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Denis Delrue
4 critiques
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5,0
Publiée le 30 mars 2026
Comme toujours avec Ken Loach, on est plongé au coeur de le vie des pauvres gens. Ici, Daniel Blake se bat contre une administration kafkaïenne qui l'oblige à reprendre le travail alors que le corps médical lui interdit de le reprendre. On voit ici que le système Anglais est largement plus mal foutu que le notre, ce qui n'est pas si facile ! Un film excellent, comme tous ceux de Loach, qui nous secoue énergiquement et nous laisse un sale goût dans la bouche...
Le réalisateur Ken Loach signe un drame social poignant montrant du doigt la déshumanisation des services de l’administration anglaise. Loin de faire dans le misérabilisme, le cinéaste dresse un portrait plein de dignité et de justesse d’une partie de la population souhaitant être traitée en être humain.
TINA: There is no alternative, il n’y a pas d’alternative au système néo-libéral, disait Mme Thatcher. Daniel Blake, n’est plus utile au système, il sera broyé. En attendant, il aide Katie, une mère célibataire dans la m.…, encore plus à la peine que lui. Seule la solidarité de classe peut changer le monde, voilà le message politique de ce film. Mais il y a aussi les personnages qui emmènent le film bien au-delà du documentaire. Palme d’Or bien méritée à Cannes 2016.
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3,5
Publiée le 13 mars 2025
Terrifiant en soi de constater qu'une dègradation sociale puisse être à ce point lourde de consèquences! Personne d'autre que Dave Johns n'avait l'envergure d'interprèter Daniel Black à l'ècran! Et on se demande comment Ken Loach fait pour dènicher des talents aussi formidables au point de vivre leur vie et leur dèsarroi! Plus qu'aucun film, "I, Daniel Blake" (2016) embarque vraiment le spectateur dans une descente aux enfers administrative qui n'est pas d'opèrette! Une certaine absurditè du système actuel en Angleterre, mais cela pourrait être chez nous ou ailleurs sans problème! L'èmotion croissante doit autant à la crèdibilitè du cadre qu'au rèalisme mèthodique de Loach et au talent des comèdiens! Une Palme d'or profondèment humaine avec des êtres qui tentent de garder leur dignitè jusqu'au bout! Mais que c'est difficile de passer au dessus d'une sociètè technocratique qui n'entend rien et qui broie tout façon puzzle sans y laisser des plumes...
« Moi, Daniel Blake » est l’un des films les plus touchants que j’ai vus et je pense qu’il mérite amplement ses nombreux prix. Je l’ai vu avec ma classe au lycée et beaucoup semblaient très émus et pris par le film, c’était vraiment sympa à voir, car d’habitude la moitié dorment et l’autre moitié est incapable de se prendre au film. Les acteurs de ce long métrage sont excellents dans toutes les scènes, et les enfants jouent aussi très bien pour leur âge. Je conseille vivement ce film, vous ne serez pas déçus.
Magnifique preuve de résilience face à l’adversité d’un vielle homme face à une société qui se refuse à comprendre ses problèmes. Une belle histoire qui nous fait passer par toutes les émotions et donne espoir dans l’être humain. Presque filmé comme un documentaire avec un jeu d’acteur si vrai que toutes les histoires semble être réelles.
Pas de surprise dans le dénouement de l'histoire, a fortiori quand on connaît un peu le cinéma de Loach. On le remercie cependant de toujours contribuer à documenter des rapports sociaux révoltants. La privatisation des services publics au Royaume-Uni a donné lieu à de nombreuses situations ubuesques analogues à celle de Blake, qui, face à une bureaucratie déshumanisée, est découragé à demander une aide de l'État. Accord total avec la critique faite par Loach.
Maintenant, pour parler de l'esthétique du film, on peut émettre quelques réserves sur la binarité des personnages – travailleur irréprochable face à fonctionnaire impitoyable, à une exception près – et un registre sentimental appuyé, exemplairement lors de la scène finale.
Loach choisit déjà de traiter un sujet social. En l'anglant envers et contre tout sur Katie et Daniel, il ajoute une deuxième couche d'observation, qui nous oriente dans notre jugement. C'est une approche moins fine et moins féconde pour notre esprit critique que de nous ôter notre liberté de juger par nous-mêmes de la situation, comme nous amènent à le faire des cinéastes comme Haneke ou Franco, en adoptant une approche plus distante, moins partiale, souvent plus complexe narrativement et plus riche scéniquement.
Un film de plus dans la veine Ken Loach, qui poursuit son ouvre sociale de description d’un système « libéral » qui broie les individus, du moins ses « laissés pour compte ». Cet opus est très réussi, tant par la dénonciation presque Kafkaïenne d’une administration qui fonctionne sur des règlements rigides et des comportements imposés, au détriment de toute écoute ou empathie, que par l’humanité qui se dégage du regard posé sur les protagonistes, les portraits dressés de Daniel, de Katie ou du jeune voisin de Daniel étant très émouvants. Même si certains aspects peuvent paraître un peu caricaturaux (le désarroi face à l’informatique), ce plaidoyer pour le respect de la dignité des plus humbles génère, si ce n’est de l’admiration, une certaine estime.
