760 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
95 critiques spectateurs
5
11 critiques
4
24 critiques
3
35 critiques
2
21 critiques
1
3 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Éric De Larmor
20 abonnés
96 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 16 décembre 2016
L’écriture de Christian Mungiu nous tient par les tripes, nous dérange. Il ne nous laisse pas plus le choix qu’à ses protagonistes, il nous happe et nous entraîne dans un tourbillon intense dont on se demande sans cesse s’il va nous relâcher. Il procède à l’analyse fine d’une relation éducative tout en disséquant, sans la moindre concession, une société roumaine distordue par les trafics d’influence, les compromissions, où tout chez l’humain, de l’âme à la chair, se négocie dans la plus totale amoralité. Ce film confirme le réalisateur roumain comme un des plus importants du cinéma international actuel.
Le cinéma roumain se fait une belle percée chez nous depuis quelques années mais caractérise peut-être un peu trop ce que beaucoup qualifieront de cinéma d’auteur intello pour rester poli ou chiant pour être plus direct et prosaïque. Cristian Mungiu est l’un des fers de lance de cette nouvelle vague venue de l’Est et surtout le récipiendaire de la Palme d’Or pour « 4 mois, 3 semaines, 2 jours ». Et « Baccalauréat » ne déroge pas à la règle de ce type de films tout à fait adaptés aux festivals européens, à la fois très austère formellement mais trempé dans des thématiques de fond fortes et intéressantes. On se demande juste encore une fois pourquoi le Jury lui a remis le Prix de la mise en scène dans ce palmarès cannois vraiment très contestable cette année.
Néanmoins, en dépit de cet état de fait que peu pourront contester, « Baccalauréat » s’avère être beaucoup plus accessible, plaisant à regarder et surtout réussi que son collègue de compétition, l’interminable « Sierra Nevada », dont les plus de trois heures nous apparaissaient comme un chemin de croix. Les deux films ont en commun de dresser, en parallèle de leur intrigue principale, un état des lieux de leur pays après la chute du communisme. Un pays exsangue que l’ouverture à l’occident n’a pas pour autant détourné de la pauvreté, de la tristesse et surtout de la corruption. Il est clair que ce n’est pas un film divertissant et qu’il faut un certain volontarisme pour s’y plonger, mais c’est également ça le septième art.
Et cette corruption s’avère être l’un des deux vrais sujets du film. D’un côté la lutte d’un père pour que sa fille puisse accéder à une meilleure vie à l’étranger en obtenant son bac par tous les moyens, y compris les petits arrangements. De l’autre et surtout, la mise en branle de tous ces arrangements entre policiers, médecins, hauts placés et bourgeois qui n’hésitent pas à contourner la loi grâce à l’argent et au pouvoir au détriment de la morale. Et si le film est un peu trop long (bien une demi-heure de trop) et beaucoup trop bavard, il met en exergue de manière sobre et limpide cette corruption morale et financière qui gangrène le pays. La petite histoire - un peu triviale - qui se fond dans celle plus globale et passionnante du contexte actuel d’un pays qui souffre. Ténu, parfois lourd mais interprété avec conviction et réalisé avec soin.
"Baccalauréat", film plutôt célébré du célèbre Mungiu (et hop, une babiole cannoise de plus à exposer sur la cheminée !), est d'autant plus admirable formellement qu'il est douteux moralement (et politiquement)... à moins que ce ne soit l'inverse. Remarquablement filmé en plans séquences mobiles qui évoquent l'intelligence du cinéma des Dardenne (par ailleurs producteurs, il n'y a pas de hasards...), "Baccalauréat" impressionne surtout par son obstination dans le non-dit, le hors champ, l'irrésolu - qui frustrera sans doute bien des spectateurs captivés par sa construction de quasi polar social - au point qu'on pourrait qualifier sa démarche artistique de presque "antonionienne" : y a-t-il même un sens derrière cette menace sourde que l'on ressent continuellement, y a-t-il une issue alors que toutes les décisions prises par le triste héros du film, quelles qu'elles soient, ne mènent qu'à des désastres ? J'écris "presque" car c'est dans ce "presque" que se niche malheureusement la faille de la démarche de Mungiu, qui détruit le film, le rend tellement douteux qu'il en deviendrait facilement détestable : à travers cette indécision flottante si élégante, Mungiu nous dit tout et son contraire. Que la Roumanie est un pays irrémédiablement pourri par la corruption, les arrangements et les compromis quotidiens. Que l'on DOIT choisir de quel côté de la barrière on veut vivre, et que le moindre pas de travers ouvre un gouffre de désastres sociaux et de désespoir. Mais aussi que l'on est humain et que finalement, ce n'est pas si grave, l'amour que l'on donne - plus que la fin, certes - justifiant les moyens. Bref, "Baccalauréat" est à la fois une leçon de morale assez démonstrative (manichéenne dirions-nous) et une autorisation roublarde à compromettre nos principes : et ça, ce n'est guère acceptable. Sinon, à la sortie de la salle, des spectateurs discutaient entre eux pour savoir si c'était un chien ou un enfant qui avait été renversé par la voiture de notre sinistre héros, preuve que l'accumulation de McGuffins à laquelle se livre Mungiu fonctionne parfaitement.
