La Marcheuse
Note moyenne
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cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 février 2016
Lin Aiyu est une clandestine chinoise habitant à Paris. Elle qui est arrivée en France en quête d'une vie meilleure et qui a commencé en tant que nounou dans une famille chinoise de Wenzhou s'est vite tournée vers la prostitution dans les rues de Belleville, comme bon nombre de ses amies. Elle habite donc chez Kieffer, un homme âgé dont elle s'occupe et qui la laisse habiter chez lui avec sa fille Cerise mais pour gagner sa vie, c'est tous les jours qu'elle doit descendre dans la rue. Et puis un jour tout bascule : Daniel, un homme violent et voisin d'en face, s'impose de force chez elle. Il est recherché par des types à qui il doit de l'argent et veut rester dans l'appartement pour se planquer. Aiyu, voyant en cette brute laissant transparaître une certaine fragilité une porte de sortie, lui propose un marché : elle l'aide à rembourser sa dette si il l'épouse, faisant d'elle une citoyenne française. C'est un sujet qui lui tient à cœur que Naël Marandin aborde avec "La Marcheuse". Le réalisateur est un passionné de la Chine, il y a vécu un peu et a travaillé au sein d'associations chinoises à Belleville. Les prostituées, il les connaît bien. C'est donc en connaissance de cause qu'il nous raconte cette histoire. Pas de conte de fées ici, simplement le parcours d'une femme qui veut s'en sortir, quitte à rejeter sa confiance dans les bras d'un voyou fragile mais instable. Elle sera peut-être déçue mais en attendant, il est un problème qu'elle finit par aborder comme une opportunité. Aussi sympathique soit-il, ce Kieffer ne lui donne pas d'argent et elle doit se coltiner les policiers et les clients imprévisibles pour arriver à vivre, dans l'espérance d'un avenir meilleur pour sa fille. A mi-chemin entre le drame et le thriller, "La Marcheuse" a tout de même sacrément du mal à trouver son équilibre. Si l'on excepte le beau portrait de femme de Aiyu, les autres personnages sont trop peu esquissés malgré des nuances que l'on aurait aimé voir explorées. La partie thriller a du mal à fonctionner, notamment parce que ce qui lie Aiyu et Daniel. La veine sociale est mieux exploitée : filmant avec réalisme le quotidien de son personnage, le réalisateur évite de trop taper dans le sordide et préfère laisser certains éléments instaurer une certaine poésie. Parce que tout n'est pas que malheur et misère dans la rue pour ces prostituées (on les voit souvent rire) et qu'il s'agit de nuancer un propos que l'on a tendance à voir trop en sens unique dans le cinéma. Sans misérabilisme et avec justesse, Marandin laisse donc sa Marcheuse déambuler sans trop se bercer d'illusions mais laisse exister cette femme pour ce qu'elle est.
Daniel C.
Daniel C.

172 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2016
Ce film restitue l'atmosphère de la culture chinoise. Parfois, ce sont les regards qui disent plus que les mots. Qiu Lan est émouvante dans son engagement dans le personnage. La perception qu'ont les chinoises des hommes, la précarité de leurs conditions de vie, la solidarité entre prostituées, tout cela est exposé avec justesse. La question du désir, des corps qui se rencontrent, des rapports de pouvoir, de domination, de brutalité aussi, sont au coeur de ce film. Le lien mère-fille, avec ses enjeux de complicité et de rivalité parfois traverse cette histoire. Voici un beau film à découvrir...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 février 2016
« La marcheuse » c’est Lin Aiyu – admirablement jouée par Qiu Lan – une femme clandestine venue de Chine du Sud à Paris dont on découvre progressivement l’histoire. Aux aurores, elle est aide-soignante, ce qui lui permet à peine d’offrir un toit décent à sa fille de 14 ans, Cerise. Le reste du jour, elle se prostitue dans les rues de Belleville avant de redevenir mère à l’heure de la sortie des cours. Son quotidien est bouleversé le jour où le voisin d’en face débarque brutalement et décide d’établir sa planque dans l’appartement du vieil homme qui les héberge toutes les deux.

J’aurais aimé que ce film ne se termine pas si vite. Deux longs jours plus tard, j’y pense encore pour tous les sujets abordés : l’adolescence, la vieillesse, le handicap, la clandestinité, la prostitution, la menace constante, la solidarité beaucoup, l’amour un peu, le doute, le courage, l’indifférence… sans jamais tomber dans la caricature, toujours avec beaucoup de sensibilité. Le récit avance en permanence sur un fil, un équilibre délicat permis par des allusions suffisantes pour comprendre de quels dangers il retourne, pour suggérer l’émotion juste, sans jamais entrer dans la démonstration de violence physique. Un simple geste presque banal à priori suffit à traduire la blessure quelle qu’elle soit. Beaucoup encensent, à juste titre, l’actrice principale qui est remarquable. Personnellement, je suis tout autant marquée par les détails, les histoires propres à chacun des autres personnages dits « secondaires » du film : le vieil homme handicapé, son fils et sa famille, Cerise et sa rébellion adolescente, les amies de Lin Aiyu, pétillantes, les flics même et toute l’ambiguïté dont ils font preuve, et Daniel qui reste probablement le plus mystérieux de tous mais pas le moins humain dans ses hésitations. La marcheuse est un film extrêmement riche et humain qui aborde de manière fidèle et documentée un sujet complexe pour le rendre accessible à tous sans le simplifier à outrance. Si je ne vous ai pas encore convaincu, j’ajouterai qu’en plus il est beau visuellement et musicalement !
