Moi, Daniel Blake
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451 critiques spectateurs

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Jonathan P
Jonathan P

74 abonnés 395 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 octobre 2016
KEN LOACH est de retour.

Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuiser anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à une aide sociale suite à des problèmes cardiaques. Bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit dans l’obligation de rechercher un emploi, sous peine de sanction.
Au cours de ses rendez-vous réguliers au » JOB CENTER », Daniel va...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 29 octobre 2016
Ce film décrit un univers kafkaïen dans lequel sont enfermés les plus fragiles, ceux qui recherchent un travail ou qui, victimes de la vie (accidents, maladies) sont confrontés à l'absurdité d'un système qui les broie plus qu'il ne les aide. Le système français de recherche d'emploi n'a rien à envier au système britannique. L'agence pour l'emploi organise pour vous -chômeurs, accidentés, malades - un vrai parcours du combattant au sein d'une machine qui transforme ses agents en robots, qui n'ont pas le droit d'avoir le moindre sentiment de compassion vis à vis de leurs interlocuteurs. Interdiction même d'aider un chômeur qui ne sait pas utiliser un ordinateur - puisque tout est informatisé et que rien ne peut être fait sans passer par l'informatique. Un système ubuesque, un monde surréaliste qui ne vous donne aucun espoir et qui vous contraint, soit à la résignation, soit à la révolte. Voire pire...
Ken Loach a peint un tableau désespérant de la situation sociale au Royaume Uni qu'on vante, dans les milieux économiques et politiques, comme étant un pays de plein emploi. Ce film rétablit un peut les choses et fait mentir ces gens bien en cour qui nous racontent des salades sur un pays faussement dynamique et un système qui casse encore davantage ceux qui ont besoin de s'en sortir.
Bravo aux acteurs, parfaits dans leur rôle, qu'ils aient l'accent de Londres ou de Newcastle.
leoufdefilm1
leoufdefilm1

27 abonnés 22 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2016
j'en ai chialé, un film sur la vie les travailleurs, les vrais gens tout. palme d'or mérité cela fait longtemps qu'on en a pas une si juste
velocio

