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Philipchik
7 critiques
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3,5
Publiée le 16 avril 2019
Présenté comme une comédie, ce film qui se veut basé sur des faits historiques, ressemble plus à une tragédie surjouée volontairement par des acteurs. Ça donne un effet étrange. Pour ma part, c'est plutôt l'horreur qui prend le dessus. Twist again à Moscou était comique. J'ai beaucoup apprécié la structure dramatique et historique; l'argument avait tout d'une tragédie classique. Bref pour moi le film aurait été excellent sans cette touche "comique" que je trouve déplacée. La reconstitution d'une ville soviétique est bien faite. Mais pourquoi mettre les slogans dans le studio de la radio et toutes les autres informations écrites en anglais? Tous ceux qui ont connu l'URSS sont familiers avec l'écriteau на ремонте sur les ascenseurs en panne; out of order détruit la crédibilité du décor! Film à voir pour la leçon bien documentée sur les luttes de pouvoir; mais c'est pas drôle.
Ce film est un petit bijou d'humour, arrivant à faire côtoyer de façon incroyable, équilibrée et complémentaire le drame, la satire, la farce, le cynisme, la stratégie froide calculatrice, les trahisons, haines et rancoeurs, le tout en alternant à la fois un ton humour british et aussi par moments des scènes truculentes dignes de la comedia del arte. La performance est poussée jusqu'à respecter presque scrupuleusement un des épisodes majeurs de l'histoire contemporaine avec le moment de la mort de Staline et dans un temps très court les manigances, tractations, affrontements fratricides politiques à fleuret moucheté mais aussi plus violents entre membres influents du comité central soviétique pour récupérer le pouvoir. Tout se passe entre le moment d'un repas banquet dans la villa de Staline repas assez habituel et arrosé où le tyran suprême entouré de sa garde rapprochée politique decide du sort des futurs exilés ou assassinés par la validation des fameuses listes, la nuit qui suit avec l'accident vasculaire cérébral inattendu du guide suprême et la course contre la montre des cadres du comité central, tels des vautours alors que Staline n'est même pas encore officiellement mort, pour manigancer, faire et défaire des alliances, user de moults stratégies, se trahir, se détester fraternellement et jusqu'à la fin de la période de deuil de 3 jours et ses funérailles, faire et défaire, se reconnaître au nom de Staline et de sa conception du pouvoir tout en le reniant sans arrêt. Le tour de force du film est de mettre en scène les vrais personnages historiques qui ont joué ce rôle majeur, quasiment dans le déroulé exact et en tous les cas en respectant chaque caractère, personnalité, chacun étant plus affreux et horrible que l'autre avec une prime néanmoins de l'horreur au fameux bourreau Beriya chef de la police secrète et acteur des plus basses besognes en passant par le meurtre, le viol, la torture, le tout à sa guise. Un film avec peu d'action, peu de lieux, presque en huit clos pour une grande partie mais qui se suit comme un thriller, avec un humour noir cynique d'une subtilité et précision absolue pour de plus dépeindre parfaitement un morceau d'histoire oh combien important. Un film passionnant qui ne vous lâche pas, un film d'hommes,d'acteurs où seule la présence de la sublime Olga Kurylenko apporte une légère touche de charme mais pas de douceur compte tenu de son implication. Personne à sauver vraiment de la noirceur ce qui rend le film et la performance encore plus spectaculaire, l'empathie étant totalement absente, aucun des personnages ne la méritant. Un petit bijou d'humour subtil, stratégique, cynique, doublé d'un vrai film historique qui ne trahit en rien l'Histoire avec un grand H. A noter que ce film est l'adaptation d'une BD française scénarisée par Fabien Nury.
Un drame historique ? Non, plutôt une comédie acerbe sur le système soviétique sous Staline. Le défilé jubilatoire de ses héritiers amène des dialogues et situations tordantes, portés par des acteurs tous excellents. On assiste à un bal des prétendants qui complotent à tout va, ce qui met en avant toute l'absurdité du système. Leur hypocrisie devant le tyran suprême n'a d'égale que leur volonté d'en découdre en se balançant des répliques terribles à chaque dialogue.
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y avait de quoi faire en se lançant dans une caricature de la fin du régime stalinien et de l’entourage du dictateur. J’ai trouvé que le film démarrait tambour battant, c’est réellement amusant, j’ai notamment trouvé que l’atmosphère de paranoïa ambiante jusqu’au ridicule était une des réussites du film. L’humour est très britannique (trop peut être ?) car curieusement j’ai trouvé que le film manquait d’une identité russe pour être vraiment bon. Le démarrage très réussi n’arrive pas à tenir sur la longueur et j’ai eu le sentiment grandissant qu’il manquait quelque chose pour que cela soit vraiment réussi.
Faire rire en évoquant l'un dès pires monstres de l'Histoire n'est à première vue pas chose facile. Contre toute attente, le défi est relevé. Notamment dans les 30 premières minutes, ensuite le rythme retombe et ça devient un peu répétitif.
C'est une satire corrosive du régime stalinien dans l'ensemble assez correcte. Bien que le film soit basé sur des faits historiques, il prend certaines libertés avec la vraie histoire. Les différents éloignements génèrent une certaine confusion et on en voit pas toujours l'utilité même dans l'objectif de faire de l'humour. En effet, si dans la forme c'est une satire, le fond est présenté comme sérieux, ces arrangements historiques pour faire "rire" ne sont donc pas judicieux à mon sens.
Sous ses airs de comédie historique, ce film aborde sous un angle pince sans rire (maîtrise par les british) la succession du tyran Staline. L'atmosphère de paranoïa est bien rendue, et malgré les situations burlesques dépeintes, il y a fort a parier que la panique et les luttes de pouvoir qui succédèrent au décès ne doivent pas être éloignées de la réalité.
