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sylvie G.
3 critiques
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5,0
Publiée le 2 mai 2015
Je suis sortie de ce film suffoquée avec une immense envie de prendre une immense bouffée d'air. La perspective donnée dans Taxi Téhéran nous ramène à nos plaintes injustifiées de Français râleurs : nous avons tous ici la liberté de nous exprimer au grand jour, de faire les films que nous voulons avec une censure très limitée. Nous sommes heureux et nous ne le savons pas, parce que nous vivons protégés et que ce n'est jamais assez. Merci de nous avoir montré la réalité d'un pays comme l'Iran à travers des tranches de vie toutes intéressantes, profondes et fortes.
On se demande vraiment comment ce petit film a bénéficié de critiques aussi élogieuses, les raisons politiques ont certainement jouées un grand rôle dans l'esprit des critiques patentés. Le film n'est qu'une succession de petits sketchs sans intérêt qu'on croirait tourné en caméra cachée. Le Téhéran que l'on entraperçoit est a peine peuplé, pas un seul magasin dans les bas d'immeubles, sans avoir été à Téhéran j'ai peine à croire qu'une ville du proche orient soit aussi peu animée et vide de magasins. Très très décevant.
Ce n'est pas un chef d'oeuvre mais ce film vaut surtout pour le courage de son réalisateur qui malgré son interdiction de filmer continue de le faire, tout en dénonçant l'absurdité des règles édictées par le pouvoir iranien.
Je n'ai pas compris où est le génie dans ce film, encensé par la critique. Il n'y a ni propos, ni émotion, ni mise en scène vraiment travaillée. D'accord pour faire un film comme un documentaire, mais alors il faut du contenu. Là, il n'y en a pas ou très peu. On n'apprend rien de particulier sur la société iranienne (à moins d'être ignare au point de ne pas savoir où est l'Iran) ni sur la vie dans le pays. Très déçu, donc.
On peut avoir de l'empathie pour le réalisateur, sans apprécier ce film. Film contraint, difficile à réaliser sans doute, mais film ennuyeux à mourir, sans charme ni émotion, sans humour ni génie, sans découverte, sans… rien. Affligeant. Je ne me rappelle pas avoir passé 80 minutes pires que ça au cinéma.
(...) Le réalisateur iranien offre avec TAXI TEHERAN un portait chinois d’une population opprimée. Le film appuie intelligemment sur les respirations culturelles, vitales, que cherchent les Téhéranais. Par le biais de vendeurs à la sauvette de DVD et de CD piratés, et bien entendu dans chaque scénette, on goûte l’envie de liberté des iraniens, de sortir du marasme ambiant. Le dispositif mis en place par Panahi, trois caméras légères fixées dans l’habitacle, cachées des clients, capte les conversations. Des conversations anodines, jouées par des acteurs professionnels et amateurs ; des débats animés ou des histoires racontées qui nous plongent dans le climat glaçant de la dictature islamique. Les petits plans séquences se succèdent sans raccord, pendant que le conducteur approximatif Jafar Panahi emmène des femmes, des poissons rouges ou sa pétillante nièce vers des destinations parfois improbables. Grâce au dispositif, qui se rapproche de l’art vidéo, la vérité de ces personnes éclate, bien que la limite entre fiction et documentaire soit en permanence mince et vacillante (...
critique par PAULINE - l'intégralité, sur Le Blog du Cinéma
Hors de son contexte et de son encrage dans le réel, Taxi Téhéran est un film appréciable. Aigre doux avec des personnages attachants malgré leur furtivité et des situations cocasses, le film de Jafar Panahi, malgré un rythme lent réussi à nous arracher des sourires et à nous donner une vision de cette ville et de son pays. Et c'est véritablement pour cette performance qu'il est à saluer car si il semble léger sur la forme, le propos du réalisateur Iranien est pourtant profond et incisif. Interdit de réalisation pendant 20 ans dans son pays, il montre d'abord que la créativité n'a pas de limites, pas même celles imposées par un gouvernement, en tournant les restrictions qui lui sont imposées à son avantage. Et par l'intermédiaire des protagonistes qui se succéderont dans son taxi, il met en lumière les maux d'un pays et l'absurdité de la censure. Et bien au delà des images d'une ville, au cours de cette balade, ce sont les mots, les dialogues et les points de vues qui marquent.
Nous aimons le cinéma iranien, mais ce sont aussi les très bonnes critiques des médias et les posts d' AuroreInParis et de Dasola qui nous ont incitées à aller voir "Taxi Téhéran" de Jafar Panahi.
Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion...
Mais s'agit-il vraiment d'un film ? Non, pas dans le sens classique, c'est à dire avec un scénario, une véritable mise en scène, des décors et une action. Le metteur en scène y joue son propre rôle, il est caméraman et acteur principal. La caméra est posée sur le tableau de bord de la voiture, et nous montre les passagers, mais jette un coup d'oeil aussi à l'extérieur. Une vue sur les rues d'une grande ville, avec la circulation, les hommes habillés à l'européenne et les femmes en foulard où complètement voilées.
A travers le récit de quelques mésaventures de ses passagers, pris comme un échantillon de la population citadine, il nous montre une société au quotidien rendu difficile par de nombreux interdits. Dans ce huis-clos très bavard et parfois drôle, on parle de tout, de la peine de mort, de l'interdiction d'exercer son métier, et beaucoup de cinéma, et bien sûr, de la censure.
Il est vrai, il y a de moments, où nous avons trouvé ce film long, on est loin du cinéma d'action. Mais lorsque l'on connait le contexte, que Jafar Panahi avait été condamné à six ans de prison, qu'il lui est interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant vingt ans et que, malgré tout, il a fait "Taxi Téhéran", arrivé on ne sait pas comment à Berlin, on ne peut qu'apprécier ce film qui est en fait un documentaire, un témoignage. Son témoignage devient ainsi un acte de résistance !