1 557 abonnés 3 539 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 octobre 2016
Vous l'avez sans doute remarqué, mais, en matière de cinéma, on a souvent une tendance naturelle à se montrer plus sévère avec ses réalisateurs préférés qu'avec les autres. C'est probablement pourquoi je ne porte pas au pinacle ce dernier opus de ce bon vieux Ken Loach ! Et puis, en toute fin de 2015, il y a eu la sortie de "Hector", de Jake Gavin, film très "loachien", qu'on a le droit de préférer à "Moi, Daniel Blake" ! Cela étant, "Moi, Daniel Blake" n'a rien de déshonorant, loin de là. Ken Loach se montre toujours aussi pugnace pour dénoncer les injustices d'un monde où les plus faibles doivent affronter un monde kafkaïen et sans pitié : ici, un charpentier qui a eu un problème cardiaque et à qui le corps médical préconise un repos complet, sauf que, selon les critères sociaux anglais, il se voit contraint de pointer au Pôle emploi et de rechercher activement un travail. Certes, un recours est possible, mais la procédure est longue et nécessite d'aller sur Internet, ce que Daniel ne sait pas faire. Le pire, dans l'histoire, c'est que Daniel Blake n'a pas de contact direct avec les responsables de ce monde kafkaïen, qu'ils s'appellent Tony Blair ou David Cameron, mais avec d'autres "petits" comme lui, chargés des basses besognes, qu'ils soient employés de pôle emploi ou vigiles. "Moi, Daniel Blake" s'intéresse aussi à Katie, une jeune femme, mère célibataire de deux enfants, tout autant dans la panade que Daniel et que ce dernier va tout faire pour lui venir en aide. Non, si on aime le cinéma de Ken Loach, il n'y a rien à reprocher au film au niveau du fond. C'est plutôt la forme qui peut faire débat, la mise en scène étant quand même très banale et le rythme pas assez soutenu, au point que, j'ai honte mais je l'avoue, il m'est arrivé de m'ennuyer en voyant ce film. Dommage que tout ne soit pas au niveau de la première scène du film, une scène qui ne montre qu'un écran noir et dans laquelle on entend Daniel répondre à un questionnaire relatif à son état physique. A la fois drôle et poignant. En tout cas, le Jury du dernier Festival de Cannes a dû beaucoup aimer ce film puisqu'il lui a attribué la Palme d'Or ! Sinon : dernier film de Ken Loach, ou dernier dernier ?
poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2016
Je l'avoue, lorsque j'ai eu connaissance de l'attribution de la Palme d'Or du dernier festival de Cannes à ce film, ma première réaction fut celle d'un cinéphile dépité. Je me suis dit : « Pourquoi une deuxième Palme d'Or à Ken Loach (après celle reçue pour « Le vent se lève » en 2006) ? N'aurait-il pas été plus judicieux de récompenser un cinéaste plus jeune et n'ayant pas encore été gratifié d'un prix ? » Cela étant dit, aujourd'hui, maintenant que j'ai vu le film du réalisateur anglais, je comprends combien et pourquoi il a séduit le jury du festival et je me dis que c'est loin d'être un mauvais choix. Car « Moi, Daniel Blake » peut sans nul doute être classé parmi les meilleures réalisations de Ken Loach (avec « Raining Stones » - 1993 - par exemple, ou encore « Ladybird » - 1994 – et d'autres films de cet acabit) et l'attribution de la Palme d'Or peut lui donner, je l'espère, le rayonnement qu'il mérite.
Une fois encore, aidé de son fidèle scénariste Paul Laverty, Ken Loach réussit à la perfection un grand film politique, un film d'indignation et de combat, mais sans jamais l'alourdir d'un poids ouvertement idéologique. Plusieurs commentateurs ou critiques ont cru bon de dénoncer le caractère prétendument manichéen de « Moi, Daniel Blake » mais, à mon avis, tous se sont fourvoyés. Le terme de « manichéen » ne peut nullement s'appliquer à ce film. Si l'on tient absolument à lui accoler un qualificatif, seul celui de kafkaïen peut convenir. Le film montre que ce qu'on appelle l'Etat-providence s'est tellement dégradé qu'il a engendré un système d'inhumanité, un système qui ne tient plus compte des personnes, mais dont le but est de s'auto-réguler en appliquant indifféremment les mêmes directives à tous ceux qui font appel à lui. Ce système n'engendre pas des bons et des méchants, mais il met face à face des employés d'administration chargés d'exécuter des ordres et des demandeurs qui risquent de n'être pas mieux considérés que s'ils étaient des pions. Ken Loach est si peu manichéen qu'il a pris soin de mettre en scène l'un ou l'autre employé d'administration ayant encore conservé son souci d'aider sincèrement les demandeurs, tandis que d'autres, il est vrai, n'ont plus d'autre objectif que d'appliquer les règles imposées. Il ne cherche pas à séparer les bons des méchants, il a l'ambition de dénoncer un système qui humilie les plus faibles au point d'en faire des laissés-pour-compte en même temps que des assistés.
Certains n'ont pas ou n'ont plus leur place dans la société d'aujourd'hui, tel le personnage éponyme du film, Daniel Blake, un charpentier de 59 ans qui, après avoir subi une attaque cardiaque, perd son travail. Le voilà pris entre deux feux, dans une situation kafkaïenne : d'un côté, son médecin lui interdit de reprendre un travail, de l'autre l'administration veut le contraindre à chercher un travail, sous peine, s'il s'y refuse, à le laisser sans ressources. Forcé de respecter d'obscures procédures, obligé de remplir des questionnaires sur internet (lui qui ignore tout du fonctionnement d'un ordinateur), contraint d'assister à l'application de règlements administratifs humiliants, il comprend que tout est conçu, d'une certaine manière, pour le pousser à l'exclusion, lui et tous ceux qui lui ressemblent. Que peut-il surgir, dès lors, des entrailles de Daniel Blake, sinon un désir de révolte ? De la révolte, oui, il y en a dans le film de Ken Loach, mais il y a aussi autre chose : il y a la solidarité des humbles, des petits, des laissés-pour-compte. C'est ce qui donne au film un ton extrêmement touchant, poignant, qui va droit au cœur. Le système administratif a beau faire de Daniel Blake un révolté, il lui reste son cœur qui bat (même si c'est un cœur affecté par la maladie). C'est un homme au cœur sur la main, comme on dit, et qui n'hésite pas une seconde à se mettre au service de Katie, une femme rejeté par le système comme lui mais ayant à charge deux enfants. Daniel Blake fait tout ce qui est en son pouvoir pour les aider, leur donner du baume au cœur, etc. Il ne mesure pas sa générosité. Si les rejetés de la société ont tout perdu, il leur reste néanmoins cela : l'entraide, la solidarité, l'amitié. L'inhumanité du système administratif n'a, fort heureusement, pas détruit l'humanité de ceux qui en sont les victimes. Quelques scènes bouleversantes du film (en particulier celle qui se déroule dans une banque alimentaire) nous montrent l'humain dans ce qu'il a de plus fragile et de plus noble.
Ken Loach, âgé de 80 ans aujourd'hui, avait décidé, je crois, de ne plus réaliser de film après « Jimmy's Hall » en 2014. Fort heureusement, il n'a pas pu se retenir de se mettre à nouveau derrière la caméra et de nous offrir ce grand film, ce film de révolté, ce film exaltant la générosité des plus petits. Qu'il en soit remercié ! 9/10
Cinemadourg

