Nosferatu
Note moyenne
3,2
4888 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

581 critiques spectateurs

5
48 critiques
4
146 critiques
3
157 critiques
2
125 critiques
1
66 critiques
0
39 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Elisabeth G.
Elisabeth G.

214 abonnés 1 199 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 janvier 2025
Un remake trop grandiloquent, pompeux et ennuyeux pour convaincre malgré une esthétique gotique assez réussie et un casting intéressant, la très surestimée Lili-Rose Depp mise à part.
La critique complète sur https://le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.com/2024/12/nosferatu-de-robert-eggers.html
OldMartini
OldMartini

163 abonnés 1 782 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 janvier 2025
« Mettez-vous en route, mon jeune ami, et faites bon voyage au pays des fantômes… Même si cela coute un peu d'efforts, de sueur… et peut-être un peu de sang… ». 1922; Nous sommes aux prémices du cinéma d’épouvante alors que le réalisateur F.W. Murnau décide d’adapter librement l’histoire de « Nosferatu le vampire » sur grand écran. À cette époque, le spectateur ne savait pas vraiment à quoi s’attendre car, dans l’imaginaire collectif, Nosferatu était clairement moins populaire et iconique que Dracula. Cependant, l’audace et la créativité aidant, son film a réussi à marquer les esprits. Le chemin commençait à se tracer et, en l’espace de 102 ans, le nombre d’œuvres narrant la singularité du conte a été pourtant assez réduit (la preuve que beaucoup de choses avaient été dites dans la fiction d’origine). Cela n’empêchera pourtant pas Werner Herzog d’y ajouter son grain de sel car « Nosferatu, fantôme de la nuit » (1979) est un succès critique et commercial.

Il résulte du succès de ces films une volonté de raconter des histoires similaires mais dans le fond assez différentes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’adaptation de Roger Eggers est d’une puissance sans égal, une ode au cinéma gothique d’horreur, un chef d’œuvre ultime d’inspiration narrative et visuelle qui frôle la perfection d’exécution. Explication !
Chef d’orchestre d’un univers qui lui est propre, Eggers se fait connaître du grand public en 2015 avec « The Witch », un long-métrage dont le style fluctuant ne laissera pas tout le monde d’accord (à raison). En 2019 et 2022, les surprenants « The Lightouse » & « The Northman » affinent son style autant que son audace artistique. Pour « Nosferatu », le saint graal est trouvé. S’il a su s’accaparer avec autant d’excellence les tenants et aboutissants du compte horrifique, c’est parce qu’il en maîtrise maintenant les codes. En effet, chaque image est envoutante, chaque plan est immensément propre, chaque dialogue a son importance.
Dans une Allemagne du XIXème siècle en proie au progrès scientifique, personne n’a la vie facile; chacun doit redoubler d’imagination et de courage pour se faire une place dans un monde en perpétuel évolution. C’est à travers cette volonté grandissante de confort social que Thomas Hutter (campé par un Nicolas Hoult à son apogée) prend le risque d’une visite risquée dans une contrée lointaine. Dès lors, la perdition est en route… Et la suite, nous la connaissons toutes et tous.

Si le résultat global de « Nosferatu » est aussi époustouflant, c’est aussi et surtout grâce à l’implication sans faille d’une équipe consciencieuse et appliquée. Alors que nous découvrons le dace (une langue morte très peu connue du fait de l’absence de tout document écrit), nous apprenons que le scénariste roumain Florin Lăzărescu a lui aussi participé aux recherches sur le quotidien des habitants de la Transylvanie au 19e siècle. Le choix de casting est aussi une grande force du film; si Willem Dafoe est un habitué chez Eggers, Lily-Rose Depp l’est moins. Qu’à cela ne tienne car, dans une folle légèreté qui lui est un peu moins propre, elle envoute le spectateur. Son personnage est une boule d’émotions diverses et variées. Il est difficile de la suivre mais les enjeux sont ce qu’ils sont. Puis, Nosferatu, le héros de la fable, est aussi énigmatique qu’effrayant. Vers la fin du film, on le voit démuni de tout habillement, tout en restant profondément indifférent au sort de la nature humaine. Cependant, l’amour tel qu’on le connait dans les œuvres contemporaines et gothiques, aura raison du méchant incompris. La morale, indéfectible, raisonne dans nos têtes.
« À bien des égards, mon adaptation de Nosferatu est le plus personnel de mes films. ». Tels sont les mots de Roger Eggers, lui qui réfléchit l’idée depuis des années. Le nôtre sera simplement un remerciement éternel pour cette œuvre déjà intemporelle.
« Nosferatu », film charnel qui prend aux tripes, film et œuvre à la perfection inégalable.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 janvier 2025
J'attendais beaucoup trop sans doute du film. Sans doute car le Nosferatu de Murnau (dont il est le remake) est un de mes plus grands chocs de cinéma muet, sans doute aussi car Dracula de Coppola (nosferatu raconte la même histoire) est un de mes films fantastiques préférés. Donc oui forcément déçu. Déçu car c'est souvent lent et donc un peu chiant parfois, déçu car le vampire n'a ici aucun charisme et ressemble plus à Mario Bros qu'au seigneur des vampires. Déçu finalement car meme si c'est très beau visuellement et bien ça ne raconte rien de bien nouveau finalement
Winslowleaachy
Winslowleaachy

