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Carlos Stins
88 abonnés
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4,0
Publiée le 17 septembre 2017
Film social poignant qui a valu à Ken Loach sa deuxième palme d'or, "Moi, Daniel Blake" ne m'a vraiment pas déçu. Ken Loach est avant tout un grand humaniste et il le montre une nouvelle fois en livrant un film fort qui met en scène des personnages magnifiques. Le réalisateur britannique aime ses personnages, les filme avec beaucoup d'élégance, avec un regard empli de compassion ce qui a pour effet de faire adhérer immédiatement le spectateur à la lutte de ce héros des temps moderne. Car c'est bien ce qu'est Daniel Blake, un héros au courage et à la détermination qui force le respect, un homme qui brille par son humanité et dont le combat est révélateur des dysfonctionnements d'une société de moins en moins humaine. Le film doit beaucoup à son interprète principal, un certain Dave John, dont c'est le premier film en tant qu'acteur et qui livre une performance titanesque. Il est vrai qu'à certain moment, le film tombe dans la facilité et amène l'émotion de manière un peu lourde mais ça n'efface pas la démarche profondément honnête de Ken Loach. "Moi, Daniel Blake" n'est pas un film sans défaut, mais c'est un film à la puissance émotionnelle rare, un film social ultra réaliste porteur d'un message magnifique et de scènes inoubliables.
On ne peut qu'être admiratif devant l'opiniatreté de Ken Loach, à 80 ans, de garder intacte sa capacité d'indignation et son envie de dénoncer les inégalités sociales. Cependant, son dernier film est avant tout une oeuvre cinématographique appelée à être jugée sur cet aspect là des choses. Et c'est là que tout se gâte : scénario totalement convenu, situations caricaturales et surtout tellement téléphonées, réalisation anonyme qui, du coup, a du mal à susciter l'empathie et l'émotion. Restent deux superbes interprètes dont on regrette que le jury cannois n'ait pas reconnu le talent plutôt que de remettre la Palme d'Or, récompense suprême à un film qui n'en méritait vraiment pas tant.
Ken Loach a encore frappé ! A voir absolument sauf si vous êtes aveugle ou sourd et ne voulez ni voir ni entendre la réalité du monde avec cette façon exceptionnelle de mettre de belles images sur une violence ordinaire... et qui n'est pas qu'anglaise, tant s'en faut...
Joli film. Emouvant. Avec quelques facilités quand même. Un poil lacrymal faut bien le dire. Mais vraiment prenant dans son ensemble. Avec quelques scènes poignantes et justes ! Loach a son meilleur, sans aucun doute
Attention ce film n'est pas un documentaire contrairement à la crédibilité du scénario et l'interprétation des acteurs... Bref, c'est un portrait au vitriol de notre société contemporaine qui broie tout ce qui dépasse, peu importe la sincérité et l'honnêteté de ceux qui dépassent... Magnifique film à tous égards ! Puisse t'il réveiller ou encourager la conscience de chacun afin que le monde change un peu ; c'est l'ambition et le rêve du cinéma, non :) ?
Un très bon Ken Loach qui retrouve ici toute sa verve. Les personnages sont vrais et attachants (bravo aux acteurs!) et on s'immerge immédiatement dans ce milieu social des laissés pour compte de la société. Le parcours du combattant de Daniel face à une administration ubuesque et absurde est digne d'un film d'anticipation mais c'est pourtant la réalité de l'Angleterre d'aujourd'hui, avec son Pôle Emploi privatisé et déshumanisé. KL réussit à nous divertir tout en dénonçant l'inacceptable et c'est comme cela qu'on l'aime.
Contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire que le marché du travail est meilleur en Angleterre qu'en France ce film montre que le traitement du chômage y est aussi inhumain. Mais il risque de faire perdre espoir de s'en sortir aux chômeurs alors que la solidarité n'est pas toujours vaine.
Un bon petit film tourné avec des acteurs inconnus et une histoire qui se tient du début à la fin, avec de l'émotion, de la dureté de la vie moderne, beaucoup de générosité dans ce film, le personnage principal est attachant.
Je recommande fortement ce film, ce n'est pas du grand cinema c'est la realité, celle que nous ne voulons pas ou plus voir. Les acteurs sont epoustoufants.....ce film des millions de gens le vivent tous les jours, cela m'a mis une belle claque emotionnelle, un dur retour à la réalité....mais un excellent film tout simplement
Même s'il nous montre une situation, un monde auxquels personne ne souhaite être confronté, ce film touche par ce qu'il nous raconte, par ce qu'il nous dit de ce qui nous menace, par ce que nous nous identifions à ses personnages et par l'émotion qui peut saisir chacun de nous lors de certaines scènes tellement c'est possible, tellement c'est vrai. Déprimant mais très utile.
