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crachou94
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4,0
Publiée le 11 octobre 2016
Je ne connaissais pas cette grande actrice brésilienne qu'est Sonia Braga, et j'ai été conquise, d'abord par sa beauté mûre et naturelle et par son jeu très juste. Son combat contre un promoteur immobilier nous emmène dans la société brésilienne riche et une évocation rapide des brésiliens plus pauvres. La musique brésilienne est omniprésente.
C'est un film dramatique, humain, social. Bien qu'il y ait des longueurs, c'est un très beau film. On se met bien à la place de l'héroïne qui tient par dessus tout à rester dans son appartement et qui va réussir à démontrer l'épouvantable déloyauté de la société immobilière.
EAfficher l'image d'originen 1980, Clara fête les 70 ans de sa tante en famille, elle vient de guérir d’un cancer, ses cheveux commencent à repousser. Elle vit à Recife sur une avenue qui longe l’océan, avec son mari et ses 3 enfants, dans un bâtiment plein de charme « Aquarius ». Plus de trente ans passent, Clara est veuve, elle reste l’unique occupante du bâtiment qu’un riche promoteur immobilier tente de récupérer par tous les moyens.
Comme beaucoup de films latino-américains, celui-ci souligne les différences de classe sociale souvent liées à la couleur de la peau. Il met en lumière la corruption et l’absence totale de scrupules qui animent les hommes d’affaire. Ceci dit, j’ai senti l’intérêt du film ailleurs, même si ces thèmes sont intéressants.
J’ai beaucoup aimé l’écriture du film, fine, intelligente, faisant confiance à l’intelligence du spectateur. Ecriture qui dépeint une femme de plus de soixante ans dans un superbe portrait, mais aussi une famille brésilienne, un immeuble, un quartier, une ville, avec une BO de choix. Il montre tout en nuances un amour de la vie, de l’avenir, malgré le vieillissement et l’attachement aux choses du passé.
Cela aurait pu être bon.La vedette féminine est remarquable.Cette superbe Antigone émeut par sa beauté et sa densité humaine, le dernier quart d'heure du film est prenant;Las pour en arriver là, il faut subir durant sa première partie, d'interminables séquences de la vie quotidienne à Recife dépourvues de tout intérêt.Le scénario n'est pas d'une originalité folle( la résistance aux appétits des vilains promoteurs d'une femme attachée à son logis). Claude Chabrol avait fait sur ce sujet un excellent film : poulet au vinaigre. Avec 45 minutes de moins Aquarius aurait pu contribuer à dénoncer efficacement la brutalité des géants de l'immobilier avant que le spectateur ne dorme ou ait fui. On reste perplexe devant le concert de louanges de critiques probablement vaccinés contre l'ennui.La qualité d'un film se mesurerait-elle aux mètres de pellicule?
Aquarius est une expérience cinématographique unique et un film d’une intelligence et d’une générosité rares. C’est d’abord le portrait d’une sexagénaire que nous suivons dans son quotidien, dans ses rapports avec les autres et dans son combat pour garder son appartement. Dit comme ça, ça a l’air très simple. Mais c’est sans compter l’intelligence du scénario et de la mise en scène. Le film, libre comme son héroïne, déborde de partout pour nous parler du temps qui passe, de la maladie, de l’injustice, de la famille, du deuil, de l’amitié, de la mémoire, des objets qui nous entourent, des rapports de classe… Il est aussi le portrait d’une ville (Recife) et celui d’une génération vieillissante qui avait cru à ses combats politiques, à l’amour libre et à un meilleur avenir (idéaux auxquels le personnage principal refuse opiniâtrement de renoncer). Et puis, il y a l’actrice Sonia Braga. Elle est de tous les plans et on en redemande. Belle du haut de ses 65 ans, solaire, monumentale, sensuelle… Bref, éblouissante.