87 abonnés 151 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 décembre 2024
Est-ce qu'il faut y aller. Et bien oui, car c'est bien fait, bien interprété et que les films aussi soignés, autant pensés se font plutôt rare.
Cependant, même si il est assez fascinant visuellement, il y a une forme d'austérité, un manque de flamboyance qui va peut être décontenancé certains.
Les acteurs sont tous très bons, avec une mention spéciale à Lily Rose Depp qui fait prestation assez impressionnante, même si par moment elle semble comme secondaire à ce film qui pourtant tourne surtout autour d'elle.
Cependant c'est très théâtral, l'on assiste véritablement à des morceaux de pièces de théâtre tout au long du film. Tant par le cadrage que par les textes dans la bouche des acteurs.
Ceux ci, comme si ils étaient connectés à la plume d'un écrivain, parlent comme pourraient le faire certains personnages de molière, (si je devais simplifier les choses).
Et cela peut finir par agacer à certains moments car se crée alors une couche d'artificialité à l'ensemble.
Cependant, c'est un film qui a dans son fond une véritable modernité, pour peu que l'on comprenne ce qu'à voulu raconter Eggers. Alors de mon côté je n'ai peut être pas compris sa première intention, mais je vais en parler dans les spoilers.
En tout cas si vous voulez voir un cinéma de qualité, un peu froid, certes, mais bien fait, allez y.
Bon,
Alors attention SPOILERS!!!
spoiler: Il est assez étonnant de voir surgir un film comme ce Nosferatu aujourd'hui. Car, déjà tout le monde connaît l'histoire, mais en plus Eggers apporte très peu de changement à ce récit. Cependant, il y a quelque chose qui est bien plus mis en avant ici. Et c'est l'emprise qu'à Nosferatu, ainsi que la sexualité qui transpire de ce personnage et ce qu'il fait subir à la pauvre Ellen Hutter (Lily Rose Depp, très impressionnante). Car oui ce film, du moins c'est comme cela que je l'ai pris, est un véritable #metoo, avec une jeune femme qui est régulièrement violée depuis son adolescence, par un homme maléfique qui a une emprise sur elle. Et pas que..puisque comme le disent les villageois autour de son château, si vous vous en approchez de trop, vous vous retrouverez dans un cauchemar éveillé, sans fin... Il est donc bien pour moi question ici d'une histoire de monstre, dans tous les sens du terme. Une bête qui a soif de posséder, peut être plus que d'amour. Il n'y a rien de romantique là dedans. Sa pauvre victime réclame d'ailleurs de l'aide entre deux crises de possession. Et l'on pourra se réjouir d'une certaine mesure, de la fin du violeur, piégé par son appétit insatiable. Et regretter le sacrifice à faire pour pouvoir enfin l’arrêter.

Sinon Eggers, une fois de plus, met en scène l'arrivée de la folie, ainsi que l'isolement, même au sein d'une grande ville.
petitlapinnoir
petitlapinnoir

73 abonnés 335 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2024
C'est gore, effrayant, pseudo-érotique, viscérale, abstrait, mais aussi déjà vu. Mais la force de ce Nosferatu, il la doit à son metteur en scène virtuose, Robert Eggers, et une excellente reconstitution d'une ville de la Confédération Germanique. Et Nosferatu, c'est le patrimoine de tout cinéphile qui se respecte. Mais fallait-il faire un remake ? Telle est l'éternelle question...
CoCo D
CoCo D