JOSEPH LE TERRIBLE. Le Kremlin s'agite, le camarade tyrannique vient de tomber, rions maintenant. Goulag, déportations, exécutions ordinaires, grandes purges, la vie est belle chez les rouges. Une farce communiste, un joyeux bordel théâtral absurde et succulent qui finit par tourner en rond. A la fin, c'est toujours la mort qui gagne.
« La mort de Staline » est une surprise détonante ! Cette farce effroyable est un régal. Il paraîtrait que ce qui nous est donné à voir est historique comme ce concert joué deux fois pour satisfaire le sanguinaire Staline qui exigeait un enregistrement. Mais ça, c’est rien comparé à ses purges abominables. Un régal par l’interprétation magistrale des acteurs : Steve Buscemi en Nikita Khrushchev, Simon R. Beal en Lavrentiy Beria, Jeffrey Tambor en Georgy Malenkov jusqu’à Rupert Friend en fils de Staline. Ce ballet de personnages du comité Politburo, militaire et personnel compris de la Datcha, hystériques, terrorisés, conspirateurs, suite à la disparition du dictateur a des faux airs de théâtre. Un film énergique aux dialogues savoureux. Ça part dans tous les sens. C’est intelligemment mis en scène. Voilà un exemple de faits historiques filmés de façon originale. Certainement aidé par le roman graphique. Du cinéma audacieux, périlleux car le film aurait pu basculer dans la grosse caricature lourdingue à la Mel Brooks ; ici, la farce est plus proche de « Docteur Folamour ». Maintenant, bien avant Armando Iannucci et Stanley Kubrick, l’immense Charles Chaplin avait offert au monde son excellent « Dictateur ». L’art de doser avec une précision chirurgicale la gravité et la comédie. A bien y regarder, « La mort de Staline » fait froid dans le dos. J’ai souri tellement que c’était délirant, inattendu. Ce qui est terrible ou terrifiant, on sourit à des exécutions fulgurantes, à des propos abominables ! En soi, j’ai souri sur des milliers de morts tombés sous les caprices arbitraire d’un tyran. En voyant l’immonde Beria, j’oubliais par instant l’homme qu’il a été. Oui, « La mort de Staline » est une farce effroyable un tantinet culpabilisante… A voir en V.O, évidemment.
Voir la garde rapprochée du terrible dictateur rivaliser de roublardise, de coups bas et de feintes émotions incontrôlables est vraiment savoureux. Alors quand en plus elle est interprétée par un casting somptueux, il neige a qu'à profiter du spectacle, des bons mots et de cet humour so british. On peut juste regretter certaines situations qui semblent un peu cafouillées. Peut-être était-ce l'effet recherché mais je trouve que cela dessert le film.
Ce film est une vraie surprise. Le synopsis ne paye pas au départ : suite à la mort de Staline, la plupart des plus importants personnages de l'URSS vont tenter de prendre le pouvoir tout en organisant les funérailles du chef disparu. Mais voilà, ce film est une comédie à l'anglaise et se révèle fort distrayant de par les dialogues savoureux et la présence d'acteurs ayant de grands talents. Bref : un humour à l'anglaise extrêmement rafraichissant !!
A moitié drôle, à moitié sérieux et tragique, on ne sait jamais trop sur quel pied danser, si on est dans un film sérieux ou bien dans un film ouvertement parodique. Un peu casse-gueule comme approche. Globalement, j'ai trouvé le temps long et j'étais plutôt content que ça se termine. Je n'ai pas retrouvé le fameux "humour british" qu'on m'avait vendu, où alors juste un tout petit peu.
Manifestement, cette réalisation ne s’imposait pas. Le film n’a rien de dramatique, et pourtant la mort (le meurtre) d’un tyran à l’esprit maladivement inquiet, responsable de millions de morts par ses purges successives et ses déportations innombrables, n’est pas un fait divers banal. Il n’est évidemment pas davantage comique, sauf s’il convient de s’esclaffer lorsqu’un des membres du politburo s’agenouille devant le père des peuples moribond allongé sur un tapis trempé, car sa vessie s’est relâchée…Alors qu’est-il donc ? Un tableau simpliste des complices de Staline, tous plus ou moins impliqués dans ses crimes, et soudain pressés d’en finir avec lui, en espérant chacun en retirer le maximum de bénéfices. C’est d’une vérité historique discutable, et d’un intérêt nul. Sur ce sujet, Marc DUGAIN a fait beaucoup mieux avec « Une exécution ordinaire ». Ajoutons que, hormis les uniformes clinquants, les personnages n’ont guère de ressemblance avec leur modèle, à commencer par Staline, dont la moustache célébrissime est parfaitement ratée, Joukov qu’on peine à reconnaître sous les traits de Jason Isaacs et surtout Khrouchtchev avec lequel Steve Buscemi, le visage hâve, le crâne chevelu et la taille svelte n’a véritablement aucune ressemblance, sans compter sa diction maniérée qui ne cadre pas du tout avec l’incroyable butor qu’était l’original, tapant avec sa chaussure sur le pupitre devant l’assemblée générale des Nations Unies, au grand scandale des dirigeants soviétiques de l’époque. C’est du travail bâclé et la BD suffisait amplement.
Je suis tombée sur ce film vraiment par hasard... je l’ai vu en vo : quelle energie, quelle verve, quel jeu d’acteurs... une vision de la violence dans le cercle politique, sur l’ambition à tout prix... et surtout des dialogues à couper le souffle servis par des acteurs endiablés et une mise en scène énergique et efficace. Je le suis régalée et j’ai beaucoup ri de cette farce politique si cruelle et désolante pourtant.