Ken Loach est la référence des réalisateurs sociaux. Il dénonce encore une fois les abus d'un système qui broie des vies et qui oublie qu'il y a des êtres humains derrière des numéros. Contrairement à d'autres de ses œuvres où pointent des touches d'humour, il n'y a ici aucun espoir tant les personnages sombrent dans la misère sociale et morale. Ken Loach enchaine les scènes poignantes et dures, heureusement il n'oublie pas de montrer que la solidarité, l'amitié et l'amour subsistent toujours et qu'elles restent les seules forces qui éclairent toute cette obscurité. Ca serait quasiment un sans faute s'il n'y avait cette approche jusqu'au-boutiste qui donne une fin logique - mais du coup trop prévisible - qui force trop le trait, le même message pouvait être passé avec un peu plus de subtilité. "Moi, Daniel Blake" est de ces films essentiels mais pour lesquels on se demande s'ils ont une utilité puisqu'on ne peut que constater que les choses ne s'arrangent pas, voire même qu'elles ne font qu'empirer.
Très bon film de société, dans la société conservatrice anglaise, où si t’es pauvre, tu deviens la marionnette du système. Un bon scénar, des acteurs épatants, une intrigue qui nous amène dans la descente aux enfers de ces êtres fragiles, qui pourtant trouvent à s’entraider. Bien aimé ce film.
La dénonciation du système est bien faite, mais le film fait du sur place dans la 2ème moitié. Au final le fond est bien, la forme beaucoup moins, ou alors pour mieux coller au propos. Moyen.
Ken Loach propose encore une fois un cinéma de “proximité”, proche du quotidien, des gens, de la société et cette fois, de la pauvreté. Un tableau qu’on pourrait décrire comme un documentaire scénarisé tellement le propos parle de lui-même. Avec un premier rôle tenu par Dave Johns, le personnage de Daniel Blake a tout de quelqu’un de profondément hospitalier et humain, une figure paternelle qui dénonce la duperie d’une société uniformisée qui n’a plus rien de logique ou de rationnel. Avec un rythme lent mais assumé, nous suivons la vie de ce Daniel, bricoleur en tout, sauf en informatique. Malheureusement pour lui, cela va lui coûter cher en temps de démarchage pour lui permettre de reprendre le travail. La femme qui l’accompagne dans ses difficultés, Katie (Hayley Squires), avec ses deux enfants, reste discrète et présente également des difficultés financières. Daniel l’aide sans compter, comme pour le soulager de l’amour qu’il avait pour sa femme décédée. Le ton est donné, “I, Daniel Blake” reste agréable à visionner, mais l'action reste timide et j’ai connu plus recherché de la part de Ken Loach avec un “Sorry We Miss You” plus affirmé, et surtout le long-métrage “La part des Anges” plus incisif et rythmé.
J'étais passée à côté en 2016. Heureusement, le cinéma d'art et d'essai près de chez moi y à remédier.
Un film bouleversant... mais, aussi, d'une grande pudeur.
A sa sortie, certains critiques ont reproché à Loach et à son scénariste un sentimentalisme manichéen. Pour avoir travaillé dans l'insertion professionnelle, j'ai au contraire retrouvé des situations très réalistes, même si la privatisation des structures publiques britanniques semble avoir décuplé la brutalité du système dans des proportions que je ne me représentais pas.
Mais au-delà du drame social décrit méticuleusement par le réalisateur, j'ai été saisie par la beauté des scènes où, par petites touches, s'expriment la douceur des liens qui unissent les personnages spoiler: Le collègue de Blake qui s'inquiète de lui après sa crise cardiaque, son plaisir de partager avec lui le plaisir du travail bien fait. L'aide spontanée de Blake apportée à cette jeune femme qu'il rencontre par hasard. L'attachement réciproque qui naît entre lui et les enfants de cette dernière. Son désarroi quand il découvre que, tellement acculées, celle-ci se résout à se prostituer. .
Le scénario est souvent prévisible, il est vrai. Mais c'est peut-être parce que l'intention principale de Loach n'est pas de dénoncer l'absurdité de "cette mascarade sociale". Elle est tellement évidente qu'elle crève l'écran comme une carricature. Non peut-être que l'essentiel pour lui est de donner à voir et à entendre ce trésor que les personnes vulnérables sont parfois capables de cultiver plus que d'ordinaire. spoiler: Ce que "que l'on ne peut pas acheter avec de l'argent" : l'attention sincère à l'égard de ses semblables et à la condition humaine.