920 abonnés 1 814 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 octobre 2016
Palme d'or à Cannes en 2016, j'avais évidemment envie de découvrir cette fable sociale de Ken Loach.
Daniel Blake a 59 ans et vient de subir une attaque cardiaque. Normalement, il devrait pouvoir toucher une pension d'invalidité mais les méandres des services sociaux en décident autrement...
C'est le début d'une plongée au coeur de la souffrance humaine et de l'absurdité totale de certaines procédures administratives.
Filmé pratiquement comme un reportage de notre société actuelle, ce film, même s'il nous renvoie en pleine face les difficultés de notre époque, ne m'a pas totalement conquis, même s'il faut reconnaître que l'on ne peut pas rester insensible aux thèmes soulevés.
A voir pour se faire son idée...
Stéphane C
Stéphane C

75 abonnés 389 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 septembre 2018
Ça qui rend "Moi, Daniel Blake" particulièrement touchant ce n'est pas seulement le fait pour l'auteur d'aborder une fois de plus la misère et l'injustice sociale, c'est avant tout de faire prévaloir, avec une grande pudeur, la terrible et sincère beauté des cœurs ... on a la rage !
colombe P.
colombe P.

147 abonnés 695 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 octobre 2016
Un film social d'utilité publique et humaine !
Sincèrement quel film remarquable sur la précarité, la pauvreté, la souffrance humaine morale et physique !
Les politiques devraient en prendre de la graine.
C'est terriblement poignant et quand on a connu la précarité, on sait ce que sont toutes les galères qu'on est amenés à traverser, à l'instar des héros de ce film.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 octobre 2016
j'ai aimé ce film de Ken Loach (mais comme tous ses autres films sociologiques et si humanistes) pour sa vision extrêmement réaliste des absurdités et des injustices

tous ses autres perles sociologiques et si humanistes)
LeMagduCiné
LeMagduCiné

72 abonnés 626 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 octobre 2016
Vingt-cinquième long métrage, dix-huit sélections à Cannes dont treize en compétition officielle, Ken Loach est le vétéran britannique du Festival de Cannes. On serait presque tenté de dire son doyen. C’est désormais une habitude pour lui que de venir défiler sur le tapis rouge et de présenter régulièrement son dernier-né. Alors quand il gagne sa seconde Palme d’Or – dix ans après Le Vent se Lève – c’est toute la profession qui salue sans doute l’un des derniers gestes de l’un des plus grands cinéastes européens et fer de lance du réalisme social, sous-genre initié par Roberto Rossellini (néoréalisme italien) dont la particularité est de traiter de sujets sociaux sous un angle semi-documentaire (la réalité réécrite mais traitée sous un format brut). Le prestige est là et Ken Loach a l’immense honneur d’être salué de son vivant. Mais derrière l’acte de bravoure et de dénonciation qu’exerce Ken Loach a chacun de ses films et particulièrement dans Moi, Daniel Blake, le réalisateur ne serait-il pas en train de faire preuve d’une facilité qu’on ne lui connaissait pas ? Comme appuyer un propos connu avec des facilités scénaristiques déplorables pour un cinéaste de son ampleur ? Car à la fin de la projection et malgré tout le respect porté à Ken Loach, c’est bel et bien ce que l’on est tenté de penser quand naît la désagréable sensation que le film semble s’efforcer par tous les moyens de convaincre son auditoire, essayant vainement de lui arracher les larmes pour le rallier à son discours. Un parti-pris exacerbé qui en devient gênant tant le cinéaste use de pathos et de situations faciles pour faire adhérer au destin – certes – empathique de ce – certes – sympathique Daniel Blake. Et au final une interrogation qu’on a honte de poser à haute voix tant Monsieur Ken Loach est un homme dévoué pour les causes sociales : Est-ce-que Moi, Daniel Blake est une immense mascarade ?
Barnabé Jarrot
Barnabé Jarrot

