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jaja77
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4,5
Publiée le 4 novembre 2016
un chef d'œuvre, j'ai été bluffer surprise ému par ce drame social de vérité sur les aberrations administratives de la Grande-Bretagne, comment cela peut arriver de se foutre des gens de leur pauvreté, leur faiblesses etc... puis une très bonne interprétation de tous les acteurs tous excellents dans leur rôle. l'entraide des 2 personnages principaux est épatante pour combattre le système britannique d'absurdité. j'ai même pas vu le temps passé tellement on est plongé dans cette histoire de réalité très délicat à vivre au quotidien puis une finale surprenante et triste qui m'a trop fait froid dans le dos. à voir absolument une pure merveille.
Daniel Blake approche de la soixantaine, quand un pépin cardiaque l’oblige à cesser son métier de menuisier. Mais quand on n’a jamais su faire que ça et qu’on est veuf, on n’est pas préparé à faire face. Déjà, il s’énerve au premier questionnaire que lui tend un fonctionnaire du Center Job, le Pôle Emploi de Newcastle. Sans savoir qu’à cet instant, il va devoir affronter une grosse machine qui broie parfois davantage qu’elle ne répare. En même temps, ça va lui permettre de découvrir la solidarité des humbles… Coincé entre arrêt maladie, recherche d’emploi et aide sociale, Daniel est un perdant annoncé face à une administration tatillonne qui transforme les gens en numéros de dossiers. Il est aussi la victime de la fracture numérique et des centres d’appel qui sont la négation des rapports humains. Un jour, il croise Rachel, mère célibataire de deux enfants, qui a été obligée de quitter Londres pour éviter le placement en foyer d’accueil. Son combat pour la dignité rejoint celui de Daniel. En s’entraidant, tous deux espèrent trouver des raisons de lutter. A 80 ans, Ken Loach est plus que jamais de son temps. Son Daniel Blake résonne aussi chez nous, car son message de justice sociale est universel. Son film est sombre, éclairé de touches d’humour. Parfois un peu manichéiste, avec toutes ces couches de malheur qui s’abattent sur ses modestes héros. Et quand il inflige toutes les humiliations à Rachel, le mélo bascule même dans le pathos. A mettre au compte d’un excès de militantisme ? Reste un sacré beau film du vieux cinéaste qui met encore une fois son indignation au service d’un vrai humanisme.
Parfois percutante, cette histoire est souvent trop misérabiliste pour convaincre pleinement. Reste que Ken Loach parvient toujours à rendre quelques séquences déstabilisantes et révoltantes.
"Moi, Daniel Blake" est une palme d'or décriée. On reproche à Ken Loach de charger la barque ou une certaine naïveté. Allez vous faire votre opinion, mais pour ma part j'ai été séduit sans réserve par ce cinéma engagé et humaniste. S'il est dur et révoltant, "Daniel Blake" est néanmoins un film positif et plein de vie grâce à la générosité et au courage de ses personnages. Les comédiens, tous épatants, servent l'histoire avec beaucoup de naturel.
Dans la même veine que 'La loi du marché" versus outre manche j'ai envie de dire que "Moi, Daniel Blake" n'est pas un film mais une immersion plus que réelle dans la descente aux enfers de Daniel Blake face l'impitoyable bureaucratie anglo saxonne. La manière de filmer de Ken Loach, froide, brut de décoffrage, sans fioriture et artifice, ni même de musique pendant ces 1h40 où le spectateur présent n'a juste qu'une envie, celle d'aider Daniel Blake à sortir de cette spirale inéluctablement broyante et éjectante.
Je dois être un "bobo" immanquablement de "droite" sensible au regard complaisant (of course) que porte Ken Loach cinéaste de "gauche" (salut Anton75 ! .. quel jugement calibré et estampillé intello France Culture) sur la société libérale, ses dérives, ses aberrations administrativo-shadokiennes et ses laissés-pour-compte. Et je dois confesser que je ne trouve absolument pas "affligeant" de dénoncer un système absurde qui confère un pouvoir non contestable à une administration sociale (et ses services) devenue inhumaine, capable de remettre en cause l'avis d'un toubib (inaptitude à la reprise du travail après un accident cardiaque) et in fine ébranlera la confiance en lui et la volonté d'un homme qui voulait pourtant se battre pour faire valoir ses droits). La jeune mère, et ses deux enfants, seront le miroir de l'humanité et de la tendresse dont est pétri notre héro Daniel. Oui, j'ai été complètement pris aux tripes. Et je vous mets au défi mes chers "bobos" (de droite ou de gauche .. on s'en fout) de regarder la scène finale sans que les larmes ne vous montent aux yeux. N'en déplaise à Anton75, ce putain de film m'a secoué. Vous secouera.
