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Olivier Barlet
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3,5
Publiée le 31 août 2015
(...) Dédié à Andrée Davanture, sa fidèle monteuse décédée en 2014, le film aurait profité à cet égard d'un montage plus serré. Là où le grand Cissé se manifeste, c'est dans la beauté des plans, les portraits de ses sœurs, ce gamin qui parcourt les pièces trop grandes pour lui, son art de mettre en phase l'image avec le rythme des êtres. "Le pays fait face à quatre guerres", dit Cissé : les croyances, les langues, l'environnement et la pauvreté. Et de se demander comment en sortir. Comme dans tous ses films, la réponse est dans la transmission. L'école le fait-elle, où l'on frappe les enfants, comme l'évoquent des jeunes rassemblés ? N'est-ce pas plutôt la famille le lieu de l'héritage culturel ? Et donc la maison ? Mais c'est le pays lui-même qui doit être une maison pour son peuple. Il montre la destruction des mausolées de Tombouctou par les Djihadistes : c'est le pays qui est agressé par le piétinement du droit et la déliquescence de la justice. Il s'emporte face à la caméra devant l'humiliation : "le pays va prendre feu". Le film brûle d'indignation, non de vengeance mais de colère : "Tout pouvoir qui humilie nos aînés doit s'attendre à un châtiment". Car l'injustice défait l'ordre du monde : la nature, la faune et la flore irriguent le film. Se posant en vieux sage, Cissé appelle alors son fils à ne jamais se laisser abattre par l'injustice. Sinon, comment "arrêter la machine de folie et de mensonge" ? Le futur est entre les mains des enfants drapés du blanc de l'innocence, dans l'éducation et la force de l'amour, mais "c'est un voyage sans fin, sans halte ni repos".