Dans un village indien où prévaut la loi patriarcale, un récit d’émancipation féminine plein d’énergie mais très peu de finesse, porté par un trio d’actrices lumineuses. 2,75
Ça change du cinéma indien habituel ! Plus moderne, les femmes se rebellent et c'est loin des amourettes sauce cacahuètes que l'on nous sert sans cesse ! Sur le plan scenaristique, c'est tout de même brouillon mais pour cette avancée et le droit des femmes 3,3/5
En Inde, quatre femmes aux vies différentes subissent le poids du pouvoir de l’homme et de la tradition, chacune à sa manière. En se rapprochant les unes des autres, elles réfléchissent à leur condition et à une façon de se rebeller. Voici un beau film sur la femme et sa condition en Inde. Le destin si injuste des femmes dans cette fiction n’est pas loin de la réalité. Loin du brillant de Bollywood, la réalisatrice dénonce le pesant patriarcat toujours en vigueur dans ce pays rétrograde en ce qui concerne le droit des femmes.
J’étais allée voir ce film en salle lors de sa sortie en 2016 — dans un cinéma indépendant car très mal distribué malheureusement — et je le revois en fin d’année 2019 avec un regard presque neuf. Je n’avais rien oublié des couleurs, des plans, de l’ambiance, mais l’histoire, le fil de l’intrigue m’avait échappé. Un plaisir donc de le redécouvrir. En 2016 il m’avait chamboulé, en 2019 il réveille ces sentiments. Bien que beaucoup plus prenant et vif sur grand écran, l’émotion reste présente au cœur du film vu en petit format. L’histoire d’abord, classique pour un film indien de genre : il dénonce la maltraitance subie par les femmes dans une société aux lois archaïques. Les femmes sont vendues au plus offrant pour servir de poule pondeuse et de vide couilles à des hommes qui ne sont pas plus ravis qu’elles de les épouser. Et chaque génération répète le schéma cycliquement. La saison des Femmes nous poste à la fin d’un cycle et au début d’un nouveau, là est toute sa force. Rani, qui visiblement souffre des règles qu’elles doit respecter, achète une femme, Janaki, à son fils unique, faisant subir à la jeune mariée le même sort désolant qu’a pu être le sien. On pourrait penser que Rani est rendue aveugle par le patriarcat de son village, ce qui pardonnerait sa façon d’agir auprès de la jeune femme de son fils, mais il n’en est rien puisque sa meilleure amie, Lajjo, nous est présentée sous les traits de la « femme fertile » du village. Dans ce monde, ne pas pouvoir procréer est une tare immense, grande inutilité de la femme si elle n’est pas bonne à enfanter. Rani, en connaissance de causes, perpétue les traditions, enfermant Janaki avec elle pour le bien de son fils, allant même jusqu’à vouloir renier son amitié de longue date avec la quatrième protagoniste de cette histoire, une danseuse prostituée, Bijli, qui semble avoir réussi à se libérer de ce carcan grâce à son pouvoir de séduction et d’asservissement de l’homme. Bref, quatre destins funestes qui dépeignent et démontrent le quotidien abjecte de la Femme indienne, mais aussi de la Femme dans un beaucoup trop grand nombre de pays. Le scénario est lourd et les scènes de violences pesantes mais sans jamais tomber dans le malaise infernal. Le tout étant contrebalancé par de nombreux moments de joie, d’humanité et d’entraide. La mise en scène vogue sur deux rivages. D’un côté les scènes d’intérieur au cadre serré qui nous enferme dans ce quotidien étouffant et difficile, de l’autre ces plans larges d’extérieur qui nous balancent des bouffés d’air frais. La couleur chaude de l’image accentue les deux parts, on étouffe avec ce grain orangé, mais on s’y sent comme dans un cocon, refuge sensuel, lorsque les femmes se retrouvent pour se serrer les coudes. Cette alternance entre les scènes difficiles et celles plus joyeuses, nous permet de respirer avant de manquer d’oxygène mais aussi de cesser de sourire une fois que l’on pense que la liberté est acquise. Rien n’est perdu mais rien n’est gagné. Rien d’idyllique et pourtant la couleur pétante des tenues traditionnelles nous permet d’apercevoir une possible échappatoire. Le film laisse entrevoir une issue dans laquelle les hommes sont complètement effacés du schéma, idée renforcée par les quelques moments de profonde intimité que ces amies partagent ou rêvent de partager. Pourtant il y a quelques rôles masculins qui, heureusement, nous prouvent que l’homme peut aussi être acteur du sauvetage de ces femmes. Ce ne sont pas les hommes qui font de ces sociétés un enfer, ce sont les lois du patriarcat sans cesse durcies et jamais revues. Certains hommes cependant se rendent compte du sort qu’ils infligent aux femmes, mais aussi à eux même, et tentent tant bien que mal de changer les choses. Si la fin du film tente à prouver que les femmes sont seules maîtresses de leur survie, il n’est pas dit que les hommes sont à jeter. Pas de manichéisme, rendant donc ce récit plus que réel. Il n’y aura pas de libération de la Femme si les hommes n’y prennent pas part.
