Le Procès du siècle
Note moyenne
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117 critiques spectateurs

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Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 mai 2017
Je me suis rendu en salle sans rien savoir du film, ou presque : je n’en connaissais que les acteurs principaux et le fait que ce long métrage s’inspirait de faits réels. Bien sûr, si j’y suis allé, c’est parce que je savais quand même que nous allions avoir droit à un procès digne de ce nom. Et comme j’apprécie grandement ces combats juridiques, avec les joutes verbales qu’on ne peut trouver nulle part ailleurs, il ne m’a pas fallu longtemps pour me décider. Et je n’ai pas été déçu, même si il y a quelque chose qui m’a rapidement interloqué. Le titre : pourquoi donner au film le nom de "Le procès du siècle" quand il n’est qu’une retranscription d’une affaire qui, me semble-t-il, n’a pas été médiatisée à travers le monde ? Sur la toile, on ne trouve pas grand-chose de ce procès, si ce n’est quelques encarts des journaux "Libération" et "Le Monde". En tout cas, je n’en connaissais pas l’existence, ou tout du moins je n’en ai aucun souvenir. Bon il est vrai que le sujet fait désordre, et vous comprendrez rapidement pourquoi si vous vous décidez également de vous rendre en salle afin d’en savoir davantage. Mais je crois que pour apprécier ce film à sa juste valeur, il faut aimer le monde des tribunaux, aimer les combats verbaux, et avoir un grand respect envers le genre humain, quelle que soit sa race ou sa religion. En dehors de cela, ou s’il vous manque un des trois aspects que je viens de citer, "Le procès du siècle" risque fort de vous paraître long et ennuyeux. Et pourtant… Pour écrire le scénario, tout en se basant sur le propre livre de Deborah Lipstadt ("Denial : Holocaust history on trial"), David Hare a minutieusement épluché les archives ayant reporté les 40 jours de procès. L’exercice était périlleux parce que la réécriture de l’Histoire n’est pas toujours possible. Le cas qui nous intéresse entre dans ce cadre, d’autant plus que la réécriture de l’Histoire est un des enjeux de ce procès. Le scénariste n’avait donc pas le droit au moindre écart, et c’est en reprenant mot pour mot tous les dialogues de prétoire consignés dans les archives officielles qu’il a reconstitué ce procès hors du commun. Bien sûr, il n’y est pas arrivé seul, puisque la véritable Deborah Lipstadt l’a beaucoup aidé dans l’adaptation. Le souci d’authenticité a même été poussé jusque dans les coiffures et les costumes, que ce soit les tenues des hommes de loi, ou les tenues de Deborah, similaires en tout point pour certaines à celles portées par l'enseignante. Malgré les premiers mots choquants issus d’une sorte d’archive télévisuelle, la réalisation est sobre, si sobre qu’on pourrait la qualifier d’académique. Cependant elle est intelligente, présente bien le contexte avant de se dérouler dans un rythme parfait, le plus naturellement du monde, sans longueur notable. On ressent parfaitement les états d’âme que traverse Deborah Lipstadt, qu’elle soit confrontée à un procès qui tourne mal ou à ses propres avocats qui ne démordent pas de la stratégie qu’ils ont mis en place. Le procès est maîtrisé de bout en bout, simplement parce que chaque mot prononcé est d’une importance capitale. Les uns enfoncent le clou, les autres se retournent contre celui qui les a prononcés. Certains propos sont choquants, d’autres sont savoureux, bref c’est un régal pour tous les amoureux des mots. Si Rachel Weisz signe une interprétation très honorable dans la peau de Deborah, mes mentions spéciales reviennent à Tom Wilkinson dans le rôle de l’avocat Richard Rampton, et à Timothy Spall dans le rôle de David Irving. L’un attire irrémédiablement toute notre sympathie avec son air de patriarche protecteur attentionné et compréhensif, l’autre s’adjoint notre antipathie à tel point qu’on rêve de le voir se faire atomiser durant le procès alors qu’on le voit devenir peu à peu de plus en plus seul et isolé. Pourtant, et franchement ça me navre de devoir dire ça, on peut d’une certaine manière comprendre le point de vue du négationniste, surtout à une époque (an 2000) où il faut dans chaque enquête une preuve tangible et irréfutable, en résumé du concret. Andrew Scott ne démérite pas non plus en valeureux chef d’orchestre qui doit mener son équipe à la victoire. Je crois qu’on peut dire que la réalisation de Mick Jackson est sans véritable parti pris, ce qui constitue un exploit sur un tel sujet. En revanche, la musique m’est passée totalement inaperçue. Donc elle ne choque pas, mais ne porte pas plus que de raison les séquences les plus émouvantes. Finalement, la musique est aussi sobre que la réalisation. Le seul truc qui me manque, ce sont les quelques précisions sur le devenir de David Irving et de Deborah Lipstadt. C’est dommage, ça nous éviterait d’aller chercher ce genre de réponse sur le net.
Philippe G.
Philippe G.

