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3,0
Publiée le 23 mai 2026
Avec Meurtre dans un jardin anglais, Peter Greenaway transforme le film à énigme en exercice de composition plastique d’une sophistication presque obsessionnelle. Chaque cadre semble pensé comme une peinture vivante, où la géométrie des jardins, les costumes et les corps deviennent les véritables sujets du film bien plus que l’intrigue criminelle elle-même. Le langage extrêmement théâtral et la sécheresse volontaire du jeu participent à cette sensation fascinante d’assister à une œuvre qui dissèque le regard, le pouvoir et la représentation avec une froideur méthodique. Pourtant, derrière cette virtuosité formelle et cette intelligence conceptuelle indéniable, le film paraît parfois davantage admirer son propre raffinement qu’habiter réellement ses personnages ou ses émotions. Une œuvre visuellement captivante et intellectuellement stimulante, mais dont l’abstraction précieuse finit par créer une distance presque clinique.
Un film qui se veut artistique alors qu'il n'est qu'ampoulé et prétentieux. Certes, les décors sont très bien cadrés, mais ce mélange de logorrhée, de musique répétitive et de film expérimental au milieu du XVIIème siècle (avec cette statue vivante qui n'apporte rien) est vite lassant et incompréhensible.
Un grand classique du cinéma anglais qui a bien vieilli. Une sorte d’intrigue policière dans la haute noblesse anglaise au XVIIe siècle . Une sorte de « Barry Lindon », un peu plus azimuté, avec un jeune et séduisant peintre dessinateur pris au piège de marchandages lubriques. On lui demande de dessiner tous les contours d’un beau manoir, en deux séries de 7 dessins, mais sur les esquisses apparaitront des indices d’un meurtre en train de se programmer, un complot familial. Scénario un peu diabolique, bien mené, séduisant, on passe de tableau en tableau, comme dans un labyrinthe géant, avec des personnages un peu décadents , voir pervers. Magnifiques costumes et maquillages, incroyable travail, et parfois des dîners aux chandelles , avec éclairage naturel , très soigné, pictural. Tout l’éclairage est d’ailleurs de haut niveau, s’approchant de la peinture. Très bons acteurs aussi pour ce grand classique du cinéma anglais et Peter Greenaway un grand réalisateur, atypique et original.
"Meurtre dans un jardin anglais" m'avait fortement impressionné quand je l'avais vu en salle en 1982, si le revoir n'a pas été générateur de déception, ça n'a pas été à nouveau le coup de cœur. Le film reste très beau, on ne peut qu'être émerveillé par la qualité des plans mis en images par Peter Greenaway, les musiques formidables de Michael Nyman sont pour beaucoup dans la fascination que le film exerce, mais il y a des tunnels de dialogues. Si au début on s'amuse de leurs hypocrisies et méchancetés précieuses - on se rapproche fortement de ce qui a été fait plus tard dans "Ridicule" de Patrice Leconte -, le procédé devient vite redondant et quelque peu lassant. Greenaway a beau s'efforcer à dynamiser son film en jouant avec les spectateurs - la statue -, en émaillant son propos d'une dimension policière, il échoue à créer le suspense et à faire des indices dans le jardin une sorte de jeu à la Cluedo. Du coup tout cela devient un peu vain et n'apporte au final pas grand chose. "Meurtre dans un jardin anglais" n'en demeure pas moins un exercice de style d'une beauté visuelle et sonore confondante, un film qui n'a aucun équivalent.
Ce curieux film à énigme, qui se passe intégralement dans un domaine de la noblesse Anglaise dans la seconde moitié du 17ème siècle, vaut essentiellement par ces deux qualités : la beauté picturale et léchée des plans, d’intérieur comme d’extérieur, et - surtout - celle des dialogues mondains en langage précieux et châtié de l’époque (du moins on le suppose). Il est tout à fait jubilatoire d’entendre s’exprimer ainsi, avec tous les doubles sens et les contournements possibles, de telles trivialités et idées licencieuses. Les jeux pervers et la manipulation sont le cœur d’une intrigue complexe, sur laquelle, pas plus que sur le mystérieux personnage qui apparaît de temps à autre, le cinéaste ne livrera, chose quelque peu frustrante, d’éclaircissement complet. Un film jouissif, purement intellectuel, qui donne quand même l’impression de viser l’élitisme et l’autosatisfaction.