Excellent film. Dépaysant et vrai à la fois. C'est parfois un peu trop rempli de négativité, on a envie d'entrer dans le film pour distribuer quelques coups de tête à certains hommes, mais souvent la scène suivante nous montre que la vie est faite de hauts et de bas. Les acteurs(surtout les actrices) sont franchement au top ainsi que les décors et le feeling général du film est presque parfait.
Un très bon film. La saison des femmes retrace la vie difficile des femmes indiennes d’un village reculé. Sujet grave traité avec humour et dynamisme. L’occasion rêvée de mesurer les écarts monstrueux entre le droit des hommes et les femmes en Inde.
Trés beau ... autant visuellement que du point de vue du message. Je déteste les bollywood et suis toujours interpellée par le gouffre entre la représentation des femmes au cinéma, et la réalité de la condition féminine en Inde ... ce film est très réussi, révoltant et émouvant.
J'ai trouvé le film un peu choquant. Une partie de la maltraitance faite aux femmes est sous-entendue, l'autre est - trop à mon goût - visible, dans un style bollywood joyeux et chantant. Mais quel courage d'avoir entrepris ce film qui ouvre les yeux sur l'horreur dans la vie de tous les jours que vivent les femmes de ce village. Mustang en Turquie est beaucoup mieux de mon point de vue car la douceur et la violence y sont plus subtiles. Ames sensibles s'abstenir.
Film indien atypique et courageux qui tranche avec ce que l'on voit habituellement, c'est à dire ne surenchère de danses et de chants. Ici, rien de tout cela mais un portrait douloureux du peu de cas qui est fait des femmes. Quelques maladresses et caricatures, mais très attachant, comme les 4 héroïnes, bien filmé et joué...
Des femmes du gujarat tentent de survivre dans un monde ultra machiste où la femme n'a qu'un rôle d'esclave. Sexuelle ou domestique. Mais elles ont de la volonté ces femmes et surtout la prostituée qui va les aider à prendre en mains leur destin. Très beau film
Dans ce très grand film indien, nous suivons le destin de quatre femmes qui tentent d'échapper aux traditions ancestrales de leur pays qui font d'elles des femmes soumises. Et autant dire que les comédiennes s'avèrent aussi sublimes que convaincantes, avec une mention spéciale pour la très belle Surveen Chawla. Les images sont magnifiques, la mise en scène de Leena Yadav déploie pas mal d'énergie et l'histoire est vraiment très touchante et émouvante. "La Saison des Femmes" est donc une oeuvre forte, rempli d'émotions et qui nous révolte quand on voit de quelle manière les hommes traitent leurs femmes dans ce pays.
La réalisatrice indienne, Leena Yadav, met en lumière des femmes drôles et fortes qui cachent les secrets et les blessures d’une société ultra codifiée et machiste. "La saison des femmes" alterne les moments de grâce et de coups de poing en abordant adroitement de nombreux thèmes récurrents dans la société indienne. Malgré la violence des hommes, ces femmes merveilleuses réussissent par percées à faire de ce film un feel-good movie par leur vitalité, leur courage et leur ténacité.
Ce film est un véritable coup de cœur d’un optimisme et d’une énergie formidables.