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Un visiteur
2,5
Publiée le 30 juillet 2007
Film trés moyen...les acteurs (jeunes) jouent vraiment faux dés qu'ils ouvrent la bouche (ce qui est assez rare chez le personnage principal). ça gâche un peu tout.
Dans le même style je préfère finalement le "Et toi t'es sur qui" de Lou Doillon.
Ce film reste cependant émouvant, presque mélancolique par moments avec notre regard d'aujourd'hui sur cette période...mise en scéne assez originale (petites scénes successives).
Après le choc provoqué par "La maman et la putain", qui révolutionna le langage cinématographique, Eustache évoque ici des souvenirs de jeunesse, entre les temps insouciants passés dans le Bordelais auprès d'une grand-mère adorée et l'entrée dans l'adolescence dans une ville du Languedoc, entre une mère distante et un beau-père indifférent. Le film est fait de courtes scènes, où les sensations guident les sentiments et où les paroles sont rares (a contrario des abondants dialogues et monologues de l’œuvre précédente). Malgré de nombreux défauts (Martin Loeb est trop jeune pour le rôle, le jeu des jeunes comédien(ne)s est hésitant et les dialogues que le cinéaste leur écrit sont souvent trop soutenus), l'émotion est présente de bout en bout car la sensibilité d'Eustache, sa sincérité, sont perceptibles dans chaque plan. De même, la maladresse des comédien(ne)s nourrit le long-métrage : ainsi, certaines séquences de drague sont particulièrement touchantes.
Sorti un an après La maman et la putain, Mes petites amoureuses peut apparaître comme l’antithèse du premier : nettement moins bavard, beaucoup plus campagnard. En partie autobiographique, le film raconte l’adolescence de Daniel, un jeune garçon menant une vie en apparence heureuse chez sa grand-mère, avant d’être envoyé chez sa mère et son beau-père qui n’auront pas les moyens de lui payer une scolarité au lycée. Constitué par un enchaînement de séquences simples et courtes, qui semblent parfois s’interrompre assez subitement, ce film sur la frustration d’un être en devenir à qui l’accès au savoir et à l’éducation est rendu impossible en raison de la fragilité des conditions matérielles est aussi largement une œuvre sur l’éveil au désir.
je ne sais pas faire de longues critiques comme celles ci dessous !
mais je les partage, en un peu plus déçu = on n'a aucun personnage auquel se rattacher.....le "héros" est si impersonnel si détaché de sa propre vie que je ne peux m'y raccrocher. l'absence de scénario ne simplifie rien
c'est une succession de vignettes ( toutes réussies ) entre deux fondus au noir....
et c'est une histoire navrante, sans espoir "à la fin"......
Avec Mes petites amoureuses, Jean Eustache prolonge son regard cru sur l’apprentissage sentimental en captant l’adolescence dans toute sa maladresse et sa brutalité. La mise en scène, d’une sécheresse presque documentaire, refuse toute idéalisation pour saisir les gestes et les silences dans leur vérité nue. Eustache observe la découverte du désir comme une expérience à la fois banale et profondément troublante, traversée d’incompréhensions. Les interactions, souvent triviales en apparence, révèlent une violence sociale et affective sous-jacente. Un film âpre et lucide, qui transforme l’initiation amoureuse en terrain d’observation implacable.
Film 1974 de Jean Eustache. Les natifs des années 50-60 appartenant au milieu des classes moyennes se reconnaitront en suivant les états d’âme de l’adolescent Daniel ( Martin Loeb (1959 – 2025/ 66 ans)). Les scènes sont sensées se dérouler à Pessac, non loin de la mer. Les dialogues se résument souvent à des récitations monocordes entrecoupées de silence. Portrait d’une jeunesse d’après-guerre aux antipodes de l’actuelle : quelques sifflets envers les filles, on peut embrasser mais on ne couche pas, à croire que le mariage autorise l’ouverture sexuelle intégrale). Aucun luxe ostentatoire dans ce film que ce soit la décoration intérieure et extérieure des maisons ou des appartements en ville, papier peint chargé et lugubre, lustre en forme de coupole et éclairage diaphane, cuisine sommairement équipée, petit déjeuner dans un bol grossier et demi-baguette dans l’assiette. Seule distraction : le cinéma du village seul et unique, deux salles rien à voir avec les complexes cinématographiques d’aujourd’hui. Projection de vieux films comme Pandora (1951) interprété par Ava Garner et James Mason, une femme amoureuse d’un pilote de course et d’un matador. Les baisers longs et fougueux attisent les sens des adolescents. Les évasions en pleine nature s’effectuent en moto, bicyclette ou cyclo-moteur. On fume pour faire genre et au diable le cancer avec la Nicotine grâce à la bonne vieille gauloise, la moins chère vendue dans ses célèbres paquets bleus. Trains hors d’âge avec compartiments et banquettes plastifiées rigides, taxi noir Peugeot 403. Filles habillées et maquillées sobrement, aucun tatouage. Agréable retour aux sources sur une époque faisant partie des trente glorieuses. Pas de drogue, aucun couteau dans les cartables, l’antisémitisme et le racisme n’influencent pas les jeunes. Une autre planète .