Metropolis
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selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 novembre 2019
Monument mythique et historique du Septième Art, Tourné sur presque une année en 1925-1926, le tournage connut des difficultés nombreuses et diverses. Le film impressionne de par les techniques utilisées et crées pour l'occasion. Touchant à l'universalité, les thèmes abordés parlent à tous d'autant plus que le film s'annonce comme visionnaire peu de temps avant le Krach de 1929 et la montée du nazisme. On mettra surtout un bémol sur le savant fou, qui crée un robot à l'image de son grand amour, et qui veut à la fois créé le chaos sans qu'on y voit un lien tangible entre les deux délires. Plus que de dénoncer les différences de classes, il dénonce la bêtise des moutons, à savoir que les effets de groupes menés souvent par des leaders auto-proclamés sont souvent annonciateurs de chaos et de carnage. Un film à voir et à conseiller !
Site : Selenie
tisma

356 abonnés 2 302 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 décembre 2023
Un film muet marquant avec une belle sensibilité et une jolie mise en scène. Une œuvre qui porte bien son nom de classique de la science-fiction. Très poétique.
carbone144
carbone144

115 abonnés 843 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 septembre 2019
Un film majeur des années 20, et l'apogée du cinéma muet. Un investissement fou et des effet novateurs ou exploités à la perfection. Grandiose. Il a très bien vieilli.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 895 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 décembre 2019
Voilà un monument historique, qui accuse son âge malgré les restaurations, et qui resplendit cependant d'une stupéfiante modernité. Les scènes de foule sont monumentales, aussi saisissantes dans la marche au pas cadencé pour aller dans les ateliers que dans les agrégations d'enfants apeurés par la montée des eaux. On revoit la mécanique des Temps modernes de Chaplin, mais sans aucun sourire. Les portes immenses de la ville futuriste ou la beauté des corps aryens avaient de quoi plaire aux nazis, mais Lang délivre un message de réconciliation lors d'une scène finale poignante illustrant l'adage "entre le cerveau et les mains, le médiateur c'est le cœur". Quelle pertinence par rapport aux rapports sociaux d'aujourd'hui (grève des cheminots)! Au-delà de l'intrigue amoureuse entre Maria et Feder, plus convenue- malgré l'irruption du double maléfique de la jeune femme-, ce qui restera est ici une création visuelle de tous les instants, du bucher improvisé aux machines à vapeur en passant par les autoroutes en surplomb. Métropolis allie harmonieusement les références bibliques, l'analyse sociale des différences de classes et les extrapolations de la science-fiction. On peut trouver des rides à cette superproduction, mais on ne risque pas d'oublier l'originalité de ses images. La séance était remarquablement accompagnée au piano par Didier Martel, nous oubliâmes rapidement qu'il jouait en live. Ciné-concert Institut Lumière décembre 2019
Bernard M
Bernard M

28 abonnés 514 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 décembre 2025
Ce film de Fritz Lang réalisé en 1927 est excellent à tous points de 'est un concert, une sorte d'opéra sur un monde de riches qui vit bien et au grand air et un monde souterrain d'ouvriers pauvres , idée reprise depuis au cinéma à différentes é'est un film de science fiction sensé se passer de nos jours: il faut avouer que ça en fait presque un film visionnaire:2H 28 mn. ça peut paraître long pour un film muet ,il est vrai meublé par une musique puissante et envoûtante..Bien sûr, on a fait mieux depuis grâce surtout aux nouvelles technologies cinématographiques,raison pour laquelle il est difficile à classer!mais il tient bien la barre en dépit de son grand âge
