Neruda
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Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 septembre 2025
Un faux biopic dressant le portrait du poète chilien Pablo Neruda, entre réalité et fiction et avec sa réalisation soignée mais maniérée l’ensemble déroute. Le cinéaste Pablo Larrain tisse un long-métrage singulier dont le récit fictionnel de cette course-poursuite entre l’auteur chilien et un policier obsédé par sa capture qu’il a créé au-delà de sa qualité esthétique évidente peine à captiver et si l’interprétation est à la hauteur, l’ensemble ennuie profondément.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2025
Avec Neruda, Pablo Larraín dynamite les conventions du biopic, où l’Histoire elle-même se dérobe sous les pas de ceux qui tentent de l’écrire. Plutôt que de capturer l’homme, il traque son ombre ; plutôt que de figer la vérité, il explore la fiction qui la compose. Neruda n’est pas ici un simple poète ou un militant, il est déjà une légende en devenir, un récit en train de s’écrire. Son exil devient épopée, sa fuite se transforme en roman noir, et l’image de l’homme s’efface au profit du personnage.

Le film épouse les codes du polar mais les retourne contre eux : l’inspecteur Óscar Peluchonneau (Gael García Bernal), chargé de capturer Neruda, est un double inversé, un homme sans épaisseur traquant une figure trop grande pour lui. Inspiré des archétypes du film noir, il incarne une police réduite à une fonction, un exécutant sans destin, face à un poète dont chaque geste semble prédestiné à la grandeur. Mais au fil du récit, il comprend l’inéluctable : il n’est pas l’auteur de l’histoire, il en est le pantin. Plus il s’acharne, plus il réalise qu’il n’existe que par l’existence de Neruda. Comme un personnage de roman qui prend conscience de sa propre fiction.

Larraín ne filme pas la traque d’un homme, mais la naissance d’un mythe. Neruda est un poète en cavale, mais aussi un acteur de sa propre légende, un homme qui se sait observé et qui orchestre sa fuite comme une mise en scène.

Mais Neruda ne se satisfait pas d’un portrait hagiographique. Larraín dépeint un personnage paradoxal, oscillant entre engagement révolutionnaire et jouissance aristocratique. Il est l’icône d’un communisme romantique, défenseur des opprimés, mais aussi un esthète hédoniste, amateur de luxe, de fêtes et de plaisirs sensoriels. Son verbe est une arme, mais aussi un ornement. Il parle au peuple, mais vit loin de lui.

Cette contradiction est au cœur du film : Neruda est à la fois un homme de chair et un être de papier, un tribun engagé et un poète enivré par sa propre prose. Il appartient à l’Histoire mais ne cesse de la réécrire à son avantage. C’est cette tension entre l’homme et son image qui alimente la mise en scène de Larraín, jouant sur le contraste entre la grandeur du discours et l’intimité des failles.

Tout dans Neruda est construction, illusion. La narration elle-même joue avec le spectateur, le plongeant dans un récit où la frontière entre vérité et invention s’efface. L’inspecteur Peluchonneau, d’abord voix omnisciente, s’effondre peu à peu en réalisant qu’il n’est qu’un instrument narratif, une silhouette dont l’existence dépend du récit qu’on tisse autour de lui.

Le film devient alors une réflexion vertigineuse sur la façon dont l’Histoire se fabrique. Les grandes figures politiques ne sont pas de simples acteurs du réel : elles sont des personnages façonnés par le regard des autres, par la littérature, par le cinéma. Larraín ne cherche pas à raconter la vie de Neruda, mais à montrer comment un homme devient une idée, comment la mémoire collective l’arrache à la réalité pour l’inscrire dans une fiction éternelle.

