Nous aimons le cinéma iranien, mais ce sont aussi les très bonnes critiques des médias et les posts d' AuroreInParis et de Dasola qui nous ont incitées à aller voir "Taxi Téhéran" de Jafar Panahi.
Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion...
Mais s'agit-il vraiment d'un film ? Non, pas dans le sens classique, c'est à dire avec un scénario, une véritable mise en scène, des décors et une action. Le metteur en scène y joue son propre rôle, il est caméraman et acteur principal. La caméra est posée sur le tableau de bord de la voiture, et nous montre les passagers, mais jette un coup d'oeil aussi à l'extérieur. Une vue sur les rues d'une grande ville, avec la circulation, les hommes habillés à l'européenne et les femmes en foulard où complètement voilées.
A travers le récit de quelques mésaventures de ses passagers, pris comme un échantillon de la population citadine, il nous montre une société au quotidien rendu difficile par de nombreux interdits. Dans ce huis-clos très bavard et parfois drôle, on parle de tout, de la peine de mort, de l'interdiction d'exercer son métier, et beaucoup de cinéma, et bien sûr, de la censure.
Il est vrai, il y a de moments, où nous avons trouvé ce film long, on est loin du cinéma d'action. Mais lorsque l'on connait le contexte, que Jafar Panahi avait été condamné à six ans de prison, qu'il lui est interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant vingt ans et que, malgré tout, il a fait "Taxi Téhéran", arrivé on ne sait pas comment à Berlin, on ne peut qu'apprécier ce film qui est en fait un documentaire, un témoignage. Son témoignage devient ainsi un acte de résistance !
Sa nièce Hana Saeidi joue son propre rôle - une jeune fille curieuse qui n'a pas sa langue dans sa poche, une passionnée de cinéma qui pose beaucoup de questions sur le cinéma et la censure qui peut frapper un film et empêcher sa diffusion. C'est elle qui a remplacé son oncle pour recevoir L'Ours d'Or à Berlin.
Le Président du Jury, Darren Aronofsky, lors de la remise du prix :
Ce film est une lettre d'amour au cinéma