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 février 2019
Inscrit au registre Mémoire du Monde de l’Unesco, « Metropolis » est l’un des plus grands films de tous les temps. Véritable fiasco à sa sortie en 1927, le film a été raccourci et remanié plusieurs fois. Désormais présenté dans sa version originale, longue et restaurée, « Metropolis » est plus compréhensible et prouve sa qualité de chef d’œuvre. Le film muet et noir et blanc est réalisé par Fritz Lang a qui l’on doit déjà les grandes fresques « Docteur Mabuse le joueur » et « Les Nibelungen ». Il nous plonge dans la magnifique mégapole futuriste « Metropolis ». Nous sommes en 2026 et les ouvriers doivent travailler douloureusement dans les profondeurs de la ville pour assurer le bonheur des riches. Au moindre faux pas, une grande machine les avale dans les profondeurs de l’enfer. En effet, la religion est omniprésente et le personnage de Maria apparaît comme la vierge symbole de renouveau et d’espoir. Mais le film représente également le capitalisme et ses dirigeants qui se font dictateurs. C’est alors qu’une fausse Maria va déclencher une révolte. La rage des ouvriers menaçant de détruire la machine centrale aura des répercussions sur ceux qui se prélassent en haut. Les effets spéciaux sont incroyables puisque les gratte-ciels sont un mélange de maquettes réduites et faux décors. Au-delà de la mise en scène Fritz Lang démontre aussi son talent à rendre son intrigue haletante où chaque spectateur y verra sa propre interprétation.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 janvier 2016
Extraordinaire, comme film. D'un point de vue cinématographique, surtout. Les plans sont géniaux, les acteurs jouent à la perfection, l'histoire est là et les décors et effets spéciaux sont impressionnants. La société utopique que le film dépeint rappelle clairement Babel, la cité biblique auquelle le film fait allusion. La rébellion de la société ouvrière d'en bas contre la société d'en haut... Les mains, le cerveau, le médiateur... Je l'ai trouvé magnifique, même s'il est sans doute un brin long à regarder aujourd'hui. C'est un plaisir d’innovation cinématographique sur lequel nombre de réalisateur peut d'appuyer. Bien sympa de voir les ancêtres d'il y a près de 100 ans leur vision de la société humaine.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mai 2013
Une œuvre incontournable de Fritz Lang qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Le premier film de science-fiction à grand spectacle de l’histoire avec ses immenses décors et ses milliers de figurants. En plus d’être une réflexion sur la place de l'homme dans la société, Metropolis est une œuvre visionnaire pour sa vision anticipée du nazisme.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 février 2025
Un film culte en N&B et muet réalisé et coécrit par Fritz Lang.
A Metropolis, une population d'esclaves travaille dans les sous-sols de la ville en faisant tourner des machines infernales. La belle Maria est leur protectrice, elle aide les ouvriers des sous-sols en leur promettant l'arriver d'un médiateur. En attendant la révolte gronde et promet l'apocalypse.
Le grand cinéaste Allemand nous offre une œuvre fantastique mêlant habilement fiction noire et sentiments. La mise scène est grandiose avec des jeux de lumières très efficaces. Même si les effets spéciaux sont rudimentaires (nous sommes en 1927) la machine infernale et la femme machine sont quand même assez impressionnants.
Le casting nous offre des scènes dantesques et des acteurs muets, certes assez théâtraux, mais formidablement expressifs comme la belle Brigitte Helm dans le rôle de Maria.  
