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Beatrice D.
42 abonnés
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5,0
Publiée le 24 février 2017
Un chef d'oeuvre de réalisme, interprété brillamment et simplement. Touchant d'humanité , émouvant et tout a la fois frustrant d'appréhender ce genre de situation Dans l'impuissance et l'indifférence de l'administration sociétale. La vision de ce film me donne un sentiment de malaise et d'injustice...
Ken Loach n'est certes pas le plus grand réalisateur de l'Histoire du cinéma, mais c'est en tout cas l'un des plus attachants et l'un des plus fidèles à ses convictions humanistes depuis maintenant près de 50 ans. « Moi, Daniel Blake » ne déroge pas à la règle et dévoile un cinéaste plus combatif et révolté que jamais, ici contre le système administratif et plus généralement par la dimension très anti-sociale de la politique anglaise, constat semblant s'aggraver toujours plus au fil des années. C'est sûr, formellement ça n'est (vraiment) pas génial, mais le propos ne se prête pas non plus à de grandes audaces techniques et autres partis pris radicaux. D'ailleurs, cela ne m'a au final jamais réellement dérangé. C'est une œuvre modeste, qui mise tout sur le fond, ce qui aurait pu être discutable si Loach n'y mettait pas autant de sincérité et d'énergie quant au message qu'il fait passer, infiniment bienveillant sur ces « petites gens » tentant désespérément de s'en sortir. Le regard est juste, profond, jamais moralisateur, l'auteur du « Vent se lève » ayant également toujours eu un don pour s'entourer d'un casting aussi inconnu que remarquable : Dave Johns et Hayley Squires sont impériaux. On se sent ainsi toujours concerné par ces personnages joliment écrits : nous les aimons, ce qui n'est plus si souvent le cas aujourd'hui au cinéma. À défaut d'avoir une leçon de mise en scène, au moins avons-nous une leçon de courage. Voilà un réalisateur qui sait de quoi il parle, abusant un peu d'effets mélodramatiques, mais c'est Ken Loach : on ne le changera pas. Cette Palme d'Or est-elle méritée ? Sincèrement, je n'en suis pas certain. Mais qu'importe, pour une fois que l'entre-soi cannois célèbre une œuvre qui parlera à plus de 20 000 personnes, on ne va pas se plaindre : en tout cas, un film à voir.
Notre équipe a vu ce film : -- -- Pour GEOKER, ce film s'est fait la mission de rendre ses personnages attachants, de nous faire pleurer et de faire vivre un morceau de vie quotidienne face aux complexités de l'administration pour nous insurger. C'est réussi, mais c'est long, lent et déprimant. Une Palme d'Or, quoi. La réalisation et l'acting sobres et réalistes sont efficaces : on pleure, on s'insurge (...), ce film sait retranscrire les émotions de ses protagonistes mais les personnages s'ajoutent gratuitement des obstacles évitables : cela sert le drame mais diminue l'empathie du spectateur. 6/10. -- -- MAXIMUS adhère plus avec un 8/10. Palme d'Or à Cannes 2016, drame social... ça peut faire peur. Oui MAIS c'est Ken Loach donc le résultat est au final très attachant ! Les acteurs sont excellents, on a parfois l'impression d'être dans un documentaire avec des gens du quotidien tellement ils sont bons et bien dirigés. -- -- Retrouvez notre "turbocritique" sans spoilers sur notre page Facebook !
beau sujet, tellement contemporain et réaliste, très bien interprété, bien filmé, de beaux sentiments, bref, un très beau moment de cinéma filmé avec beaucoup de tendresse
La société occidentale dans toute son hypocrisie et sa violence. Tout est dit dans ce film. Et si vous croyez que vous êtes loin de tout ça, vous vous trompez. C'est déjà comme ça en Fance également et ça risque de ne pas s'arranger. On y retrouve les nouveaux procédés du pôle emploi qui radie et pénalise à tour de bras, la sécurité sociale ( ou la caf ) qui s'effondre et se rattrape en faisant trainer les versements , ou en sous-traitant les décisisons administratives. Pas facile de garder sa dignité. Pourtant c'est presque tout ce qui reste à de nombreuses personnes....
Magnifique. Le thème aurait pu faire tomber le film dans les méandres nauséabonds de la pitié sociale. C'est un chef d'oeuvre, qui ne fait pas pâlir les autres Ken Loach, virtuose comme toujours. Un réalisateur surdoué, qui fait du grand cinéma avec n'importe quoi. Ce film est poignant, vrai, juste, intelligent, et terriblement émouvant. Inoubliable. Nous n'avions pas spécialement envie de le voir, mais a été projeté en cinéma de quartier, nous nous y étions rendus en se disant pourquoi pas. Nous en sommes ressortis abasourdis.