10 abonnés 171 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 mai 2017
Il faut oser une série B sur un sujet pareil . A part l'idée des avocats d'éviter aux rescapés d'être confrontés au négationniste de service , pas grand chose de fort dans ce film . Mieux vaut revoir Music Box de Costa Gavras .
Interprétation plutôt faiblarde dans l'ensemble .
janus72
janus72

52 abonnés 287 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 mai 2017
Film principalement axé sur la mécanique et les coulisses d'un procès pas vraiment comme les autres...
Là, la victime devra avant tout prouver sa bonne foi et par la même les mensonges avérés du salopard négationniste qui l'attaque en justice.
Avec la pression des Médias toujours en quête des Gros Titres et surtout des derniers rescapés des camps qui réclame la simple vérité et que l'on prennent aussi leur témoignages en compte.
C'est plutôt bien fait avec des acteurs qui font bien le Job, évitant de tomber dans l'indigestion des arcanes d'un procès.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 mai 2017
Le film ne s'étend pas trop sur la procédure juridique britannique, qui dérouterait certainement le public français. Le caractère intransigeant de Debora Lipstadt est bien rendu, de même que la veulerie de David Irving. De la manière dont sont présentées les choses, on a du mal à se rendre compte de la véritable durée de ce procès (plus de deux ans !) mais le propos est clair et sans pathos superflu.
Shawn777

814 abonnés 3 965 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mai 2017
Ce film réalisé par Mick Jackson, sorti en 2017 et adapté d'une histoire vraie et d'un ouvrage de Deborah Lipstadt est vraiment très bon et je me désole de voir d'aussi mauvaises critiques. Le scénario oppose Deborah Lipstadt et David Irving sur la remise en cause de l'holocauste 50 ans après les faits, il s'en suit donc un procès où les deux partis vont défendre leur position sur la chose. Je ne sais donc pas si le scénario retranscrit bien l'histoire originelle car je n'avais jusqu'à maintenant pas du tout eu vent de ce débat mais c'est en tout cas très intéressant de découvrir les idées des deux partis et on se rend alors compte que prouver l'existence de l'holocauste n'est pas une chose si facile que l'on pourrait le croire. La bande annonce m'avais également beaucoup intrigué avec les quelques arguments qu'avançait Irving en sa faveur et c'est dingue de se dire qu'avec de petites preuves qui nient l'existence de certains faits avérés vrais, certaines personnes assez crédules peuvent le croire comme par exemple les premiers pas sur la Lune ou... qu'Elvis ne soit pas mort. Certains diront que le scénario est très linéaire et que le film possède beaucoup de longues scènes. Alors oui, le scénario est linéaire mais en même temps, il retranscrit une vraie histoire et on ne connait même vraiment pas la fin (pour ceux qui n'auraient pas du tout suivis ce débat à l'époque) car on ne sait pas à qui le juge va donner raison. Pour ce qui est des scènes longues, personnellement je n'en ai pas trouvé, tellement l'histoire m'a passionné et je ne me suis donc pas ennuyé une seule fois. Du côté des acteurs, nous avons Rachel Weisz, Tom Wilkinson, Timothy Spall et Andrew Scott pour ne citer que les principaux et tous ont très bien joués. "Le Procès du siècle" est donc un très bon film qui aborde un sujet passionnant.
L'AlsacienParisien