Quelle belle année encore pour ce cinéma encore trop méconnu, après l'excellent "Illégitime" (2016) voici "Baccalauréat" dans lequel on retrouve d'ailleurs l'acteur Adrian Titieni déjà père de famille du film de Sitaru. Le lien entre "Illégitime" et "Baccalauréat" est évident. Si dans la forme on passe du huis clos familial au parcours du combattant dans le second le fond est très similaire, à savoir comment vivre dans un pays gangrené par la corruption, la peur, les convenances plus ou moins partisanes. Cristian Mungiu signe encore une fois un film magnifique même s'il manque un soupçon d'émotion et/ou de chaleur en plus.
Palmé pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Cristian Mungiu a obtenu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes pour Baccalauréat. Si le premier film impressionnait par son réalisme et sa virtuosité, Baccalauréat ne surprend plus tant le cinéma roumain est devenu familier dans ses narrations linéaires et sa dénonciation sans fard des dysfonctionnements de la société. Le film s'attaque à la corruption et à ses rouages dans un cheminement inéluctable avec une ténacité prévisible. Le problème est là : tout est relativement attendu dans Baccalauréat et la charge s'avère très souvent bien trop lourde pour ne pas provoquer un certaine lassitude d'autant que, et c'est une mauvaise habitude dans le cinéma roumain, le film est excessivement long. Il n'est pas interdit de penser qu'avec trente minutes de moins, Baccalauréat aurait été d'une force bien plus grande.
"baccalauréat "pris de la mise en scène à Cannes et acclamé par la critique est un film qui m'a laissé de marbre.En effet le réalisateur n'a pas réussi à me toucher dans cette histoire qui raconte le système de corruption en Roumanie, le film s'étire au fil des minutes, c'est dommage car des idées sont intéressante et l'interprète principal est convaincant.
Un prix de la mise en scène très amplement mérité voila ce qu'on retient globalement du film. En effet le film est incroyablement immersif pourtant des fois avec des plans très simples mais la lumière étant tellement travaillée on est complètement emporté. Pour ce qui est de la forme donc parfait mais malheureusement le fond en pâtit énormément ce qui est dommage. On se perd un peu dans le fil de l'histoire malgré tout très belle découverte qui nous vient de Roumanie.
celui qui ne s'est jamais posé la question de sa responsabilité comme adulte, ami, frère ou soeur, parent etc.. peut passer à coté de ce film les autres seront bouleversés par cette histoire ou chaque décision compte pour un enfant
Figure majeure de la Nouvelle Vague roumaine, Cristian Mungiu s’est vu attribuer le Prix de la mise en scène à Cannes 2016 pour son nouveau film, Baccalauréat. Une belle histoire d’amour d’un père pour sa fille dans une Roumanie malade de ses compromissions.
Mungiu a tendance à sur-dramatiser les situations, mais il donne tout de même une force redoutable à son histoire à mesure qu’elle progresse. Il ne quitte jamais le point de vue du père, on se retrouve en tant que spectateur complètement dans sa position, comprenant les choix difficiles et parfois immoraux qu’il doit entreprendre pour protéger sa fille. De plus, la mise en scène multiplie les plans séquences invisibles d’une belle subtilité afin de laisser au récit le temps de faire apparaître la complexité de ses personnages. Un film passionnant, mais un brin trop huilé.
En voyant la notation de la presse et des spectateurs, je me dis que je ne dois pas être normale. Ce film se résume, me concernant, en 4 lettres I.I.S.S (incolore, inodore, sans saveur). Je l'ai trouvé non seulement très long, un scénario qui aurait pu être nettement meilleur, des acteurs peu crédibles et une réalisation banale. Or, au départ cette adolescente agressée, dans un quartier plutôt malsain (les premières images sont d'ailleurs frappantes), un père obsédé par la réussite au baccalauréat de sa fille, un couple qui vit ensemble sans l'être vraiment, une maîtresse qui en demande de plus en plus, bref, pourquoi cela a t-il tourné à un film sans aucun intérêt. Pour conclure mortellement ennuyeux !
Baccalauréat est un film d'un intelligence rare. Haletant, poignant, brillamment mis en scène et magnifiquement interprété, on n'en revient pas indemne!! Un chef d'oeuvre!!!!!
Le film est une immersion dans la Roumanie actuelle autour de la relation entre un père et sa fille. Mungiu explore à travers le prisme de la petite histoire celui de la grande s'écrivant actuellement, dans un pays constamment tiraillé entre son passé (corruption généralisée, pauvreté relative) et son statut actuel d'état tentant de se faire une place au sein de l'Europe. Le film distille quelques éléments issus du thriller dans un récit profondément humain mêlant famille, amour, drame, suspense et société, et qui voit tous les enjeux d'une vie concentrés dans quelques épreuves du baccalauréat. Le passage à l'âge adulte d'Eliza va faire vaciller le monde à la fois illusoire et bancal dans lequel ses parents se sont installés, le tout mis en scène avec retenue et sans fausse note par un Mungiu toujours dans la continuité de ses précédents films.
A lire le pitch qui indique : « la vie de Roméo bascule. Il oublie tous les principes qu’il a inculqué à sa fille », on peut croire à un passage brutal de la lumière à l’ombre. Pourtant les mensonges sont installés depuis longtemps dans la vie du médecin, loin de vivre une vie somptuaire, qui projette maladroitement sur sa fille tous ses espoirs inaboutis. Cette ambition contrariée l’amène à entrer progressivement, amicalement, dans l’engrenage de la corruption, des compromis, des lâchetés, des manipulations, des trahisons. Film désabusé autour d’un homme dont l’absence de qualité évidente ou de caractéristique particulièrement désagréable le rendent proche, sans constituer à mes yeux la corrosive description annoncée des dérives de la société roumaine .