Il est étonnant que ce ne soit pas "Revenger" qui ait été choisi comme étendard par celles et ceux qui prétendent défendre la cause des personnes LGBTQ. Si "Emilia Perez" n'est pas dénué de qualités artistiques, "Revenger" en est non seulement bourré, mais les motivations de la transition de genre, dans ce film de Walter Hill, étaient certes terrifiantes, mais bien plus vraisemblables. En outre, le duo joué par Sigourney Weaver et Michelle Rodriguez, est tout simplement éblouissant, et dépasse de loin les performances d'aucun acteur présent dans "Emilia Perez". Le plus gros des paradoxes à propos du film de Jacques Audiard reste quand même que beaucoup parmi celles et ceux qui ont récompensé le film, ont affirmé l'avoir fait pour défendre la cause LGBT. Or la communauté LGBT, elle-même semble ne pas avoir apprécié le film. - D'un point de vue de la vraisemblance, "Revenger" avait donc tout pour être cet étendard de la cause LGBT. Il avait d'ailleurs tout simplement toutes les qualités le rendant éligible au titre de chef-d'œuvre. D'abord, ses dialogues. Ils sont tout simplement grandioses lorsqu'ils mettent en présence la docteure. Ensuite, la stylisation. Tant dans la forme que dans le fond. Certaines scènes rappellent la forme originelle de l'intrigue : la BD. Mais ce choix stylistique bédéèsque reste en phase avec le fond, car il surligne chaque fois des moments forts de l'intrigue. La cerise sur le gâteau reste quand même la question philosophique que pose l'histoire : Si on peut changer de sexe, voire de genre, peut-on changer son être, ce qui n'est pas toujours, mais souvent, la motivation ultime de la personne souhaitant la transition ? Une autre réflexion doit être faite à propos de "Revenger". L'équipe française distribuant le film en France, a choisi de traduire le titre anglais originel "The Assignment" par cet autre titre anglais "Revenger". En faisant cela, elle commet trois erreurs. La première est qu'elle sous-entend que le génie de la langue française est incapable d'apporter une solution à une difficulté de la langue anglaise. Une telle réflexion relève autant de la paresse que de la sottise. Les deux autres erreurs relèvent, elles du double spoiler. Un crime censé être sévèrement puni sur ce site. Le 1er spoiler consiste à divulgâcher l'existence d'un acte de vengeance. Alors que le titre anglais ne focalisait que sur la mission. Le 2ème spoiler est dans l'usage du "re", sous-entendant l'existence d'une double vengeance, ou d'une entreprise de représailles à la vengeance. Bref, pourquoi diantre, faut-il faire simple, quand on peut faire compliqué ? Le titre "La Mission" ou "Le Contrat" coulait de source. Et à ceux qui objecteraient que ces deux titres avaient déjà été utilisés comme titre pour des films sortis en France, il leur serait rétorqué : So f.... what ? Le titre "The Assignment" lui aussi, avait déjà été utilisé par un film anglo-saxon. Bref, ce n'est ni la rigueur critique, ni la rigueur artistique, et encore moins la rigueur linguistique qui semble étouffer celles et ceux qui pensent constituer nos élites du cinéma.