16 abonnés 180 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 janvier 2025
Déçu  J'avais adoré le film muet plein de charme, j'adore le Dracula de Coppola et la on a un mélange raté des 2 路‍♀️ c'est long, mais c'est long  on s'ennuie et après 1h de film on subit le reste et on se languis la fin , qu'en + , on connaît déjà  spoiler:
Le compte Orlof m'a fatiguée, on a envie de finir ses phrases à sa place. Bcp de scènes explicitement erotique sans intérêt jusqu'à la scène où on nous fait comprendre ( heureusement que ça s'arrête la) qu'il y a eu viol de cadavre (?! 類 pkoi ?!) spoiler:

Bref, je suis restée jusqu'au bout de la séance parce que je suis bien élevée mais si j'avais été chez moi, j'aurais zapé 路‍♀️
lmc-3

307 abonnés 509 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 janvier 2025
L'imagerie est belle, pour le reste...
C'est plat, peu captivant, ça traîne en longueurs, manque de consistance, jeu d'acteur aux deux extrêmes, et tourne sans cesses au ridicule.
Diabloxrt
Diabloxrt

80 abonnés 1 880 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 janvier 2025
Après le film culte des années 20 et le projet beaucoup plus oubliable de la fin des années 70, c'est Robert Eggers qui s'attaque au mythe de "Nosferatu". N'étant pas un fan de l'œuvre originale, j'avoue avoir douté de ce projet. Mais clairement, le fait que ce soit Robert Eggers aux commandes m'a rassuré, ayant beaucoup apprécié son dernier film. Et globalement, je dois dire que le résultat est plutôt réussi ! En tout cas, pour moi, c'est la meilleure version de cette histoire. Sur le papier, elle reprend pourtant toute la base de celle-ci, avec ce voyage de Thomas qui l'amènera à rencontrer Nosferatu. Cependant, quelques petites choses ont déjà été un peu modifiées, et je pense surtout à l'importance du personnage d'Ellen. Dans l'œuvre originale, j'avais assez peu accroché à celle-ci, cette dernière n'étant pas explorée plus que cela. Ici, tout son lien avec Nosferatu est expliqué en profondeur, Robert Eggers y rajoutant plusieurs de ses thématiques. On y retrouve cette approche de la masculinité toxique que l'on avait vue dans "The Northman", qui est ici associée au personnage de Nosferatu. Ellen est donc bien plus intéressante, et le lien avec le démon est encore plus important. Malgré tout, celui-ci reste encore au centre du film, et je dois dire que Bill Skarsgård est parfait pour le rôle. Évidemment, je préférerais toujours l'interprétation de Max Schreck en 1922, car son maquillage et sa posture étaient iconiques. Mais ici, je le trouve quand même assez convaincant, même si l'image aide clairement à cela. Pour moi, c'est d'ailleurs le gros point fort du film, car la mise en scène est plus qu'étudiée et impressionnante. On est réellement plongé dans l'ambiance, par le fait que l'on retrouve cette photographie très désaturée notamment. Celle-ci est clairement propre à ce réalisateur, mais la pénombre sera encore plus utilisée que d'habitude au sein de ce projet. Tout d'abord, au niveau du montage, avec beaucoup de transitions jouant sur le noir pour fonctionner. Mais aussi pour créer des images iconiques, et j'en aurais beaucoup trop à énumérer si je devais aller plus loin à ce niveau-là. Je parlerai de cette scène d'introduction par exemple, qui est sur l'affiche, ou bien de cette superbe reconstitution de la ville étant parcourue par l'ombre de la main de Nosferatu. Le travail de reconstitution a d'ailleurs été plus qu'abouti, les décors étant particulièrement puissants. Par conséquent, le long-métrage est globalement très sombre, dans l'optique de garder une certaine forme de mystère, notamment autour du personnage de Nosferatu. Par exemple, il faudra de nombreuses apparitions de celui-ci pour vraiment se rendre compte de son design, le réalisateur choisissant de le traiter comme une créature extrêmement complexe à appréhender. On commence par ses mains, ses yeux, puis son corps, pour enfin y voir l'ensemble. Cela renforce sa présence, et c'est également le symbole de l'excellent travail de réalisation de ce film. Cependant, malgré tous ces efforts, je trouve que le film possède beaucoup de longueurs. Je pense notamment à la deuxième partie du long-métrage, car Robert Eggers a choisi de rajouter énormément d'éléments à celle-ci. Là où l'œuvre originale va assez vite à partir de ce moment-là, ce film-ci traîne beaucoup la patte. Sur le papier, ce n'est pas un problème, mais beaucoup d'éléments qui sont ajoutés ne servent pas à grand-chose. Je pense notamment au personnage joué par Willem Dafoe, qui, s'il est bien interprété par ce dernier, aurait vraiment pu être retiré du script. Par conséquent, malgré cette conclusion qui tire sur la longueur, je recommande quand même ce film. C'est toujours un plaisir de voir un projet de Robert Eggers au cinéma, car même si ce n'est pas un style qui m'attire énormément, on ne peut pas enlever à ce réalisateur qu'il a beaucoup de talents. Pour conclure, une bonne adaptation.
Christophe  Mandret Wante
Christophe Mandret Wante

