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Hervé L
16 abonnés
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2,5
Publiée le 5 novembre 2016
Film social sincère et intéressant de Ken Loach mais hélas terriblement maladroit: on se retrouve devant un film manichéen et très démonstratif, trop larmoyant pour susciter des émotions. Pour moi, l'émotion ne fonctionne pas car tout est trop surligné (effet tire-larmes préjudiciable au film). C'est dommage car le propos était intéressant: Ken Loach dénonce les lourdeurs administratives d'un système déshumanisé qui laisse beaucoup de britanniques sur la touche...
Absolument fantastique, un film inoubliable qui nous l'absurdité du système administratif qui ne reconnaît pas ces citoyens en tant que tel. Un homme malade reconnu mais dont l'administration ne reconnaît aucun de ses droits, ce film nous montre aussi la solidarité des défavorisés face à l'adversité. Loach toujours juste dans cette comédie très grinçante et qui nous interroge. À voir absolument
Cinquante ans plus tard, Ken Loach met en scène du pur Ken Loach, conforme à l’original, celui de l’époque de Cathy come home, le téléfilm qui a bouleversé l’Angleterre en 66. Il continue avec une obstination sans limite à porter à l’écran les laissés pour compte de la société. Ce nouveau portrait social basé à Newcastle, fait par Loach ne peut être qu’à charge des institutions: les représentants des organismes sociaux sont (quasiment) tous des employés insensibles et bornés à souhait, pris dans l’engrenage d’une mécanique conçue pour trier pas pour écouter. On peut s’étonner au début que Daniel soit bien alerte pour quelqu’un qui a fait une crise cardiaque, ou qu’un logement social soit proposé à Kathie, mère célibataire avec deux enfants, à 450 km de sa banlieue londonienne d’origine, mais ces réserves mineures vont être balayées par la relation d’entraide qui va se nouer entre ces deux personnages. Le cas de Kathie est aussi touchant que celui de Daniel et son nom aurait mérité tout autant de figurer dans le titre. Chacun des deux a sa pudeur quand il n’arrive plus à faire face, et l’adversité menace de rompre la parcelle d’humanité qu’ils ont piochée miraculeusement dans leur rencontre fortuite au Job center. Loach nous sert sans surprise une nouvelle tragédie sociale, mais avec un telle maitrise du sujet, un sens de la narration affuté et l’obtention d’une crédibilité totale d’acteurs inconnus qu’il est impossible de rester de marbre devant l’avancée inexorable vers « l’exclusion » de l’individu qui ne rentre pas dans la bonne case. Universel et bouleversant. Ceci étant dit, on peut s’interroger sur les motivations de donner une palme d’or à Daniel Blake. Le thème n’est pas nouveau (et pour cause), le cinéaste a déjà été récompensé, aucune inventivité cinématographique non plus, alors serait-ce involontairement une façon de se dédouaner et de se donner bonne conscience ? Nota : Pour ceux qui ne connaissent pas la carrière de Ken Loach, le documentaire sorti cette année, Versus, the life and and films of Ken Loach, pourra les éclairer. novembre 2016
Evidemment, nous sommes en présence d’un monument du cinéma : Ken Loach, peintre des désespérances , défenseur de la veuve et de l’orphelin, nous a gratifié d’innombrables films qui nous ont saisi à la gorge (Lady Bird, Kes..), parfois amusé ( La part des anges, Looking for Eric), quelquefois agacé (Bread and roses), mais jamais laissé indifférents. Ancrés dans une réalité noire, parfois sordide, ses films ont toujours eu pour premier effet de dénoncer les aberrations de la société en portant le fer sur la plaie vive. Cinéaste de combat, dénonciateur des injustices, pourfendeur des lâches et des méchants, son cinéma est à l’opposé de la frivolité et de la vacuité de celui de nos Christophe Honoré et autres Desplechin franco-français, pour ne citer que ceux-ci. Je suis donc allé voir I, Daniel Blake comme si je me proposais d’aller voir au musée la dernière exposition d’un peintre que j’aime. Consacré, donc forcément intéressant, incontournable et obligatoire. Quelle déception ! Le film de trop ! Tout est excessif, caricatural, manichéen. Dans sa volonté de monstration des ignominies de l’appareil administratif anglais, Loach en fait des tonnes. Rien n’est suggéré, tout est montré. Le film fonctionne comme un catalogue des turpitudes et l’on s’attendrait à voir presque des inserts au début de chaque séquence (Chapitre 1 : Drame à Pôle emploi, Chapitre 2 : La fracture numérique, Chapitre 3 : L’entraide des pauvres, Chapitre 4 : Mère courage, Chapitre 5 : Descente dans l’enfer de la prostitution, etc…) renvoyant à un sommaire général de type Journal de la Misère. Les fondus au noir renforcent d’ailleurs le sentiment d’avoir affaire à une liste de déboires triés par thèmes. La pédagogie didactique à ce prix, non merci. A surligner chaque évènement, à caractériser chaque personnage dans quelques traits psychologiques simplistes, à vouloir signifier le monde comme réductibles à 2 camps, celui du Bien et celui du Mal, on perd très vite la connexion avec ce qui devrait nous nouer la gorge, susciter notre colère et provoquer notre engagement. Les pauvres sont bons et humains, les nantis sont méchants et sans cœur. Que dire d’ailleurs de ce cœur qui jalonne le film tout au long. Cœur physique défaillant de Daniel Blake, cœur d’une humanité souffrante qui se réchauffe à la solidarité, cœur d’une mère qui, tel le pélican de Musset, s’ouvre métaphoriquement le sien en plongeant dans les eaux sombres de la prostitution, cœur qui bat , cœur qui lâche, cœur qui manque. Pour un peu, le spectateur est écoeuré, lui aussi, mais par l’accumulation fastidieuse et indigeste de tant de malheurs. A quoi sert aujourd’hui ce cinéma, devenu plus proche de Cayatte que de Bunuel, simplement accusateur, sans ouverture ni espérance ? Palme d’or peut-être, mais palme flétrie. Dommage.
