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Peter Franckson
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4,0
Publiée le 17 avril 2021
Le film débute par un bref rappel de l’histoire récente de l’Afghanistan (coup d’état en 1978 par Taraki dont les réformes collectivistes et sociales vont à l’encontre des traditions ancestrales, provoquant une rébellion, ce qui l’oblige à faire appel à l’armée soviétique qui pénètre dans le pays en janvier 1980 et y reste jusqu’en 1989, départ à l’origine de la chute du régime en 1992 et d’une guerre civile permettant aux Talibans, étudiants en théologie, de prendre Kaboul en septembre 1996), racontée par Nurullah, enseignant et père de Parvana, 11 ans. Il a été amputé de la jambe droite pendant la guerre contre les soviétiques. Suite à son emprisonnement par les talibans, Parvana se retrouve seule avec sa mère, sa sœur et son petit frère Zaki. spoiler: La famille se trouve isolée, ne pouvant sortir en ville, faute d’homme adulte comme accompagnateur. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se faire passer pour le neveu de son père en prenant les vêtements de son frère ainé mort à la guerre. Elle peut ainsi ravitailler sa famille (d’où le titre anglais, de soutien de famille, gagne-pain). Un sujet semblable a été traité dans le film de fiction « Osama » (2004) de l’afghan Siddiq BARMAQ. Comme ce dernier, Nora Twomey raconte la situation dramatique des Afghans sous le régime cruel, violent et impitoyable des Talibans. La force du dessin animé est d’associer des scènes réalistes, à vocation documentaire et d’autres, d’une grande beauté graphique, remplies de merveilleux et de fantastique (grâce à la présence d’éléphants, de serpents et de squelettes) et correspondant aux histoires que Parvana raconte à elle-même et son petit frère.
Parler de la guerre en Afghanistan avec des mots et à travers les yeux d'enfants... Une histoire dans l'Histoire. Un film d'animation émouvant avec des personnages attachants. Je vous le recommande !
J’ai trouvé ce film d’animation vraiment bien fait. Un long métrage qui a d’ailleurs été nominé à l’Oscar du Meilleur film d’animation et a reporté les Prix du jury et Prix du public au Festival international du film d'animation d'Annecy. Il remplit bien son rôle en nous faisant voir quelles sont les conditions précaires des femmes en matière de liberté dans certains pays. Il le fait de manière pédagogue afin de pouvoir être vue par les enfants. Il n’y aura pas de violence à proprement parler à part peut-être une ou deux séquences rapides, tout est dans la suggestion et dans l’explication que font la jeune Parvana et sa famille sur leur situation. Afin de mieux faire ressortir cela, on nous glisse dans une famille dont la philosophie est pour l’émancipation de la femme, ainsi le contraste entre les envies et la réalité sera d’autant plus saisissante. Une meilleure explication du contexte politique, qui est ici primordiale, aurait été utile pour ceux qui ne connaisse pas du tout ce qui se passe de l’autre côté du monde. Tout le long de cette animation dramatique, un parallèle est fait entre l’histoire de Parvana et un conte persique qu’elle raconte à son petit frère. On se laissera amener par la magie orientale qui sonnera comme un temps de répit pour une réalité oppressive envers elle. Les dessins sont très agréables et particulièrement bien travaillés. On nous fait voyager à Kaboul. Avec son équilibre juste entre le sombre, la magie et l’espoir, PARVANA s’adapte à un public jeune afin de lui faire passer des messages au premier abord peu évident à transmettre.
Le graphisme tout en douceur et tout en rondeur est une caractéristique des projets auxquels s’est attachée l’Irlandaise Nora Twomey. Dès lors, puisqu’on l’associe spontanément aux aventures d’une famille de macareux (la jolie série pour enfants ‘Puffin rock’ sur Netflix) et à deux magnifiques longs-métrages baignant dans la mythologie celtique (‘Le secret de Kells’ et ‘Le chant de la mer’), on s’attendait moins à la retrouver dans une production autrement plus empreinte de gravité, qui évoque l’épreuve qu’était la vie quotidienne en Afghanistan sous la coupe des Talibans. Parvana est une petite fille de 11 ans, dont la père a été jeté en prison pour avoir osé s’opposer à un milicien et surtout, pour avoir tenté d’instruire les membres de sa famille. Afin de subvenir aux besoins de sa famille (puisque sa mère et sa soeur, plus âgées, ne peuvent sortir sans leur chaperon masculin), Parvana se travestit en garçon et commence à exercer des petits boulots dans les rues de Kaboul. Parallèlement, une fois sortie de la surveillance religieuse et de la violence qui régissent la rue afghane, Parvana retrouve dans l’intimité du foyer la possibilité de rêver et d’inventer, en racontant à son petit frère un conte fantastique plein de dangers, de magie et de monstres de légende. Chacune de ces deux sections possède sa propre identité visuelle : le trait arrondi et tendre qu’on connaît à ces production irlandaises mais avec des couleurs plus ternes, moins éclatantes que d’habitude pour la trame principale, un collage animé aux contours oniriques et aux couleurs enchanteresses pour le monde imaginaire. Chacune possède également sa raison d’être : l’histoire de Parvana prône l’émancipation féminine, par la ruse, l’intelligence et la capacité sans cesse renouvelée à endurer l’oppression ; la fable que la petite fille invente s’efforce de réhabiliter la riche culture populaire et artistique d’une région depuis longtemps perçue comme un océan de barbarie et d’obscurantisme. Ce joli conte féministe et initiatique constitue une introduction réussie, pratique et romanesque, à la fois au combat pour l’égalité et à une culture méconnue.
