Un thriller à la sauce western glaçant, sombre et funeste nous présentant la traque acharnée d'une jeune femme angélique et muette par un révérend psychopathe et avide de vengeance, sur fond de décor de la fin du XIXe siècle dans l'ouest américain.
Construit en 4 chapitres non chronologiques dans le temps (révélation, exode, genèse, châtiment), Brimstone se révèle astucieux car il permet de révéler l'intrigue au fur et à mesure après avoir laissé poindre en nous nombre de questionnements. Le scénario nous désoriente et bouscule toute prévisibilité. L'atmosphère anxiogène et pesante qui flotte est mise en exergue par une bonne bande son. La violence, physique ou psychique, y est omniprésente, perverse et brutale. L'écriture et la réalisation de cette oeuvre sont d'une grande maîtrise. La photographie est à couper le souffle.
Les acteurs sont épatants notamment deux d'entre eux : Dakota Fanning, frappée par la grâce, est touchante de pudeur, d'angélisme froid, d'une apparente douceur, de courage, d'amour et de détermination. Guy Pearce est charismatique en homme de Dieu terrifiant, radicalisé et démoniaque, véritable anti-héros sadique ; le diable en personne ! Comme rarement, j'ai rêvé traverser mon écran et mettre une trempe magistrale à ce fou furieux adepte du fouet. Sans oublier les compositions remarquables de Carice Van Houten, Emilia Jones et de la petite Ivy George.
Ce film est terriblement d'actualité, toute proportion gardée pour certains thèmes, et on comprend que l'histoire n'est qu'éternel recommencement. Ici, les thématiques du fanatisme religieux, de la condition des femmes, de l'inceste et de la pédophilie sont développées.
En définitive, Brimstone est une oeuvre romanesque haletante, violente, réaliste et brute de décoffrage.