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3,0
Publiée le 25 janvier 2024
« Si tu gagnes le dimanche, tu vends le lundi. » Pour son premier film depuis près de dix ans avec le très oubliable "Blackhat", Michael Mann s'intéresse à Enzo Ferrari. Il ne s'agit pas d'un biopic traditionnel sur la vie d'une personne ou sur son ascension puisque l'on parle de quelqu'un qui a bâti un empire, mais plutôt d'un film qui se déroule sur une très courte période. Nous sommes dans les années 50 et "Ferrari" revient autant sur la vie privée que professionnelle de cet ancien pilote automobile, car les deux sont entièrement liées puisqu'il dirigeait la marque avec sa femme Laura. Ce ne sont pas les seules choses qui étaient liées puisque les résultats en course déterminaient les ventes de voitures de série, ce qui est peu développé ici puisque Enzo vivait avant tout pour les courses. Une période charnière durant laquelle il a rencontré de nombreuses difficultés tandis que les tragédies personnelles et sportives se sont accumulées. Ce n'est peut-être pas la partie la plus intéressante de la vie de cet homme, mais "Ferrari" est un drame décent, un portrait solide d'un homme pris entre deux familles et entre sa passion et les affaires. Par contre, et ça valait déjà pour "House of Gucci", il serait temps de respecter la langue d'origine parce que les accents de ce type ne rendent pas les échanges en anglais plus authentiques... Bref, c'est pas mal avec un casting de qualité et de très bonnes scènes de course.
Signé par Michael Mann, "Ferrari" est un biopic sur le fondateur de la marque de voitures sportives italiennes Enzo Ferrari. Porté par un casting quatre étoiles, Adam Driver, Penélope Cruz et Shailene Woodley ne parviennent pourtant pas à rendre intéressante cette fade histoire sans surprise dans sa mise en scène. Les scènes de courses sont rares et la vie personnelle de l'auto-entrepreneur ne présente rien de suffisamment exceptionnel pour retenir l'attention pendant plus de deux heures.
8 ans et demi. C'est le temps qu'il aura fallu attendre pour retrouver Michael Mann en salles, après le bancal "Blackhat", par ailleurs gros four au box office. Du moins là où je vis actuellement, car en France la sortie en salles de "Ferrari" ne semble même pas acquise à l'heure actuelle ! Un projet de longue haleine pour le réalisateur, qui aurait pu/du se concrétiser dans les années 2010. On parlait à l'époque de Christian Bale dans le rôle titre (qui se vengera avec "Ford v. Ferrari" ?), puis Hugh Jackman (!). Finalement, le film sort en 2023, avec un budget confortable de 95 millions de dollars, et Adam Driver dans le rôle titre. Soyez prévenus, "Ferrari" n'a rien d'un biopic ou d'une success story sportive. On est à des années lumière de "Ford v. Ferrari", auquel il sera immanquablement comparé vu son sujet. C'est un drame familial intimiste sur une famille brisée. Enzo et sa femme font encore le deuil de leur fils, décédé l'année précédente. Enzo a un maîtresse et un autre fils, et se pose la question de le reconnaître officiellement. Et ses problèmes financiers vont secouer tout ça. La participation à la course Mille Miglia est finalement presque secondaire, à l'image des pilotes assez peu développés dans le récit. Par ailleurs, ce n'est pas une oeuvre calibrée pour le grand public. Pas de méchant. Même Maserati, un temps présenté comme pseudo antagoniste, est finalement complètement sous-employé. Pas de personnage vraiment attachant. Pas d'enjeu sportif sinon les tourments du couple principal, et, à la rigueur, la santé financière de l'entreprise. De quoi se mettre le box office à dos ! Néanmoins tout est fait avec maîtrise et finesse. Les acteurs sont excellents, Adam Driver et Penelope Cruz en tête, qui forment un couple en lambeaux. La mise en scène est travaillée, dont de magnifiques séquences en voiture à travers l'Italie, surtout dans le dernier acte. Ainsi que quelques scènes très bien découpées (celle de l'église, notamment). Le scénario se focalise bien sur les tourments et contradictions d'Enzo Ferrari. Un homme exigeant, perfectionniste, mais dont la vie de famille part en morceaux. Un homme qui donne à son écurie une allure familiale, mais qui s'émeut peu de la mort de ses pilotes. Un homme à l'aura incroyable en Italie, ce qui lui confère des avantages mais peu aussi l'écraser. Par contre, je pointerai du doigt les séquences de crash, qui ne m'ont pas du tout convaincu, en autres par excès de CGI grossiers. spoiler: Le premier crash est très étrangement monté, on a l'impression qu'il manque la moitié des plans (pas d'impact du pilote au sol, son corps en l'air a l'air d'un mannequin numérique). Je comprends qu'il s'agit aussi de monter le détachement d'Enzo, mais tout de même, il m'a semblé voir deux scènes différentes en parallèle !