Ce dessin animé ,,parvana'' irlandais, canadien et luxembourgais de 2017 est un film triste et qui montre la réalité, l'histoire c'est: Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. C’est le régime taliban, son père ancien professeur devenu lecteur et écrivain public lui raconte des histoires. Un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme sous ce régime, on ne peut plus travailler, ramener de l’argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se travestir en garçon, de se couper les cheveux pour venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d’être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père.
Le film de Nora Twomey est l’adaptation d’un livre jeunesse de Deborah Ellis, écrit à partir d’entretiens extensifs avec des femmes et des filles rencontrées dans des camps de réfugiés au Pakistan. Le pays est superbe à travers l’animation, à l’image du marché de Kaboul vivant. Une véritable ambiance se dégage. Les émotions sont variées entre dépaysement, angoisse et tendresse.
Une fable bouleversante, qui a toujours la bonne distance entre réalisme et merveilleux. Parvana est un conte merveilleux sur l'émancipation des femmes et l'imagination face à l'oppression. Chronique la vie sous le joug taliban avec une âpreté inattendue. La tension est permanente, une action aussi banale qu’aller chercher de l’eau au puits dans la rue peut se transformer en danger mortel. Les traces de la guerre sont partout, avec les maisons en ruine, les carcasses de chars, et une poussière omniprésente qui recouvre Kaboul comme un linceul. Les rondeurs du dessin, aux traits volontairement naïfs, contrastent intelligemment avec la violence des situations vécues par Parvana. La belle idée de Nora Twomey c’est d’ouvrir son récit, parfois éprouvant, vers la fantaisie. Pour s’évader de sa maison devenue prison, Parvana raconte à son petit frère la légende de Souleymane, un prince chevaleresque aux prises avec un roi éléphant très cruel, un combat fantasmagorique qui fait écho à la propre lutte des Afghans contre l’oppression. La réalisatrice l’illustre à la manière le conte, avec une frénésie de couleurs qui triomphe de la noirceur du quotidien. Elle signe un plaidoyer pour la culture et pour la mémoire, sources de résistance à l’obscurantisme. Et un éloge vibrant de l’imaginaire qui nous console de la réalité, tout en nous inspirant pour la rendre meilleure. C’est une fable poétique et politique qui suit le combat d'une fillette pour retrouver son père sous le joug taliban.
Un film d’animation grave et poétique, moi spectateur européen, je mesure mal l’horreur du régime taliban pour les femmes et tout ce qui représenter la culture. Parvana est très courageuse mais je doute que ce soit la mémoire des jours anciens merveilleux qui sauve ce pays de l’extrémisme religieux et de la guerre.
Pour avoir été emballée par les deux premiers films "Brendam ou le secret de Kells" et surtout, surtout "Le chant de la mer", j'allais voir ce troisième film avec impatience. Et je ne suis pas ressortie déçue ! Quelle beauté, quelle intelligence et quelle profondeur, et quelle simplicité ! C'est déjà ce que j'avais adoré dans le Chant de la mer : la pluralité, la richesse des thèmes abordés qui permet de voir le film à différents âges et avec de multiples lectures. Et peu de réalisateurs seraient capables de rendre accessible (avec des moments de poésie, des moments drôles) un tel sujet sans faire un film pesant, accablant dont on ressortirait le coeur lourd. Ici la double narration avec une deuxième technique d'animation permet d'introduire drôlerie, poésie, vision de l'histoire. Et le choix du doublage des voix en anglais mais avec un accent oriental fonctionne parfaitement. J'espère que cette année, le réalisateur obtiendra l'Oscar de l'animation qu'il avait raté, hélas, pour le Chant de la mer. Bref, courrez voir ce film (avec des enfants dès 8 ans) avant qu'il ne disparaisse de l'affiche. A la rentrée, il sera sans doute trop tard pour le voir sur grand écran.
On a mal au coeur pour les Afghanes en regardant "Parvana", c'est poétique et poignant, en revanche je trouve que la fin de ce film d'animation n'est pas terminé, je suis un peu resté sur ma faim.
Parvana n'est pas un film d'animation à mettre entre toutes les mains. Le contexte de l'histoire est dur, cruel, injuste. Certes, cela est amené avec un certain tact mais attention toutefois à ce contexte très anxiogène, très négatif (on sent bien le danger permanent qui plane au dessus de l’héroïne et sa famille : la faim, le manque d'argent, les Talibans qui rôdent, la domination masculine et l'asservissement des femmes,....).
Un film absolument bouleversant de vérité. Visuellement magnifique, la réalisation est parfaite, le film profond et les acteurs époustouflants. Pas vu un film aussi vrai depuis le Tombeau des Lucioles.
Ce film d'animation est un chef d'oeuvre à voir et à revoir. Une leçon de tolérance aussi et le rappel d'un combat à mener sans cesse contre l'obscurantisme.
Comment conter la bêtise d’une société dominée par des pensées détournées aux fins de surmonter les frustrations de mâles, lâches par nature ? Les conséquences dans le quotidien de ces populations sont désastreuses où pourtant survie l’espoir d’un jour meilleur, et la débrouillardise audacieuse de jolies personnalités libres et téméraires, comme Parvana. Tragique histoire, mais un conte plein de poésie pour autant. Un dessin animé généreusement couronné par la critique et primé à plusieurs reprises, ce qui est bien mérité.