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2014
Lorsqu'on écoute les gens évoquer "Metropolis", on a l'impression d'assister à la répétition d'une même litanie : "précurseur du nazisme", "témoin des angoisses d'une époque" etc. Ce genre de lieu commun pas faux pour autant est cependant devenu un automatisme quand on cite le film et toute l'oeuvre de Fritz Lang. Pourtant, "Metropolis", c'est avant tout un film titanesque, d'abord dans le sens premier du terme ; presque un an de tournage, plusieurs centaines de milliers de kilomètres de pellicule ou encore des dizaine de milliers de figurants. La visite de New York trois ans plus tôt et la vue éblouie des gratte-ciels lui aura permis de mûrir le dense et incroyable imaginaire urbain qu'il développe, qui deviendra un lieu commun absolu du film de science-fiction. Il convient là aussi de rendre hommage au grand architecte du cinéma Albert Speer. Le cinéaste, aux confins du fantastique, de l'épouvante et de la SF regorge de trouvailles techniques d'une grande inventivité. Comment oublier le visage de l’androïde ou encore le rêve fantasmagorique qu'effectue Freder au milieu du film ? Le tout au service d'un fond extrêmement riche sur les plans politique et idéologique. L'interprétation est quant à elle grandiose particulièrement la grande Brigitte Helm, inoubliable dans le rôle de l'ange et du démon. Dans le domaine, on a rarement trouvé plus influent.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 décembre 2020
Film culte, il est surtout un film monstre tout d’abord par le budget engagé qui coulera même les studios au vu du fiasco commercial à sa sortie, aussi par le nombre de figurant, sa longueur et son histoire rocambolesque. En effet, ce film est un miracle ; pellicules perdues, endommagées ; il renait de ses cendres en 2008 après un gros travail de reconstruction. Thea Von Harbou, compagne de Fritz Lang, écrit un scénario un peu angélique dans lequel toutes les classes sociales finiraient par se réunir autour d’un même idéal. Une forme d’anti communisme avant l’heure et un contrepied à l’autre film engagé de l’époque prônant à l’inverse la lutte des classes ; « Le cuirassé Potemkine ». Pour cette raison, Hitler fit de ce film son emblème et proposa même à Fritz Lang de diriger les studios de la propagande nazi. Proposition qui le fit fuir l’Allemagne. Sa compagne, elle, restera et partagera pour partie l’idéologie nazi ; ce qui apporte de la confusion quand on voie ce film dont le message est qu’il faut un médiateur entre la tête et les mains. Qui est la tête ? Les mains ? Et le cœur ? Donc c’est la plus grande faiblesse du film, ce discours utopiste alambiqué voire parfois confus. Pour le reste ce film est une œuvre incontournable du 7ème art.
Damien Taymans : « En 2026, l’industriel Joh Fredersen dirige une gigantesque ville construite entièrement à la verticale séparée en deux : en haut, le quartier des puissants, en bas celui des travailleurs. Son fils Freder s’aventure dans les entrailles de la cité et découvre que des ouvriers se tuent à la tâche toute la journée pour permettre à Metropolis de perdurer. C’est également dans ces lieux qu’il fait la connaissance de Maria, jeune femme engagée qui prêche l’espoir et fait naître chez ses frères une espérance d’amélioration de vie lorsque le médiateur débarquera pour les sauver. Mais retranché dans sa sombre demeure, un savant fou enlève Maria pour donner son apparence séduisante à un robot qu’il a conçu et auquel il ordonne de soulever les ouvriers pour détruire la ville…
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Allemagne est en proie à de multiples crises politiques et sociales, à l’inflation et au chômage. La création artistique, quant à elle, se voit libérée et en profite pour battre son plein, se déversant notamment dans une nouvelle tendance à la mode : l’expressionnisme. Après avoir conquis les domaines pictural et littéraire, l’expressionnisme touche le septième art, devenu pour beaucoup le meilleur moyen de lutter contre l’art élitiste progressiste et le divertissement de masse réactionnaire. En 1920 naît Le Cabinet du docteur Caligari qui use de nombre d’artifices pour imposer son style propre (décors en trompe-l’œil, fausses perspectives, gestuelles extrêmement stylisées, cadrages obliques, éclairages dramatiques, maquillages surfaits, …). Le fantastique cinématographique se développe dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres en dressant le portrait de monstres, légendaires ou mythiques (Le Golem) et des héros germaniques. Une nuit de 1924, dans un voyage effectué en Amérique avec Pommer, magnat des studios allemands Ufa, Lang est subjugué par l’architecture newyorkaise, aux contours géométriques et aux élévations unanimement verticales, des décors atypiques qui retrouveront un alter ego dans les bâtiments de Metropolis représentant un monde futuriste à l’instar des Amériques en avance sur leur temps.