Ken Loach a donc décroché sa deuxième palme d’or lors du dernier festival de Cannes avec Moi, Daniel Blake. Il nous propose un long-métrage dans la même veine que La Loi du Marché, film français sorti dans les salles un an auparavant et qui avait consacré Vincent Lindon. Comme Stéphane Brizé, Ken Loach présente donc la misère sociale et les lourdeurs administratives qui pourrissent la vie des gens d’en bas. Sauf que les personnages survivent ici dans le cadre peu engageant de la ville de Newcastle, dans le nord de l’Angleterre. Ce contexte britannique nous laisse, en tant que spectateur français, un peu à distance, en tout cas au début du film. En effet, on se sent assez peu concerné par les problèmes de recherche d’emploi et autres formes de tortures administratives spécifiques à ce pays. Dans la première partie du film ce Daniel Blake nous ennuie plutôt qu’il ne nous apitoie. Puis soudain, au milieu du film, la carapace finit par se briser parce qu’il y a cette jeune femme, en grande difficulté avec ses enfants, qui emporte avec elle toutes nos émotions. Ce n’est donc pas l’interprète de Daniel Blake (Dave Johns) mais plutôt l’actrice Hayley Squires, l’interprète de cette jeune et bouleversante Katie, qui transforme le film. Cette dernière est plus convaincante que ce Daniel Blake, personnage qui suscite peu l’empathie. La deuxième partie du film ne peut donc que laisser une trace indélébile dans le cœur des spectateurs. Même si le final est attendu et un peu trop facilement larmoyant, Ken Loach réussit un film social fort, dans lequel le message de solidarité et de fraternité face à la pauvreté surpasse tout le reste, ce qui fait de Moi, Daniel Blake une palme d’or amplement méritée.
"Jimmy's Hall" devait être, selon les dires de Ken Loach, son dernier film. Eh bien, pas du tout : le cinéaste, désormais octogénaire, nous fait une bonne surprise en nous offrant cette dernière production qui ne dépare pas, loin de là, dans l’œuvre du réalisateur anglais. De quoi s'agit-il ? Bien sûr d'un drame social : la vie des pauvres, des relégués du système capitaliste, c'est là la marque de fabrique de Ken Loach qui, depuis ses premiers films de la fin des années soixante jusqu'à nos jours, a tenu à explorer l'univers des mal-aimés et des victimes des politiques ultralibérales. Ici c'est un quinquagénaire en proie à des problèmes de santé - il est atteint d'une grave insuffisance cardiaque - qui se trouve confronté au chômage et à des questions administratives qui le dépassent complètement. Occasion pour Ken Loach de nous faire pénétrer dans un "Job Center", l'équivalent de Pôle Emploi au Royaume-Uni. Même type d'accueil réfrigérant, mêmes exigences et mêmes contradictions savamment entretenues et destinées à démoraliser les demandeurs d'emploi les plus tenaces. C'est là que Daniel Blake rencontre Katie, une mère célibataire qui élève seule ses deux enfants. Le film est chaleureux comme le sont tous les films de Ken Loach - malgré un ciel fort bas, mais nous sommes en Angleterre, circonstance atténuante. Ces pauvres, ces exclus témoignent d'une grande solidarité. Certes il peut leur arriver de profiter du système capitaliste et de se livrer à des trafics réprimandés par la morale des nantis. Il peut aussi arriver à certains de descendre au plus bas de l'échelle quand des mafias font semblant de s'intéresser à eux. Mais le film prend bien sûr le parti de toutes les victimes du système. Comme à son habitude, Ken Loach est un admirable directeur d'acteurs. Dave Johns, humoriste bien connu en Angleterre, incarne à la perfection ce Daniel Blake à la fois audacieux et vulnérable. De son côté, Hayley Squires sait donner au personnage de Katie cette vulnérabilité qui la rapproche de son ami, mais aussi la force et la profondeur qu'elle acquiert tout au long du film. Enfin ce parti pris réaliste qui caractérise le cinéma social de Ken Loach l'amène à engager des chômeurs rencontrés dans un de ces Job Centers où le réalisateur et son scénariste ont mené une enquête rigoureuse avant l'écriture du scénario. Ainsi la volonté de faire vrai est-elle renforcée : pas de maquillage outrancier visant à provoquer l'illusion, mais des visages qui à eux seuls disent la misère sociale d'une certaine Angleterre.
Que voulez-vous, Ken Loach a toujours tout bon. On pleure, on s'émeut, on rit, aussi, mais il se tient toujours à la limite, évite toujours le pathos et saisit la vérité dans chacune des scènes. Le cinéma élevé au rang de grand art. Avec un fond et une analyse que je partage. Ken Loach est grand. Son cinéma est géant.
