Voici cinquante ans que Ken Loach réalise les mêmes œuvres. Quand un de ses films sort, on sait qu’on va parler des classes sociales et on sait également qu’il sera nommé dans les plus grands festivals. Pourtant son style ne s’essouffle jamais et encore une fois son regard authentique sur notre société lui permettra d’accéder à la Palme d’Or. C’est avec deux acteurs méconnus qu’il décide de mettre en image son aberration du système administratif britannique. Le film s’ouvre sur une conversation téléphonique entre Daniel et une professionnelle de la santé mandatée par l’Etat pour juger s’il est apte au travail. Après une crise cardiaque, son médecin, son kiné et son chirurgien lui ont pourtant formellement interdit de reprendre le travail. Mais l’absurdité des formulaires et questionnaires établis par Job Centre Plus, l’équivalent de notre Pôle Emploi, le considère comme apte et lui retire toute indemnité d’invalidité. Sans y comprendre grand-chose, il doit donc constituer un dossier de demandeur d’emploi et prouver ses recherches. Il va rencontrer cette mère célibataire qui elle, joint les deux bouts pour offrir à ses enfants un avenir meilleur, au point de littéralement mourir de faim. Moi, Daniel Blake va nous plonger dans ce système inadmissible et trop strict qui ne met clairement pas l’aspect humain en jeu. Si vous ne rentrez pas dans les cases, vous êtes jetés à la rue. Ken Loach filme ses personnages avec une distance honorable, pour ne jamais s’immiscer dans leur intimité et ainsi nous laisser penser par nous-même de la dureté de ces situations. Mais ces dernières sont telles qu’il nous sera impossible de ne pas fondre en larme. Ken Loach n’a pas forcément cherché ce bouleversement, car c’est davantage de la colère contre le gouvernement que nous ressentirons, plutôt que cette empathie trop souvent présente dans les drames sociaux. C’est ce trop-plein d’humiliation qui va nous peiner et il est certain qu’en sortant de la salle, nous aurons tendance à nous remettre en question sur notre propre condition. Moi, Daniel Blake est un film poignant qui prouve bien que lorsqu’on a plus d’amour-propre, on est foutu. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Quelle claque ! Quel moment d'émotion et de violence !!! J'ai adoré le scénario, le casting et le rythme très juste de ce film. Un très bon moment de cinéma
En 2014, il présentait à Cannes « Jimmy’s hall » pour sa 13ème participation ( !!!) en annonçant qu’il prenait sa retraite cinématographique. A 78 ans, ses films perdaient sérieusement de leur mordant depuis un certain temps, on se disait qu’il pouvait tirer sa révérence. Mais le revoilà, à 80 berges tout de même, choper une seconde Palme d’Or (après le magnifique « Le vent se lève ») amplement méritée pour un film majeur d’une filmographie déjà bien remplie : un coup de maître. Le vieux monsieur qui aime à dire que ses films servent à « donner la parole à ceux que l’on entend jamais » n’a rien perdu de ses convictions, de sa révolte, de sa fougue et surtout de son humanisme. Simpliste, oui ; militant aussi ; mais surtout précis, direct et sans effets de manches. Pudeur et retenue sont au rendez-vous de cette attaque en règle envers le cynisme du système social britannique… et du système tout court. Comment ne pas être derrière le jeune voisin de Daniel Blake ayant bien compris les rouages de la mondialisation pour s’en mettre plein des fouilles ? Comment ne pas soutenir un Daniel Blake qu’un système administratif absurde essaie de faire passer pour un anachronique alors qu’il vit les mutations comme une véritable violence sociale ? La violence du libéralisme de cet Etat déléguant à des sociétés privées soucieuse de leurs bénéfices l’accompagnement des plus démunis choque, mais heureusement son absurdité fait sourire et même rire parfois. Tout sonne juste jusqu’à un final dont le spectateur ne peut sortir indemne : la machine étatique à broyer finit, par capillarité, à broyer aussi le spectateur. Et tout çà avec une grande pudeur dans les dialogues, la mise en scène,… Dans Positif et pour faire écho à l’actualité, Grégory Valens : « Au moment où les alternatives politiques à gauche se réduisent comme peau de chagrin (...), la combativité jamais ébranlée de Loach est plus que jamais nécessaire pour pointer les errements de nos sociétés et guider les citoyens vers un autre monde. » Bouleversant de bout en bout comme tous ces gens simples se débattant sous nos yeux durant 1h40.
film poignant sur un drame social et sur l incomprehension des divers administations....une histoire qui vous poursuit longtemps...une interpretation magnifique et une grande mise en scene....du grand cinéma
Très joli film, le rôle principale est magnifiquement interprété. Le film met en lumière une certaine forme de misère sociale et le décalage que peut avoir les instutions avec les personnes âgées ou sans ressources.
