Michael F...ING Bay !
Je vais faire acte de contrition. J’ai longtemps exprimé beaucoup de mépris pour l’« œuvre » de Michael Bay. J’ai longtemps cru qu’il s’était gouré de carrière, qu’en fait il voulait être artificier mais que quand la conseillère d’orientation lui a dit « mon petit Michael, tu seras dynamiteur », il a compris « réalisateur ». Bref, en 2022, il ne reste plus beaucoup d’artistes comme Michael Bay.
Le pitch est simple, ça fait partie de la démarche artistique du bonhomme. Un type sympa a un frère cambrioleur de banques et comme il a besoin de thunes, il va rentrer dans ses combines. Bien sûr, le coup se passe mal et les deux se retrouvent à kidnapper un flic blessé et une ambulancière dans une grande virée à travers la ville, poursuivis par des centaines de flics, le SWAT, des hélicos, les chaînes de télé.
Accrochez-vous les amis car quand c’est parti, ça ne s’arrête plus. Vous voilà en plein cœur d’une expérience artistique et sensorielle qui n’a plus son pareil en 2022, un truc à 100 %. Au moins. Si il y a un plan tarabiscoté et pété du casque à faire, il est dans ce film. Tout semble filmé au drone. Ça virevolte, au ras du sol, du haut des buildings de LA, autour des personnages, des grosses bagnoles, des petits culs des jolies filles. Les cadavres s’accumulent comme les syncopes des spectateurs épileptiques. Ça explose de partout avec des vrais morceaux de flamme dedans et de la vraie tôle déglinguée et de vrais véhicules qui sautent sur des tremplins. Les dialogues, poésie minimaliste, mettent en avant les vraies valeurs de l’art intègre. Si vous ne savez pas ce que ça veut dire, lui non plus. Mais il s’en fout Michael car il vit pour la beauté de l’art et il sent les choses. Toutes les choses comme le gasoil et la sueur. Rebelle perdu chez Norauto, Michael refuse tout compromis et il bouffe des infographistes au petit dèj entre deux lectures de traités sur la violence dans la société post-moderne et sur le changement climatique. Il est comme ça Michael. Il n’a pas besoin de l’approbation de Télérama pour savoir qu’il est un artiste libre. Car la liberté en 2022, c’est de faire des montagnes de carcasses de bagnoles pour le fun.
Bon. Et tout ça pour dire quoi ? Pour dire que ce film fait du bien. Que ce projet extrême remet l’église au centre du village. Qu’on peut encore faire du cinéma comme il y a 20 ou 30 ans. Qu’on n’est pas obligé de se farcir des types en collants avec des pouvoirs de Thermomix chez Marvel ou autre usine à niaiseries. Non, vraiment, merci Michael.