On me parle de ce film depuis sa sortie, pourtant en lisant les différents synopsis proposés je n'étais pas vraiment emballée par le sujet. Crainte d'être enfermée dans une répétition administrative. Finalement je me suis lancée, et je ne sais pas encore si c'était une bonne idée. Ce film m'a tout bonnement fait traverser différente émotion : l'indignation, la révolte, l'empathie et la tristesse. Au fur et à mesure que les images défilaient, je me révoltais toute seule dans mon siège et dans ma barbe, même si je gardais à l'esprit que le système anglo-saxon est opposé aux nôtres et pas un exemple à suivre. L'histoire de Daniel Blake est touchante et peut arriver à n'importe qui. Cette faille du système elle existe partout, et bien installée dans mon petit siège, je ne pouvais m'empêcher de penser à toute celle que j'ai déjà pu expérimenter dans mon travail. Ce manque d'humanisme pour répondre à des critères, rentrer ses personnes dans des cases pour qu'ainsi elle soit conforme à la société, et les priver de leur dû à la moindre occasion sans prendre en compte la personne. L'histoire de Katie m'a énormément chamboulée, certainement parce qu'elle se rapproche davantage des personnes que j'ai pu côtoyer. Après avoir révolutionner le monde sur mon petit siège, fait le constat que je ne pouvais pas être sur tous les fronts et qu'au vu de la société actuelle ça allait aller de pire en pire, j'ai eu beaucoup d'empathie et de tristesse pour ces deux personnages. Ce film, est un film que je voudrais montrer à tout ceux qui critique ceux qu'on appel avec dédain les "cas soc", les "chômeurs" ou encore les "handicapés", et leur montrer ce que leur discours, la société actuelle fait d'eux. Daniel Blake s'est battu jusqu'au bout, après avoir tout perdu, pour faire reconnaître ses droits et son humanité. Le film m'a laissé sans voix, scotchée à mon siège et honteuse. La réalisation de Ken Loach est parfaite, le scénario parfaitement construit et le casting fantastique. J'ai tout retrouvé dans ses acteurs, ils font magnifiquement vivre ses personnages. Après tous ses mois, j'ai été heureuse de découvrir ce film mais également blasée et déroutée par la vérité qu'il dénonce.
Avant : c'est mon premier Ken Loach. Je m'attends à un film dramatique, social, larmoyant mais sans en faire trop, ancré dans le réel.
Après : je n'ai pas été déçu. J'ai eu ce que je voulais. Une scène au-dessus de tous les autres,spoiler: la banque alimentaire
une description de la bureaucratie anglaise kafkaïenne, des "fonctionnaires", au sens d'entités qui fonctionnent, sans humanité, mais aussi de la chaleur humaine, de la solidarité... Oui, tout n'est pas perdu...
Un très beau travail de mise en scène, les dialogues ne sont pas gratuits, et deux acteurs magnifiques, Dave Johns et Hayley Squires.
« Ca me brise le cœur » . Ces mots prononcés par Daniel Blake héros du film « I Daniel Blake », illustre un cœur brisé par la maladie, mais également un cœur brisé par les événements de la vie. Ce film est un enchaînement d’événements qui accentue la misère, la pauvreté et la précarité. Une réalité de la vie qui donne à réfléchir sur le fonctionnement de notre société, qui est assez aberrant car en dépit de tous les moyens mis en place pour lutter contre les problèmes sociaux actuel, il reste encore un nombre trop important de personnes en difficultés.
Le jeu des acteurs reste à revoir, mais la mise en scène et le scénario ont permis de donner un reflet de la réalité plutôt conforme. La bande sonore quand à elle n’est pas digne des grands films hollywoodiens. En effet il n’y a pas de musique ou mélodie qui va induire des émotions, la bande sonore se limite aux bruits du quotidien, aux bruits de la ville, cela reflète la monotonie de la vie. Un enchaînement d’événements uniquement négatifs rende le film davantage dramatique car la joie n’a pas sa place au milieu de toute cette tragédie.