687 abonnés 1 432 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 mai 2017
Décrit comme étant le film "le plus important de l'année", on en attend donc beaucoup lorsqu'on va voir "Le Procès du siècle" ! Hélas, le résultat n'est pas celui escompté car s'adaptant d'une histoire vraie, le film s'approprie davantage la forme d'un documentaire plutôt qu'une fiction remplie de rebondissements et d'émotion. Là, on suit progressivement la mise en place d'un procès en diffamation entre une historienne spécialiste en études juives modernes et un négationniste fan de Hitler prônant la non-existence des chambres à gaz à Auschwitz... Le procès, aussi palpitant qu’invraisemblable, remet en question une zone de l'Histoire sensible et terrible où des êtres humains ont été exterminés par milliers. On suit donc la longue procédure de ce procès qui a duré 40 jours avec curiosité et étonnement sans pour autant laisser aller nos émotions. La reconstitution du procès est méticuleusement retracée par une série de dialogues marquants et redoutables où les points de vue se divisent et se disputent à l’œil nu ; l'une souhaitant défendre ardemment la voix de ceux qui ont disparu et l'autre étant convaincu que tout n'est que machination et supercherie. "Le Procès du siècle" serait sans doute rien sans ses deux acteurs principaux qui mènent un duel sans merci. Rachel Weisz, actrice rare, campe de pied ferme ce rôle de combattante et de fervente défenseure de l'Histoire. Face à elle, on retrouve Timothy Spall, lui aussi peu présent sur les écrans, qui interprète le rôle très complexe de David Irving, historien raciste et antisémite. Malgré leur conviction et ce déroulé chronologique, on ne peut pas dire qu'il y ait un grand suspense et pour un film qui traite de la mémoire de l'Histoire, j'ai bien peur qu'il ne marque pas les nôtres sans doute à cause de cette impression d'être trop lisse et un genre de copier/coller du véritable procès. Outre cette histoire, le rôle du négationniste m'a beaucoup intrigué et m'a beaucoup fait penser à toutes ces personnes un peu perdues avec lesquelles la discussion et l'échange d'idées est impossible en cette période d'élection. La bêtise de l'Homme réside dans ses convictions qu'il ne changera jamais, même s'il est confronté au fait établi. Et ce manque de lucidité, d'absence totale de reconsidération d'angle de vue me fait peur et m'inquiète.
Jujupac26
Jujupac26

58 abonnés 25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2017
Je dois avouer que je n'avais jamais été au courant qu'un tel procès avait eu lieu... Merci d'en avoir fait un film nous permettant de réaliser qu'avec le temps, il est possible que des personnes puissent librement affirmer que les juifs n'ont pas été gazés dans les chambres à gaz ce qui est inacceptable !
(Spoil) J'ai aime ce film pour plusieurs raisons, tout d'abord les acteurs sont exceptionnels, mais j'ai surtout aimé voir les avocats préparer une défense par l'attaque ! Il n'y a rien à prouver concernant ce génocide puisqu'il a existé, la seule chose à prouver c'est que ce négationniste est antisémite et qu'il a volontairement faussé la vérité pour sa cause !
Bravo.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 mai 2017
Histoire intéressante et assez peu connue, très bien jouée et ayant réussi à capter les points décisifs d'un procès de 8 semaines. Les acteurs sont particulièrement convaincants.
papalou
papalou