Quant au fameux crash de la Mille Miglia, la scènes est beaucoup trop numérisée pour être crédible. Dommage car l'idée de montrer la violence d'un crash de l'époque était salutaire.
C’est âgé de 81 ans que Michael Mann réalise enfin son film sur « il commandator » Enzo Ferrari après être resté huit longues années sans tourner à la suite de l’échec cuisant du très formaté et plutôt ennuyeux « Hacker ». Le projet était dans la tête de Mann depuis 1993. Il en avait écrit dès le début des années 2000 le scénario avec l’écrivain Troy Kennedy-Martin décédé en 2009. N’ayant pas réussi à réunir le budget qu’il jugeait nécessaire pour un film fidèle à sa vision, Mann laisse le projet en jachère. Commence alors en 2015 une période de sept ans, essentiellement faite de « faux départs » comme pour les courses de Formule 1 que le réalisateur amoureux de mécanique affectionne. Christian Bale se verrait bien en Enzo Ferrari pour finalement se retirer brutalement du projet. Le nom Hugh Jackman circule à son tour avant qu’en février 2022, Adam Driver qui s’est fait un nom ne soit retenu pour le rôle avec Penelope Cruz dans celui de son épouse et Shaleine Woodley dans celui de sa jeune maîtresse, mère de son fils illégitime Piero devenu par la suite le vice-président de la marque au cheval cabré. Mann n’a pas choisi de céder à la mode du biopic intégral et hagiographique mais a préféré comme le fait si bien Pablo Larrain (« Jackie », « Spencer », « Maria ») concentrer son récit sur une période particulière de la vie du héros de son film. Après avoir été un pilote reconnu, Enzo Ferrari est devenu depuis près de dix ans, un constructeur automobile indépendant et reconnu. En 1956, il perd son fils Dino mort d’une dystrophie musculaire, maladie génétique qui instillera dans l’âme profonde de Ferrari un sentiment de culpabilité qui ne le quittera plus. Il songera même à tout arrêter, restant cloîtré et apathique dans son bureau de Modène. Pourtant il continue de diriger son écurie de course la seule passion qui l’anime encore. Si le palmarès s’étoffe très vite, les ventes de ses voitures de luxe ne suivent pas, menaçant l’avenir de celui qui affirmait : « ne pas faire des courses pour vendre ses voitures comme ses concurrents mais vendre des voitures pour pourvoir faire des courses ». Enzo Ferrari usé et dépressif doit donc durant cette période affronter des spoiler: difficultés autant sportives, industrielles et commerciales que privées. Depuis la mort de son fils la grande faucheuse plane au-dessus de l’écurie alors que les conditions de sécurité autour du sport automobile sont loin d’être optimales, c’est un euphémisme que de l’affirmer. Le 14 mars 1957, sur le circuit d’essais de Modène, le jeune pilote Eugenio Castellotti se tue alors qu’il teste la nouvelle Ferrari D50/801, deux mois plus tard alors que l’écurie s’apprête à gagner la fameuse course d’endurance sur route ouverte « les Mille Miglia », Alfonso de Portago recruté pour remplacer Castellotti fait une sortie de route après avoir fauché 30 personnes dont 9 trouveront la mort en même temps que le pilote . Tous ces évènements ajoutés aux troubles personnels qui assaillent Ferrari donnent une tonalité plutôt crépusculaire au dernier film de Mann qui se matérialise par les couleurs mordorées imprimées sur l’écran par le chef opérateur attitré de David Fincher, Erik Messerschmidt. On peut penser que le même film réalisé comme il aurait dû l’être vingt ans plus tôt n’aurait pas eu la même esthétique ni le même déroulement de son intrigue. C’est en 2023 un homme arrivé au crépuscule déclinant de sa carrière de cinéaste et entrevoyant lui aussi le bout du chemin qui livre une mise en scène sans doute en rapport avec son état d’esprit du moment. Le professionnalisme notamment esthétique est toujours présent mais la vitalité qui se dégageait de films marquants comme « Le solitaire », « Le sixième sens », « Heat » ou « Collatéral » a laissé la place à un certain désabusement qui transparait dans la manière dont Mann s’est emparé de son sujet porté par un Adam Driver tout-à-fait convaincant, acteur caméléon à la manière d’un Robert de Niro, qui campe un Enzo Ferrari habité par le doute ne sachant plus très bien à ce stade de sa vie pourquoi il avance encore. Malgré tout un film de Michael Mann reste un film de Michael Mann qui n’a pas de trop mal à se démarquer du lot quotidien de la production hollywoodienne de ces années 2020 plutôt mal embarquées.