Date de sortie 26 octobre 2016 (1h 41min) Comme tous les films (ou presque) De Ken LOACH , il s'agit d'un film social riche en détail sur la vie d'aujourd'hui et fort . Interprété avec justesse par Dave JOHNS , Hayley SQUIRES et Dylan McKIERMAN. Un film dur sur la réalité sociale en Angleterre (comme ailleurs) .
Si j'avais un porte-avion à amarrer, je ferais appel à Ken Loach, parce qu'avec de si grosses ficelles j'aurais l'esprit tranquille que mon bateau ne risquerait pas de se faire la malle! Une Palme d'Or à l'évidence politique, une de plus, pour un film certes bon mais tellement manichéen qu'il finit par en perdre tout crédit et tout réel potentiel de dénonciation pour finalement lasser voir agacer plus qu'autre chose.
Un film très engagé pour une cause noble et dénonce le système conservateur et libéral de la Grande-Bretagne. Il dénonce également le "tatcherisme". Il montre comment l'entre-aidé est pénalisé dans les pôles emplois et comment dans un désespoir accru des femmes se laissent prendre dans la prostitution.
En mai dernier, quatre ans après « La Part des Anges », Ken Loach frappe de nouveau un grand coup au festival de Cannes en remportant la Palme d’Or. Avec « I, Daniel Blake », celui qui a eu 80 ans en juin nous livre une œuvre aussi magnifique que bouleversante, sur fond de critique sociale. A travers ses personnages, le réalisateur exprime toute sa colère et sa compréhension d’un monde trop souvent oublié et pourtant si proche, en frappant un grand coup de poing sur une table demeurée jusqu’ici presque intacte. Bouleversant, le film ne recherche pas la fioriture et dégage une incroyable sensation de pureté et de pudeur. Le tout, avec une justesse et une finesse épatante, qu’une Palme n’aura jamais si bien récompensé depuis « Le Ruban Blanc ». La mise en scène aura également le mérite d’effacer le semblant de démagogie et le manque de surprise d’un film qui révèle deux formidables talents au monde cinéphile.
Très peu connus du grand public, Dave Johns (humoriste notoire outre-manche dont il s’agissait du premier rôle dans un long-métrage) et Haylen Squires (Bientôt dans « A Royal Night Out ») nous livrent une interprétation poignante, sur fond d’une bande originale cohérente.
On en ressort remué, presque indigné, mais pas désespéré. Un film qui, en plus d’en être le sujet, a du cœur.
Écran noir, deux voix se répondent sans que le spectateur ne soit autorisé à voir depuis quels visages elles sont lancées. Un personnage prend la parole devant une assemblée silencieuse, termine son allocution et se déplace nerveusement jusqu'à sortir du cadre en flou. Écran noir. Les scènes d'ouverture et de fermeture de Moi, Daniel Blake, dernier film de Ken Loach, l'expérimenté cinéaste anglo-saxon chantre des opprimés d'outre-manche, ne suffisent pas à dire la puissance ni l'efficacité des stratégies déployées par l'auteur.
Il serait réducteur de considérer le film comme un simple pamphlet, manifeste s'érigeant contre l'oppression exercée par une administration sclérosée à l'encontre de ses administrés. Bien sûr, on sourit jaune, franchement, à force d'observer ces porteurs de cravate ou de tailleurs s'obstiner jusqu'à l'absurde dans l'exercice de leurs fonctions de bureau. Bien sûr, Loach n'est pas tendre avec le libéralisme ambiant sur son île, et rien n'est fait pour qu'on approuve la privatisation du système de gestion du chômage. Daniel et Katie s'échinent pour vivre dignement dans une certaine indifférence et l'empathie fonctionne à plein.
L'essentiel est peut-être ailleurs, néanmoins, dans la très belle capacité du film à représenter le mouvement perpétuel que constitue la vie de tout un chacun. Un simple mouvement de caméra, un léger changement d'atmosphère impulsé par la mise en scène, le son, l'image, un écho révélé par le montage et qui confère une densité particulière à de simples gestes ou objets, quelques personnages indécidables et errant dans leur vie... ici règnent l'implicite et la sensation du réel. Le film regorge de ces subtilités qui construisent discrètement des situations apparaissant alors comme des évidences pour un spectateur comblé, animé et mû par le sentiment d'avoir compris comment le monde fonctionne.