Quand il y en plus, il y en a encore. L’adage est bien connu et Hollywood, en panne d’idées, n’hésite pas à ressasser des recettes (ici des franchises donc) vu et revues mais qui ont fait leurs preuves (en termes de recettes surtout et bien sûr). Le troisième épisode de ladite franchise initiée par Michael Bay (dont il a tourné le premier 1995 et le second en 2003) l’a clairement ressuscitée, juste avant le chaos de 2020 et après plus de quinze ans, en se positionnant comme un étonnant et franc succès au box-office. Les producteurs se sont donc engouffrés très vite dans l’idée d’un quatrième film. Cependant, cinq ans après, elle apparaît plus opportuniste en sortant si vite et plus risquée à cause de ses têtes d’affiches. En effet, Martin Lawrence n’a rien fait d’intéressant depuis et Will Smith est passé par la polémique de la gifle aux Oscars ce qui l’avait fait mettre sur le banc de touche dans le métier depuis. Et, pour être honnête, le début de ce « Bad Boys Ride or Die » fait peur. Très peur. On a droit à un Lawrence en totale roue libre et véritable tête à claques, un Will Smith complètement effacé, des gags puérils et débiles et un début d’intrigue peu convaincant.
On ne va pas dire que tout cela s’efface comme par magie par la suite, le duo d’acteurs semblant vraiment à l’ouest et là pour cachetonner, mais la base du spectacle est présente et plutôt bien exécutée, comme pour le précédent, par le duo de réalisateur belges Adil El Arbi et Billal Falah. Dans la même veine que le troisième, les deux jeunes cinéastes (dont on a mis le « Batgirl » à la poubelle il y a deux ans) s’amusent avec les nouvelles technologies et abusent (un peu) des effets clippesques et tape-à-l’œil fondus dans des couleurs néons et fluos agressives. Cependant, il faut avouer que cela colle bien à la franchise et au contexte de Miami et ce film d’action se voulant fun et contemporain. Ils nous offrent même certains plans assez bluffants et qui en mettent techniquement plein la vue, notamment lors du final qui s’avère plutôt spectaculaire. En gros, le mangeur de popcorn de base devrait y trouver son compte, le tout étant rythmé et parfaitement distrayant.
Ce qui gêne plus dans ce nouvel opus est le manque total d’innovation et d’imagination des scénaristes. L’intrigue est générique au possible et les facilités ou invraisemblances pleuvent. On dirait une histoire pondue par une IA qui recycle ce qui a fait le sel des trois précédents en mettant en notion additionnelle et un peu nouvelle le simple fait que nos deux héros sont désormais en fuite et recherchés. Le méchant a de la gueule sans pour autant être mémorable, les personnages satellites ne sont que purement fonctionnels et la lassitude pointe le bout de son nez. En gros, tout cela menace de devenir rengaine et lassant. Mais le rythme soutenu, quelques gags gentiment amusants contrebalançant d’autres vraiment lourds et immatures (Lawrence en fait des tonnes quand Smith semble absent) et la bonne ambiance générale tout comme le savoir-faire dans l’action sauvent la mise. Maintenant, il faudrait peut-être vraiment songer à arrêter là. On n’est pas au point de rupture et de dégénérescence de la saga « Fast and Furious » mais ça commence dangereusement à y ressembler rayon action.
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