Un nouveau film de Woody Allen est toujours en soi un évènement, et il faut avouer qu'à 80 ans passés, notre cher petit juif de New-York a encore de la vitalité ! Sans être un film renversant (j'entends déjà les bobos se plaindre qu'il ne s'agit pas là d'un « grand Woody Allen »...mais dans un sens, qu'est-ce que ça veut dire un « grand Woody Allen » ?), "Café Society" est un petit film bien sympathique où l'on retrouve tout le savoir-faire du « maître » : un héros juif discret qui cherche à fuir son entourage pour s'émanciper, une histoire d'amour réaliste et touchante, une interrogation sur la vie et les regrets/remords qu'elle peut nous infliger, des portraits de personnages assez burlesques, un humour caustique bien amené (surtout les blagues sur les juifs !!), une satire du cinéma hollywoodien, une réalisation sobre mais agréable (formidable travail sur la lumière : le ton or-sépia de l'image donne un cachet réaliste à l'image et nous plonge encore plus dans l'ambiance des années 30), une ambiance sonore jazzy très agréable. Si le début du film mets un peu de temps à démarrer, la suite nous interpelle et nous maintient dans un petit état légèrement euphorique qui nous permet de tenir jusqu'à la fin tout en profitant du spectacle. J'avoue avoir bien rit (la caricature du Hollywood de l'époque, les quiproquos limites vaudevillesques, la famille juive archi stéréotypée) et avoir été touché par cette histoire finalement banale mais tellement vraie. Et si cela fonctionne si bien, c'est surtout parce que Allen propose des protagonistes justes et agréables, et qu'il choisit toujours les bonnes personnes pour les incarner : Jesse Eisenberg est tout bonnement parfait (en voilà un qui nous prouve à chaque nouvelle prestation qu'il est l'un des futurs grands acteurs d'Hollywood), Steve Carell transpire le respect et l'élégance (c'est dingue comment ce type est mille fois mieux dans des rôles « sérieux » que dans ceux comiques qui l'ont fait connaître au yeux du grand public comme "40 Ans, Toujours Puceau", "Evan Tout-Puissant", "Max la Menace" ou "Crazy Night"), Blake Lively est resplendissante toute en fraîcheur et candeur et même, oui, même Kristen Stewart est adorable et impressionnante. Et oui, qui aurait cru que celle que j'ai longtemps appelé « le mollusque amorphe » suite à ces prestations minables dans les "Twilight" et "Blanche-Neige et le Chasseur" pourrait m'interpeller dans un film : elle joue juste et dévoile enfin un certain charisme tout à fait charmant...comme quoi tout est possible (et ouais : peut-être même qu'un jour Jennifer Lawrence sera une VRAIE actrice....non, faut pas déconner non plus !) Rien que pour sa prestation, le visionnage de "Café Society" vaut le coup ! Voilà, si vous avez envie d'un bon petit divertissement qui vous fera rire et ressentir un certain petit air de nostalgie, ne vous privez pas : le nouveau Woody Allen devrait combler vos attentes.
Un Woody Allen pur toujours entre sentimentalisme et réalité qui déchire même les liens les plus forts. La fin? C'est à vous de la construire, comme toujours...
Comme à l'accoutumée, la sortie d'un film tamponné par Woody Allen déclenche un phénomène à lui tout seul : présent pour l'ouverture du Festival de Cannes, il aspire les foules dans son sillage et se voit analysé de toutes parts. C'est une tradition désormais depuis l'excellent Minuit à Paris : le réalisateur aux lunettes rondes revient régulièrement faire parler de lui et, avec Café Society, il montre une fois de plus que le talent lui colle à la peau. Ainsi, dans un Hollywood des années 20, en pleine Prohibition, il aborde la complexité des relations humaines, toujours avec la marque qui l'a rendue célèbre, et met en avant le personnage qu'il préfère : l'Amour. Car sous ses airs cocasses, ses dialogues volontairement longs et pompeux et sa caricature toute tracée des personnages, on reviendra sans cesse à la même conclusion : Woody Allen est un narrateur, et il aime son métier. Nous aussi.
VO - Je ne suis pas un grand fan de Woody Allen. Depuis Vicky Christina Barcelona qui m'avait plus que déçu, je n'avais pas retenter l'expérience. Mais le synopsis et le casting me plaisaient bien donc... Et voilà, sans être transcendant, le film se laisse regarder. L'image est très agréable à regarder, le jeu des acteurs est très bon, un peu moins pour les actrices qui sont un peu en dessous à mon avis. Et puis l'époque est vraiment un cadre idéal pour un film. L'histoire d'amour n'est pas tellement intéressante en soit mais on ne s'y intéresse pas trop finalement et le jeu et la restitution de l'époque rendent le film regardable. Bref, à voir pour le bien-être que provoque les années 30.