Comme dans Nosferatu et Caligari, l’architecture joue ici un rôle prépondérant, devenant un personnage à part entière, stigmatisant l’organisation draconienne de la cité qui trouve également une correspondance du côté de la foule d’esclaves aux démarches robotiques qui se déverse en longues rangées monotones avec une précision millimétrée. En ce sens, Metropolis semble davantage s’attacher à dépeindre la situation du Nouveau Monde dont les masses se retrouvent écrasées par le pouvoir d’un capitalisme grandissant qu’à stigmatiser les dérives sociétales germaniques post-1918. La société de Metropolis, à l’instar de celle outre-Atlantique, est construite sur une opposition entre bourgeoisie et prolétariat, antagonisme soutenu par de nombreux éléments : le cadre de vie (les quartiers rayonnants et spacieux d’en haut et les maisonnettes resserrées du bas), les apparences (les riches sont épanouis comme l’illustre l’image christique de Freder dans les Jardins éternels tandis que les pauvres semblent bien ternes et se voient vêtus à l’identique) et les activités (oisives pour les bourgeois et inexistantes pour les prolétaires). Renvoyant à de nombreux mythes (comme la métaphore de la tour de Babel conté par Maria), le scénario édifié par Theo von Harbou, l’épouse de Lang, accumule les points de dissension entre les deux classes en les confinant dans un rôle particulier : les ouvriers sont les mains, Fredersen et le scientifique sont les cerveaux tandis que l’élément essentiel (le cœur représenté par le médiateur à savoir Freder) manque pour l’équilibre de la cité.
Bien plus qu’une simple fable moralisatrice à dessein sociologique, Metropolis vaut aussi et surtout pour son introduction de thèmes qui seront constitutifs de nombre d’œuvres science-fictionnelles futures, à savoir l’intelligence artificielle (l’androïde Futura créée à l’image de l’homme qui échappe rapidement au contrôle de son créateur) et la perte du contrôle de l’humain sur les créations technologiques (une thématique largement exploitée qui fut à l’origine de la paranoïa réac’ post-1945). Metropolis ne se voit en rien altérée par le poids des années qui se sont déversées : il conserve son statut d’œuvre fondamentale, de pierre angulaire autant du cinéma expressionniste allemand (dont elle est un des derniers représentants) que du patrimoine artistique mondial (accessit stigmatisé par l’UNESCO notamment). »
tout-un-cinema.blogspot.com
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 17 décembre 2012
Un grand pas pour la technique et le 7ème art. Avant la guerre des étoiles, les premiers grands pas de la S-F était là ; Bien évidemment il y a des faiblesses de rythme, et l’œuvre est si particulière qu'elle peut rebuter, néanmoins pour qui s'intéresse au cinéma, à ses fondements, à ses révolutions organiques et aussi pour l'impact de l'Histoire sur le cinéma et inversement, c'est une référence. Un classique.
konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2017
En 1927 sort Metropolis de Fritz Lang. Un film de son temps autant qu’un film du futur. La science fiction au cinéma n’est pas née avec ce film puisque qu’un certain Georges Méliès s’y était déjà essayé avec brio en 1902 mais Metropolis dictera les codes de ce que sera la SF à l’avenir. Si Metropolis étonne, c’est surtout par sa démesure : 350 heures de rush, 25.000 acteurs et figurants, des maquettes à taille humaine, de l’animation image par image, du feu et de l’eau. Sur la forme, Metropolis inspirera Chaplin pour ses Temps Modernes et donnera le ton au Soleil Vert de Richard Fleischer autant qu’à Matrix et le 5ème Élément. Le thème interpelle également. La déshumanisation de la condition ouvrière est représentée par ces travailleurs marchant au ralenti, le pas saccadé tels de bons petits soldats courbant l’échine. On parlera d’ailleurs d’expressionnisme social pour évoquer ce film. Pour autant, le propos fait débat depuis toujours. À la lutte des classes le film préfère une classe ouvrière docile qui doit attendre le messie qui saura réconcilier le patronat et les laborieux. La rébellion est ici synonyme de chaos et se voit provoquée par le démon. On reprochera au film un ton favorable au nazisme à venir. Metropolis sera d’ailleurs un film de chevet d’Hitler et Goebbels. Reste qu’il s’agit là d’une pièce maîtresse de l’histoire du 7ème art et que le réalisateur a maintes fois crié son opposition au régime nazi. Petit conseil en passant, choisissez bien votre version. Le film a connu bien des péripéties et le film entier est aujourd’hui introuvable. Pour profiter convenablement de ce chef d’œuvre absolu, je vous conseille la version restaurée de 2010 qui dure 2h30.