Comment ne pas être interpellé par ce film décrivant avec autant d'acuité - et de cynisme - la bourgeoisie anglaise du XVIIe siècle. C'est brillant d'intelligence, les décors sont fabuleux, idem pour les costumes, les dialogues sont ciselés et le scénario implacable. Quant à l'atmosphère, tellement britannique dans ce qu'elle peut avoir d'exécrable, c'est juste jubilatoire ! And "last but not least", la musique de Michael Nyman qui confère à ce film une énergie toute particulière !
Ce qui m'a frappé d'entrée, c'est le langage utilisé. Qu'on s'entende bien, il y a la littérature et le théâtre. Dans ceux-ci les auteurs du 17ème et du 18ème siècle font parler leurs protagonistes comme ils devraient le faire eu égard à leur rang, mais non comme ils parlaient réellement. Le cinéma n'a nul besoin de ces artifices surtout trois siècles après. Ces joutes oratoires ampoulées n'aident pas à entrer dans ce film Alors c'est long, ça se traine, ça raconte n'importe quoi (un peintre paysagiste n'a pas à demander qu'on lui dégage le panorama de ce qui es inutile, il sait faire avec) L'histoire elle-même n'a rien de passante et l'intrigue (si, si, il parait qu'il y en a une) est incompréhensible) Alors bien sûr on peut gloser sur les décors, les costumes, le cadrage, l'éclairage, mais est-cela qui fait un film ? Force est de constater que Greenaway n'a pas su raconter son histoire
Il y a tout : l'histoire, la réalisation, l'interprétation, la musique... Tout est parfait dans ce film, et je regrette qu'Anthony Higgins, tres brillant dans le rôle principal, n'ait pas percé davantage.
Blâââ, blâââ, blâââ, blâââ, blâââ… avec la prosodie supposée (car jamais entendue) de la noblesse caricaturée du 17e siècle. Et c’est comme ça tout du long du film, sur un scénario invraisemblable, farci de dialogues aux répliques interminables et absconses, de vulgarités et surtout sans enjeu hormis les pulsions sexuelles des uns ou des autres, ce qui ne fait pas un film digne de ce nom. Devant un tel navet, on finit par s’ennuyer ferme, pour ne pas dire plus.
Voila un film complètement dingue, spoiler: avec des hommes la gueule enfarinée, des envies très volage de certaines dames, un meurtre dans un jardin anglais, un dessinateur outrageusement victime d'un sordide complot, et un homme tout nu qui apparaît ici et là... Vous avez dit dingue ?
Une pure merveille, un plaisir de tous les sens et de tous les instants. Tout le XVIIIe siècle est dans ce film (même si l'action se passe en 1695). Merveille visuelle, merveille auditive, merveille d'intelligence, de sous-entendus et d'érotisme. Avec un manneken-pis vivant et doré qui en remplaçant une obélisque apporte une petite touche surréaliste. L'équivalent cinématographique très british des liaisons dangereuses. A classer dans les 10 plus grands films juste derrière Barry Lyndon.
Une photo comme des tableaux. Du venin. Des anglais. (Pléonasme). 35 ans avant La Favorite, Peter Greenaway signe l'un des meilleurs films d'emprise de tous les temps. Qui gravite tout là haut aux côtés de The Servant, Mademoiselle ou Harry un ami qui vous veut du bien.
Voilà un film très original, quasi expérimental, où la sensibilité britannique du réalisateur Peter Greenaway exprime sa propension, voire sa fascination pour les films picturaux. Ici c’est une comédie dramatique teintée d’érotisme et de cruauté dans le monde de l’aristocratie anglaise du XVIIe siècle. Le film est beau à regarder et son esthétique semble sortie tout droit de tableaux et sa musique lui va à merveille. Le spectateur est cependant abreuvé de dialogues ennuyeux et submergé de « Madame » et de « Monsieur » pompeux assénés dans chaque phrase avec outrecuidance et effronterie. La forme semble prendre le dessus sur le fond et cette histoire de meurtre s’enlise dans un scénario abscon et une fin sibylline.