Okja conjugue tendresse, grotesque et horreur et nous raconte une prise de conscience sans verser dans du manichéisme primaire. Je sais que sur ce dernier point beaucoup trouverons à y redire notamment au vue du traitement de certains personnages, mais pour moi sa nuance et le degré de son ton casse toute idée rectiligne condescendante et pédante à ce sujet.
Le sixième film de Bong Joon-ho tout droit sortit du Netflix m'avais complètement subjugué il y'a quatre ans, date à laquelle j'avais déjà pu croiser la route de ce cinéaste mais dont je ne maitrisais pas encore toutes ses aspérités. Une fois encore, Okja m'a vraiment enthousiasmé.
Le film débute par une introduction qui donne des cartes, présente sous un angle burlesque une donnée et prend son temps ensuite pour nous faire comprendre ses " subtilités " dirons-nous. Dans l'immédiat, on se focalise sur les liens qui se tissent entre ce cochon un peu hors norme et cette jeune fille et forcément, on se prend d'affection d'entrée de jeu pour ses deux là. On rit beaucoup, comme souvent chez Bong Joon-ho, les situations s'y prête, que se soit gras ou plus fin, je prend. Il se trouve que dans ses espaces se niche une complicité qui délivre une émotion un peu plus enfouit et qui prendra de l'ampleur à mesure, lors de séquences ou l'on arrête de rire pour céder à l'effroi ...
La première partie en Corée commence sa bascule une fois débarqué à Séoul. La course de Mira dans les rues rejoins par Okja et ses poursuivants en touts genre officie comme une transition qui nous fait passer dans l'action et nous sort de ce cadre paisible des montagnes initiales. Bong Joon-ho œuvre dans le pied de nez une fois encore avec Annie's Song de John Denver dans ce Store entre attaque ciblée contrée par des parapluies multicolores comme gage symbolique et jouasse mais qui ne trompe néanmoins pas ce que l'on devinne derrière cette parade.
La seconde partie embrasse sa condition de prendre à bras le corps la retranscription de la lutte à l'instar de Snowpiercer ou The Host, autre films ancrés dans un coin de ma tête, revu il y'a un mois pour le premier, trois pour le second. On se mange absolument tout, les larmes de nos protagonistes sont évidement les nôtres. Je n'en dirais pas plus ...
Pour ce qu'il en est des comédien.e.s de ce film, ils et elles sont tous exaltés par l'étendu de cette histoire qui en a à raconter. Tilda Swinton dans son double rôle retrouve la caméra du cinéaste, elle se distingue pour moi significativement lors du comité restreint avec ses fidèles ou elle expose ses rêveries entre idéalisme et cynisme sous couverts d'une étude en victimisation comme explicatif de son mouvement. A la touchant et flippant ! Jake Gyllenhaal et Paul Dano quand à eux se retrouvent après Prisoners et changent complètement pour l'un et pour l'autre de registre à leurs guises et se construisent des filmographie exceptionnels ! Byeon Hee-bong, Steven Yeun, Giancarlo Esposito viennent quand à eux s'inscrire dans le décors dingue des productions du Coréen.
Evidemment, je garde sous le coude mes éloges à son interprète principale, Ahn Seo-hyeon qui accapare l'écran et démontre un talent immense. J'espère la revoir avec les manches retroussées comme ce fut le cas ici !
Un film humain et beau même dans son horreur. Personnellement, Okja fais partie des films qui ne peu que me parler, un peu durement je le reconnais ... Néanmoins, Bravo et Merci.