"Ken Loach fait du Ken Loach" mais il n'empêche qu'avec une fin qui rivalise de mièvrerie avec celle des "petits mouchoirs" il réussit même en mode pilotage automatique à décrocher la timbale une deuxième fois. Cela résume bien la situation du cinéma actuel noyé dans le divertissement de masse dopé aux supers héros en collants qui réduit son rôle d'éveilleur de conscience aux minimas sociaux en récompensant un réalisateur octagénaire qui traite de la précarité sociale en Angleterre comme "la famille Belier" traite du handicap. Mais Georges Miller, Vanessa Paradis, Kirsten Dunst et consorts ont redécouvert comme chaque année en mai que les banques alimentaires existent, qu'on est parfois obligé de travailler même malade, qu'on cherche à radier les gens du chômage, en gros que les pauvres sont toujours pauvres! On essuie sa larme avec sa robe dior et on donne la palme à ce film aux grosses ficelles bien trop voyantes mais qui ne dit pas grand chose hormis que les noix de cocos tuent plus que les requins. Et même ça on le savait.
Remarquablement joué, très juste, bouleversant, interpellant. La chaleur humaine et l'entraide en miroir à l'absurdité administrative nous envoie en pleine gueule la fragilité de notre condition de dépendants au(x) système. On sort de là en se promettant que...pourvu que ça tienne et en larmes.
"Moi Daniel Blake" (I Daniel Blake) est le dernier film de Ken Loach. Dans ce film, le réalisateur britannique très engagé décrit les difficultés de son "anti héros" à percevoir les indemnités d'invalidité suite à un infarctus que le "pole emploi britannique" lui refuse. Daniel Blake rencontrera dans son malheur une famille monoparentale débarquée de Londres à Newcastle, cotoyant une précarité pire que la sienne.
"Moi Daniel Blake" est un film dur, âpre et assez sombre qui décrit un quotidien sordide et une machine administrative "kafkaienne" qui a vite fait de "broyer" les dilettantes. Pour autant, le film a pour lui son authenticité, à l'instar de "la loi du marché" avec Vincent Lindon. Dans ce film, on est loin des analyses pro finances et monétariste de Philippe de Sertine ou d' Elizabeth Pinder de "the economist". L'Angleterre qui est, par nature un des pays les plus inégalitaires en Europe a aussi ses laissez pour compte qui sont nombreux et elle les traite durement. Le film est assez authentique dans la description du chemin administratif imposé au personnage principal: le parcours est rigide, les difficultés pour les séniors sont redoutables (Le film nous montre un Daniel Blake découvrant les formulaires en ligne alors que la classe d'âge des séniors a eu plus de difficultés à franchir l'obstacle du numérique).
Les acteurs sont tous très bons, particulièrement Dave Johns qui incarne le personnage principal, aussi authentique que son accent "geordy".
Avez-vous remarqué que dès que l’on s’oppose au système en place, on fait immédiatement l’objet de critiques ? N’étant pas là pour parler polémique mais bel et bien pour faire la critique d’un film, je dirai simplement que les critiques à l’encontre de Ken Loach ne me surprennent aucunement. C’est pourtant totalement incroyable de continuer un combat lorsque l’on est âgé de 80 ans. Bien d’autres se sont arrêtés en chemin, lui continue de belle façon avec « I, Daniel Blake ». La critique (du film cette fois-ci) trouve qu’il fait encore et toujours du Loach ! Quand je vois la mollesse de la plupart des réalisateurs de son âge, j’ai envie de tagger sur les murs « je suis pour que Ken Loach continue» ! Effectivement, c’est dans la même veine et ça a un peu perdu sur certains points, pourtant son dernier film est une réussite. Déjà parce que l’histoire montre très simplement et de façon imparable la stupidité des rouages du système, celui-là même qui broie les gens au point de les rendre malade, puis qui les laisse pour compte. Les acteurs pros et débutants sont tous excellents et font que l’on croit être un proche voisin qui vit leurs misères et leurs quotidiens. Il y a beaucoup d’empathie et énormément d’humanité pour montrer ces gens qui, bien que le système favorise l’individualisme, se parlent et s’entraident. Tout cela est montré avec justesse, avec pudeur et sans faire de misérabilisme ni pathos, même si, et c’est fort heureux, on ne peut qu’être touché par les évènements et les personnalités. Le tout est saupoudré d’humour so British, noir et fin, comme un bon poivre qui relève le tout. Si à certains moments le scénario est à la dangereuse limite du manichéen, il sait montrer avec férocité l’humiliation que l’on peut vivre en perdant son travail et en étant écrasé par l’absurdité d’un système qui préfère le bien des statistiques au bien humain. Quand on vit cela, nous avons le choix entre révolte ou soumission. Le combat de Dan est d’une importance cruciale car les citoyens sont avant tout des hommes et ils ont le droit fondamental d’être entendus ; d’autant plus que les oreilles ne sont pas légion. C’est grâce à un film comme celui-ci que la cause humaine progresse par l’empathie et la prise de conscience.