Presque dix ans après l échec de son Hacker Michael Mann revient avec un biopic sur le fondateur de la firme au cheval cabré. Même s il a la bonne idée de ne pas faire un catalogue d anecdotes en se focalisant sur une année de la vie de son personnage, Ferrari reste très classique dans sa forme. Se concentrant plus sur l intime il dresse un portait nuancé sur un homme qui doit créer et entraîner derrière lui alors qu il est dans l intime une personne indécise ne sachant pas vraiment quel chemin emprunter. Si pour le coup la mise en scène de Mann ne m a pas emballé (les scènes de courses font pâles figures à côté de Rush ou Le Mans 66 pour citer les grands succès motorisés récents); en revanche la performance tout en retenue d Adam Driver et celle très expressive de Penelope Cruz supportent le métrage de belle manière. Réussir à ne pas m ennuyer en parlant de voiture est déjà une réussite mais il manque quand même à ce Ferrari un peu de super pour être marquant.
Bio trop intimiste avec pas mal (trop) de scènes inutiles ou redondantes, l'ensemble pêche avec un manque de rythme, des sujets pas forcément intéressants et une période courte. Heureusement que les acteurs sont bons. Décevant ! 2/5 !
Sans atteindre la perfection de Heat, Révélations ou Le Solitaire, on est tout de même très heureux devant ce nouveau Michael Mann. Dans le rôle titre Adam Driver est une nouvelle fois très convaincant.
Fan absolu du réalisateur Michael Mann, je n’ai pas adhéré à cette tranche de vie du Commodore, centrée sur le dramatique accident des Mille Miglia, en 1957, et qui a failli mettre un terme à la Scuderia à l’époque. Certes la séquence de l’accident, en fin de film, est impressionnante et laisse sans voix. Mais c’est tout le reste du film qui pêche par une passivité et un piètre jeu d’acteurs qui nous met à rude épreuve pour tenir jusqu’au bout. Un vrai biopic sur Enzo Ferrari reste donc à concevoir.
Presque dix ans après l’échec de "Hacker", le grand Michael Mann revient avec un sujet beaucoup plus classique : l’évocation d’une partie compliquée de la vie d’Enzo Ferrari, entre faillite d’usine et deuils personnels. Classique est sans doute le mot le plus adéquat pour qualifier l’ensemble même si l’on retrouve plusieurs thématiques manniennes. Ferrari est avant tout l’histoire d’un individu désespérément seul face à l’immensité du monde et l’avidité des institutions. Classique, la mise en scène l’est tout autant et l’on regrette l’absence de cette nervosité qui faisait la personnalité du cinéaste. L’interprétation est impeccable, Driver et Cruz en tête. C’est encore très honnête mais un peu sage, surtout en regard des productions passées.
Très belle reconstitution historique et réalisation comme d'habitude classieuse de Michael Mann, le film est une réussite visuelle si on fait abstraction des accidents en images de synthèse. Pour ce qui est de l'histoire, elle se focalise sur l'année 1957 de la vie d'Enzo Ferrari. Essentiellement axée sur sa vie privée, elle n'en oublie pas les événements sportifs dramatiques qui ont émaillé cette année même si les scènes de courses sont assez rares et finalement pas très spectaculaires. Ceux qui veulent avoir des voitures plein les yeux seront frustrés, les autres pourront trouver que le film en raconte trop peu et n'apporte pas grand chose sur la vision du personnage en dehors de sa relation compliquée avec sa femme. J'aurais tendance à faire partie de ceux-ci même si le film ne m'a pas ennuyé.
