme quoi ,
Il n'en reste pas moins que Jafar Panahi est un cinéaste très courageux
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

88 abonnés 179 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mai 2015
Courageux, audacieux, cocasse et farfelu sont les qualificatifs qui définissent sans doute le mieux TAXI TÉHÉRAN de Jafar Panahi. Puisque le gouvernement iranien ne lui permet plus d'exercer son métier de réalisateur à sa guise, il a mis en place un procédé malin de caméra embarquée dans sa voiture déguisée en taxi. Femmes, hommes, enfant ou… poissons entrent et sortent de ce véhicule, dernier rempart contre la bêtise. On pourrait croire à un documentaire, mais non, toutes les scènes sont écrites puis jouées par des comédiens ou des amateurs dans leur propre rôle. On rit souvent de l'absurdité des situations même si, évidemment, tout cela est tragique. Privé de sa liberté expression (et de mouvement), Panahi contourne et critique avec beaucoup d'humour et de hauteur de vue, l'absurdité et la cruauté de la censure. Ses personnages, hauts en couleur, racontent les souffrances, les injustices, les peurs, les discriminations et la débrouille dans un pays étranglé par l'archaïsme de son régime. Cependant, l'ingéniosité du dispositif a ses limites. Les plans, toujours les mêmes, figent l'action (c'est la principale contrainte de l'exercice) et mettent l'accent sur les dialogues. Le film est bavard, le montage manque sérieusement de rythme, j'ai donc parfois lutté contre l'assoupissement. Mais la pirouette finale, sujette à plusieurs interprétations, est bluffante. (Voir Le film d'Ariane sur Facebook)
Seemleo
Seemleo

80 abonnés 888 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mai 2015
C'est fou ce que l'on peut créer de bons films avec peu de moyen et des idées toutes simples. Ici le réalisateur s'est donné quelques contraintes de mise-en-scène, sensées et non simplement gratuites, qui apportent une vraie valeur ajoutée au long métrage. Une caméra fixe posée sur le tableau de bord d'un taxi, qui regarde parfois la route et parfois les occupants. Une vision apparemment confinée de l'Iran et de Téhéran, mais une image toute symbolique de la société iranienne, confrontée à des règles de vie strictes, à une théocratie régissant les aspects les plus intimes de la vie de chacun. En arrière toile de chaque client et de la brève rencontre avec le chauffeur et sa voiture, les iraniens, avec qui on s'identifie pleinement, louvoient, s'accommodent, s'adaptent à la morale imposée en y ajoutant chacun son excipient. L'arrivée de la petite fille modèle, fraiche et intelligente, qui veut faire un film "commercial" selon les règles édictées par la maîtresse et qui se rend très vite compte que ce n'est pas possible (sans rien dévoiler...) est une superbe mise en abîme du cinéma ou de la représentation de la vie.
Comme disait un critique, ce film a coûté moins cher que le budget "café" d'Avengers. Le vrai cinéma ne demande pas nécessairement beaucoup de moyen. Quel bonheur !
Zoumir
Zoumir

81 abonnés 1 066 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2015
Hors de son contexte et de son encrage dans le réel, Taxi Téhéran est un film appréciable. Aigre doux avec des personnages attachants malgré leur furtivité et des situations cocasses, le film de Jafar Panahi, malgré un rythme lent réussi à nous arracher des sourires et à nous donner une vision de cette ville et de son pays. Et c'est véritablement pour cette performance qu'il est à saluer car si il semble léger sur la forme, le propos du réalisateur Iranien est pourtant profond et incisif. Interdit de réalisation pendant 20 ans dans son pays, il montre d'abord que la créativité n'a pas de limites, pas même celles imposées par un gouvernement, en tournant les restrictions qui lui sont imposées à son avantage. Et par l'intermédiaire des protagonistes qui se succéderont dans son taxi, il met en lumière les maux d'un pays et l'absurdité de la censure. Et bien au delà des images d'une ville, au cours de cette balade, ce sont les mots, les dialogues et les points de vues qui marquent.
nikolazh
nikolazh

76 abonnés 1 060 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mai 2015
Soumis à la censure, emprisonné, interdit de réaliser dans son pays, le réalisateur, affable et bénéficiant d'un gros capital sympathie, choisit de braver régulièrement les autorité pour continuer ses films, offrant ici un portrait de sa ville, de son pays, et détournant la censure de manière amusante. Reste que, même si l'idée de la caméra embarquée dans le taxi pour faire un vrai faux documentaire est originale et fonctionne dans l'ensemble, on s'ennuie beaucoup, chaque plan s'éternisant trop, faute de coupe. On a cependant une belle galerie de personnages et une vision d'un pays qui, si elle reste bienveillante, ne manque pas de pointer du doigt ses incohérences et ses (trop) nombreux problèmes.
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