Ainsi, Neruda est un anti-biopic en même temps qu’un poème visuel, une fresque où la politique se confond avec la littérature, où la cavale d’un homme devient une parabole sur le pouvoir du récit. Larraín ne filme pas seulement un poète en fuite : il met en scène le moment précis où un homme cesse d’appartenir à lui-même pour entrer dans la légende.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2022
C’est une réalisation du célèbre Pablo Larraín la même année que Jackie. Le scénario a été écrit par Guillermo Calderón (El Club). Neruda a été choisi pour représenter le Chili dans la course à l'Oscar pour le Meilleur film étranger en 2017.

Nous allons donc parler de Pablo Neruda dans ce biopic. Ce poète et politicien chilien a vécu de 1904 à 1973. Connu mondialement pour ces textes, il a été une figure de la résistance politique en Amérique du Sud. Cela se passait durant une époque où être communiste était considéré comme un délit. Son histoire n’est cependant pas si limpide que cela. Adulé par beaucoup, il avait des facettes très sombres. Neruda ne va pas hésiter à nous les montrer. Une initiative remarquable de la part de Pablo Larraín qui sort des sentiers battus le concernant.

Neruda nous fait vivre ce personnage à part entière. Les amoureux de la poésie seront ravis par des moments sublimes grâce à quelques textes lâchés par l'acteur principal. Le temps est fort et solennel. On y apprend des choses pour ceux qui ne connaissent pas Pablo Neruda. La première partie est vraiment axée sur le problème politique de cette période politique. Le rythme est fort et entretenu. Il y a des jeux de montage séquence très intéressante lorsqu’il y a des dialogues ciblés entre deux personnages.

Par contre en seconde partie, le côté politique va être beaucoup plus distancé. Il va alors se détacher un aspect beaucoup plus philosophique et poétique. D’un côté, c’est intéressant, car on comprend vraiment l’essence du personnage. De l’autre plus on avance, plus le récit paraît lointain. Le symbole est la voix off venant du récit du policier. Très terre-à-terre au départ. Au fur et à mesure, elle va partir dans des considérations existentielles. Un mélange de styles qui fonctionne plus ou moins.

Si cela marche la majorité du temps, c’est en grande partie grâce à un Luis Gnecco vraiment très bon. Son phrasé va parfaitement avec la poésie le Neruda. Le policier aussi met, mais énormément d’entrain. Pour cela, on peut reconnaître la belle prestation de l’acteur fétiche de Pablo Larraín, Gael García Bernal. Même s’ils n’ont pas de confrontation directe, le jeu du chat et de la souris qu'ils font est prenant.
Marcelo_Di_Palermo
Marcelo_Di_Palermo

15 abonnés 168 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 janvier 2021
l'angle choisi par le réalisateur ne me parait pas très solide, la vie de Neruda aurait été bien suffisante à un bon film. quelques scènes ridicules sont dérangeantes, et au final, entre biopic et allégorie policière, on se sait pas trop ce qu'est ce film, si ce n'est que le scénario ou le montage est bancal... Décevant
Hotinhere

790 abonnés 5 461 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 mai 2020
Un biopic original, engagé et rêveur, à défaut d'être passionnant, du fameux poète chilien, traqué par le pouvoir dictatorial.
officielaurore
officielaurore

4 abonnés 100 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 février 2020
Bon film, malgré un début peu prenant. Petit à petit on découvre une autre dimension du film, avec la chasse à l'homme qui devient très intéressante. J'ai bien aimé !
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 février 2019
Entre réalité historique, fantaisie de littérature et de cinéma, course-poursuite poético-absurde, cet exercice partiellement biographique est original et intéressant. Un peu long et redondant sur la fin. Mais réussi.
Pierre N
Pierre N