Je fais partie des rares spectateurs français qui ont un rapport particulier avec "Aquarius", voire avec le cinéma de Mendonça Fillho en général. C'est que j'ai habité pendant près de trois ans à quelques centaines de mètre de son edificio Aquarius, et du front de mer un peu décati (à l'époque) de Boa Viagem. Plutôt que de l'émerveillement devant la description à la fois réaliste et transcendée du mode de vie d'une génération brésilienne (celle qui avait résisté à la dictature militaire, et été au cœur des mouvements intellectuels et musicaux des années 70), j'ai eu plutôt l'impression de retrouver avec nostalgie des gens que je côtoyais, que je connaissais, voire des amis. Et pour cela, pour ces deux heures et demi de pur plaisir (de la langue, des visages, des paysages, ...) je serai toujours reconnaissant envers Mendonça Filho. Maintenant, j'ai aussi l'impression que "Aquarius" bénéficie en France d'un effet positif un peu artificiel, largement dû à la méconnaissance profonde de la société brésilienne et de ses modes - très particuliers il est vrai, très éloignés en tout cas de ce que nous connaissons ici - de fonctionnement : car, contrairement à ce que certaines personnes lisent dans le film, il y a très peu d'allégorie à l'oeuvre ici, simplement le filmage juste de situations quotidiennes, voire banales, même lorsque l'on parle d'horreur économique, de magouilles autour de l'immobilier et de pression criminelle sur les membres les plus "faibles" de la population. Dans "Aquarius", Mendonça Filho se contente de répéter ce que tout le monde sait, voire ce que de nombreuses personnes vivent : la résistance contre la dématérialisation de la vie (et pas seulement de la musique, comme le dit l'excellent épisode sur le MP3) de la magnifique Sonia Braga est un sujet vital pour nous tous, à Recife pas plus et pas moins qu'ailleurs. Et l'émotion qui s'engouffre par tous les interstices du film, c'est avant tout le haut contenu émotionnel de la vie familiale brésilienne telle qu'elle est. Bref je suis sorti de "Aquarius" enchanté, mais pas particulièrement convaincu par le talent de Mendonça Filho, qui fait ici, à mon sens, un travail en deçà de celui, plus ambitieux, plus visionnaire, des "Bruits de Recife".
A défaut d'être le film immense comme il est dit parfois, Aquarius est très réussi et d'une rare intelligence. Tout d'abord, il y a ce beau personnage joué par Sonia Braga, remarquable en femme forte, battante, voire assez rigide. Elle rayonne par sa beauté et sa grâce. Le film commence en force avec un premier quart d'heure éblouissant. Cet incipit, situé en 1980 est d'une grande beauté plastique et superbement filmé. Par la suite, Aquarius alternera des passages beaucoup trop longs (la fête des sexagénaires dans la boite de nuit par exemple) avec de purs moments d'émotion. Des scènes courtes mais chocs :la visite au cimetière, l'affrontement latent avec les promoteurs d'où on ressent une oppression feutrée, comme si le danger pouvait surgir à tout moment. Le cancer subi par la femme est aussi dans la société ; il se propage de la même manière que la pression des promoteurs même si, parfois, on se demande si ce qu'on voit n'est pas la réalité vécue par cette femme, mais ses distorsions. De même, le parallèle entre les requins nageant au large et les requins de l'immobilier. C'est la mise en scène subtile et puissante (à voir en écran large) qui cerne au mieux la vie de cette ville et cet appartement dont on connaît tout. Les personnages sont bien écrits. Leur dureté se cache derrière une apparente douceur de comportement (voisins, filles). L'émotion surgit souvent mais sans le moindre pathos. Dommage que le film prenne trop son temps dans des détails superflus à mon sens. La fin, digne d'un polar politique américain du meilleur cru, est sans concession. Comme Julieta, Ma Loute ou Elle, un bon film oublié à Cannes. Sonia aura mérité le prix d'interprétation féminine.
