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Bernard D.
131 abonnés
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4,5
Publiée le 31 octobre 2016
« Moi, Daniel Blake » « je suis un homme, je ne suis pas un chien et j’ai le droit au respect ni plus, ni moins » … résume le dernier Ken Loach qui suit les péripéties d’un charpentier de 59 ans qui après un accident cardiaque n’est pas assez malade pour être en invalidité et doit rechercher un travail malgré l’avis défavorable de son cardiologue. Cet homme solitaire dont la vie n’a pas été facile (son épouse souffrait d’une maladie bipolaire et il l’a « supportée » dans les 2 sens du terme jusqu’au bout car il fallait qu’elle aille « vers le large, le vent dans le dos ») et qui en est resté au crayon de bois (pour garder un terme utilisé dans notre région) va se heurter à toutes les tracasseries de l’informatique, des centres d’appels téléphoniques avec les attentes et les musiques de chiot… et surtout à la bureaucratie kafkaïenne du « pôle emploi » anglais avec ses contradictions, ses dysfonctionnements, ses petits chefs … et pour les mauvais chômeurs un système de pénalités géré par le « décisionnaire » pour « humilier les hommes » et mettre hors du système les chômeurs âgés ». Dans son parcours, Dan (interprété par un acteur inconnu, Dave Johns) va rencontrer Katie (Hayley Squires qui en est à son 3ème film) une jeune mère de 2 enfants qui en situation précaire à Londres, débarque à Newcastle avec l’espoir d’une vie un peu meilleure. Dan va témoigner d’une empathie vis-à-vis de cette famille qu’il n’a pas eue, parce qu’il estime qu’il y a encore plus « pitoyable » que lui. Autour de ces 2 délaissés de la vie, il n’y a que 2 personnages « compréhensifs » : Daisy la fille ainée de Katie et Ann une employée de l’administration qui se sanctionnée car trop compatissante vis-à-vis des chômeurs. En dehors de 2 petites « lourdeurs » (lors de la scène à la banque alimentaire et après que Katie ait reçu un petit mot du surveillant d’un petit supermarché où elle a volé quelques objets d’hygiène), le film est d’une simplicité apparente - comme toujours chez Ken Loach -mais avec des dialogues simples mais implacables de véracité et à l’image la juxtaposition du parcours des chômeurs et de la « vie des autres » (panneau prônant la volonté d’aide de l’agence pôle emploi, affiches pour des parfums dans les abris bus, Porsche garée lorsque Kathie distribue des offres d’emploi dans les boites aux lettres…) et une palette de couleurs en accord avec la situation. Il n’y a pas de conclusion politique ce que certains pourraient regretter, mais ce film méritait sa Palme d’Or à Cannes qui vient en écho du prix d’interprétation reçu lors de la même cérémonie par Vincent Lindon pour « La loi du marché » qui avec la même simplicité et pudeur était une critique virulente du système du capitalisme sauvage avec toute la cruauté inhumaine de ses dérives.
En critiquant les incohérences administratives du système d'aide sociale anglais, ce film fait passer de fortes émotions et ne peut laisser indifférent. Dave Johns (Daniel Blake dans le film) rend son personnage attachant en lui conférant un habile sens de l'humour malgré sa situation désespérée. Son rapport avec la famille rencontrée au "job center" constitue le lien fort du film révélant toute la bonté du personnage de Daniel Blake lorsqu'il s'agit d'aider les autres même s'il a lui-même besoin d'aide. L'accumulation de tragique à la fin du film ainsi que la non empathie des employés du "job center" peuvent paraître exagérées mais elles permettent de bien mettre en relief les difficultés rencontrées par ces demandeurs d'emploi. Pour conclure, si vous vous sentez déprimé, n'allez surtout pas voir ce film mais si vous êtes prêt à vivre une expérience cinématographique riche en émotions, n'hésitez plus !