ASSRANCETOURIX
ASSRANCETOURIX

25 abonnés 319 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2021
Classique des classiques, un des nombreux chef d'oeuvres de Fritz Lang, un eesthétique d'époque époustouflante.histoire un peu alambiquée.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 mai 2017
Ca y est, voilà quelque chose de fait : j’ai vu « Metropolis ». Mais quelle claque… quelle claque ! L’une des meilleures de 2017, si ce n’est la meilleure. Totalement incritiquable, « Metropolis » va passer sous ma très jeune plume, qui j’espère, saura se faire apprécier. Mais par où commencer tellement cette œuvre parfaite, premier film classé parmi les documentaires de patrimoine mondial par l’UNESCO, ne peut échapper à mon engouement et ma vision du cinéma de Lang, et plus particulièrement au cinéma en général ? Cette perfection, on la voit dès le début du générique jusqu’à l’apparition de « The end ». De plus, Fritz Lang, réputé cinéaste travailleur et infatigable (les six cent vingt kilomètres de pellicules utilisés et les neuf mois de tournage ne vont pas dire le contraire !!), maîtrise son sujet et n’en est pas à sa première réalisation. Avant « Metropolis », son onzième long-métrage, d’autres projets de grande envergure (« Les trois lumières », « Docteur Mabuse, le joueur » ou « Les Nibelungen ») sont passés entre ses mains. En 1927, pour les besoins de « Metropolis », trente millions d’euros (d’époque !) sont mis sur la table par la société UFA (principale production allemande). Echec critique et commercial à sa sortie, le film mena la société de production au bord de la faillite. Monsieur Lang, oups !
Pour la version de 2011 que j’ai vue (je me trompe peut être sur la date), la rénovation de certaines images perdues sont insérées dans le film en des zébrures horizontales contenant des coupes partielles dans le montage. Tout d’abord, vous l’avez compris, « Metropolis » a subi de nombreux travaux de restauration. Dans l’histoire du cinéma, aucun métrage n’a subi autant de transformations que « Metropolis » (!). Le film du cinéaste, qui avait nécessité deux ans de travail pour toutes ces raisons, peut se targuer d’être l’un des premiers blockbusters de l’histoire du cinéma, avec les Méliès, autre artisan du genre (« Le voyage dans la Lune », « Le chevalier mystère »…). Premier point important pour ancrer un film dans la mémoire du cinéma. Bravo Monsieur le réalisateur.
Mais concentrons-nous un peu plus sur « Metropolis » mis en scène par un maître de cinéma, Fritz Lang.
Synopsis : en 2026, dans une cité souterraine, des ouvriers travaillent pour le bonheur des nantis vivant dans les jardins suspendus de la ville. Menés par une androïde, les ouvriers se révoltent… .
Thea von Harbou adapte le roman qu’elle avait écrit grâce à son mari Fritz Lang, également scénariste. Sur un fond de science-fiction (dont les codes vont ensuite être repris par Ridley Scott, Verhoeven, Proyas, Spielberg…), maître Lang en profite pour donner une autre dimension au métrage. Conteur hors-pair, le futur réalisateur de « M le maudit » transpose une romance interdite (tragédie), travaille le thème de la religion (toujours d’actualité encore aujourd’hui), de la différence des classes entre bourgeois et ouvriers (également enjeu actuel de notre société moderne) tandis que Madame Harbou, ayant déjà des penchants pour le parti nazi, porte son adaptation sur les prémices de la Seconde Guerre Mondiale. Malgré les différents de Thea et Fritz pour l’écriture du film et pour le visionnage qu’a effectué maître Lang se disant non satisfait de l’histoire adaptée de sa femme, on ne peut que se mettre à genou pour féliciter le travail de précision et d’orfèvre de par la qualité exceptionnelle du scénario, des personnages modernes (à l’image du concepteur de la ville) et des dialogues. Bravo ! A noter que le couple a accouché de quelques métrages dont « Les trois lumières » et « Les espions » avant que Lang ne parte s’exiler à Hollywood.