Ken Loach nous prend dans les filets d’un récit dont il aime les personnages, ces accidentés de la vie, ceux qui n'ont pas les réflexes attendus, ceux qui ne maitrisent pas internet... tous ces laissés pour compte pour lesquels la société est si dure. Après un infarctus, Daniel Blake, menuisier veuf proche de la retraite, se voit refuser une pension d’invalidité. Pour faire appel, il se trouve confronté à la bureaucratie des services sociaux britanniques. C’est le caractère inhumain du système qui est en cause, invisible, insaisissable, tapi derrière l’internet et même plus loin encore. Ce système qui attribue les indemnités mais voit surtout en tout requérant un fraudeur potentiel ou, au mieux, un tire au flanc profiteur. Peu de méchants finalement dans cette saga. Dès que les gens se parlent, ils s’entraident. Mais ils n’agissent que sur leur entourage immédiat. Aucune remise en cause globale du système, aucun discours politique. C’est la force de ce film qui ne verse jamais ni dans la caricature ni dans la louange des lendemains qui chantent mais vous dit simplement, brutalement qu’il n’y a aucune solution pour s’en sortir à part les petits trafics ou la prostitution. On peut regretter la dernière scène où le discours convenu reprend dans des termes attendus ce que l’ensemble du film a montré avec beaucoup plus de sensibilité.
La cinquantaine bien entamée, Daniel Blake est un charpentier en arrêt de travail suite à l’infarctus dont il a été la victime. Il se bat pour obtenir une pension d’invalidité ou, à défaut, une indemnité de chômage. Il rencontre au « job center » Katie, une mère célibataire dans la même situation de précarité que lui.
Que celui qui n’aura pas été ému aux larmes par « Moi, Daniel Blake » se dénonce sur le champ. Ce film bouleversant ferait pleurer les pierres. Ken Loach y décrit, non sans ironie, un système anonyme et humiliant, prisonnier d’une logique de rentabilité, qui écrase ceux qu’il est censé secourir. Ce système ubuesque et déshumanisé, organisé avec des Call centers et des Printemps de Vivaldi, nous l’avons tous connu, qu’il s’agisse de s’inscrire à Pôle Emploi ou de changer le forfait de son abonnement Internet. Sa critique nous est immédiatement sympathique. Face à lui, des Daniel et des Katie tentent tant bien que mal de survivre et de conserver leur dignité. Leurs efforts et leurs échecs nous brisent le cœur.
Ken Loach n’a pas usurpé la Palme d’or qui lui a été décernée à Cannes. Elle a couronné un film autant qu’une œuvre toute entière dédiée à la dénonciation des injustices faites aux plus vulnérables. Pour autant, si l’on refuse, à rebours de toute correction politique, de se laisser kidnapper par la charge lourdement lacrymale que charrie « Moi, Daniel Blake », on osera deux critiques. Elles visent tant le dernier film de Ken Loach, que ses réalisations précédentes voire qu’un nombre significatif de films britanniques, tous d’ailleurs excellents, qui s’inscrivent dans la même veine (on pense par exemple à « Hector » sorti en décembre 2015 dont j’ai dit ici tout le bien que je pensais).
Ces films se répètent. Ils dénoncent l’inhumanité d’un système capitaliste qui broie les individus et insulte leur dignité. Déjà en 1993, Ken Loach m’avait ému aux larmes avec « Raining Stones ». C’était il y a près d’un quart de siècle. On pourrait lui reprocher de faire du surplace. Il répondrait peut-être que son indignation est toujours légitime car la situation des plus pauvres ne s’est pas améliorée, voire s’est aggravée.
Mais un autre malaise peut être pointé. Il vise une gauche bobo – à laquelle je m’identifie volontiers – qui se délecte des films de Ken Loach – ou de ceux des frères Dardenne ou de Philippe Lioret. Cette gauche bobo adore ces films marqués au fer du réalisme social qui prennent fait et cause pour les plus marginaux. En témoigne l’an passé le succès, mérité, de « Fatima » de Philippe Faucon ou de « La Loi du marché » de Stéphane Brizé. Elle les applaudit le samedi soir à l’UGC Danton ou au MK2 Beaubourg. Et puis, elle va dîner dans un restaurant japonais du 5ème et rentre dormir dans l’appartement parisien confortable dont les salaires d’une vie de smicard ne suffiraient pas à acheter la place de parking en sous-sol.