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 5 février 2016
la prostitution chinoise est plutot le background que le sujet traité véritablement. le film oscille entre drame psychologique et le genre thriller. du coup cette aventure au coeur de Belleville ne s'inscrit dans aucun des deux. Si le personnage protagoniste est bien décrit bien interpreté, les autres personnages sont bien faibles. L'attirance de l'ados chinoise pour le male intrus, en guise de sa quête d'identité feminim parait artificielle. La musique du film pourrait être mieux envisagée, dans ce film qui traite de déracinement et de double culture, puisque là on a l'impression d'entendre la playliste des favoris d'un bobo parisien.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 4 février 2016
La belle Lin vit à Belleville. C’est une clandestine chinoise. Avec sa fille ado, elle partage l’appartement d’un vieux monsieur à qui elle sert en échange d’auxiliaire de vie. Pour arrondir ses fins de mois, elle fait aussi quelques passes dans le quartier. Leur vie bascule quand un voisin fait irruption chez elle, le visage en sang. Le premier secours se transforme vite en hébergement forcé. Car l’intrus n’est pas commode. Lin est pourtant prête à lui racheter sa dette contre un mariage blanc…
Une « longue marche » attend Lin. Et sa révolution à elle, sera de se libérer des chaines de de la clandestinité et de l’illégalité. Et sa jolie Cerise ne l’y aide pas toujours. Dans ce qui ressemble à une sorte de huis clos dans l’appartement, l’air devient vite assez étouffant. Le scénario a beau être original, les scènes s’y succèdent pourtant de façon un peu répétitive, sans que l’intrigue ne progresse vers un objectif identifiable
Le jeune réalisateur, Naël Marandin, passé par la Chine… et par les Ateliers d’Angers, dit qu’il a voulu faire partager une aventure humaine, davantage qu’une découverte d’un autre monde. De ce point de vue, le pari est gagné. Mais le début de son film est un peu lent et la tonalité d’ensemble assez sombre. Quant au personnage de Lin, femme forte et fragile, il est remarquablement interprété par Qiu Lan, tout en ténacité et en douceur.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2016
Lin marche fièrement dans la vie. C'est une battante. Elle avance dans sa difficile vie de sans papier avec détermination. Logée gratuitement chez un riche vieux monsieur grabataire, chez qui elle fait fonction d'aide à domicile, elle arpente cependant les trottoirs pour monnayer son corps. Une partie de cet argent durement récolté sera envoyé à ses parents restés en Chine, le reste servant à vivre et surtout à l'éducation de sa fille de 14 ans.
Raconté comme cela, il n'est pas certain que ce joli premier film fasse envie. Pourtant, il s'agit d'un formidable portrait de femme, suivie par un vrai regard empathique et surtout sans jugement, d'un cinéaste parfaitement en prise avec son époque. Situé dans un Paris ni magnifié ni assombri, juste on ne peut plus réel, le film n'a aucun mal à happer le spectateur car il utilise habilement en toile de fond cette triste réalité d'une étrangère qui survit comme elle peut, pour dérouler une intrigue prenante façon thriller. Apparaît ainsi, dans un huis clos assez oppressant, un homme en fuite assez inquiétant qui, se réfugiant dans l'appartement du vieil homme, essaie de manipuler mère et fille.
C'est dans le déroulement de son histoire que Naël Marandin se révèle aussi habile que vraiment fin observateur de l'humain. Alors que l'on pensait s'engager dans un déroulé binaire, les bons contre les méchants, les personnages évoluent, se défendent comme ils peuvent et deviennent plus complexes, dévoilant certaines facettes qui rendent le récit d'autant plus réaliste. Sans jamais se départir de son regard objectif, l'histoire prend de la profondeur, oscillant constamment entre réalisme et fiction, nouant les protagoniste dans une histoire plus complexe qu'il n'y paraît et prenant des directions inattendues.
La fin sur le blog
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 janvier 2016
Vu au festival Premiers Plans d'Angers: un très beau film qui nous immerge dans la vie d'une marcheuse de Belleville.
Le film tout en tension nous offre quelques moments de respirations, de petites joies qui nous rendent ces femmes d'autant plus attachantes qu'ils nous parlent de leurs espoirs, leurs rêves.
La mise en scène est sans esbroufe, efficace, nerveuse quand il faut (une scène d'amour "animale" très réussie) et laisse s'épanouir à l'écran le jeu subtile des comédiennes non professionnelles.
À voir!!!
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