Et ici, ce n’est pas que le scénario qui est parfaitement maîtrisé. La direction d’acteurs (certes théâtralisée à souhait), les effets spéciaux (décors, costumes), la musique, le noir et blanc…, tout est méticuleusement préparé, travaillé et mis en scène.
Concernant les effets spéciaux, on touche au mythe Lang car l’innovation est de partie. L'équipe a dû inventer de nombreux effets spéciaux. C'est le chef opérateur Eugène Schüfftan (il travaillera pour Carné, Franju), expert et véritable pionnier, qui mit au point un procédé jouant sur les miroirs (l’effet Schüfftan, invention reprise par Sir Alfred dans « Chantage » sorti en 1929, puis par d’autres Harryhausen par la suite) et réalisa des miniatures de la ville parmi d’autres effets. Totalement subjuguant !!
Toujours en parlant d’effets, la chef costumière Aenne Willkomm (également collaboratrice sur « Les Nibelungen ») a dû créer deux costumes différents pour le double-rôle de Brigitte Helm (alors débutante !). Un pour le rôle de Maria, l’autre pour le robot. Un travail extravagant pour une classe indéniable. Robocop peut aller se rhabiller !
Les décors également sont réalistes, tout comme l’ensemble des compartiments dans lesquels se passent l’histoire emmené par le génialissime Lang. Et même s’ils sont simples aujourd’hui et que le metteur en scène a dû faire des compromis, jamais l’essence du scénario ou des personnages n’altèrent le découpage en noir et blanc et donc de la mise en scène de certains de ces décors. L’artiste Lang n’en a que faire et arrive même à se hisser au-dessus de cela grâce aux autres qualités de ce métrage.
Une de ces très grandes qualités, c’est bien sûr la musique fracassante, exaltante et frissonnante de Gottfried Huppertz (compositeur pour « Les Nibelungen »), perdue au fil des restaurations puis retrouvé, incessante mais néanmoins toujours utilisé pour mettre en relief l’histoire. Dramatique, enivrante, nerveuse et donc forcément lancinante et mirobolante, elle est le fil conducteur de « Metropolis ». Le la est donné. Tous mes chapeaux !!, Monsieur le compositeur.
Et pour parler casting, c’est du plus-que-parfait. Maître Lang s’amuse à nous jouer sa partition, car s’il ne faut retenir qu’un acteur, la tâche est complexe étant donné la facette complète des talents (certains débutants d’ailleurs !, d’autres, ami du réalisateur) qui s’ajoutent afin d’emballer ce film. On touche aussi le mythe ici. Brigitte Helm avec son interprétation miséricordieuse et robotique, Rudolf Klein-Rogge, maniaque et allumé est excellent dans son rôle d’inventeur, Heinrich George en surveillant de machine est juste dans sa bonhomie, Alfred Abel charismatique comme il se doit pour son personnage de chef de la ville, Gustav Fröhlich parfait dans le rôle du médiateur… . Tous les talents se conjuguent pour se mettre au service du métrage, languien.
« Metropolis » (1927) est donc avant tout un chef d’œuvre mitonné par un maître, Fritz Lang. Film d’auteur également car concocté par une famille d’artiste (Lang, von Harbou, l’ami Klein-Rogge) et de collaborateurs proches (compositeur, costumière, acteurs). Classique parmi les classiques, ce monument languien du septième art ne se renie pas et se doit d’être vu par tous et pour tout cinéphile que nous sommes.
Spectateurs, attention : « Metropolis » vous rendra …muet !
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