Un film magnifique de Ken Loach, un de plus ! Que tous les pisse-vinaigre qui ont étalé leur petit esprit au Festival tentent seulement de garder leurs convictions et leur humanité – s’ils en ont – comme Ken Loach le fait à 80 ans. Un film d’une grande simplicité (les plus durs à réussir), d’un réalisme digne, qui s’emporte à juste titre mais avec sobriété contre le libéralisme sauvage à la Thatcher puis à la Blair. Certes Ken Loach tombe un peu dans le manichéisme (tous ces pauvres sont bien généreux et altruistes) mais cela compense l’immense mépris des classes dirigeantes – qui ont eux aussi leurs types bien – à l’encontre de ces “salauds de pauvres” ou ces “sans-dents” ! Mais néanmoins tout est juste et mesuré dans ce film : la fierté des déshérités, l’arrogance des laquais de l’état qui se croient épargnés par le système, les dialogues kafkaïens que nous avons tous nous-mêmes déjà entendus, les décors déprimants. Quelle leçon de cinéma, dans sa réalisation et surtout dans ce talent de Loach pour s’effacer totalement derrière ses interprètes, tous splendides. Ce film deviendra une référence car il est un chef-d’œuvre du film social.
Je n'aime en général pas dire quand un film est aussi bon que celui-ci de peur de créer des attentes pour les autres et qu'ils soient déçus en allant le voir après. Mais là, pas de risque! Devant un tel bijou, les attentes peuvent être très hautes, pas de déception possible. Que de justesse dans l'histoire, le jeu des acteurs... Un film magnifique à savourer. L'accent de Dan n'est pas toujours facile à comprendre mais cela fait partie du charme de l'univers Ken Loach. Dénonciation de l'impuissance de ceux qui en ont besoin devant l'administration sociale anglaise dans une situation ubuesque. Beauté humaine à l'état pur du personnage principal. Ca fait du bien!!
Derrière cette fresque sociale, s'étire le fleuve comtemporain qui nous entraîne tous vers une déshumanisation de nos rapports les uns avec les autres. La mondialisation des échanges et l'ultra-libéralisme nous ont fait rentrer dans une guerre économique qui créait des dégâts humains co-latéraux. Il ne fait pas bon être handicapés dans cet univers là. Le film, pose savamment et de façon très simple mais pas simpliste le sujet et démontre la forme de régression sociale dans laquelle nous conduisent nos outils relationnels '' modernes '' couplés aux effets de cette guerre économique. Le réalisateur pose ici un constat mais ne donne pas de '' solutions '' collectives susceptibles de contrecarrer ce processus du déclin sociétal. Il ne donne une voie possible, elle serait individuelle et c'est celle qui serait rendue possible par chacun de nous lorsqu'on s'ouvre aux autres et réagit à ce qui entretient le cercle vicieux de la robotisation des rapports humains. La fin tragique du personnage principal du film tendrait à montrer que cette voie là est vouée à l'échec car elle ne suffirait pas à elle seule à changer fondamentalement le fond des choses. Pessimisme ou lucidité ? Un film qui montre aussi que nous sommes tous, à un degré ou à un autre, consciemment ou pas, par choix ou obligation, des acteurs de ce déclin. Dommage que si le constat est bien porté par le réalisateur, il n'est pas une nouveauté de sa part et il ne donne pas suffisamment matière à réflexions pour des pistes qui permettraient de voir l'avenir avec moins de pessimisme. Un film qui marque notre époque et fixe dans le temps un moment de notre histoire collective qui permettra de dire à ceux qui nous succéderont dans ce monde: voilà comment on en est arrivé là...
Film volontairement énervant, Moi Daniel Blake a le scandale chevillé au corps. Il décrit avec beaucoup de précision et d’exactitude le vécu de bon nombre de Britanniques (et de Français ?) qui doivent se débattre dans un système capitaliste prédateur qui ne fait pas cas des drames personnels. On est loin ici de Londres et de sa City rutilante, mais bien dans l’Angleterre que j’ai pu visiter où les populations sont obèses à force de malbouffe, avec des dentitions gâtées par le manque de soins. Sans compter la saleté générale puisque les services publics ont été saccagés par la politique ultra-libérale pourtant validée par le peuple dans les urnes, jusqu’à récemment. Ken Loach signe un film fort, digne, même s’il tombe parfois dans le démonstratif, notamment lors du final qui ne se justifie pas pleinement. Il bouleverse à de nombreuses reprises comme lors de l’impressionnante séquence se situant dans une banque alimentaire. Bref, un grand cru qui mérite effectivement sa récompense, là où Le vent se lève était plus mitigé.
