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Yasujirô Rilke
273 abonnés
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2,5
Publiée le 29 mars 2007
Premier film de Jean Eustache, «Les Mauvaises fréquentations Du côté de Robinson» (France, 1963) montre deux hommes en quête dune nénette quils appellent souris. Par cette appellation, la quête sapparente au jeu du chat et de la souris. Eustache filme donc, avec un non-professionnalisme revendiqué, caméra au tangage vertigineux, les méchefs misérables de Daniel et Jackson. Nul ne semble préoccuper ces deux-là sinon la complétion de leurs appétences. Eustache ouvre son uvre avec une histoire néfaste, déjà pleinement caution du vertige de son cinéma. La turpitude des murs, exhaler comme vernaculaire, prend à verso lapologue dune réalité, écumante déjà de mai 68. «Les Mauvaises fréquentations » et son impertinence espiègle prête à sourire, pour peu de nêtre pas aisément froissable. En effet, ce film eustachien se sollicite à un public précis, la jeunesse hardi, assoiffée de conquête. Dautant plus que ce noir et blanc, seing de la Nouvelle Vague, où le noir semble davantage sinscrire sur la lumière quinversement donne aux scènes la véhémence dune étuve. Mais cette ferveur lumineuse est sans relâche dissipée par les sarcasmes sexistes des deux protagonistes. Car «Les Mauvaises fréquentations », derrière la frivolité de son éloquence, traite de laccointance entre les hommes et les femmes. Quitte dun romantisme échu pour Eustache sinon transmué, ce court-métrage audacieux, dailleurs interdit au moins de 18 ans, garotte la dérision de la jeunesse vigoureuse avec la pathétique union intéressée de lhomme et de la femme. Cependant, ce premier court se résume en un canevas à tâtonnement, peut-être un prémisse vers «Le Père Noël a les yeux bleus» (France, 1966), plus acheminé, où les dialogues eustachiens résonnent davantage en échos redoutable, là où ici ils filent se perdre, espérant trouvé conscience à percuter. Ainsi ce premier film, garant de lintensité dauteur dEustache, na de réelle valeur que comme introduction à luvre du cinéaste.
Une virée à Paris avec deux paumés qui arnaquent une jeune femme. C’est un peu comme du Rohmer avec moins de style et moins de classe. Petit court métrage anecdotique mais intéressant sur le Paris des années 60. On remarquera que sur les affiches du Moulin Rouge, on jouait Pouic-Pouic avec De Funès !!!
C'est un moyen-métrage fauché qui semble d'abord reprendre toute une mythologie Nouvelle vague : les deux garçons un peu en marge, la femme libre qui éveille leur intérêt, les quartiers populaires de la ville. Sauf qu'Eustache choisit de renoncer au pop et au glamour, pour présenter à la place un portrait d'une misanthropie et d'une noirceur assez ahurissantes. Nos personnages, Jackson et Daniel, s'avèrent en effet n'être que deux minables, misogynes et narcissiques, qui n'ont au fond d'intérêt que pour l'argent ; ce ne sont certainement pas des héros générationnels à la Antoine Doinel. Troublant.
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3,0
Publiée le 6 décembre 2013
Deux jeunes dèsoeuvrès dèvalisent une femme qu'ils ont draguèe! Cette structure très rohmerienne s'expose le plus clairement, du fait de la simplicitè et de la concision de l'histoire! L'action et le pèrimètre parcouru des deux comèdiens ètant rèduit à deux ou trois arrondissements (le Moulin rouge, Pigalle Montmartre, les escaliers de la Butte...), c'est la camèra d'Eustache qui occupe le coeur du film dans les rues de la capitale ou aux terrasses de cafè! En quarante minutes, le cinèaste arrive à dèvoiler l'essentiel! Avènement d'un nouveau type de sociètè, rajeunissement des cadres à tous les niveaux et sens aigu de la narration, c'est le premier moyen mètrage d'un metteur en scène considèrè comme l'un des trois ou quatre plus grands rèalisateurs français! Techniquement, Eustache est dèjà en progrès pour un premier essai qui reflète l’influence de la Nouvelle Vague, sa camèra virevolte dans les quartiers parisiens, suit les deux jeunes oisifs, toujours en mouvement, entre amateurisme, humour et lègèretè...