15 abonnés 27 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 janvier 2025
pas aussi sublime que celui de Murnau ni aussi pathétique et profond que celui d'Herzog mais qui reste de bonne facture avec une belle photographie et quelques hommages visuels a celui de Murnau avec en plus quelques montée d 'adrenaline qui n'existaient pas chez ses prédécesseurs.
Flo
Flo

10 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 janvier 2025
Je suis client de ce genre de film mais je ne suis pas rentré dedans une seule minute. Rien ne m'a semblé crédible. Je n'ai pas eu peur une seule seconde. C'était juste gênant. Lent, caricatural, exempt de bonnes idées, grain moche, acteurs médiocres, ... Bref, je ne vais pas m'épancher plus longuement, vous l'aurez compris, je n'ai pas du tout apprécié ce film.
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 décembre 2024
Une ambiance gothique extraordinaire, malgré les effets du tournage en studio. Le scénario est assez traditionnel. Le film est un mix de Nosferatu, Dracula, L'exorciste. L 'interprétation de la fille Depp est parfaite.
PASCAL C
PASCAL C

27 abonnés 296 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 janvier 2025
Franchement cette nouvelle version n'apporte rien, c'est pas mal par moment, à d'autre cela sonne faux comme un billet de 7€. La dernière image n'est pas sans rappeler ces images japonaises genre "monstre et jeune fille".
Spaulding666
Spaulding666