La force de ce nouveau film de Ken Loach est la véracité des faits rapportés. Le scénario et les dialogues s'appuient sur des situations réelles, ce qui rend le film poignant. Il s'agit plus d'ailleurs d'un documentaire sur les ravages de l'ultralibéralisme et l'absurdité fréquente des administrations. Sans oublier le danger de décrocher des évolutions technologies qui isole encore plus. Le film est désespérant, sans espoir et finit par étouffer le spectateur. Désespérer de l'homme finit par déclencher une réaction contraire à celle recherchée.
Film bouleversant et d'une finesse et d'une justesse dans le scénario est le jeu des acteurs Ce film reflète le monde des demandeurs d'emploi seniors dignes dans leur misère face a la rigueur de l'administration Ce film montre aussi l ´amour la tendresse le don de soit pour ceux qui sont dans la misèregarde tout en gardant une dignité
Pas le meilleur de Ken Loach, film proche du documentaire mais un peu trop caricatural dans la dénonciation du système administratif et film trop manichéen.spoiler: Bien qu'elle nous arrache quelques larmes, la fin est trop pathétique...
L'interprétation est excellente. A voir tout de même.
Ken Loach met le doigt sur un état de fonctionnement de la société occidentale qui à tendance à s'enrayer. La machine du tout pour l'emploi et la mise en avant de ses causes perdus, les laisser-pour-compte. Noble thème social, indiscutablement synonyme d'injustice. Je vais être assez critique sur le film. Premièrement parce que je cherche avant tout du cinéma, je me retrouve face à une image terne, dans les tons grisâtres, dénuée de charme. Des personnages antipathiques où l'amitié sonne fausse entre eux. Le tout est totalement raté, car le film à 10ans de retard sur le combat qu'il met en lumière. Simon Riaux, chroniqueur au cercle sur Canal, parle "d'indignation fatiguée", je le rejoins à 1000%. Et pour ceux qui font du "french social bashing film", je vous renvoi devant "La loi du marché", tellement plus au fait d'une réalité quotidienne, chef d'oeuvre social, tout en émettant une émotion frontale. Ken Loach au tapis.
spoiler: n'y allez pas le mec meurt à la fin là où s'y attend
Je prends rarement la plume pour dire du mal d'un film mais là c'est le niveau le plus haut de déception quand on lit certains avis positifs. Mais putain, on veut de l'espoir... donc je prends le temps d'écrire ici, car j'ai été tellement déçu par ce film dont je pensais à tort qu'il allait me divertir bêtement en me fiant à la première impression truquée de la bande annonce. Si la bande annonce et l'affiche délibérément font croire qu'après un moment dramatique on va avoir droit à un espoir à du sourire (à la fin de la bande annonce on te montre que le mec il va se battre, tu crois que ce sera au début du film spoiler: et ben tu te mets le doigt dans l'oeil, y a pas une once d'espoir 2 minutes après et aussi la bande annonce te montre en gros tout le film à première vue j'ai même cru que ce serait genre "full monty" pas forcément une comédie mais une satire, et bien ce film est une arnaque, vous n'avez qu'une envie après vous mettre une balle car il n'y a aucune place pour un quelconque espoir. bref mettez vos 7 à 10€ dans la casquette d'un SDF ça sera mieux dépensé.
Il y a longtemps que je n'avais pas pleuré devant un film. Toute la salle est ressortie mouchoir en main. Car oui, ce film illustre le combat de millier, million de personne anonyme de manière réaliste... Très réaliste. Vraiment, j'en chiale encore.