18 abonnés 225 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 mai 2017
Affligeant de poncif et de facilité.
L'académisme de ce film le rend ennuyeux et pesant.
Petit intérêt pour la procédure britannique en diffamation et les arguments de La Défense contre ce négationniste .
Ce qui m'a vraiment intéressé c'est la personnalité de Irving et le verdict...
Je n'ai pas pu faire l'économie d'un parallèle avec nos politiques mis en examen se présentant devant les tribunaux....glaçant!
Je vous laisse découvrir!
PLR
PLR

559 abonnés 1 785 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mai 2017
Approche historique de l'Holocauste sur fond de controverse juridique. Prouesse de Timothy Spall dans le rôle de l'historien autodidacte et révisionniste, retors, calculateur et antipathique.
Carole P
Carole P

2 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2017
Très bon film, qui traite d'un problème existant depuis 70 ans. Bien jouer par tous les acteurs. La séquence dans le camp d'Auchswitch est très poignante.
dominique P.

907 abonnés 2 027 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mai 2017
C'est une très bonne chose qu'un film ait été fait sur ce procès.
Je n'en avais pas entendu parler avant et je suis contente d'avoir pu voir ce film.
Il y a des longueurs mais c'est vraiment très intéressant surtout très important.
Caroline C
Caroline C

5 abonnés 16 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 mai 2017
Ce film traite du procès intenté par un professeur d'université juif américain(Rachel Weisz) à un écrivain anglais négationniste qui soutient que les fours crématoires n'ont jamais existé. Le début est plutôt convaincant, mais le scénario inclut des scènes répétitives, où les acteurs semblent s'ennuyer ferme...A EVITER
Elisabeth G.
Elisabeth G.