Une fois n'est pas coutume, ce ne sont pas ses dialogues que l'on retiendra en priorité du dernier Woody Allen, ils sont même parfois d'une extrême banalité, mais la beauté presque irréelle de sa photographie due au talent du grand Vittorio Storaro, un petit jeune par rapport à Woody puisqu'il n'a que 75 ans. L'artiste de 1900 et d'Apocalypse Now, entre autres, donne une patine sublime à cette comédie romantique pessimiste qui prend place dans les années 30 entre Hollywood et New York. Au passage, Allen réitère son amour de la Grosse Pomme contre la superficialité de L.A. L'histoire ne vaut pas celle de L'homme irrationnel mais elle possède un charme mélancolique irrésistible et s'engage parfois avec bonheur dans des digressions savoureuses (mafia, communauté juive, âge d'or du cinéma). Avec Kirsten Stewart, énième muse du maître, le réalisateur a fait un très bon choix, l'actrice est superbe dans ce triangle amoureux où Steve Carell s'impose en force et Jesse Eisenberg en finesse. Quand à l'auteur, dont on regrette l'absence à l'écran, il se contente de commenter en voix off, dans un registre suave comme un Guitry moderne. Il y excelle mais ce n'est qu'un talent de plus pour notre stakhanoviste préféré.
J'aimerais que ce film donne le ton au reste de la sélection de Cannes, tant il est gracieux, pétillant et jubilatoire… Bobby Dorfman vit à New York dans les années 30 entre son père joaillier et son gangster de frère. Il fuit à Los Angeles où son oncle, agent de stars de cinéma, lui trouve un petit boulot de coursier. Il tombe très vite amoureux de sa secrétaire (Kristen Stewart, adorable) dont, malheureusement, le cœur est déjà pris… Un bonbon ou plutôt une coupe de champagne, voilà à quoi le film m'a fait penser en sortant de la salle de cinéma. Mais alors, un sacré millésime ! L'élégance de la mise en scène, la beauté de la lumière par le grand Vittorio Storaro ("Le dernier Tango à Paris", "Apocalyse now"), le rythme sautillant, les aphorismes en pagaille, la perfection de l'interprétation, pas de doute, on est bien chez Woody. Mais le Woody léger, celui qui fait sourire, celui qui fait du bien. Un brin nostalgique tout de même le regard porté sur l'époque qui l'a vu naître et sur l'âge d'or hollywoodien… Jesse Eisenberg incarne de façon très touchante ce jeune homme nerveux, ambitieux et tourmenté qui est, bien sûr, le double troublant du réalisateur. Évidemment trop âgé pour le rôle, Woody Allen s'est attribué celui du narrateur et sa voix reconnaissable entre toutes, est en partie responsable du plaisir que l'on prend à la vision de ce film délicieux, à la bande son jazzy, comme il se doit…
Quel plaisir de retrouver Woody inspiré. Manhattan, les années 1930: Bobby, coincé et rêvant de liberté a l'opportunité de rejoindre Hollywood où son oncle est un véritable "recruteur de stars". Au début discret, sa rencontre avec la belle secrétaire de son aïeul va quelque peu bouleverser sa vie, d'autant que, sur la côté est, son frère propriétaire du Café Society s'avère avoir des fréquentations plus que douteuses. Et Bobby va être contraint de prendre le destin de sa famille juive en mains. Ses amateurs le savent, Woody n'est jamais aussi inspiré que lorsqu'il parle de New-York, plus exactement Manhattan. En témoignent entre autres (Meurtre mystérieux à)Manhattan, ses deux chefs-d'œuvres. Ici, il se risque à comparer le mode de vie californien avec celui new-yorkais. Et avec une jubilation qu'on ne lui avait pas connu depuis un long moment. Une réplique illustre particulièrement son film: "la vie est comme un scénario écrit par un auteur sadique". Et Woody l'est tout spécialement envers une certaine classe sociale théâtre d'une satire mémorable; envers également l'industrie hollywoodienne qui en prend quelque peu pour son grade. Envers enfin les indécis(es) amoureu(ses)x qui ne sont pas épargnés, illustration particulière avec Vonnie (parfaite Kristen Stewart) incapable de choisir l'élu de son cœur et dont le motif du choix final ne pouvait être autrement au vu de la logique du réalisateur new-yorkais. Et la musique joue un très grand rôle. Omniprésente, ses teintes jazzys enchantent (notamment les premières notes d'un saxo en ouverture de film) et les amoureux du genre seront comblés. A recommander vivement et pas surpris des très bonnes retombées cannoises...
