Moi Nojoom, 10 ans et divorcée
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Lucie G.
Lucie G.

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4,5
Publiée le 3 novembre 2016
A sa naissance, l'enfance de Nojoom est déjà tracée : spoiler: lorsque son frère annonce fièrement « on l'appelle Nojoom (= les étoiles) ! » et que son père réplique « Elle s’appellera Nojoud (= qui se cache). »

Le scénario, adapté du livre « Moi Nojoud, 10 ans, divorcée », est très parlant et émouvant ; les actions parfaitement réparties nous procurent une émotion constante, surtout par rapport à la première partie, spoiler: celle traitant de son enfance qu'elle se fait voler, petit à petit…
Ce film nous fait voyager, les plans sur les visages et les paysages sont très beaux, les couleurs sont inhabituelles car elles sont celles d'un pays pour le moins méconnu. Je regrette les quelques problèmes de réalisation que l'on a pas envie de retenir, lorsqu'on connaît les conditions de tournage et la grande volonté de la réalisatrice, Khadija al-Salami, elle même mariée à 11 ans. En effet, ce film a dû être tourné clandestinement, les acteurs n'ayant même pas de scénario, par mesure de confidentialité vis-à-vis du gouvernement yéménite, à qui la réalisatrice a du mentir pour obtenir une autorisation de tournage dans le tribunal, la seule qui lui aura été accordée. Le tournage s'est fait en majeure partie sur des lieux sans électricité, où la population était méfiante et haineuse (l'équipe s'est faite accusée de meurtre) ; ils se sont vus obligés de détruire beaucoup d'images, et, à la sortie du film, émigrer en France, Belgique et Canada pour éviter les poursuites judiciaires.
Le montage est décevant, il est mal géré, avec des séquences beaucoup trop longues ou trop courtes, et des erreurs de raccords (en grande partie dus au tournage difficile). Les décors sont sublimes et surprenants, la plupart semblent avoir été créés en studios tellement ils sont atypiques, car provenant d'un autre culture.
Le personnage de Nojoom m'a touchée, même après une 2e vision de film, je m'en remets difficilement car on se sent impuissant face à la réalité qu'on nous expose. Je trouve dommage que ce film soit difficile d'accès en France (car très peu de projections, seulement 5 jusqu'à maintenant) même si l'on garde espoir après une sortie officielle au Canada début octobre et aux 17 prix remportés partout dans le monde.
Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée nous renvoie forcément au film Mustang de Deniz Gamze Ergüven sorti l'année dernière car traitant de la même cause, mais Nojoom se démarque par une plus grande honnêteté et sensibilité. Il sonne plus « vrai » et moins commercial car celui-ci est tiré d'une histoire vraie, celle d'une petite fille au même nom.
J'ai beaucoup aimé ce film, au point de retourner le voir au cinéma dès que j'ai appris sa diffusion, je le conseille fortement.
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