Nosferatu est une adaptation cinématographique (de plus) consacrée à l’œuvre de Bram Stoker. Même si on ne parle pas de Dracula mais de Nosferatu, l'essentiel du roman de Stoker est bien présent.
J'ai vu et adoré le Dracula de Coppola et j'ai, malgré moi, comparé les deux films ... et ça coince. Autant le film de Coppola était flamboyant, séduisant, excessif sur bien des points, autant le Nosferatu est sombre, glauque, ténébreux à l'excès lui aussi, tant et si bien qu'on a parfois l'impression que le film a été tourné en noir et blanc.
Si les excès de Coppola rajoutent à la séduction, les excès du Nosferatu dans le côté sombre et mystérieux ont du mal à passer, c'est exagéré au point de devenir indigeste et peu crédible. C'est pourtant bien tourné, l'image est soignée, certes, mais trop c'est trop.
Du côté des personnages, contrairement au Dracula où les rôles étaient tenus par des acteurs charismatiques comme Gary Oldman (Dracula) ou Anthony Hopkins (Van Helsing), ici les personnages semblent falots, les acteurs semblent réciter un texte vide et manquent singulièrement de conviction, quand le jeu s'emballe il est excessif et on n'y croit plus. Van Helsing lui-même semble tout rabougri !
Si Coppola a fait le choix d'une fin pleine d'espérance et de romantisme,
Eggers choisi une fin glauque et sinistre se terminant sur l'image cauchemardesque d'un cadavre momifié allongé sur le corps d'une jeune femme morte ... pas très réjouissant comme clap de fin, il faut l'avouer !
Pour ma part, et c'est peut-être le défaut de ma critique, je n'ai pas pu m'empêcher de comparer les films de Coppola et de Eggers et le premier a ma préférence haut la main. Si Nosferatu n'est pas dénué de qualités esthétiques et arrive à camper une ambiance gothique à souhait, il manque d'épaisseur et de séduction, c'est sordide de bout en bout et ça traine en longueur. Peut-être que les spectateurs qui n'auront pas vu le film de Coppola sauront apprécier le film de Eggers à sa juste valeur, quoi qu'il en soit, il est certain qu'il trouvera son public malgré tout.