2 abonnés 135 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 janvier 2019
Après No, le réalisateur chilien Pablo Larrain s'attaque à un grand écrivain de son pays: Pablo Neruda. Ce film raconte l'histoire de la traque de l'écrivain par un inspecteur de police, nommé Oscar Peluchonneau. Le film a donc un aspect très romanesque du fait de cette traque. Cela commence par du film policier et ensuite se termine par du western enneigé (cf. La séquence en Patagonie). C'est sans doute cela qui fait la force du film, souligné par une photographie assez brumeuse. Cependant, certains éléments viennent altérer la progression du récit, en particulier cette voix off qui dure tout le long du film et qui devient rébarbative de par son poids. Et la fin est assez confuse, mêlant tantôt les considérations de l'inspecteur et de l'écrivain. Mais dans l'ensemble, ce biopic fonctionne par son aspect à la fois classique et policier.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2025
La jubilation avec laquelle le cinéaste aborde son sujet se transmet immédiatement au spectateur, quelque peu déboussolé dans une premier temps, puis conquis. Le personnage haut en couleurs du Chili progressiste de l'après-guerre, poète adulé et diplomate estimé, est ici montré dans tous ses excès, sans souci de réalisme, avec un parti-pris formel convaincant. Sa relation avec son épouse et muse, dont le côté maternel n'est nullement gommé, est magnifiquement mis en scène.
Un film que l'on peut trouver imparfait sur un plan purement technique (et, vraisemblablement, volontairement) mais qui mérite d'être vu plusieurs fois tant il est dense et séduisant.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2018
Décidément, ce Pablo Larain se réinvente à chaque fois ! No et El Club m'avais mis sur la piste de l'étrangeté, Neruda poursuit la démarche. Larain a du style, il l'utilise à bon escient et ceux avec une rareté dans l'image assez fascinante. Neruda est tout sauf un Biopic, il est au contraire totalement hybride et romanesque et joue entre fantasme et réalité à tel point que j'ai lâché l'affaire mais peu importe si je n'ai pas tout compris. L’intérêt de ce film n'est pas selon moi de démêler le vrai du faux mais bien de suivre ces personnages rocambolesques et surtout déceler l'éloge à l'art et à la poésie dans sa globalité ... L'amour des personnages aussi, qu'ils soient aux centre de l'échiquier ou faisant une brève apparition. Ils contribuent tous à la bizarrerie et à l'émotion particulière de ce long métrage. Je souhaite vraiment que Jackie avec Natalie Portman m'amène en eaux troubles comme ce fut le cas ici !
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 décembre 2018
Du grand poète et figure centrale de la gauche marxiste chilienne du milieu du 20ème siècle, je ne savais pratiquement rien. Au terme de ce film de marionnettiste, je n’en sais pas davantage puisqu’une fois de plus, on n’a pas affaire ici à un biopic au sens strict - en fait, ce n’est même pas un biopic du tout ! - mais à un moment volé de l’Histoire, ré-instrumenté afin de cristalliser l’essence d’un homme et d’une oeuvre...mais on ne peut pas reprocher à Pablo Larraín d’avoir agi de la sorte en vertu de convictions politiques qui lui soient propres : en fait, ‘Neruda’ s’amuse autour d’un homme et d’une oeuvre qui tiennent, dans son pays en tout cas, du mythe fondateur, et parlent de regards croisés et de vision artistique bien plus que de l’histoire du Chili. Le point de départ se raccroche pourtant à des événements ayant réellement eu lieu : à la fin des années 40, menacé d’arrestation par le président Videla qu’il avait pourtant contribué à faire élire, le sénateur Pablo Neruda s’enfonce dans la clandestinité, jouant au jeu du chat et de la souris avec ses poursuivants jusqu’à ce qu’il parvienne à fuir vers l’Europe. Dès ce moment, ‘Neruda’ prend un tour quelque peu déstabilisant pour un film qui traite d’un matériau historique : d’une part, l’enquête obsessionnelle et picaresque menée à travers tout le Chili par l’inspecteur Peluchonneau pour mettre la main sur l’écrivain se situe quelque part entre le Film Noir et une aventure de Tintin : quitte à prendre des