"Ferrari" s'intéresse non pas à l'écurie, mais à l'homme, et c'est peut être bien là son défaut (notamment pour les fondus de sport et d'automobile). Mann s'intéresse à la figure atypique de ce passionné fermé et obstiné, qui ne s'épanouit qu'après de son fils et de sa maîtresse. Le film est traversé par une lancinante morbidité, mais reste magnétique par son propos et son casting (même s'il est insensé de choisir un acteur américain pour jouer Enzo l'Italien et une actrice espagnole pour jouer sa femme, le tout tourné en anglais dans une Italie de la fin des 50's reconstituée avec grâce). La maestria de Mann s'offre donc par les rapports conflictuels de ses personnages, mais, et c'est son point d'orgue, dans sa course finale avec un crash spectaculaire, et glaçant. Le feu de l'écurie au cheval est avec Michaël Mann, une beauté froide.
Une chose est certaine c'est que ce film va en décontenancer plus d'un. Si certains veulent voir des scènes d'actions aussi prodigieuses que dans "Heat" ou "Collateral" ou bien un enjeu sportif aussi important que dans "Le Mans 66" et bien la déception sera obligatoirement au rendez-vous. Car même si toutes les scènes de courses sont magistralement filmées et très immersives ce n'est vraiment pas le sujet principal de ce biopic qui se concentre plus sur une partie la vie intime du Commandatore. C'est un drame familial, très intimiste, bien avant d'être un film d'action. Peut-être un peu trop sage, peu original dans le fond finalement, mais très esthétique, il permet à ses acteurs principaux de briller. Un Mann assez mineur dans la filmographie du réalisateur, mais un Mann tout de même très réussi.
Léché visuellement et maitrisé techniquement mais manque d'identité et de profondeur dans sa dramaturgie et ses ses personnages. Cruz tire cependant son épingle du jeu.
“Ferrari”, réalisé par Michael Mann, n’est pas véritablement un biopic, mais plutôt une plongée dans un moment charnière de la vie d’Enzo Ferrari, en 1967, une année où son entreprise frôle la faillite. Adam Driver offre une interprétation convaincante en incarnant Enzo, tandis que Penélope Cruz brille dans le rôle de Laura Ferrari.
Le film, bien qu’intéressant, souffre d’un manque de rythme, ce qui peut devenir frustrant pour un long métrage de 2h10. “Ferrari” aborde des thèmes profonds tels que le deuil, le pouvoir et l’obsession, nous invitant à réfléchir sur les sacrifices et les luttes qui façonnent la vie d’un homme hors norme. 6/10
Ce biopic focalisé sur l’année 1957 de la vie du constructeur automobile Enzo Ferrari s’inscrit davantage sur un cadre intimiste brossant le portrait d’un homme contrasté aux nombreuses zones d’ombre, les scènes de course quant à elles se font au final rares hormis dans le dernier tiers du long-métrage. Derrière la caméra le réalisateur Michael Mann faisant son retour après 10 ans d’absence conserve la méticulosité qui lui est sienne sans parvenir pour autant à donner de l’ampleur à son récit peut-être trop resserré sur son personnage principal. En ce sens, les séquences motorisées si elles sont bien filmées ne font pas pour autant ressentir l’impression de vitesse et de danger propre aux courses à l’époque d’autant que les trucages apparaissent très visible à l’écran et sont mêmes un peu grotesques. Malgré ses défauts, le long-métrage gagne en épaisseur grâce à l’excellence de la distribution, d’Adam Driver campant un Enzo Ferrari trouble et charismatique avec pour lui donner la réplique sa femme à l’écran que joue Penelope Cruz retrouvant enfin un rôle à la mesure de son talent. Loin de l’exaltation du monde automobile, le cinéaste construit un récit en double lame souffrant d’une sérieuse baisse de régime à mi-parcours mais sachant embrayer pour conclure sur un final haletant.