18 abonnés 62 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2016
Bouleversant. Ken Loach a un regard résolument juste sur ses personnages, et est bien loin de tout manichéisme. Sa mise en scène, intelligente, sans fioritures, qui ne tombe ni dans le pathos ni dans la froideur, rend le récit incroyablement fort. On pleure, on rit, et on songe beaucoup, car le film pose, sans lourdeur, énormément de questions sur nos sociétés contemporaines. Avec Moi, Daniel Blake, Ken Loach signe un chef-d'oeuvre. Un Palme amplement méritée.
PLR
PLR

564 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2016
Un grand film sur un registre social. Ce n'est même plus du cinéma au sens fiction, romance mais la vraie vie. Une trame qui se déroule en Grande Bretagne mais que tout un chacun peut transposer autour de lui. Victor Hugo avait écrit à l'un de ses éditeurs / traducteurs à propos de son oeuvre Les Misérables: "Les Misérables, n'est pas moins votre miroir que le nôtre. Les miroirs, ces diseurs de vérités, sont haïs ; cela ne les empêche pas d'êtres utiles". Un film de Ken Loach, une nouvelle fois très utile. Il y a du Daniel Blake en chacun de nous. Enfin, espérons-le.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 octobre 2016
On aime tous Ken Loach, pour son incroyable foi en la bonté et la solidarité humaine, face au méchant capitalisme destructeur, face à l'administration aveugle. Il a raison. Le film démarre de façon magistrale. Daniel (l'excellent Dave Johns) est menuisier. Victime d'une grave crise cardiaque, il a évidemment droit à des indemnités, mais il se heurte au fonctionnariat le plus bas du front que l'on puisse imaginer. Les avis médicaux ne comptent pas. Seul, la signature du gratte papier qui le contrôle, et qui "obéit aux ordres" a force de loi. Il doit remplir un questionnaire où, parce qu'il peut lever les bras pour mettre son chapeau et ne voit pas d'éléphants roses, il est jugé apte à travailler. Nulle part, il n'est fait référence à un problème cardiaque. Un peu gros, non? Enfin, voilà qui devrait décourager tous ceux qui pensent trouver en Grande-Bretagne l'eldorado des travailleurs.... Alors, il pourrait demander le chômage, à condition de prouver qu'il s'emploie activement à rechercher un travail.... qu'il n'aurait pas le droit d'exercer. Les chose iraient plus vite s'il savait se servir d'un ordinateur.... mais non.

A paumé, paumé et demie. Daniel rencontre Katie (Hayley Squires). Katie a raté son rendez vous avec les services sociaux parce que, nouvelle dans le quartier, elle s'est trompée de bus et est arrivée en retard. C'est une mère célibataire avec deux jolis enfants, l'un un peu bronzé: Katie est de ces filles qui sont très douées pour toujours choisir les mecs les pires.... Daniel va l'aider, avec énormément de générosité, parce que c'est un type qui en déborde. Il est veuf, il s'est occupée longtemps de sa femme malade, il n'a pas d'enfant -et il déborde de gentillesse.

Bref, notre ami Ken charge la barque. Quand Katie, à la banque alimentaire, est dans un état d'épuisement tel qu'elle se jette sur un bocal de fruits au sirop qu'elle prend à pleines mains, c'est une scène extrêmement émouvante. Mais quand, pour s'en sortir, spoiler: pour nourrir ses enfants (on ne lui a pas donné d'autre rendez vous?), elle en est réduite à se prostituer....
la barque chavire.