Ce n'est pas à Clara (Sonia Braga) qu'on apprend à se battre. Certes c'est une femme d'apparence paisible. Elle se passionne pour la musique, elle aime en écouter, elle aime danser et elle dispose d'une impressionnante collection de vinyls. Mais Clara est aussi une battante qui a su vaincre un cancer, bien qu'à cause de celui-ci elle ait été amputée d'un sein. Or, à l'âge de 60 ans, la voici qui doit à nouveau se battre, non plus contre la maladie mais contre les promoteurs immobiliers qui sont décidés à acquérir son appartement. Même si elle est la seule à y vivre encore, Clara est bien décidée à ne pas déménager. J'aurais aimé défendre à fond ce film dont le sujet est à la fois fort et touchant. Malheureusement, je n'ai pas été entièrement convaincu par la réalisation. A mon avis, ce film est beaucoup trop long, il s'encombre de beaucoup de scènes ou de plans qui mériteraient d'être raccourcis ou carrément supprimés. Un signe qui ne trompe pas: quand je regarde ma montre au cours d'un film, c'est que je commence à m'ennuyer et que j'ai hâte d'en voir la fin. Or c'est ce qui s'est produit, en ce qui me concerne, à plusieurs reprises, pendant la projection de ce film. 7/10
un grand film, tant pas sa durée (2h30) que par la puissance de son scénario. Présenté à Cannes en compétition officielle, il a laissé le jury insensible et c’est probablement la plus grande injustice de ce palmarès. Clara, une Brésilienne, bourgeoise, intellectuelle et soixantenaire au physique spectaculaire, est menacée par des promoteurs aux méthodes peu orthodoxes qui voudraient la voir vendre l’appartement dont elle est propriétaire depuis toujours. Mais Clara ne veut pas quitter cet endroit chargé de souvenirs, malgré les supplications de ses enfants et la pression de plus en plus forte de la société immobilière. C’est avant tout un extraordinaire portrait de femme, avec ses fragilités, son entêtement et ses zones d’ombres. Car c’est tout le talent de l’auteur d’avoir fait de son héroïne un personnage complexe, jamais linéaire, ne cherchant pas à la rendre sympathique. Touchante parfois, exaspérante aussi, arrogante et fière bien souvent, c’est une femme libre qui assume ses décisions, qui résiste et entend bien ne jamais se laisser dicter ses choix. Magnifiquement incarnée par Sonia Braga, belle à tomber, Clara lutte à sa façon contre tous les obstacles avec obstination et malice. Ce film lent et sensuel, entrecoupé de visions fantastiques au parfum de nostalgie est aussi la photographie d’un pays complexe en pleine mutation économique. Et donne à voir les dommages collatéraux que ce développement sauvage et galopant entraîne inévitablement, accentuant injustices et inégalités sociales. Bref, un film multiple et passionnant à la fin jouissive (et à la bande son magnifique) que je vous recommande toutes affaires cessantes !
Beau portait d'une femme forte et courageuse. A travers elle se dévoile la vie des Brésiliens de la classe moyenne supérieure. Un bon moment de cinéma.
Clara n'est pas gentille: non, elle ne veut pas céder son appartement à un jeune promoteur aux dents longues, prêt à tout, qui a pourtant l'air si gentil, et qui lui fait une offre alléchante qu'elle ne veut même pas connaître...film brésilien donc, de 2h25 (ouille), qui nous fait petit à petit découvrir les raisons de cette obstination, de part et d'autre: Clara vit dans la nostalgie, mais c'est son droit, le jeune promoteur vit dans l'argent, mais c'est son intérêt...film qui aborde beaucoup de genres, la chronique familiale, un brin de fantastique, le thriller, même..;découpé en trois actes, il tourne bien sûr autour de cette femme de 65 ans, sympathique souvent, antipathique parfois, mais toujours entière: elle fait ce qu'elle veut, point. 2h25, oui, mais pas de temps mort, ni de longueurs, presque une expérience de cinéma. Le rapport entre les différents éléments qui la concernent, la famille, l'appartement, le cancer, tout se met en place subtilement jusqu'à l'explosion finale. L'actrice principale est tout simplement splendide, de par ses excès principalement. Aucun regret d'avoir vu ce film pour ma part.
" aquarius" a ete ecarte de la course aux oscars par le Brésil pour des raisons politiques. Le film qui met en scène une sexagénaire qui doit faire face à des promoteurs immobiliers véreux alterne moments de magies surtout quand l'héroïne à des flash back et d'autres quasi sans intérêt. le film doit sa qualité surtout à l'interprétation de Sonia braga splendide.
Ce qui frappe en premier c'est la performance d'actrice de Sonia Braga qui est de presque tous les plans et montre une beauté et une classe impressionnantes. Certains trouvent son personnage parfois antipathique et ce n'est pas mon avis. C'est vrai qu'elle est une bourgeoise mais plutôt classe moyenne intellectuelle aisée et ce n'est pas une tare ! Sa vie est bien entendu plus proche de la nôtre, Européens, que de celle des habitants des favelas. La mise en scène est fluide avec une bande son très agréable. J'ai aimé l'idée que cette sexagénaire est plus résistante que ses propres enfants prêts à négocier et à "laisser tomber" pour avoir la paix. La fin est surprenante, jubilatoire et laisse au spectateur le soin de poursuivre selon son optimisme ou son pessimisme... Un petit bémol quand même : certaines scènes de la vie quotidienne auraient mérité d'être écourtées, voire supprimées mais au final, ce n'est pas bien grave.
C'est un film intelligent, fin, sensible et percutant sur la fin. Cette histoire parle du temps qui passe, de la famille, des choses auxquelles on s'attache, des souvenirs mais aussi et surtout ce film dénonce les manoeuvres honteuses de la part de grands groupes immobiliers.