Film bouleversant, à voir absolument. Bravo à Ken Loach, son scénariste, ses acteurs formidables et son équipe pour ce plaidoyer magnifique pour une humanité plus douce.
Ça commence comme un sentiment d'injustice fort et lourd devant ce que subissent constamment les grands bretons en situation de précarité, situations induites par la privatisation des services publiques et l'ultra libéralisme issu du Thatcherisme. Lorsqu'en octobre 2016 le magazine "Le point" titre "Thatcher le meilleur programme pour 2017 ?", on peut frissonner de ce qui pourrait arriver bientôt aux services publiques français. Ça se poursuit avec un flot d'émotions, les acteurs sont excellents, l'histoire est tragique et laisse la place principale à l'humain. Bref, j'ai vu le dernier Ken Loach, le film qui a eu la Palme d'or cette année et je dois dire que je l'ai aimé.
voilà, on sort du cinema, et on est bouleversé, cela faisait très longtemps que je n'avais été aussi emue par un film, merveilleux film où on recent la réalite en plein cœur, cette aberation administrative qui fait perdre du temps, de l'energie à tout le monde et l'humanité, très bon film, franchement aller le voir, restons humains....
Je suis sorti bouleversé. Et pourtant je connais bien ces situations. La justesse de Ken Loach m'a profondément touché, déjà par la banalité de sa mise en scène très proche du réel. Il faut voir ce film en salle pour se laisser conduire par ce fil d’Ariane qui ne mène nulle part et par ce que vivent les personnages en leurs fors intérieurs.
Ken Loach se lance, pour ce qui est apparemment son dernier film, dans un combat - plus politique que cinématographique, hélas ! - contre le système social actuel, dérivé du capitalisme sauvage qui n'a pour objectif que de venir à bout des citoyens comme Daniel Blake. Le constat et la critique exercés par Loach sont aussi terribles que lucides, témoignent de l'absurdité et de la violence d'un système trop mécanique, inflexible et non adapté au cas par cas. Le discours secoue mais il aurait mérité d'être plus nuancé et moins manichéen, ce qui aurait renforcé l'engagement du cinéaste; car la façon dont Loach divise deux catégories de personnages (d'un côté, les employés du "job center" sont tous pourris; de l'autre, les chômeurs ont tous la main sur le cœur) n'est en aucun cas un miroir exact de notre société : une représentation simpliste d'autant plus problématique qu'elle s'inscrit dans un cinéma réaliste. Trop soucieux de vouloir plaire à tout le monde et de rendre ses victimes attachantes, ce qu'elles sont tout de même, Loach tombe dans un mélo bien gras, trop tire-larmes, procédé totalement antithétique à la mise en place d'une complexité qui s'imposait mais qui n'émerge jamais. Mais s'il y a bien le surgissement d'une émotion dans "I, Daniel Blake", c'est dans ce personnage de menuisier qui refuse ce qu'on lui ordonne de faire et qui décide de rester littéralement hors-norme, jusqu'à écrire son CV à la main et non pas le rédiger informatiquement. C'est ce combat-ci qui importe et qui rend le film émouvant malgré le bon nombre de défauts énoncés; cette bataille acharnée atteint son paroxysme dans une scène magistrale spoiler: où Daniel Blake tague les murs du "job center" , acte de protestation fort accompagné d'un humour salvateur, qui procure d'ailleurs au film quelques respirations bienvenues. La Palme d'Or 2016 est donc un film aux intentions louables mais fait de raccourcis difficilement pardonnables, mis en scène de façon parfois maladroite et trop larmoyant pour pleinement convaincre.
un constat furieusement réaliste! impossible de ne pas se sentir totalement dépassé .Ken Loach montre une fois encore qu'il a un regard tres actuel et sa colere intacte. on rit parfois, mais le plus souvent le sentiment d'injustice, d'incompréhension de la situation. de désespoir dans laquelle se trouve l'être humain nous laisse la gorge serrée. Quelle impuissance face à une societe si deshumanisee. une palme d'Or tres méritée.
le beau sourire de Dan est en proie aux arcanes kafkaïenne de l'administration sociale anglaise. au bout de dix minutes on a compris que le problème est insoluble . c'est bien sympathique mais ce documentaire aurait suffit a faire un reportage sur arte .pousser le misérabilisme a ce point est presque indécent pour les vrais gens qui subissent tous les jours l'angoisse du manger. a toujours sourire le personnage en devient insuportable , je ne comprends pas pourquoi donc a t il obtenu la palme d'or .
Ce beau film provoque à la fois la compassion et la colère. Compassion pour ceux que l'état libéral broie et colère contre cette politique inhumaine pour qui les plus pauvres sont des tirs-au-flancs qu'il faut punir impitoyablement.
Simple et sobre mais d'une efficacité redoutable pour décrire l'inhumanité et l'absurdité d'un monde moderne dans lequel nous sommes en train de nous fourvoyer, de nous perdre et qui finira par nous noyer. Jusqu'à quand cela va t'il donc durer ? Faudra t'il que ces " pauvres " qui sont de plus en plus nombreux se (sou)lèvent pour que cela change ? Bouleversant .... et inquiétant Un très grand film assurément