C'est un assez beau film, certes, qui montre bien comment le monde libéral broie les faibles. Sauf qu'à vouloir trop démontrer, Ken Loach sème le doute. Et qu'on peine à retrouver la force et l'originalité de ses premiers films (Kes, Family Life.... des chefs d'oeuvre!). Sans parler du pittoresque qu'il savait si finement manier (comme dans La part des anges, par exemple). Bref: finalement décevant.
pierre72
pierre72

162 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2016
Que dire du dernier Ken Loach, palme d'or du dernier festival de Cannes? Qu'il est de salubrité publique ? Oui , c'est évident, il faut donc le crier haut et fort, En mettant en avant le système totalement inhumain du Pôle-emploi anglais, véritable broyeur à gens simples qu'il pousse à adopter des comportements malsains ou illégaux pour les plus faibles ( et ils sont nombreux), vers une résignation suicidaire, vers une révolte vite éradiquée, vers un néant sidérant.
"Moi, Daniel Blake" n'est que la démonstration franche et claire de la pourriture d'une économie libérale, système fondé uniquement sur le profit et utilisant l'humain comme une bête de somme. Le parcours de Daniel et de Katie, mère isolée en galère qu'il va aider avec ses maigres moyens, symbolise parfaitement notre époque et éclaire un pan de la société que l'on essaie de nous faire oublier. Le propos n'engendre évidemment pas un spectacle divertissant mais il est bon que le cinéma emmène ses spectateurs dans le tréfonds d'une société et d'humains que l'on ne prend plus la peine de regarder tels qu'ils sont, c'est à dire honnêtes et chaleureux malgré leur difficultés. Et si cette terrible histoire n'arrache jamais un sourire, il parvient sans peine à nous émouvoir notamment dans une scène magistrale à la banque alimentaire et par un final court et simple qui abandonne la salle dans un silence total. Le générique défile. Personne ne se lève, cloué entre son émotion et l'inévitable réflexion qui enjoint de faire quelque chose pour sortir de ce système. Le cinéma de Ken Loach est de ceux qui essaie de faire réfléchir, ressentir pour agir. Son dernier film y parvient et croisons les doigts pour que ce soit pas juste le temps de sortir de la salle.
Alors que se profile chez nous des mois de campagnes puantes, aux arguments fallacieux, "Moi, Daniel Blake" donne quelques idées précises pour contrecarrer les discours néo libéraux vantant le modèle anglais que, malgré le Brexit, on ne manquera pas d'entendre. Tout spectateur du film de Ken Loach, si tenté qu'il ait besoin d'être persuadé, saura comment renvoyer dans les cordes ces tribuns qui désirent éliminer notre modèle social pourtant bien entamé.
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traversay1

4 524 abonnés 5 440 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 octobre 2016
Le temps n'a pas de prise sur Ken Loach. Il n'attendrit pas le cinéaste que les dérives libérales de la société britannique révoltent au plus haut point. Son film est un pamphlet ou plus prosaïquement un crachat au visage des tenants de cette politique désespérante et cynique, tant il est violent et pessimiste. Il a les qualités et les certains défauts, plus ou moins prononcés, du cinéma de Ken Loach : une puissance du trait alliée à une écriture souvent sèche, avec un interprétation de premier ordre pour l'épauler ; mais aussi, un manichéisme parfois gênant (les pauvres sont bons et s'entraident, les autres ne veulent rien voir et se réfugient derrière les lois, aussi iniques voire grotesques soient-elles). Il y a une certaine candeur ou est-ce de la roublardise, dans la volonté du réalisateur d'enfoncer le clou le plus profondément possible. Filmé sans nuances, Moi, Daniel Blake est certes honnête dans sa démarche et Loach bien entendu sincère. De là à lui accorder une Palme d'Or, c'est la démonstration que les intentions sont récompensées et non les vertus cinématographiques intrinsèques (c'est un des Loach les moins inspirés du point de vue de la mise en scène) dans ce qui ressemble plus à un réquisitoire efficace (mais démonstratif) qu'à une oeuvre subtile et laissant un libre arbitre au spectateur.
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