Woody Allen explore (encore une fois) un nouvel univers jusque dans ses propres fondements. Codes, valeurs et rituels, nous pénétrons dans l’entre de la Café Society au rythme des périples sentimentales de Bobby. Le film répond aux chroniques d’un soap hollywoodien loin de tous clichés avec élégance et raffinement. La mise en scène explose de passion et le casting pétille de visages brillants. La fin nous laisse sans voix, surprenant ou déçu, nous ne savons pas vraiment mais peu importe. En effet, nous avons passé un moment dévorant et amoureux au sein de la sphère hollywoodienne et c’est ce qui compte.
Bilan : Le Festival de Cannes a rarement vanté son ouverture avec de si belles œuvres. Woody Allen signe une nouvelle surprise annuelle.
On en prend plein les yeux en ce qui concerne les décors et les costumes. En revanche, il n'y a pas vraiment d'histoire. C'est plat, du début à la fin. À voir si vous aimez les années 20/30, pour le style, mais ne vous attendez pas à un chef d'oeuvre tel que "L'homme irrationnel".
Café Society permet de retrouver un Woody Allen passé maître dans l'art de sublimer jeux d'acteurs, photos et mouvements de caméra virtuoses et de nous replonger entièrement dans l'atmosphère des années 30, Le scénario est plus à l'avenant mêlant inutilités scénaristiques, autocritique/humour d'on ne sait plus très bien quel niveau de degré juif et une incapacité visible à conclure la fin de l'histoire. L'on se prend même à se demander s'il ne s'agirait pas d'une forme d'happening en soit Kristen Stewart explose littéralement l'écran.
Je suis une inconditionnelle de Woody ALLEN. J'ai beaucoup aimé tous ces derniers films qui étaient plein d'humour spoiler: et avec une vraie histoire. Les critiques de la presse sont dithyrambiques. Hors j'ai été extrêmement déçu par ce film, très bien fait, certes, très bien joué. Mais c'est un gentil film sans vraiment d'intrigue l'histoire est assez plate. Il manque de nerf dans ce film qui se laisse regardé mais qui est loin d’être le meilleur film de Woody ALLEN.
Quelle déception. Fans de Woody depuis longtemps, mais là quelle platitude...poncifs, enchaînement de scènes-type, pas d ame, a tel point que l on se demande si ce n est pas une forme de testament... Bref pas d intérêt
Retour au "film en costumes" pour WA - avec sa période d'élection en la matière, l'Entre-deux-guerres, celle par exemple aussi de "Magic in the Moonlight" (2014). Entraînés par Woody Allen lui-même (en récitant), nous suivons, entre côte Est et côte Ouest (puis retour), le jeune "Robert"/"Bobby", frêle silhouette de Juif new-yorkais, genre "chevreuil ébloui par les phares d'une voiture". Du moins au début. S'il ne se passe pas grand chose à l'écran (mais la filmo allénienne est-elle celle d'un cinéaste du spectaculaire, de l'aventure, du thriller, etc. ?...), cette chronique douce-amère (sans conclusion...) est bien trempée, côté "film d'apprentissage". Le plaisir pris à visionner cette livraison 2016 ("Café Society" - où la frivolité n'est que de surface...) tient pour le spectateur au soin extrême apporté aux détails - costumes, lumière, décors, évidemment... Mais aussi aux touches successives faisant le portrait du jeune homme, très "littéraires", dans le meilleur sens du terme (et au savoureux des dialogues - mais pas que..). Le tout baignant dans ce fameux humour allénien, décalé, si reconnaissable. Jesse Eisenberg ("Bobby") est parfait - atout principal côté casting des rôles principaux. Quand Steve Carell paraît moins à l'aise, en oncle agent de stars et barbon amoureux, et Kristen Stewart carrément transparente (la première "Veronica"). Les personnages secondaires (comme le reste de la famille de Bobby) étant, pour leur part, croqués avec malice, et incarnés avec talent par toute une galerie d'acteurs convaincants.
On aime le raffinement et la délicatesse du nouveau Woody Allen, avec cette patte si caractéristique du cinéaste ! On voyage à travers les années 30, au son du jazz et de la douceur de vie de l'Amérique volubile et festive. Les 1h30 de film passent très vite. C'est plutôt bon signe non ?