Sa nièce Hana Saeidi joue son propre rôle - une jeune fille curieuse qui n'a pas sa langue dans sa poche, une passionnée de cinéma qui pose beaucoup de questions sur le cinéma et la censure qui peut frapper un film et empêcher sa diffusion. C'est elle qui a remplacé son oncle pour recevoir L'Ours d'Or à Berlin.
Le Président du Jury, Darren Aronofsky, lors de la remise du prix :
Jafar Panahi jongle brillamment avec l’illusion… illusion d’un vrai-faux documentaire, illusion d’une expression libre, illusion d’un pays qui sortirait de l’ombre. Le vrai-faux documentaire est saisissant, même si, dès les premières minutes (et les premiers propos un peu subversifs pour l’Iran) l’on capte la mise en scène, l’apparence est telle que l’on découvre chaque passager lors de ce trajet comme dans une franche réalité. On se trompe également sur la sereine apparence du réalisateur en pseudo chauffeur de taxi. Tout sourire et expansif, la tension est toutefois palpable et son malaise nous étreint à chaque arrêt. En écoutant les passagers aux piques furtives ou les proches dans ce fameux taxi, on se met à espérer qu’enfin l’Iran, ou pour le moins sa population, se libère de ce carcan totalitaire de pensée qui veut que la politique intérieure ne puisse qu’être mise en valeur, que l’on ne pende plus de jeunes racketteurs ou plus superficiellement que Woody Allen soit un auteur interdit… cela n’est qu’une illusion. Panahi veut y croire avec légèreté et surtout ne perd pas espoir. C’est cette foi en des jours meilleurs qu’il nous communique avec son film plein d’humour, de tendresse et de gravité. Avec d’infinis détails, des moyens réduits à leur plus simple expression, beaucoup d’esprit et de générosité, il démontre ici que le cinéma se relève toujours des censures, mais aussi qu’il est toujours un formidable et efficace vecteur de communication. A voir l’enthousiasme des spectateurs à la sortie de salle, on sait que Jafar Panahi a réussi son pari (risqué certes), comme en son temps Paradjanov, ou récemment les documentaristes Cayan Demirel et Ertugrul Mavioglu ou encore Jia Zhangke et tant d’autres, son envie de donner des émotions, de dénoncer et surtout de faire du cinéma reste la plus forte des pressions.
Il est bien que ce film existe pour nous permettre de voir, pour leur permettre de s'exprimer. excepté d'être témoin, de comprendre ces personnes, le film ne m'a pas vraiment touché. La petite nièce est bien, spontanée, impertinente et est la métaphore de la jeunesse de ce pays, pleine de fougue, de curiosité, mais c'est une métaphore trop transparente. Je suis pour acheter ma place et faire preuve de notre soutien, mais je ne vois pas ici l'oeuvre cinématographique, qui est pour ici masquée par le cri que le réalisateur souhaite pousser au monde
Ce film m’a laissé l’impression mitigée d’un témoignage sur Téhéran à travers un petit trou de serrure. J’aime que les choses sont clairement établies et j’ai détesté passer mon temps a démêler le vrai du faux. Bien sûr, j’aurais pu me documenter, apprendre comment avait été fait ce film, qui était Panahi … oui mais j’aime bien être surpris et garder ma fraicheur de jugement. Et voilà que ce documentaire à sketches tourne à la farce spoiler: quand un vieillard plein de ketchup fait irruption dans le véhicule avec sa « future » veuve déjà éplorée … Alors, on comprend vite que tout est bidon, éventuellement que l’on nous a pris pour des quiches depuis le début et que le discours, à l’inverse d’un « radio trottoir/taxi » est partial et orienté. Reste une dénonciation courageuse des interdits de toutes sortes montrés avec une expression douteuse. Sans moyen (et pour cause) ce n’est pas une œuvre artistique, sans sincérité, c’est un mauvais témoignage … pendant lequel, d’ailleurs, on n’apprend pas grand-chose !
Taxi Téhéran est un film assez compliqué à juger vu ses conditions de production. En effet, ayant l'interdiction de tourner par les autorités iraniennes, Jafar Panahi est contraint de trouver des subterfuges pour continuer à travailler. Il met donc en scène ceux-ci en transformant son film en faux documentaire tourné par des caméras installées dans sa voiture transformé en taxi et conduite par lui-même. Le résultat cinématographiquement parlant est donc assez limité. De même, l'aspect documentaire est rapidement trahi par l'aspect peu crédible de certaines scènes spoiler: (la femme obsédée par la vidéo tournée alors qu'elle accompagne une personne en train de mourir par exemple) . Taxi Téhéran est donc constitué d'une suite de sketchs assez inégaux interprétés par des acteurs non-professionnels et anonymes (il n'y a pas de générique pour préserver la sécurité de ses participants) qui oscillent entre le très bon (Hana Saeidi,la véritable nièce de Jafar Panahi) et le moins bon (les acteurs de la séquence de l'homme en train de mourir), en passant par la véritable avocate Nasrin Sotoudeh, interdite de plaider à cause de son opposition au régime, dans son propre rôle. Taxi Téhéran est donc un film assez plaisant qui est plus intéressant pour le point de vue de Panahi sur la vie et le régime politique de son pays que d'un point de vue de cinéma pur. Il reste donc un film à voir pour découvrir un peu plus la société iranienne et pour soutenir le combat pour la liberté d'expression de son réalisateur mais qui ne mérite tout de même pas d'obtenir un prix aussi prestigieux que l'Ours d'or du festival de Berlin.