Ce film a un fond très honorable de part les idées engagées du réalisateur qui souhaite à travers ces dernières, changer l’opinion publique vis à vis de la prise en charge des personnes en difficultés sociales. L’ensemble des événements reste prévisibles, le suspense n’est pas au rendez-vous, le public ne doit pas s’attendre à une histoire pleine de rebondissement. Dans ce long métrage, l’ironie n’est présente qu’à un seul instant, lorsque Daniel dit à Katty « ca me brise le cœur », quand il la surprend entrain de jouer les escortes pour subvenir aux besoins de ses enfants. En effet celui-ci à déjà eu le cœur brisé au sens propre suite à sa crise cardiaque. A travers ce docu-fiction Ken LOACH, réalisateur engagé, dénonce des faits courants qui ne devraient pas exister dans notre société actuelle, car malgré les politiques sociales qu’il existe dans notre société, il reste beaucoup de progrès à faire en terme de lutte contre les inégalités. Mais ce film ne suffira pas à faire prendre conscience au public qu’il est important d’agir dans l’intérêt d’une meilleure cohésion sociale. En effet dès lors qu’il y aura des inégalités, la partie de la population qui vivra aisément, ne trouvera aucuns intérêts à se préoccuper des problèmes des autres. C’est déplorable de penser qu’un film va suffir à faire bouger les choses mais c’est déplorable d’avoir penser à faire un film pour faire bouger les choses!
je ne voulais pas le voir assez du misérabilisme anglais et puis j'y suis allé quand même et j"ai adoré ce personnage est tellement touchant l'absurdité de l'administration qui ne s'y est jamais heurté ? un grand coup de coeur
Je ne suis pas d'accord avec les critiques qui décrivent ce film comme un énième plaidoyer social de Ken Loach. C'est un film crépusculaire. Il n'y a pas d'espoir. Pas de lumière au bout du pôle emploi anglais. Le constat, c'est surtout celui de l'abandon, la fin de la lutte. Les salariés sont essentiellement devenus les petits toutous dociles du capitalisme victorieux, à l'instar de ces vigiles et autres employés de bureau chargés de rayer un maximum de dossiers des statistiques du chômage. Rester même avilis du bon côté du bâton. Les collabos modernes, propres sur eux sont les vrais personnages de ce film. Daniel Blake, est en quelque sorte le dernier être humain. Fin de l'humanité.
Ca commence comme un téléfilm sur les chômeurs (ici à Newcastle-upon-Tyne, 320 000 habitants, 34e ville d’Angleterre) : Daniel Blake, spoiler: quinquagénaire, veuf, sans enfants, menuisier, handicapé numérique, ne peut travailler à cause d’une grave affection cardiaque mais doit rechercher un emploi car un fonctionnaire l’a reconnu apte (premiers dialogues du film, sans images, d’une grande férocité) ; Katie, spoiler: mère célibataire de 2 enfants (de 2 pères différents) et qui a été expulsée de son logement de Londres, cherche du travail . Le film décrit, avec la précision d’un scalpel, une administration inhumaine, humiliante, créant des situations kafkaïennes dont le but, inavoué, est de décourager les gens afin de ne pas les indemniser. Progressivement, le film se dramatise et beaucoup de scènes sont empreintes d’une grâce et d’une émotion exceptionnelles : visite de Katie à la banque alimentaire, scène dans un supermarché, « pétage de plomb » de Daniel Blake au « Job Centre » (à l’origine du titre du film), rencontre avec un avocat d’un juge pour l’obtention d’une indemnité maladie. Le film devient alors un magnifique mélodrame qui mérite, peut-être pas la Palme d’or, mais bien une récompense. Le nombre de spectateurs depuis sa sortie en est une..
J'étais dois-je l'avouer un peu réticent avant d'aller voir ce film …. un a-priori sur les dernières palmes d'or de Cannes … mais celui ci l'a vraiment mérité. Un "documentaire" qui devrait être projeté à tous les néo-libéraux qui souhaitent casser notre modèle social …. qu'ils aillent donc vivre en Angleterre ! Bon … espérons seulement que l'oeuvre est un peu caricaturale du système Anglais , mais sans doute pas tant que cela … Bref , le genre de spectacle dont on ne ressort pas comme on y est entré. Décidément Ken Loach ne vieillit pas … il réussit (en plus) à ajouter une touche d'humour à ce drame … et nous fait passer du rire aux larmes d'une séquence à l'autre.
On hésite toujours à qualifier un film de chef d’œuvre. "Moi, Daniel Blake", pourrait le devenir. Le talent de Ken Loach, c'est de sublimer les gens ordinaires. Ce film y parvient magistralement. Attention, n'oubliez pas vos mouchoirs !