La machinerie de l’exploitation à outrance de la biosphère – donc des hommes - s’est subdivisée. Elle a créé des machines à exclure doublées de machines à broyer toute résistance individuelle et collective.
Que survienne un accident de la vie, une perte d’autonomie même temporaire, et le plus tranquille des citoyens peut glisser entre les mâchoires d’une bureaucratie sans fond. Les questionnaires, les formulaires, les procédures, les règlements abusivement appliqués à ceux qui n’ont signé aucun contrat les engageant, les tracasseries poussées jusqu’au sadisme, le tout servi par des bataillons de kapos décérébrés, le harcèlement révèle le projet totalitaire.
Le harcèlement est devenu « méthode managériale ». et pas seulement dans les « sales boites ». Il a été étendu même à l’administration d’État pour « gérer » ceux qui osent demander leurs droits, plus encore ceux qui lèvent le petit doigt pour informer et protester (les lanceurs d’alerte en savent quelque chose). Rien ne manque pour fragiliser, humilier, réduire, anéantir la fierté construite par toute une vie, démolir la personne et sa respectabilité. Au-delà de la personne, c’est la communauté sociale qui est visée, ce qui la structure et la fait résistante aux agressions, voire créative. C’est pourquoi, comme Daniel Blake, ce sont les empathiques, les solidaires, ceux qui font société (des « honnêtes » comme dit à Blake la seule employée encore vivante), qui sont frappés le plus durement. Parce qu’ils sont les plus sensibles et, surtout, parce qu’ils entretiennent et tissent les interrelations constitutives de la société, donc ce qui résiste au système prédateur qui a initié l’ensemble du programme.
Poignant , touchant , vrai. Une palme d'or bien méritée avec ces acteurs qui sonnent juste, ce monde cintré de l'administration qui emmène nos héros dans un enfer avec leurs règles cruelles et insipides. Si le film est indubitablement réussi, je regretterais cette absence d'espoir, cet espoir que l'on attend mais qui ne viendra jamais. C'est là sans doute la cruauté de ce film vrai qui nous touche et nous renvoie chez nous triste et accablé par ces "défauts" de nos sociétés. Un réquisitoire formidable de Ken Loach une fois de plus.
"Moi, Daniel Blake" est impressionnant de réalisme. Un film qui en dit long sur la société qui se dessine.... Un film essentiel. Bravo pour l'interprétation des deux personnages principaux et notamment l'actrice Hayley Squires qui est bouleversante dans certaines scènes
Comme toujours Ken Loach nous livre un film coup de poing destiné à éveiller les consciences. Le sujet traité est celui des aides octroyées aux personnes en difficulté. C’est remarquablement joué, on partage la détresse et la galère des protagonistes.
Ken Loach nous dépeint la réalité crue d'une société anglaise qui a abandonné les pauvres depuis les années Thatcher. Que l'on soit une mère célibataire sans emploi ou un ouvrier consciencieux malade à quelques années de la retraite, la fin de l'Etat providence et les coupes budgétaires ininterrompues obligent les "sévices" sociaux à suspendre les allocations au moindre prétexte. Livrés à eux-mêmes, malgré l'entraide et des recours administratifs, il ne semble qu'il n'y ait qu'une impasse au bout du chemin : la survie passe par la malnutrition, le mal logement, les trafics, la prostitution, et l’espérance de vie de cette population, même sans alcool ni drogue, se rapproche de celle des pays en guerre (renseignez-vous sur le "Glasgow effect").
top film...actu brûlante !! Tout est dit sur les sociétés qui replient la protection sociale et au détriment des plus démunis ! ! a voir sans moderation
"Moi, Daniel Blake est un drame insupportable. Ken Loach d'a pas une pointe d'optimiste et quand il veut faire rire, ça ne marche pas. A éviter. Palme d'or non-mérité.