libertés avec la vérité historique, autant que ce soit plein de rebondissements. D’un autre côté, l’homme Neruda, authentique martyr de la Gauche - il décéda, “d’un cancer soudain�, quelques jours après l’arrivée de Pinochet au pouvoir - n’est pas un personnage sans tâches : digne représentant “rouge caviar� d’un peuple au nom duquel il pérore mais qu’il fréquente très peu, jouisseur et menteur, lâche et imbu de sa personne, l’homme ne suscite, au mieux, que le dédain amusé qu’on voue aux bouffons et aux figures d’opérette. Pablo Larraín aurait-il pris le risque de déboulonner le mythe ? Non...car rien n’est vrai...ou plutôt rien n’existe en dehors du regard de l’autre : Peluchonneau et Neruda, tels qu’ils apparaissent dans cette fiction, ne sont eux-mêmes que les créations fictionnelles de leur némésis respective. Peluchonneau, borné, obstiné comme un vieux limier, ne songeant qu’à la réputation que lui vaudra l’arrestation du nouvel ennemi public n°1, n’est que la vision qu’entretient l’artiste de l’état répressif, qui fonctionne sur l’action coordonnée de rouages insignifiants et anonymes...et le flic, dans un curieux développement méta, finira par comprendre qu’il n’est pas un individu à part entière, jusqu’au moment où l’auteur le gratifie a posteriori d’un patronyme. Quant au Neruda débauché et détestable, il n’est que la vision qu’entretient l’Etat sur un opposant politique trop célèbre pour être réduit au silence discrètement, et dont il faut à tout prix exploiter la possible corruption morale et l’hypocrisie. Bien sûr, il ne s’agit là que d’un dispositif filmique astucieux, sur lequel Larraín bâtit tout son film : on n’apprend pas grand chose sur la personnalité historique, sur ses écrits et sur le contexte politique et culturel de l’époque et pour peu qu’on ait percé à jour la logique du film, il ne devrait dès lors plus présenter de réel intérêt. Mais le secret reste bien gardé et s’il y a fort à parier que cette ficelle ne pourra pas être reproduite de film en film, elle donne une saveur inhabituelle à ce faux-biopic, dont Neruda n’est finalement qu’une figure imposée, qu’on applaudit comme un bon tour de passe-passe, pas dupe de sa qualité réelle mais content de s’être fait avoir.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 17 novembre 2018
L'inspecteur Óscar Peluchonneau traque sans relâche le sénateur-poète libertaire dans tout le Chili , ce qui donne lieu à un film original et intellectuel.
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juillet 2018
Une histoire intéressante, mi-réelle mi-romanesque, narrant la traque de Pablo Neruda, le célèbre poète chilien. Le film raconte aussi les débuts de la dictature chilienne, ses dérives, son autoritarisme, et la traque des communistes en général. L'ensemble aurait pu être trop classique et didactique, mais se révèle au final prenant et réussi, grâce à une interprétation au niveau, et à une narration passionnante.
Serge_la
Serge_la

11 abonnés 815 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2018
Dans ce film surréaliste, Neruda est célèbre mais chassé pour son appui aux communistes. C'est un cas de célébrité clandestine recherchée par la police. L'amour que tous portent pour Neruda semble réel et enflammé par la haine des dirigeants fascistes, à la botte des États-Unis. Lyrique et surréaliste. Rigolo par moments.
joevebulle
joevebulle

4 abonnés 528 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mai 2018
Pablo Larraín nous propose une partie de la vie du poète Chilien à travers un commissaire de police chargé de l'arrêter. Et c'est bien fait. Pablo Neruda n'est pas présenté comme un homme très sympathique, il est certes poète et communiste, mais il est aussi sénateur, égoïste et plutôt riche. Ca semble quand même pas très loin de la réalité. L'évolution de la pensée du commissaire est intéressante. Les 3 acteurs Luis Gnecco, Gael García Bernal, Mercedes Morán remplissent bien leur rôle et les décors sont tout à fait à la hauteur. Ce qui pèche un peu, c'est la réalisation du film à travers la voix OFF du commissaire. Si c'est parfois la solution, c'est aussi parfois un peu lourd.
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