216 abonnés 1 206 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2017
Un film historico-juridique passionnant sur le négationnisme et la lutte contre celui-ci porté par d'excellents acteurs.
Une critique plus détaillée et d'autres sur le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.fr
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 835 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 avril 2017
Au-delà d’un titre français presque grotesque (« Le procès du siècle », on dirait une mauvaise manchette de tabloïd !), le film de Mike Jackson semble au départ un film dangereusement risqué. Les films sur la Shoah sont assez nombreux, souvent pertinents et souvent fait avec un tact et une retenue qui doit être soulignée. Il n’empêche que faire aujourd’hui un film sur le négationnisme est une entreprise périlleuse. Parce que, au bout du compte, il s’agit avec cette question de dénouer (ou plutôt de tenter de dénouer) le nœud gordien qui lie trois notions ô combien explosives par les temps qui courent, surtout quand elles se percutent : l’Histoire, la Morale et la Politique. Le premier challenge de Mike Jackson était donc de proposer un film sobre et digne dans sa forme : pas de scènes racoleuses, pas de suspens malvenu, pas de rebondissement théâtraux malsains, bref, d’éviter toutes ces choses qui pullulent dans le cinéma d’aujourd’hui. Pari réussi en partie, en partie seulement car il y a malgré tout quelques concessions cinématographiques, le suspens de la fin n’est pas très pertinent puisque, même sans connaitre le vrai procès (oui, je ne l’ai pas dit mais c’est une histoire vraie, d’un vrai négationniste qui a osé attaquer une vraie universitaire qui osait « dénigrer » son travail), on sait bien aujourd’hui que le négationnisme est toujours bonni de la vie universitaire. Du coup, pourquoi proposer un faux petit suspens à ce propos, avec musique et dramaturgie autour ? Quelques scènes un peu caricaturales peuvent faire sourire : le long regard appuyé à la statue de la justice, le gentil papa Irving avec son adorable fillette blonde et sa nounou noire. Mais on peut passer outre ces quelques petits défauts pour insister plutôt sur les presque 10 minutes filmées à Auschwitz, au début du film, sans musique (ou très peu), sans effet de mise en scène (ou très peu), avec le recul qu’il faut. Tourner à Auschwitz-Birkenau est, j’imagine, un cauchemar absolu de réalisateur tant cet endroit est lourd, chargé d’émotion, de chagrin et de douleur. Ma foi, Mike Jackson ne s’en tire pas trop mal. Tourné à la fois dans le vrai camp et à la fois dans une reconstitution (parce qu’on ne peut évidemment pas amener des comédiens et toute une équipe autour comme si de rien n’était sur le toit d’une chambre à gaz), ces scènes sont d’une force écrasante à l’écran. Rachel Weisz est très convaincante dans le rôle d’une cette universitaire piégée, parfois emportée par ses propres émotions et confrontée à un homme qui ne recule devant rien, ni aucune bassesse, ni aucune tribune pour affirmer ses idées ignobles. C’est surtout de lui et de son interprète que je voudrais parler : Timothy Spall incarne un homme détestable et il le fait avec une telle conviction que cela fait froid dans le dos. Au premier abord, on le trouve caricatural : en plus d’être négationniste, il est odieux, vulgaire, menteur, manipulateur, ouvertement raciste, il profère des horreurs sans jamais sourcilier dés qu’il a un micro devant la bouche, dans la surenchère permanente, il semble n’avoir absolument aucune limite. On se dit que le scénario a forcé le trait tellement fort que cela va tourner au grotesque. Et puis on réfléchit deux secondes, on réfléchit à tel ou tel homme politique moderne, tel ou tel éditorialiste, tel ou tel chroniqueur médiatique et on revient sur cette première impression. Oui, il y a des gens comme ça, aussi détestables que ça, aussi outranciers que ça, aussi dangereux que ça, ils existent et le Irving de Timothy Spall ne sonne pas si faux qu’on a pu le croire dans un premier temps. Le scénario du « procès du siècle » a une certaine finesse et un vrai intérêt pour l’historienne qui sommeille en moi car il va plus loin que la simple question de l’Holocauste et de l’existence ou non d’un plan savamment orchestré, méticuleux et « industriel » de l’extermination de masse d’un peuple tout entier. Cette question là est heureusement réglée pour tout historien digne de ce nom depuis longtemps. Mais le film pose des questions très difficiles, comme celle de savoir si la vérité historique doit être établie par tribunal, comme celle de savoir si au nom de la recherche scientifique, on peut tout étudier, tout envisager, tout remettre en cause. Ces questions dépassent bien sur la personne d’Irving et de son affrontement avec Lipstadt, et le film n’y répond pas : et comment le pourrait-il ? Le scénario regarde pile à l’endroit où se nouent trois notions très fortes : l’Histoire comme matière scientifique, la Politique qui se sert d’elle en la déformant comme il l’entend, et la Morale qui vient compliquer le tableau. L’Histoire est-elle comme ces cartes postales qui changent selon qu’on les bouge vers la droite ou vers la gauche ? Et les deux images se valent-t-elles ? C’est une question fondamentale et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, douloureusement moderne. La tentation de Déborah Lipstadt, dans le film, d’inclure de l’émotion, de la Morale et de faire témoigner des rescapés de la Shoah est systématiquement contrée par ses avocats et au début, on a bien du mal à comprendre pourquoi. Mais au final, devant un homme comme Irving cela n’aurait réussi qu’à le servir et à servir son propos, cela aurait conforté sa théorie du « grand complot mondial ». Ce n’était pas évident pour le film de faire comprendre cela, j’ai moi-même mis un certain temps à saisir cet aspect du film, ce n’était pas évident mais c’était courageux. Du coup, en dépit de quelques petites scories, quelques petites scènes un peu formatées, certains dialogues un peu convenus (comme le petit ami qui en a « marre de ces histoires du passé ») et quelques personnages peut-être un tout petit peu caricaturaux, « Le procès du siècle » est un film assez pertinent et qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour les bonnes questions qu’il pose.
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