5 abonnés 30 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 janvier 2025
Dans ce remake sans âme du chef d’œuvre de Murnau, des acteurs mal dirigés luttent contre un Nosferaru ressemblant aux Dupondt et parlant anglais avec un accent allemand ridicule.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 février 2025
Entreprendre un remake respectueux du mythique « Nosferatu, le vampire » (1926) de Friedrich Wilhelm Murnau ainsi que de la version colorisée de Werner Herzog de 1979 s’avère de nos jours un pari plutôt risqué, tant dans le domaine du fantastique les comics héros et le gore ont pris une part prépondérante au sein de la production internationale et notamment hollywoodienne. C’est Robert Eggers, le réalisateur talentueux de « The witch » en 2015 qui envisage de concrétiser le projet dès qu’il constate que son premier film est unanimement reconnu par la critique. Eggers s’attelle alors à son film suivant « The Lightouse » qui quoique plus difficile d’accès est encore plébiscité par la critique. Pour asseoir complètement sa crédibilité, le jeune réalisateur enchaîne avec « The Northman » film d’aventure plus apte à attirer un jeune public qui sera paradoxalement son premier semi-échec, le film rentrant à peine dans un budget beaucoup plus conséquent. En 2023, Eggers peut enfin s’atteler à la légende Nosferatu dont il confiera qu’elle l’a toujours hanté depuis sa plus tendre enfance alors qu’âgé de 9 ans, il avait découvert le film de Murnau sur une K7 Vidéo de son père. Rédigeant lui-même le scénario de son nouveau film, Eggers a choisi de puiser son inspiration dans les deux films précités tout en collant plus étroitement au roman de Bram Stoker en donnant notamment plus de place à certains personnages secondaires volontairement délaissés par Murnau et Herzog essentiellement intéressés par une réflexion sur la solitude de l’homme face à la mort à travers la relation triangulaire entre le vampire venu des temps immémoriaux "transylvaniens", un jeune clerc de notaire envoyé dans les Carpates pour la signature d’un acte et sa jeune épouse envoûtée à distance par le comte Orlock/Nosferatu qui en a fait sa proie mais aussi son futur bourreau. De la même manière, Eggers a tenu à rendre sa monstruosité sauvage et sa cruauté au vampire longuement décrites par Bram Stoker dans le roman, s’écartant ainsi résolument avec Bill Skasgard des interprétations doloristes et romantiques de Max Schreck et Klaus Kinski, victimes d’une éternité les condamnant à la marginalité et à la solitude. Le comte Orlock interprété par Bill Skarsgard sera avant tout conquérant et d’allure plus bestiale, rarement filmé en gros plan par le réalisateur qui souhaite préserver le mystère sur sa réalité physique. Plus ambitieux sur le plan narratif, « Nosferatu » s’étire sur 134 minutes, là où Murnau se contentait de 94 minutes et Herzog de 107 minutes. Cet allongement du métrage est d’évidence induit par la reprise d’éléments narratifs absents des deux versions mythiques dont l’introduction du professeur Albin Eberhart Von Franz interprété par Willem Dafoe devenu compagnon de route de Eggers. Dès lors Eggers doit trouver un équilibre délicat préservant une atmosphère éthérée et onirique tout en insérant dans les plans la violence du comte Orlock. C’est sur les nuances esthétiques que le réalisateur va miser. Avec son chef opérateur attitré Jarin Blaschke, ils alternent de manière assez radicale les atmosphères. Un noir et blanc brumeux (rappelant celui employé sur « The witch ») pour les scènes au château du comte, hommage direct au film de Murnau, des tons mordorés pour les scènes d’intérieur en Angleterre à moindre enjeu dramatique. Et enfin le recours aux couleurs froides pour certaines scènes où le mal se présente dans la chambre d’Ellen (Lily-Rose Depp). À quelques reprises, Eggers introduit des références cinématographiques ou picturales. spoiler: Alfred Hitchcock tout d’abord pour un clin d’œil à « Vertigo » lors d’un baiser inspiré de celui entre James Stewart et Kim Novak, plongeant le spectateur dans le chignon de la blonde Kim Novak ici remplacée par Lily-Rose Depp. « Le voyageur contemplant une mer de nuages » de Caspar David Friedrich alors que le clerc (Nicolas Hoult) commence son voyage en Europe centrale. William Friedkin et son « Exorcisme » pour la scène de lévitation. Et enfin Johannes Veermer dont l’esthétique a été reprise, saisissant Ellen revenue au calme, posant perpendiculaire face à la fenêtre d’un vestibule
. Hormis quelques scènes un peu maladroites (celle brouillonne avec les paysans tziganes avant l’arrivée au château ou encore la séance de lévitation tout de même très référentielle), le pari très osé on l’a dit du jeune réalisateur est globalement réussi avec deux acteurs principaux plutôt convaincants auxquels s’ajoute un Bill Skarsgard rodé au transformisme déroutant depuis sa prestation remarquée dans les deux épisodes de « CA » d’Andrés Muschietti. Une entreprise tout à fait méritoire qui si elle ne possède pas le lyrisme envoûtant (on pense à la musique de Popol Vuh pour le film d’Herzog) des deux œuvres de référence, contribue avec le talent désormais reconnu de son auteur à la prolongation du mythe de Nosferatu qui on le sait est immortel. spoiler: On notera pour l’anecdote la petite note d’humour inattendue quand juste après le dernier plan est inscrit sur fond noir « C’est fini …Vous pouvez aller vous coucher »
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2025
De Robert Eggers (2025).
Le réalisateur de ''the northman'' et de ''the lighthouse'' est de retour pour un très grand film d'horreur , limite un chef d'oeuvre tant concernant la légende de Nosferatu, on avait depuis longtemps vu de version aussi aboutie et vraiment très inspirée par rapport à la légende . Une petite merveille gothique où tout y est pour redonner du souffle à la légende .
Les images et les décors nous plongent indubitablement dans l'univers gothique et fantasmé de la légende . Déjà sur ce point le film est une réussite . La mise en scène implacable , forte et angoissante tout en étant fluide est au service de la légende . La bande son et la voix d'outre tombe de Nosferatu est un des points positifs de cette version . La force du film tient en effet aux effets visuels autant que sonores pour suggérer plus que montrer l'horreur . On pense même à la version de F.W. Murnau avec Max Schreck de 1922 tant la représentation de Nosferatu semble s'y référer . Pour le réalisateur, le défi était important sinon impossible . Le résultat est bluffant tant sa version est proche autant dans le fond que dans son esthétique de la légende du vampire qui va se perdre en tombant amoureux de la belle . Oui il y a aussi comme dans la légende un parallèle avec la belle et la bette et comment l'un va arriver (presque) à ses fins par un envoutement diabolique .
Et quelle distribution magistrale ! Avec une Lily-Rose Depp vraiment inspirée et incroyable . Avec aussi Nicholas Hoult campant bien Thomas Hutter avec justesse . Et Bill Skarsgård camant avec maestro le conte Orlok et nosferatu .
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse